Sais pas quel titre

J’entends l’homme dire : « grâce à ta crème j’ai une peau de nourrisson ». Ça vient de la salle de surveillance , la SSP I ? (de ma place je ne vois pas la dernière lettre )) où  j’ai aperçu au moment où je suis allée piquer un fauteuil rapé du couloir, une dame allongée. Maintenant je suis garée pourrait-on dire devant la chambre 34 où je ne peux entrer car il y a trois personnes attachées à des fils. J’observe les mouvements/ suis aux premières loges. On emmène où on ramène des gens poussés par un infirmier à l’accent des îles. Pour le moment rien. La couleur mauve du couloir, des petits bruits, une élève infirmière se présente dans une chambre et dit qu’elle est en troisième année. Une porte des sortes de sabots en plastique fluo, l’autre avec des brillants sur du rose. La porte grince, je vois le lino jaune d’une chambre. Elle grince plus fort et un charriot passe à côté de moi. L’infirmière dit « J’arrive dans 5 -10 minutes ». On se fait à tout comme on dit et j’aime assez bien ce no man’s land avec vue sur des portions de lits, des morceaux de personnes allongées. Tuit tuit. « Avalez votre salive Monsieur Poiret ». Une femme rit, on verrouille une porte, on re-ouvre et la porte claque. « Qu’est ce qui a sonné, c’est vous?  » Encore 10 mn et ce sera bon. « J’arrive! Grincement. Je ferme ou je laisse ouvert? »- Vous pouvez laisser ouvert. En fait ça n’arrête pas. Les infirmières doivent battre des records kilométriques. Un autre bruit, pas bruit mais plutôt …. impossible de décrire, un son plus rond qui rebondit un peu. Je ne sais pas pourquoi je me retrouve dans le clocher où m’a précédé Orson Welles et il sera bientôt transpercé -jugement dernier -par l’épée du grand personnage qui tourne et me rappelle la Cathédrale à Beauvais avec son horloge astronomique ( 68 automates ) qui m’impressionnait quand j’étais enfant. . Pourquoi je pense au Criminel juste maintenant. Aucun rapport avec ma présence dans ce couloir d’hôpital, ces passages de chariots, ces cliquètements, rires, bruits de pas… Cela qui m’amène vers les films que j’ai vus récemment, des Almodovar dont La mauvaise éducation et le film de Bellochio, L’enlèvement. Un sujet intéressant, facture classique mais j’ai eu du plaisir à le voir. Par contre Martin Eden de je ne sais quel réalisateur n’est pas fameux ( sauf les acteurs ). Je ne saisis pas ce que vient faire une chanson de Joe Dassin là-dedans ni les autres d’ailleurs. Et les passages réguliers genre archives sépia ne sont pas terribles. J’ai eu l’impression de voir la time-line du film au montage linéaire. Concert de signaux sonores à présent dont un pénible et strident. « L’infirmière va passer. « Non, votre femme doit attendre dans le salle d’attente. » Je vais le dire à ma collègue. Ti -Ta -TI  Ti Ta Ti. C’est par là? Non c’est de l’autre coté…

Arrivés à 10h30 on est rentrés vers 15 h et j’étais soudainement fatiguée. Dormi un peu. Ma récompense a été ce matin d’aller voir au Grand Palais l’exposition Hilma af Klint que j’avais découvert avec Anamaria il y a plus de 10 ans au centre culturel Suédois. Dès le début je râle car l’exposition n’est pas indiquée. Je vois en gros Matisse , Nan Goldin ok j’aperçois, mais pas de Hilma. Je demande. Ok . Entrée d’accord et c’est où? C’est très moche cet endroit. J’aperçois au loin ce qui pourrait être une affiche. Chance. C’est là salle 8 , suffisait de mettre un panneau. Pas d’indication pour la billetterie sans réservation et il faut un ticket gratuit avec la carte culture.

Il y a beaucoup de choses, ça m’intéresse. Steiner, les theosophes, les dessins spirites mais beaucoup de choses ça veut dire trop. C’est bien en un sens. J’arrive aux très grands formats, et mon téléphone sonne. Je rentre en vitesse à la maison, appelle Saint-Louis.

Le Rhinocéros-chien

BRENDAN SMIALOWSKI/AFP

Le rhinoceros était noir brillant- toile cirée neuve et bondissait comme un grand chien dont il avait la taille. J’ai crié. Et dans mon rêve je ne trouvais que le mot hanneton ( que nous avions cherché assez longtemps / mais si! tu sais l’insecte qui bourdonnait l’été autour du saule pleureur et on frissonnait de plaisir car l’été arrivait. Entre parenthèses jamais revu ces bestioles ). Donc dans mon rêve je ne trouvais plus le mot scarabée nécessaire pour la comparaison avec le rhinocéros-chien. J’essayai en vain avec différents procédés mnémotechniques plus modestes que ceux décrits dans l’art de la mémoire de Frances Yates ( que je n’ai jamais terminé je le confesse ). Je colle: Au risque de sa vie, Valerio Camillo ( c’est pas Valerio, c’est Giulio… Pffff) construit un théâtre de la mémoire où est représentée, dans un désordre assumé, la pluralité des événements du monde. Et je repense à Giulio Camillo et au théâtre de Vicenza de Palladio et Scamozzi. J’étais seule et regardais avec émerveillement la scène et la fausse perspective. Bref le rhinocéros. Je ne sais plus ce qui s’est passé et il m’a semblé que cette nuit il était encore dans le coin d’un rêve. Cette fois ci c’était au bord de la mer et je ne suis jamais entrée dans l’eau. J’ai sorti une grande machine à écrire dans le train, pour écrire ce que je suis en train d’écrire. Puis il a fallu que je vide le coffre de la voiture. J’ai quand même gardé les 5 agrafeuses, les pinces etc. Puis sur une gazinière j’ai versé dans une marmite des produits toxiques. Quand je suis revenue tout cela avait pris une forme bizarre molle et compacte. J’ai pris un couteau et commencé avec dégout à faire une incision. En fait c’était un coeur difforme qui battait. Il y a eu aussi un épisode vêtements. Pourquoi ce pantalon en tweed était si difficile à détacher d’une chemise. J’ai réussi en me disant que tout serait déchiré et bon à jeter. Mais… Rien. L’hôtel était en bord de mer et je n’avais pas vu le jardin de l’autre côté. Un nombre incalculable de lapins immobiles occupait le terrain. Bon. Se débarrasser du coeur. Facile à dire. Puis j’i fait un marouflage et il était raté.

Retour de Metz. J’y vois plus clair. Contrariété avec la grotte de Grignan et les types qui se désistent au dernier moment. Il semblerait que ça s’arrange. Et ce matin j’ai trouvé comment faire le sol et vais envoyer les dessins à E. Suis contente.

Je me délecte des commentaires sur l’attitude de Trump face au Roi d’Angleterre dont les discours à double sens me réjouissent. Charles dont la cravate gris perle contraste avec le rouge de celle Trump, si j’osais je dirais que c’est l’élégance et la retenue face à – je n’aime pas le mot mais je n’en trouve pas d’autre-un plouc arrogant et vulgaire. Le moment où il passe devant la reine , lui coupant le chemin pour serrer les mains pourrait être désopilant s’il n’était pas gênant. Et la cloche Trump !!!!! »  «Voilà la cloche offerte par le roi Charles à Trump. La cloche du sous-marin britannique ‘HSM Trump’ qui aida les Américains en 1944 contre les Japonais», a résumé le spécialiste en légende de la photo de l’objet très symbolique. Il a souligné «cette ironie magistrale du roi Charles à Trump»qui a déclaré : «Puisse-t-elle témoigner de l’histoire commune de nos nations et de leur brillant avenir. Et si un jour vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à nous sonner.» Ils ont mangé tout en doré des ravioles aux morilles avec émulsion parmesan, avant il y avait un truc que je ne lis pas bien, des coeurs de palmier avec je ne sais quoi et ensuite une sole et ensuite je ne peux lire que gâteau et chocolat. Ça doit être d’un pénible ces repas, thé et j’en passe . Le roi et la reine doivent bien s’amuser quand ils sont de retour dans leur mansarde. J’aimerais être non pas un scarabée-rhinocéros mais une souris et écouter aux portes. Hop on va à Amiens voir une vraie petite souris de 15 jours déjà, Margot.

