Eté 2026

Ça me revient à l’instant alors qu’Eugène est en train d’écouter Charity et qu’il ne veut pas qu’elle l’appelle Cogneur. ( Harry Crews /Le roi du KO ). A ce propos j’aime beaucoup cet auteur. J’y prends le même plaisir que parfois au cinéma quand on ne reconnait pas les acteurs pour la bonne raison qu’ils ne sont tout simplement pas des acteurs. Ici je ne reconnais pas les histoires. Cette fête du serpent dans La foire aux serpents est juste incroyable. Des mondes étranges dans des coins reculés. Des filles usées avant l’heure et maltraitées. Un shérif qui met en taule toute femme jeune ou vieille qui lui résiste et des crotales, des serpents à sonnette, des vipères, des cobras. Tout ça se tortille en glissant comme les majorettes du coin, les majorettes de Mystic. L’une d’elle deviendra la reine ce jour-là et on brulera l’immense serpent de papier. Beaucoup d’alcool, des noirs, de la poussière, des personnages jamais rencontrés ailleurs. Des combats de chiens rendus féroces, des bagnoles déglinguées, rafistolées, moribondes mais qui roulent, pick-up ou autre,  qui arrivent au milieu de nulle part à toute vitesse dans un nuage de poussière.

Cette nuit, j’étais avec B. On avait à commander une plaque de carton, j’étais passée chez Arte ou le personnel d’il y a 30 ans était toujours en activité. Dans une ville en plein air, deux types faisaient une conférence. On les a re croisés plus tard. Ce que j’avais à faire était flou. Je suis allée au supermarché où des gens erraient. Les rayons étaient soit vides soit emplis de nourriture pourrie. Je n’avais pas de monnaie pour le caddie. Puis j’ai voulu mesurer une feuille de papier et n’ai jamais réussi. Un enfer. C’était pourtant très simple. J’ai roulé vite en voiture dans une grande ville, puis marché avec B que j’ai perdu. On a traversé un restaurant Italien qui avait l’air bon, j’ai atterri aux beaux arts. Je suis repartie dans l’appartement où Anne m’attendait. J’avais donc perdu Benoit. R. Injoignable. C’est à ce moment là qu’on m’a désigné ce garçon: une bonne mine et des cheveux ébouriffés. Il m’a dit regarde j’ai une oreille dévissée. Oui, une vis pendait au dessous de son oreille en biais. Ce n’était pas un vrai garçon-on me l’a signalé- mais un robot comme vous et moi. J’étais sidérée. Et ensuite j’en avisai d’autres personnes en leur disant que pour moi il y avait un avant et un après. Cette rencontre et la possibilité d’un clone humain me faisait une sale impression, comme un dégout. On lui faisait faire des choses minutieuses. A un moment il s’est affalé/panne de batterie. 

Deuxième nuit dehors. Cette fois ci il a fait à peine frais.

Quelques jours plus tard le 31 juillet 

Je me sens mieux. A l’arrivée j’étais perdue comme à chaque fois. Mal dans ma peau, moche, envie de rien. La première chose systématique que je fais c’est malgré le blues, d’ouvrir l’atelier d’y transporter ce que j’ai descendu comme matériel. Déjà, c’est un point de repère. Ensuite accepter de tenter la décontraction. Maintenant que je sais que tout le monde est parti en vacances et ne m’appellera pas. Youpi dirais-je. La mer pas de monopalme cette année à cause de la fracture du métatarse qui me fait toujours souffrir. Un pincement sur le côté du pied. Je me lamente, je râle. Marcher dans le sable est douloureux. Au rayon bobo, ce matin une guêpe est venue m’embrasser sur la bouche puis a déposé un mot sur ma main. La saleté!. Ça va. Nous dormons en bas car je ne réussis pas à rafraîchir les chambres. Impossible de trouver un rafraîchisseur d’air ( suis allée dans l’horrible zone à côté de Toulon ou se côtoient ( on connait par coeur ) les chambres mortuaires, les boulangeries artisanales de 500 M2, Ikea, Castorama, Carglass, et autres magasins déprimants. Sortant de chez Boulanger et voulant mener une enquête ethnologique, je suis rentrés dans une surface genre Gifi ( !!! ) qui vend uniquement des saletés inutiles: du parasol qui va fonctionner 3 jours, aux bonbons pour obèses en passant par des moustiquaires, deux ventilos à 29,99, des chaussures en plastoc, des chaises, des anti-fourmi et plein de choses que je ne reconnais pas sans mes lunettes et c’est mieux de voir flou parfois plutôt que de se demander ce que cette profusion deviendra et qui elle envahira une fois morte. Je prends néanmoins un des derniers ventilateurs de la région, que je cueille comme une tulipe après l’avoir débranché. Deux dames devant moi ont jeté leur dévolu sur quelques fleurs en plastiques. Un joli bouquet « infanable » qui sera posé sur une tombe ou dans un petit salon; 