la paix c’est la guerre, le mensonge c’est la vérité

dixit Orwell

Michaelina Wautier 1614-1689 / Royal Academy

Il est terrible ce portrait. Dans le train -l’ai je dit précédemment – il y avait une jeune fille excessivement laide. On ne voit pas souvent pareil visage, effondré d’un côté dirait-on, comme « coulant  » / je ne sais pas comment décrire. L’oeil étant quelque peu emporté dan ce courant pateux. Sais pas comment dire. Sauf que la pauvre, comment vit-elle avec un tel visage qui attire les regards bien évidemment. A l’école, le dégout, la méchanceté, les moqueries. Ça doit être insupportable. Moi qui n’aime pas la compassion, j’en éprouve en y pensant. Hum… Apres l’avoir perdu puis racheté, j’ai repris la lecture de 1984 ( nouvelle traduction ) . AB m’a envoyé « Les mémoires d’Orani  » de Costantino Nivola que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam. Hier Lyon et encore un TER. Aller retour avec chausson aux pommes à l’aller. J’adore m’assoir dans le train. Voyager en train c’est être à l’abri de tout me semble t’il. Lire et déguster mon chausson. Seul inconvénient, les miettes mais j’ai une technique. Je n’achète rien chez Paul sauf ces chaussons croustillants qui me semblent les meilleurs après ceux de la pâtisserie de Saint Bonnet. Et je me demande si Paul ne gagne pas une place dans la facile compétition: à Paris chez l’un ou l’autre les chaussons aux pommes sont dégoutants. Grosse croute, compote en boite. Des déceptions j’en ai eu !!!! J’en ai aussi mangé un exceptionnel à Clermond Ferrand il y a 30 ans. Mais c’est un secret !. Bref pas facile de se décider pour le portail. Finalement exit toute sort de peinture du gris foncé au noir. Ca fait déco. Apres une bonne heure à ruminer j’ai choisi de laisser la couleur du matériau, l’inox je crois. Dans la lumière d’hier ça étincelait et c’était assez beau. C’es très agréable de travailler avec P. qui machonne je ne sais quoi pour ne pas fumer. Travail pour Metz derrière l’ordi. Jeudi Metz et demain atelier j’espère. Cet aprem hosto. Hier me suis endormie sur la liste de Schindler. ( je dois regarder le documentaire sur la femme de S. Temps splendide. Aller à Jacquemart André, voir Calder, le Douanier… Mais quand .

Peindre à nouveau régulièrement. J’ai commandé 10 chassis. Peindre vertical me dérange à présent. Il me faut passer par le hasard de la peinture commencée à plat.s .

« As the rose is the flower of the flowers, so this is the house of houses »

Chapter house Westminster ( 1246-1255 )

As the rose is the flower of the flowers, so this is the house of houses

Dans mon rêve il y avait Picasso, Picasso célèbre bien sûr et en même temps Picasso enfant. Je ne sais pas s’il s’agissait d’une renaissance mais j’ai réussi à obtenir de cet enfant de 3 ans un dessin de Picasso ( c’est clair? ). Il ne voulait cependant pas de crayon HB. Ce n’était pas un caprice vu qu’il ne savait pas qui il était. Il a voulu des H et je crois que le 5 h lui convenait. Il a signé Picasso. Et j’était très contente de moi. Avoir raflé un dessin de Picasso pour acheter l’atelier à Château d’Eau. Exactement le prix du dessin 3 millions 5. ( 600 m2- Ca c’est vrai c’est une annonce que j’ai vue et qui m’a fait saliver ). Ensuite je suis allée aux Beaux-arts et le cours avait lieu en plein air et sur des gradins très haut dans le potager de mes parents sur la gauche. Il y a eu de la musique tunisienne, ils rentraient du foin que j’avais pris sans mes lunettes pour des plats géants de spaghettis.Le professeur faisait rire aux éclats les étudiants. Avant j’étais allée à un de ses cours où il s’agissait de faire parler des objets. Je ne me souviens plus des réflexions que j’avais faites à un garçon qui alignait des emballages de produits ménagers. J’ai traversé les Beaux arts, parlé avec de étudiants qui étaient tous âgés de plus de 50 ans. Je leur demandais : Pourquoi si tard? Bref j’ai roulé je ne sais où avec la voiture.

Il y a eu cette semaine le RV à l’hôpital à 7 h du matin et le lendemain le départ pour Londres à la même heure. J’avoue préférer la deuxième proposition. Nous sommes allés directement à Westminster où T.T historien délicieux de W nous attendait avec l’équipe Française. Dans un beau bureau orné de figures du 16 eme ( lions étranges et divinités curieuses) nous avons discuté avec protocole et politesses avec 4 autres personnes du lieu, puis sommes allés voir le lieu du crime à savoir l’endroit ou sur montrée ma tapisserie en cours de réalisation à Aubusson. On visite ensuite et je fais beaucoup de photos dans cet endroit incroyable que j’avais arpenté avec grand ennui quand j’avais 13 ans. Les gisants polychromes, les fresques, le étendards et heaumes bizarres surmonté ici d’un furet, là d’un chien, plus loin de sortes de plumes. Il y a des éléments que j’aurais davantage rangés au rayon Brasserie Bavaroise, tant les couleurs sont ( encore? ) vives. Un gisant attire mon attention et celle de E car il n’est pas comme ses amis à plat sur le dos, jambes parallèles, et pieds posées sur un petit lion. Il a croisé les jambes comme pour un moment de détente, mains jointes. C’est trop beau. Après on a pris des bus rouges, décidant de  » glander » et d’aller où le vent nous portait. On s’est retrouvés à la Tate pour l’exposition impressionnante -même si on n’est pas sensible aux douleurs montrées-, l’exposition douloureuse donc de Tracy Emin. J’aime bien cette fille bizarre à la bouche un peu tordue ( le masque « mortuaire », d’elle vivante est très beau.) On ne peut pas dire que tout cela respire la joie. Je vais lire l’interview que j’ai photographiée dans le catalogue. On a passé une bonne soirée dans le quartier populaire de White Chapel, trouvé un bar sympa tenu par un grand garçon élégant et raffiné malgré ses proportions généreuses. Un type s’occupe d’une jeune fille, la nourrissant de Gin Fizz. Ils s’embrassent et rient bruyamment. Cheveux blancs emport boucle d’or et on devine la suite. Un dame à des incroyables bottes argentées horribles et drôles. Je la félicite et elle me dit qu’elle les a eues pour 10 ponds dans un second hand!!! Puis un restau indien snifé par E. Zéro touristes par là-bas. Le lendemain RV à la galerie qui est vide cette fois ci et en préparation de Picabia et je ne sais plus. On papote et visiblement j’ai le beau côté. Hum ça commence à m’angoisser tout ça !. Zut l’expo Rose Wyllie s’est terminée deux jours avant. Grr . On entre dans le chic endroit d’en face / Cafés et oeufs mollets sur un lit d’épinards. c’est bon. Puis on marche, on marche ( 10 km chaque jour ) , on entre dans la British Library, on se met au soleil devant le British muséum et on se ballade dans Blumsberry, et c’est déjà l’heure du train.

Travail sur Metz et je demande à y aller pour finir les demandes de prêt . Seule je commence à avoir du mal et parfois ne comprends plus. Il faut que je me replonge dans les oeuvres qui doivent « tourner » tous les 3 mois. Lundi Lyon pour définir sur place la couleur du portail et là il ne faut pas se tromper. J’étais trop peu sûre en regardant les photos. Hop Argenteuil. Mesurer les peintures pour Art Basel.

Dans les films on trouve toujours une place pour garer sa voiture exactement devant l’endroit où on a rendez-vous. Je ne pense pas que cette réflexion soit de la plus haute importance mais quand même. Moi je tourne je vire et eux sur Arte n’ont aucun problème ni de logement, ni de stationnement. En parlant de logement j’ai vu une annonce d’un local de 600 m2 à Château d’Eau. Si quelqu’un me prête 3 millions d’E. je mettrai le reste. C’est trop beau. Le regret des 500 m2 de la rue Rochechouart raté en 1985 par la faute de mon frère ainé, se manifeste dès qu’il peut c’est à dire tous les jours.

Je me suis arrêtée pour l’observer sur le boulevard près de la gare du Nord: un grand oiseau avec une canne. Âgé – plus de 80 dirais-je, cheveux blancs plutôt longs, pantalon de cuir noir pour des jambes minces, blouson de cuir noir avec sur la manche gauche un écusson rond dans lequel est enroulé un serpent. Deux points rouges comme des taches sur le devant mais la photo est mauvaise et j’ignore de quoi il s’agit , boots noires pointues et pour couronner ce portrait de rocker des anciens temps un bandeau noir sur l’oeil, le transformant en dandy pirate perdu dans notre temps, en frère de De Toth ou de Fritz Lang, Raoul Walsh ou John Ford. Il évolue lentement, s’arrête, repart comme le seul au ralenti parmi les gens, les vélos, les chiens, les bus, et tous ceux qui courent vers la gare. Un échassier noir en somme, cigogne ou ibis.

Je n’arrive pas vraiment à me concentrer et j’ai abandonné l’atelier pendant quelques temps pour réfléchir aux finitions du portail ( que j’ai vu dans l’atelier ), terminer des corrections, et poursuivre les recherches Metz. L’autre soir au café un type s’est installé à sorti une ramette de papier ainsi que des partitions vierges et a commencé à écrire frénétiquement. Il ne traçait qu’un seul signe sur chaque feuille. Peu à peu 5 tables ont été recouvertes de pages quelquefois chiffonnées. C’était fascinant même si je ne le voyais que de dos. Je suis partie rejoindre en face S et R et en rentrant à la maison j’ai vu qu’il était toujours là devant les tables pleines de papiers à signes cabalistiques, signatures et autres messages codés. Ça me fascine. Passée chez Yamamoto aux ventes privées. C’était plutôt l’envie de me promener avec un but. Suis restée aussi longtemps que dans des expos parfois, c’est à dire 15 mn. J’ai trouvé tout laid, trop tarabiscotté dorénavant, avec des matières qui surgissaient inutilement à mon sens. des couleurs moches. De toutes façons ça a toujours eu un effet répulsion sur moi ces personnes qui picorent autour des portants comme des pigeons et tentent d’arracher une graine ou autre bon morceau à leurs semblables. J’ai regardé des chaussures avec intérêt mais c’était pour du coin de l’oeil observer deux femmes. L’une boutonnait un vêtement sur l’autre qui … pleurait. Elle se laissait habiller comme une poupée et l’autre lui disait : Arrête de pleurer, tu es très forte!. La fille-poupée qui était japonaise à répondu rien reniflant qu’elle avait toujours pleuré. Dans cette chemise bleu pâle inutile et moche, elle était pathétique. J’ai trouvé l’atmosphère trop triste avec cette clientèle en quête d’une bonne affaire inutile. Suis partie, songeuse mais contente de la liberté que je m’étais accordée. SMS: es-tu là et suis passée boire un café à la galerie. J’aime bien ne rien faire ce qui m’arrive à vrai dire peu souvent. Dîner chez E et V très plaisant comme d’habitude.

J’ai perdu mon 1984 de Orwell. N’arrive pas trop à me fixer sur un livre, grappillé des infos dans le Monde. J’ai très envie d’aller voir Calder et le Douanier Rousseau. Très envie d’être à la mer, d’être en Italie, et j’évite de me demander si nous pourrons partir. Moi, tout me va. Rester, partir du moment que je peux lire et travailler. Il faut je crois savoir trouver du plaisir à dans les plus petits recoins, même si l’atmosphère est un peu sombre. Naissance de Margot

Passée au musée de la chasse voir l’expo de AM. C’est un endroit impossible certes. Que faire là dedans? Et là selon moi c’est raté. Pourquoi, parce que je n’en peux plus des peluches, du temps regretté de l’innocence, des petits animaux blessés et du lapin qui a un fusil. Seuls à mon sens les objets noirs tiennent le coup. Mais tout cela me semble terriblement mièvre. J’aime bien AM mais là il faudrait quand même se remettre en question. Suis restée peu de temps. Le quart d’heure réglementaire en somme.

Mort de Nathalie Baye.

Un café ? D’accord. La semaine prochaine Londres et RV à Westminster et à la galerie H&W ( expo en janvier ) . 

Bardamu n’est plus

Mon ami et néanmoins médecin Jean-Charles Leray a quitté le navire. Il a emporté ses cigarettes, son chapeau et son bloc d’ordonnances qu’il oubliait souvent sur la table, parfois c’était le tampon qui restait avec nous.Il a emporté son rire, son silence soudain alors qu’il regardait des résultats d’analyse… Il fronçait les sourcils. Réfléchissait Il entrait et j’apportais café et cendrier. Il était formidable. Il ne parlait jamais de lui, mais de ses amis, d’un livre, de la vie… Ok je passe dans l’après-midi. Ok j’arrive. Ah non je suis à Marseille… Tu fais ça et ça et tu me rappelles je t’envoie une ordonnance. On riait, il s’intéressait à tout, me racontait des patients anonymes bien sûr, et je lui disais là arrête s’il te plait… Stop Il avait un accent parisien, son plaisir d’homme devenu âgé était tout d’abord ses patients, le poker, ses frères maçons, et le clap de Montmartre. Jasmina m’a embrassée et j’ai rencontré les fils qu’il avait eus à plus de 70 ans. Tristan c’était une autre histoire, (un autre mariage parmi les quatre ), l’histoire de la douleur des pères qui ont des enfants camés. On a connu ça. J’avais fait une belle gaffe alors que j’avais rendez-vous dans son cabinet hyper populaire d’Aubervilliers. La queue, du monde, voiles, multi ethnies comme on dit… la médecine populaire, la vraie. Là un type devant moi que j’observe avec son chapeau crado en cuir. Il passe, ressort et puis maintenant c’est mon tour/ ben dis donc Jean-Charles c’est du lourd ce qui vient de sortir de ton bureau!– C’est mon fils. Ok. heu que dire. Le mal était fait. Quand Tristan est mort il était comme un père coupable et nous avons reparlé de S. qu’il avait tenté de sauver aussi. Je l’ai embrassé en lui disant qu’il avait tout fait et ne pouvait pas davantage. Néanmoins. Donc, Saint Jean de Montmartre. Je suis arrivée la première. Plein de monde. Le visage du gros curé ressemble un peu à une poire, à la caricature de Louis-Philippe que l’on connait. Bon je suis émue bien sur et le fameux chapeau de feutre posé sur le cercueil ( un beau cercueil raffiné et très simple sans angles, comment dire juste une belle boite en bois) me donne des frissons. Au téléphone il y a 3 semaines nous avions papoté. Il ne mangeait plus mais lisait Lucien de Samosate et ce fut notre dernière conversation. J’avais commencé en disant comme à chaque fois: Ai-je l’honneur de parler à l’immennnnnnnse médecin Jean Charles Leray, connu et reconnu mondialemennnnnnnnt. Il m’a dit la dernière fois: Je crois que j’ai fait ma dernière ordonnance hier. Quelqu’un a témoigné sous la coupole et j’ai souri: Quand il allait jouer aux boules au clap, il y avait la queue pour une petite visite médicale sauvage et il faisait des ordonnances sur un coin de table. Il y a eu cette chaine émouvante autour du cercueil, que j’imaginais transparent. Pendant la messe, alors que j’avais envie d’accélérer le débit du curé, je me suis soudain demandée combien j’avais vécu d’enterrements. Je suis arrivée je crois à 21 et dans le métro j’en ai rajouté une poignée. Il faudra que je fasse une liste. Le premier, très clair ( mais auparavant il y avait sans doute oncles et grand-mères pas connues ), le premier fut notre camarade de classe qui s’était suicidé à 15 ans. Je ne sais plus son nom, son image même floue, je la vois.Le dernier Guy Cogeval. Bref ensuite je suis allée boire un, ben rien, je n’ai rien bu, je suis allée au Moulin de la Galette où il avait voulu que l’on boive un verre.

RIP Jean-Charles.

Par ma chandelle verte…

Jeudi c’était Metz. pour la première fois je me risque jusqu’au centre-ville! J’aime bien l’atmosphère un peu particulière et ce depuis la gare particulière aussi. France Allemagne, Allemagne France… Puis j’arpente à nouveau l’expo Catalan, plan en main pour comprendre l’espace qui sera la mien dans un an. Exposition Nevelson et Morellet pour le vernissage. C’est amusant de voir la photo de Francois ( comme on avait ri !) avec ses trois petits garçons puis d’avoir ces trois messieurs aux cheveux blancs très sympathiques en face de moi au diner.

Nous sommes parties à Barcelone avec AL pour voir avant qu’elle ne se termine aujourd’hui même, l’exposition UBU qu’à organisée Emmanuel Guigon. Un pensum que de prendre l’avion. Le temps passé pour aller à l’aéroport et ensuite la sécurité ( mon sac avec rien dedans inspecté de fond en comble ), enlever ceinture, mettre le dentifrice dans un sac transparent mais pas n’importe le quel. Exit le sac congélation, ça va pas. Bref on est pas trop en avance. Arrivée à Barcelone en ce vendredi Saint. Le chauffeur de taxi est d’un racisme très gênant, mais mon espagnol n’est pas assez bon pour lui dire de cesser ses invectives concernant noirs, arabes et Pakis. Je pensais que tout était fermé mais le commerce est plus fort que la foi! J’avais repéré un hôtel la fois dernière sur une place d’église. Et nous y avions les chambres. Trop bien !!!! Direction le Musée Picasso où EG nous attend pour une géniale visite. L’exposition est passionnante et cela fait du bien d’avoir une présentation sobre et presque pas scénographiée. Et pas de murs de couleur!!!!! Il est incroyable cet Emmanuel, foufou et passionnant-passionné, joyeux, intarissable bibliophile, pensant plus vite qu’il ne parle ( ceci créant parfois des bugs bégayants !!!) Beau catalogue avec images entre les pages, programme Ubu repris etc. Suis très fière de commencer le catalogue et terminer l’exposition. Grande découverte, je dois aller voir de plus près, Gerhard Munthe dont la tapisserie présentée est sublime. Miam miam. Puis en parlant de Miam nous avons mangé des tapas à côté… Marcher, marcher. Et on s’aperçoit que la procession commence à 18h où ça ? Sur la place de notre hôtel !!!! ( Il y a deux processions l’une au départ de la place S.A à 17h pour s’achever vers 22h30. L’autre formé de femmes portant la mantille, au départ de la paroisse Saint Jaume.

Christ en croix et vierge qui semblent voguer parmi la foule, osciller, puis s’immobiliser: ( Macarena ! Guapa , Viva !!!! ) Costalero guapo !!! crie une vieille dame avec sa voix éraillée propre aux espagnols parfois? Les costaleros sont les porteurs. Cette fois-ci ils sont invisibles. Les porteurs sont les hommes qui supportent le poids des chars. Ils portent des espadrilles, une large ceinture et un gros sac qu´ils placent sur leur tête, sous une toile pliée, pour éviter de se blesser. Pendant la Semaine Sainte, les femmes « costaleras » accomplissent le même exploit physique que les hommes, mais restent controversées. Il y a donc la croix de procession, les pénitents propres au Christ ( ici noirs ) et à la mère du Christ éplorée ( vert sombre ), les femmes portant des mantilles noires, signe de douleur. Moi j’exulte. Entre l’encens et les musiques de procession, les bougies innombrables, les cris. ( J’imprime le vocabulaire de la semaine Sainte. Visiblement selon les régions cela change )

Nous n’avons pas suivi la foule mais sommes parties voir la mer. La mer !!! La mer … J’aime bien ce quartier encore authentique semble t’il de la Barceloneta, parfois un peu glauque. C’étaient mes premières vacances et j’avais payé mon voyage après avoir travaillé un mois ! Pour mes 18 ans nous étions parties avec MR. Un voyage génial à la fin du Franquisme. Dessins, gravure- on avait emporté notre matériel- visites, bals. Je crois avoir déjà parlé du Baile Apolo, énorme théâtre ( maintenant une discothèque ) où nous avions vu des spectacles aussi ringards qu’érotiques avec nus masculins. Oh la la . C’était génial… Et le bal où on avait dansé avec des gardes civils de province devenant un peu pressants. Il avait fallu filer!!! Fin du passage nostalgie.

Retour et re-tapas. Puis nous arrivons à l’hôtel au moment ou la procession s’achève et où les chars rentrent dans l’église !!! Formidable à nouveau. Bien sur nous ne sommes pas dans le Sud où les « chars » sont immenses, portés par des centaines de costaleros. Mais quand même.

Samedi matin, visite de l’incroyable Palau Guell. Mais la folie de cet endroit! Les détails partout partout. Je fais 1000 photos, je ne peux cesser de m’extasier à voix haute !!!! Puis bronzette d’une heure sur la plage popu. Et déjà il faut repartir. Mais c’était parfait. Ca fait du bien d’interrompre le rythme peinture dodo !!!!MERDRE alors !

Mer et vent

J’étais bien contente de partir à Marseille. Une seule journée mais. Vent et bleu et froid. Je ne sais pas pourquoi dans mon sac j’ai 4 livres. Et je n’en ouvrirai aucun. Dans le train nous devisons avec LBD. Elle est drôle et souriante. M’offre le livre concernant Bruno Latour, un pot de terrine corse, un petit sandwich qu’elle a préparé. J’écoute. J’apprends. Arrivée. Rencontrons par hasard GB qui nous montre cette demeure un peu décatie puis direction l’incroyable quincaillerie Empereur où on trouve tout comme autrefois au sous sol du BHV. C’était alors le paradis du bricoleur. Il pouvait plonger les mains dans de doux bacs de clous qui coulaient entre les doigts. Maintenant ils sont enfermés- les clous- dans dans de vilains petits sacs plastique. Un café sur le port, des oeufs brouillés et direction le Mucem pour voir l’exposition Don Quichotte. Décevant je trouve. Ici on est pas de mon avis et on pourra voir la moche scénolographie-typo-couleurs!( les scénologies d’expo que c’est difficile et je tremble en pensant à Metz) . Je n’en retiens que peu de choses: Des gravures de Hoggarth, Grandville, Goya, Jan Saenredam, Daumier et j’en passe. Les planches de Garouste ( j’aime pas ), l’ensemble de gravures très belles: Les advantures du fameux chevalier Dom Quixot de la Manche et Sancho Pansa son écuyer. Le livre : Le Quichotte féminin ou les aventures d’Arabella ( 1799 ). Une chose impardonnable: avoir inséré une saleté du peintre Moretti là-dedans. On se souvient des ses créations momoches pour les couvertures du Magasine littéraire. Des eau(x)?-fortes moches de Dali. Le sympathique film montrant Abraham Poincheval en armure sur les routes de Bretagne. Le film de Hassen Ferhani – Tarzan, Don Quichotte et nous, Algérie et France, 2013. Orson Welles pas développé. Et à nouveau comme dans l’expo Carrington des couleurs des couleurs des couleurs et le son pénible de l’installation video car on l’entend dans toute l’expo,

Non, la vraie splendeur c’est cette éblouissante tapisserie ( qui en soi méritait le voyage et aurait mérité une pièce spéciale ) : La charrette des comédiens du tribunal de la mort et Don Quichotte ramené par rire chez lui dans une cage. Manufacture royale de Mortlake 1675. Laine, soie et fils d’argent/ collection privée .

Je n’ai pas envie de parler de l’exposition Bonnes mères, ni Méditerranées . Plaisir pour la fin de voir la collection ( ATP ) .

Hier exposition Michel Journiac. Puis passée voir les belles peintures de petit format de Paul Pinon

Tout à l’heure Maison de poupée au Silvia Monfort

« Faites ce que vous voulez mais riez » / Salo ou les 120 journées

Bon. Insta m’avertit aimablement qu’ils ont enlevé la photo d’une performance de McCarthy. Vazi, ne te gêne pas, choisis pour moi, gronde moi, interdit moi. Comme on apprend toujours quelque chose, je lis donc que l’on ne peut pas montrer ses ou des seins « sauf pour parler d’allaitement« . Intéressant. Heureusement que le comité n’a pas vu les films de Paul Mc Carthy à l’Action Christine. Mieux vaut ne pas savoir que cela va durer 3 heures. Une fois je me suis fait piéger car j’avais mal lu une notice. Croyant lire 16 mn, je suis entrée dans la salle. Le film était en 16 mm- tiens LN prend cette claque ça t’apprendra. Il durait éternellement, je me souviens du réalisateur-artiste coupable !!!! Bref. Mc Carthy c’est difficile d’en parler. Pseudo Hitler, pseudo Eva. Il ne parle que de l’insoutenable, l’insupportable. Ce à quoi on assiste actuellement est de cet ordre. Trump en tête est encore plus écoeurant que ces videos que j’ai vues. Ce que l’on peut dire c’est que c’est une expérience. Entre sang, merde, urine, frites, crème, concombres, coca, légumes, mixeurs, couteau, sexe, rire dément permanent. De l’excès à l’état pur. ( Des monstres à l’état pur c’est quoi déjà? Truman Capote. Je vérifie ne quittez pas. Raté. C’est de Miguel Angel Molfino. Connais pas . Il y avait longtemps que je ne m’étais pas par moment caché les yeux pour ne pas voir au cinéma. Parfois on rit et peut être nerveusement. ( La gamelle qui enferme la tête est un moment désopilant). Mais comme on dit pauvrement « ça envoie » ou « c’est du très lourd ». Dans les ingrédients de cette soupe in Progress monstrueuse il y a des saucisses dégueulasses dans des barquettes supermarché et du champagne et du vin blanc et j’en passe. un flingue, des billets de banque dans un attaché case ( interruption car un sms m’avertit que Amazon me prélève 1200 euros. Il y a un code de confirmation et un numéro pour opposition . Oué oué me dis-je. J’appelle » pour voir » et plus ça va, plus on me demande de précisions et on me dit aussi qu’on ne peut pas m’aider si je ne donne pas les infos. J’ai raccroché. ) Les dialogues sont sommaires !!!!! Donc, j’ai préféré le deuxième film plus resserré plus Grand guignol aussi. A chaque fois on se demande ce qui nous attend encore, partagés entre un rire nerveux et l’angoisse, le dégout, le mal au coeur. Bon la coprophagie c’est juste un peu écoeurant. Je préfère le sang!!!! La bloodophagie ou quelque chose du genre ! Vampire ou cannibale. J’ai repensé évidemment à Salo et à des scènes plutôt hard. Quand on avait parlé de bouquins il avait avec Camus cité notre Divin marquis. Il y a une réelle performance d’acteurs et ça n’a pas dû être facile. Le montage est très bien et le cadre aussi. Bon tout cela ne fait pas de moi une grande critique de cinéma. J’ai honte.

Puis hier l’exposition des dessins. Les très grands sont ceux que je préfère.

J’ai terminé la transcription de l’interview de Marc Trivier pour Alphabet à la demande de Donatien, scanné le tapuscrit de Paule Thévenin, etc.

PS bien reçu le petit livre jaune et la carte postale de la grille. Merci !!!

Allez je vais lire un peu.

( Hier visite d’atelier très agréable )

Notes Thomas Bernhard/ Photographie

 « La photographie ne montre que l’instant grotesque et l’instant comique, ai-je pensé, elle ne montre pas la personne telle qu’elle a été, en somme, durant sa vie, la photographie est une falsification sournoise, perverse, toute photographie, peu importe qui photographie, peu importe qui elle représente, est une atteinte absolue à la dignité humaine, une monstrueuse falsification de la nature, une ignoble barbarie. D’autre part, les deux photos me paraissaient prodigieusement caractéristiques justement de ceux qui étaient fixés sur la pellicule, de mes parents tout comme de mon frère. […] Photographier est une manie ignoble qui atteint peu à peu l’humanité entière, parce qu’elle n’est pas seulement amoureuse de la déformation et de la perversité, mais qu’elle en est entichée et qu’en vérité, à force de photographier, elle prend à la longue le monde déformé et pervers pour le seul véritable. 

Ceux qui photographient commettent l’un des crimes les plus ignobles qui puissent être commis, en rendant la nature, sur leurs photographies, perversement grotesque. Sur leurs photographies, les gens sont des poupées ridicules, désaxées au point d’en être méconnaissables, défigurées, oui, qui regardent d’un air effrayé leur ignoble objectif, de façon idiote, repoussante. 

Photographier est une passion abjecte qui atteint tous les continents et toutes les couches de la population, une maladie qui a frappé l’humanité entière et dont celle-ci ne pourra jamais être guérie. L’inventeur de l’art photographique est l’inventeur de l’art le plus misanthrope de tous les arts. C’est à lui que nous devons la déformation définitive de la nature et de l’homme qui y vit, en la caricature perverse de l’une et de l’autre. Je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie un homme naturel, autrement dit un homme véritable et vrai, comme je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie une véritable et vraie nature. la photographie est le plus grand malheur du vingtième siècle. Jamais je n’ai été pris d’un tel dégoût qu’en regardant de photographies. Mais, me suis-je dit à présent, si déformés que soient mes parents et mon frère sur ces seules photographies prises par moi avec l’appareil photographique appartenant à mon frère, à mesure que je les regarde celles-ci montrent tout de même, derrière la perversité et la déformation, la vérité et la réalité de ceux qui sont pour ainsi dire saisis par la photographie, parce que je ne me soucie pas des photos et que je vois ceux qui y sont représentés, non pas tels que les montre la photo dans sa déformation grossière et sa perversité, mais comme moi je les vois. »

                                                                                                                         Thomas Bernard, Extinction               

May I introduce you?

Ce matin en buvant un café je riais en disant que les plus mauvais artistes sont souvent les plus vaniteux. Je citais Orlinski qui veut « démocratiser l’art« – en soi c’est un beau projet, un programme ambitieux / mon dieu qu’il est sot celui-là-  » le mal aimé du monde de l’art qui ne le reconnait pas » et pour cause car il appartient (à mon sens ) plutôt à la guilde des promoteurs immobiliers. Bref il y en a d’autres qui déclament leurs idées sur l’art et, soit on pouffe de rire, soit on pleure. TL qui parle de Cézanne c’est un must et lorsqu’il réalise son mural il donne à chaque étage de son échafaudage ( en toute modestie) des noms d’artistes de petite envergure, ses collègues : étage Michel Ange, étage Raphael, et un artiste japonais moins connu que Hokusai mais plus joli. Bon oublions. Je ne sais plus pourquoi je parle de ça. Si !!!!!!!! Hier j’étais invitée Rue du Bac chez L car il y avait une petite réception en l’honneur de mon héros, mon maitre, mon admiration, j’ai nommé Paul McCarthy. Bon je n’allais quand même pas mettre ma seule robe pour le séduire !!!! En avant mon short noir et mes chaussettes longues. Chemise blanche … May I introduce you? Dans ces circonstances on a pas grand chose à dire. Enfin, je parle pour moi. Lui ai serré la main et j’ai regardé sa barbe blanche, je le pensais plus grand sous sa casquette éternellement vissée. Bref un mec que je pourrais croiser en bas sans me retourner. Suis allée m’assoir, papoter gentiment, siffler un verre ou trois de champagne, en le regardant du coin de l’oeil, discuter avec les même personnes dont la fille Lilith Strangenberg qui est souvent dans ses terribles films. Sur le canapé il y avait un coussin bleu en forme de boule. A un moment je me suis lancée et je lui ai demandé s’il voulait jouer au ballon avec moi ! Bingo il a ri et on a commencé à dire je ne sais quoi, assis sur le canapé. J’ai avoué être une totale groupie de son oeuvre terrible. On a ri. Trinqué. Il m’a embrassée. C’était Noel en mieux. Je lui ai raconté l’histoire de ma rencontre avec Kirkeby ( qui n’est pas un artiste qui m’intéresse beaucoup ) : Une dame nous présente et dit je vous laisse discuter. En même temps nous avions répliqué:  » de quoi ? » puis avions pivoté afin de partir chacun dans une direction différente, comme lorsqu’on compte ses pas dans un duel !!! Bref. MC est plutôt bière que champagne. On a parlé un peu bouquins. ( il a perdu maison et bibliothèque à LA. Tous les livres qui étaient un tas de cendres. Il a dit que tout cela s’était volatilisé et entré dans les yeux, la bouche et le nez des gens à leur insu, ça m’a fait penser à Farenheit et je me suis dit que j’avais peut ^tre un micro morceau d’une page de Shakespeare qui flottait au milieu de mes neurones ) Il adore Albocamo. Je me disais bizarre un auteur africain, et je ne connais pas du tout. En fait c’était Albert Camus / Albocamo l’auteur Africain. Bon, on a trinqué, dit n’importe quoi que j’ai oublié et lui aussi, et puis c’est pénible de ne pas toujours comprendre cette langue. Mais ça m’a fait très plaisir de rencontrer ce mec sans aucune affectation et bien plus modeste et drôle que ceux que j’ai cités plus haut. Voilà. J’ai pris un taxi légère comme un papillon. Et ce soir j’irai à la projection.

le crochet LFI

Alors que je faisais trois courses j’ai attrapé un flyer électoral. J’allais le jeter, l’ai mis dans ma poche et ressorti dans l’ascenceur ( que je reprends quand les cieux me semblent cléments ) . Et je lis: Madame X 1/cheffe de projet, 2/lutte contre le surtourisme et … 3/ Redonne les bénéfices de ses créations au crochet pour la Palestine. Alors là on se demande si c’est le programme de Mister Bean, une invention, ou la réalité. On a bien ri un peu plus tard. J’avais gardé le précieux parchemin. Bon, je me dis, Dimanche prochain, en allant rue des martyrs je trouverai bien quelqu’un qui tracte. Puis j’ai oublié. Avant hier je sors de la station ND de Lorette. La nuit est tombée et dans le noir une fille en haut de l’escalator distribue les trucs. Je passe, reviens sur mes pas et voyant qu’il s’agit du même flyer je dis à la personne qu’elle tombe bien et que j’ai besoin d’éclaircissements. En m’excusant car, dis-je, vous n’êtes pas responsable et vous distribuez pour la candidate je lui demande si elle se rend compte de l’ineptie et du ridicule de ce programme. Elle est étonnée. Et moi : Mais le crochet, qu’est ce que c’est que cette histoire de créations au crochet ? Alors elle me répond Vous voulez voir? j’ai les photos!. Stupeur c’est la candidate en personne.
J’ai décliné cette offre alléchante, et me suis éclipsée gentiment. Ensuite j’ai un peu regretté mon attitude ( non agressive ni belliqueuse je précise ) La fille est de toute évidence à ranger au rayon innocente, ou neuneu si je suis méchante, d’une telle naïveté. Ce que je me demande aussi c’est comment de telles absurdités peuvent exister? Et pourquoi  » ça passe « .

Mon Kandinsky

Il est presque terminé. Beaucoup plus grand que l’original avec un truc peint en plus!je me suis dit: Lançons nous derrière Surtevant !!! Quand il n’y a pas, faisons la sourde oreille. Bon j’aurais c’est certain plus de mal avec un Botticelli. J’ai pas mal souffert quant aux couleurs. Il y en a 3. Un fond assez « mastic » et deux sortes de verts un peu jaunes. Je ne pensais pas que ce serait difficile. Mais je n’ai jamais vu l’original et les reproductions sont toutes différentes. Je dois dire que ça m’amuse. Terminé aussi deux petits diptyques. C’est mieux sans vernis. J’ai tenté mais je n’aime pas trop. Commencé une grande peinture à partir du portrait de Berthe Weill par Kars. J’ai vu le tableau à l’Orangerie. Je l’avais découpé dans la Gazette. Ouf très beau temps. On a pas mal ri hier avec Valerie etc au QG. José avait garé son énorme camion de dépannage devant le bar et fêtait ses 50 ans. Luna a bien aboyé pour être en accord avec les cris et les rires de la tablée portugaise. J’ai commencé le livre que Marga m’a offert. Il s’agit de l’agression de la Finlande par la Russie. Olivier Norek revient à la rentrée avec Les Guerriers de l’Hiver. J’avoue que je ne connaissais rien à cette histoire là. Sur le chemin de l’atelier une voiture rouge a entièrement brulé. Dans l’Escalator je photographie des jambes de Lolita avec petit short et chaussettes en dentelles. Certain qu’elle est Japonaise. C’est amusant ce « mignon » mais ça me met plutôt mal à l’aise. Je n’ai jamais aimé les femmes qui jouent les petits filles et minaudent. Alors cette ambiguïté sexuelle… Bref. Vu l’expo Martial Raysse. Trouve ça assez moche et plutôt poussiéreux à vrai dire. Ouem. Disparition soudaine du spécialiste de la tapisserie de Bayeux que nous avions rencontré. Tous les jours ou presque atelier. Travail pour Nantes et mise au point de l’étoile. Petit livre pour Hong Kong. L’autre soir concert de Ino Casablanca à la Cigale. Bien installés derrière la régie son. Je crois qu’on était les plus vieux! Tiens je vais écouter Feu chatterton et poursuivre ma lecture.

J’attrape sur le lit L’homme sans contenu ( Frenhofer et son double ) de Agamben et trouve:

Qu’est il arrivé à Frenhofer? Tant qu’aucun oeil étranger n’a contemplé son chef d’oeuvre, il n’a pas douté un seul instant de sa réussite. Mais il lui a suffi de regarder un instant sa toile avec les yeux des deux spectateurs pour être obligé de faire sienne l’opinion de Porbus et de Poussin: « Rien, rien, et avoir travaillé dix ans. Frenhofer s’est dédoublé. Il est passé du point de vue de l’artiste à celui du spectateur, de la promesse de bonheur intéressée à l’esthétique désintéressée; dans ce passage l’intégrité de son oeuvre s’est évanouie. En effet ce n’est pas seulement Frenhofer qui s’est dédoublé, mais aussi son oeuvre: comme dans ces combinaisons de figures géométriques qui, observées longuement, acquièrent une disposition différente, à partir de laquelle on ne peut plus revenir à la précédente sauf à fermer les yeux, de même son oeuvre présente alternativement deux faces, qu’il n’est pas possible de recomposer en unité; la face tournée vers l’artiste est la réalité vivante où il lit sa promesse de bonheur. Mais l’autre face, celle qui est tournée vers le spectateur, est un ensemble d’ éléments sans vie qui ne peut que se refléter dans limage qu’en renvoie le jugement esthétique

Aux abbesse un café et des courses ce matin. Puis lire. Annulé le RV avec S pour avoir une journée sans aucune contrainte. Remis à demain.

Demain Saint louis . Ouf ce n’est pas à 8h comme annoncé.

POURSUITE

Le survêtement- le survet est l’ancêtre du jogging. Ceux de ma génération le portaient uniquement pour faire du sport. On avait un sac de sport qui se fermait avec un cordon. Aujourd’hui quand je vais à la salle Marcel Cerdan ( !!! ), je regarde les ados qui par grappes trainent la patte sur le stade, regardant leur écran ou frissonnant, tête rentrée dans les épaules et poches remplies de leurs mains au bout des bras tendus. Leur professeur à plusieurs mètres devant tente de leur insuffler je ne sais quoi d’énergique. Il sautille. Les élèves sont en jogging et ce depuis plusieurs jours, depuis toujours…. Ils ne se changent pas. Avant/ Après mêmes baskets (sneakers ), même tout. Bref. Dans la nuit nous avons croisé une sorte de grosse luciole. Un halo lumineux se déplace dans notre rue. La source en est une lampe frontale conduite par une fille courte et épaisse en Jogging rose. ( Le jogging me plait s’il est noir bleu foncé ou gris, tombe un peu / Un peu trop grand… Over sized ( hein !!!) bien large et porté par des personnes grandes et bien balancées ( je vais être accusée de discrimination ) Un grand black , un beau grand black avec un beau pantalon large avec poches arrières si possible, c’est joli. Exit les petit et petites personnes rondelettes qui en général achètent des machins collants. Ben oui c’est vrai, ne soyons pas hypocrites, c’est pas beau. Bon allez tout le monde à le droit de passer devant mes yeux !!!

Bon donc je n’étais pas en train de lire les Porteurs de lanterne de Stevenson : « On dit qu’un poète est mort jeune dans la poitrine des plus compassés. On pourrait soutenir plutôt que ce barde mineur a survécu dans presque chaque cas, et reste pour son possesseur comme le sel de la vie. On ne rend pas assez justice à la versatilité et à l’insondable puérilité de l’imagination humaine. La vie d’un homme peut n’être, en apparence, qu’un grossier tas de boue – mais dans le cœur de celui-ci, soyez sûr qu’il est une salle dorée, où il vit dans le ravissement : aussi sombre que puisse paraître son chemin à un observateur, il n’en porte pas moins à sa ceinture, lui aussi, une sorte de lanterne sourde.« 

Rien à voir. La rue était devenue une sorte de plateau de tournage ( nuit américaine dirai-je ) ou plutôt poursuite. Bon nous ne sommes ni dans Lola Montes, ni au cirque, ni dans la Dolce Vita. Qu’on se rassure . Mais comme je l’ai dit, nous nous esclaffons discrètement en regardant devant nous cette grosse dame en jogging rose tirée par la laisse tendue de son minuscule chien-chien, vedette de cette séquence. C’est assez ridicule ce grand cercle de lumière très blanche, très forte qui se déplace dans la rue comme par magie.

Je me revois vers 10 ans devant le miroir d’une des chambres, tirant sur mon pantalon de survet trop court et qui faisait des poches au genoux. Comment en faire un pantalon fuseau? J’avais convaincu ma mère de coudre des élastiques à passer sous mon pied pour donner cette impression de tension.Mais qui tend en bas doit tirer en haut d’ou la nécessité de bretelles. C’était affreux, peu olympique, et on voyait bien que ce n’était pas le pantalon de mes rêves que j’aurais voulu porter avec des brodequins. Même en tirant, tirant c’était un survet de looser. Pas mieux. Bon je n’en suis pas morte. Pas plus que lorsque la couturière m’avait fait un pantalon de velours vert foncé. Le désespoir ne s’est pas fait attendre. Il n’y avait pas de braguette mais comme cela était normal pour un pantalon de fille, la fermeture éclair était sur le côté. Horreur.

Bon je ferais mieux d’écrire ce que j’ai à écrire à savoir deux textes sur deux peintures qui seront montrées dans la même salle qu’un MacCarthy. Chouette . Mais j’ai pas envie d’écrire des truc obligés et j’ai passé ma journée à lire un polar que AM m’a envoyé. Bon j’avais deviné qui avait tué les filles. Pas mal le truc. De Paris à Cracovie et Birkenau.

Allez LN va travailler.

Il fait encore jour

Je ne sais plus qui à écrit cela. Me revoilà/ revoilà. Dans le métro j’écris, je corrige et reprends mes phrases- de tête- j’écris mentalement de trucs qui me semblent pas mal !!!! Et arrivée ici je ne sais pas quoi raconter. Je m’étonnais en commençant un nouveau Chester Himes, le troisième ce mois-ci , qu’il commence avec l’histoire de ce chien qui a comme collier un fil de fer, et qu’il aimerait bien l’avoir ce chien sans pouvoir le payer. Je fronce l’oeil en me disant que j’ai déjà lu cela, exactement celà peut-être pas, mais le petit chien au fil de fer qui sera dévoré plus tard dans un terrain boueux, par le molosse de malfaiteurs qui vendent de la cocaïne derrière le dos d’Al Capone. Et ça mieux vaut éviter ( je pense que c’est dans Plan B, son dernier roman. ) Je ne sais plus dans quel livre j’ai rencontré pour la première fois et avec plaisir les deux policiers, Cercueil et Fossoyeur. C’est génial d’appeler ainsi deux personnages non? Moi ça me plait, je trouve que c’est assez grandiose. Cercueil et Fossoyeur. Quelle impression produisent ces mots, devenus noms et incarnés. L’un des deux -les deux sont des hommes noirs- mais l’un des deux a eu le visage vitriolé lors d’un truc qui a mal tourné. Ils n’apparaissent que deux fois-au début et à la fin dans le plan B. Entre temps j’ai lu Thomas Bernhard ( ou relu ). La cave, Le souffle, l’Italien. Ici encore un motif: celui du père défunt dans le pavillon de plaisance. Où l’ai-je lu? Pas dans Gel…. je ne sais plus mais je me souviens bien de cette tradition théâtrale décrite: les enfants chaque année écrivent une pièce dont ils réalisent décor et costumes et ils jouent devant la famille et le grand-père, le père qui est étendu là. Je pense à la photo de Kandinsky sur son lit de mort. Je la préfère à toute son oeuvre ( c’est un peu bête de dire ça… ) . Mais c’est vrai que Kandinsky ne m’a jamais tellement émoustillée, sauf récemment un tableau de la collection du centre Pompidou qui est plus proche d’une pochette de disque des Beatles que de Kandinsky !!!! Pourquoi n’est elle pas dispo. Mystère. Suite Thomas B: Est-ce à la fin de l’été. Ca se pourrait. ( je ne sais pas de quoi je parle en relisant !!!!) C’est très beau. Le deuxième texte, je l’ai lu aussi déjà. Il y est question d’une auberge, d’un frère et d’une soeur qui le lendemain matin seront morts. La troisième nouvelle est l’histoire du prisonnier qui écrit sans bruit la nuit, puis bien longtemps après commence à lire ses histoires à ses co-détenus. Puis l’heure de la liberté sonne mais il n’a plus envie de partir ayant trouvé dans la cellule l’écrin idéal pour se concentrer et inventer. Il est vrai que comme on dit-on s’habitue à tout. On prend même du plaisir à des situations qui au début sont pénibles. L’exemple de l’hôpital me semble bon. La première fois, la cafétéria semble sinistre. Elle l’est d’ailleurs, puis elle devient le théâtre d’une sorte de petite remise de peine le temps d’un café, avant de se diriger vers les ascenseurs et d’atterrir dans un service au nom de fleur: Géranium ou je ne sais plus.

Cette semaine Metz pour en finir avec la liste des demandes de prêt. Pas eu le temps de voir l’exposition Nevelson. D’ailleurs je ne sais absolument pas ce que j’en pense. Je me souviens de ses expos à la fin des années 70, puis plouf me semble t’il, disparition. Mardi déjeuner avec Laurence chez Toscano rue des Saints -pères ( échange le catalogue Tauber Arp -l’exposition est magnifique – contre deux pots de terrine de sanglier corse, au thym, dont je raffole), puis rencontre avec des étudiants à Science Po. Ils ont bien préparé le truc et sont vifs et sympa. Chaque fois je suis étonnée de leur facilité et clarté d’élocution, de propos intelligents, d’assurance non arrogante. Mercredi et Jeudi atelier et peinture. Ca va je ne m’ennuie pas. Sais pas si c’est bien ou pas du tout mais je fais et hop on verra. L’exposition à Londres est confirmée et on verra pour la résidence à Somerset en Mai. Ce n’est pas que ça m’enchante mais ça semble une étape que je ne peux escamoter. Vendredi matin, Saint Louis et au lieu de travailler je lis tout l’après midi. C’est délicieux. Paperasse/ Impôts etc… Travail ce matin et RV avec Marylin Desbiolles que je ne connaissais pas physiquement. Chocolat au Train bleu. Elle me donne son dernier livre. Je remonte la rue Lepic pour acheter du poivre. Le poivre c’est délicieux, subtil et je ne le savais pas il y a encore quelques années. Zut c’est fermé.

Je regarde les oeuvres que j’ai choisies pour Metz et ça ne me déplait pas; Le point commun me semble t’il c’est que beaucoup ne sont pas reconnaissables. Je veux dire comme plus haut que le Kandinsky, bien malin celui qui en reconnait l’auteur, les dessins raturés, le Bram van Velde ( ce peintre m’ennuie mais ce tableau de neige avec des personnages me surprend ), Thierry de Cordier que j’admire et des installations, qui vont de Pierre Huyghe à Mike Kelley etc. Drame car le Cocon de Kudo c’est Niet. Zut. Ad Reinhadt c’est Nix, Vuillard idem et Grr. Pas facile. En plus il faut penser au roulement des dessins qui ne peuvent être montrés plus de 3 mois. Trouver le ou la scénographe et ne pas se tromper. J’ai le titre de l’exposition. Chut !!!! Il faut que je prépare l’intervention je ne sais où, il serait question des peintures des années 85 , disons primitives.

Hong kong c’est prêt. Me demande ce que ça donnera. je présente uniquement des petits diptyques.

De manière générale l’atmosphère est plus légère. Même si.

Petits événements médiocres.

Neige et froid.

J’ai enfin terminé la Splendeur des Amberson ; Je ne pense pas que ce soit un grand livre mais comme on dit, il a son charme. La traduction n’est pas des plus inspirée/ Cependant la fin d’un monde et le sentiment de tristesse et de nostalgie lié à ce qui s’évanouit puis disparait m’a accompagnée de façon plaisante. Le personnage George Amberson- de l’enfance à l’âge adulte, si arrogant, conventionnel et odieux même est intéressant. Une classe aristocratique et dominatrice disparait, les voitures remplacent les chevaux, les domestiques ne sont plus noirs, et des constructions nouvelles apparaissent cachant la magnifique fontaine du carrefour. Ces bâtisses « vulgaires » contiennent des familles presque ordinaires elles aussi, et des gens qui pour vivre travaillent. Finie l’époque des rentiers pour les Amberson, les bals et l’arrogance hop effacé. Je n’ai pas revu le film depuis longtemps. Je retrouverai avec plaisir Joseph Cotten. Vendredi atelier un peu froid. Samedi sais plus. On a bu un verre le soir avec AL. Dimanche Musée d’Orsay avec Anne Laure ( Bridget Riley au programme ) . Je suis hyper réactive en ce moment et souvent me dispute avec les gens. Les inconnus. ceux qui ont le haut-parleur sur leur téléphone, qui bousculent car ils regardent leur écran. Le monde des abrutis en somme ( sans me prendre pour le jeune Amberson, je constate !!!! ) Bon je suis une vielle dams acariâtre, je le confesse. A Orsay ce n’était pas la meilleure idée que d’y aller un Dimanche. Je présente ma Carte Culture et le préposé me dit qu’elle ne marche pas les premiers dimanches du mois. Ok. Ca ne change rien puisque il n’y a personne devant nous et que c’est ouvert à tous. Je fronce l’oeil et essaie de comprendre. Comme je suis à l’extérieur du cordon, je passe en dessous pour entrer. Et là, ça commence: il faut que je reparte au début. Au quart de tour je réagis disant que je ne vais pas slalomer comme dans les aéroports et qu’en plus il n’y a personne. Bon, il a décidé de m’emmerder. C’est fait . Je rentre malgré son avis, il s’énerve et moi aussi. Je lui demande à qui il obéit et s’il est toujours aussi soumis, courbé, exemplaire, de quoi il à peur en somme dans ce métier pas bien dangereux. Puis je le félicite de sa médiocrité et de son autorité passagère. Bref, c’est parti. Je lui dis que pour le récompenser je vais faire ce qu’ildécide. Je le fais. J’obéis. Bref. je lui adresse quelques douceurs et entre à nouveau. Deuxième épisode au moment ou j’oublie mes clés dans ma poche au contrôle. Ca sonne et la jeune femme me demande de repasser ce qui est tout à fait normal. Mais revoilà l’abruti qui recommence à me mordre la mollet. Alors là, je ne sais plus la cascade d’insultes que j’ai pu proférer, lui demandant de s’occuper de sa porte à tambour et de se contenter de cette responsabilité majeure. Vestiaire. L’enfer. A chouette! un casier se libère. L’abruti ne nous dit pas que le casier est défectueux et qu’il le quitte pour cette raison . Bref. J’en oublie de parler de l’expo qui est intéressante surtout si on parvient à la trouver !!!! Au cinquième étage de cette horrible architecture de Gae Aulenti !!!! La signalétique à Orsay c’est quelque chose. Bon. Bridget Riley. C’est une vieille dame que je trouve belle. La photo de l’entrée la montre souriante et d’une classe évidente. L’exposition est belle mais excuse moi Bridget de te dire que ce sont les magnifiques oeuvres de Seurat qui portent ton travail. Le dialogue est vraiment pertinent. Quelle beauté ces dessins et ces petits paysages. Mais enlever Seurat et Patatrac ( à mon sens ) , tout cela devient ennuyeux et presque maniaque ( lignes, cercles, vagues ) Ennuyeux et un peu cinétique et froid. Mais je suis contente de cette visite. Je préfère Agnes Martin ! On ose tenter Sargent. L’horreur de monde . On part. Je marche jusqu’à la Concorde ….

Hier Lundi clinique de Turin, café puis écrire un texte sur les diptyques. Ca me plait. Neige que je regarde sans penser à rien. Dessin. Presse et Venezuela- Je note le Absolute resolve de l’opération enlèvement et sur Instagram le feuilleton TL, artiste dont je me moque. Son auto-satisfaction est proportionnelle à son peu de génie et au creux de son discours. ( c’est super, c’est génial, j’aime beaucoup, c’est interessant ) Je pense au mot le plus fréquemment utilisé par Trump: Beautiful Et TL ne dit que ces platitudes. Mais ça me fait rire. La vanité est quand même une chose incroyablement tragique et interessante. J’observe en souriant, loupe en main ces insectes humains ridicules et qui oublient le Mémento Mori.

Aujourd’hui je suis restée à la maison à dessiner alors que j’avais prévu l’atelier. J’ai eu peur de problèmes sur la ligne comme à chaque fois que deux flocons s’entrechoquent. Ca skie à Montmartre à ce que je sais. C’est assez drôle d’ailleurs. Commencé un nouveau livre: La trilogie de Copenhague de Tove Ditlevsen ( pourquoi et quand ai-je acheté cela)? Ca semble bien, avec des descriptions inattendues, et…..

L’enfance est longue et étroite comme un cercueil, on ne peut pas s’en échapper sans aide p 41

.Je file à la galerie

OUF bis

Bonne année ( malgré mon ton rabat-joie ) à mon minuscule nombre de lecteurs.

Comme Mouna / Aguigui Mouna, « le Mouna frères -le journal le moins lu de la presse sporadique » !!!Je trouve aussi en souriant Ferdinand Samuel Lop né le 10 octobre 1891 à Marseille.( B2 B lui ressemble ) + Les partisans de Lop ou « Lopistes ». Les opposants étaient les « Antilopes ». Les indécis, quant à eux étaient taxés « d’Interlopes ». Il prêche l’extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir.

Voilà c’est fini, c’est terminé, c’est oublié. Noel et jour de l’an. C’est du passé. Déjà cela m’allège. Bonne soirée à 3 avec MM. Puis on jette un oeil aux Champs Elysées et leur foule pleine de téléphones portables qui font à eux seuls une rivière de lumière. Quelle angoisse de se retrouver dans cette foule.

J’ai (bien) travaillé Lundi à Argenteuil ( malgré le froid ). Il faudrait que j’achète une nouvelle perruche car elle que j’ai doit s’ennuyer ferme. Ici depuis deux jours je dessine. Ne sais pas ce que ça vaut, mais m’en fiche. Demain atelier à nouveau toute la journée et Samedi aussi. j’ai une certaine sensation d’urgence, ne sachant pas trop comment sera l’avenir. Notes pour Metz. Recherches quant à la lumière ( projecteurs ets… ) Mais je laisse reposer comme on dit/ Annulation du voyage à NY. Je devais partir le 7. Je ne me sens pas de m’inquiéter loin. Hier au téléphone mon vieux médecin JC que j’ai toujours surnommé Bardamu. Généraliste comme on n’en fait plus, courant ici et là, officiant à Pantin, fumant entre deux consultations, et jouant à la belote plus tard . Hum. Pas fort pas fort. Mais nous devisons néanmoins, et ses forces déclinantes lui permettent encore de lire Lucien de Samosate dont je parlais justement hier avec R. lui disant à quel point cette lecture était réjouissante. Les livres commandés pour mon frère sont enfin arrivés. Mais qui eut cru que le même jour nous étions deux à demander le Journal de Victor Klemperer en 2 ( énormes tomes= 1700 pages environ )? Personne n’achète ce livre !!!! résultat = confusion dans les noms et livre qui est dispo et que je ne vais pas chercher. Acheté le livre de Jeremy sur les Ménines, et commandé Bartleby et moi. (Il y a quelque chose de fascinant dans ce livre-testament de Gay Talese, la sensation de visiter les coulisses d’un genre littéraire. Aujourd’hui âgé de 93 ans, celui qui est considéré comme le fondateur du Nouveau Journalisme outre-Atlantique se remémore ici ses débuts, ses rencontres marquantes, explique sa façon de travailler. Avec, on s’en doute, un délicieux sens du détail.)

Voilà ou nous ensommeillé. = je n’en peux plus de ce correcteur qui parle pour moi et prend mon langage en otage en modifiant ce que je veux dire et qui n’a plus aucun sens.

Donc voilà où nous en sommes. ( merci ) Allez un autre café et je dessine. Tenter de terminer la Splendeur des Amberson.( Booth Tarkington, dont je ne sais rien ) C’est assez léger et amusant.Lecture agréable.

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