Bruits d’hélicos. Ça brûle à Brignoles cette fois ci et on sent le roussi dans l’air. Bon … suite plus tard, direction le marché de Pignans et le Bar des Sports que j’aime bien. J’achète des framboises pour les voisines. Et des oreillettes saupoudrées de sucre glace. J’ai poursuivi ma lecture de Harry Crews. J’ai commencé ( pourquoi? Sais plus … le hasard je ne crois pas… ) par La foire aux serpents, puis Le roi du KO, puis La malédiction du gitan. J’ai commencé Des mules et des hommes plutôt autobiographique. Ça fait un peu penser aux raisins de la colère. Ce livre a été écrit pour mon garçon lit-on au début puis : « Survivre est suffisant comme triomphe »  David Shelley /conversation . 

J’ai recommencé mollement-doucement à peindre mais je ne me refuse plus des siestes que je trouve délicieuses mais me laissent un peu  sonnée. La mer et retrouver son corps même si ce pied m’embête. J’ai mis du baume du tigre dont j’adore l’odeur.

Oublié de parler de mon aller retour à Lens ( Crans-Montana ) en Suisse. Partie vendredi midi et retour le lendemain. Invitée par Samuel Gross que j’avais rencontré à Genève alors qu’il s’occupait des expos au Musée d’histoire. On avait sympathisé et maintenant il s’occupe de la fondation Opale spécialisée dans les arts Aborigènes. ( je n’y connais rien ) .Beaucoup de personnes disent Arborigènes. C’était très beau ces montages et ces vignes en espalier, le glacier au loin. Même si la montagne m’a toujours plutôt angoissée. Bref il s’agissait de visiter l’exposition de cette femme incroyable, Emilie Kam ( pour faire court ) qui a commencé à peindre à plus de 80 ans, était guérisseuse etc… L’expo a été présentée aussi à la Tate. Puis de dialoguer avec Samuel devant le public Il y a eu pas mal de monde. On est reparties assez vite mais c’était vraiment très agréable. Bien sûr je m’étais un peu renseignée sur les aborigènes et j’avais dans le train regardé le film de Herzog… Dans le titre il y a rêve et fourmis vertes.  J’ai aussi découvert ces fourmis dont la reine je crois est réellement verte. Elles cousent des énormes fourmilières. 

Hier on a regardé les hirondelles. Elles volaient au dessus de la place en tourbillons magnifiques. Il y en a plein dans le hameau. 

Ah oui j’oubliais mon rêve. J’étais avec Andy Degroat  ( disparu il y a ? Ans, 3 ? ) et on marchait côte à côte. J’avais à la main une photo Polaroïd un peu passée des années 70 et je ne savais pas comment lui cacher. Donc ne pouvant reculer je lui ai montré avec une certaine gêne. La scène photographiée représentait un enterrement. On voyait quelques personnes au premier plan et derrière les porteurs de cercueil. Andy m’a dit qu’il ne savait pas où c’était. Et pour cause  pensai-je. Il ne se voit pas sur la photo. Je me demande si je dois l’éclairer… Je lui dis heu… tu es dedans. Dans quoi me demande t’il ? Dans la photo … Je suis effarée de lui dire la vérité: Tu es dans la boite et c’est ton enterrement. Il en a le souffle coupé. Je suis mort alors? Oui tu es mort. J’ai prévenu Jean et les autres que j’avais dévoilé le secret et qu’il fallait bien que quelqu’un lui dise. Après je ne sais plus… Après il y a eu une sorte d’abbaye splendide. Et encore après j’avais un coup droit du tonnerre et courais comme un lapin fou au tennis.

1 aout ( METZ )

Bon il faudrait sérieusement commencer le ou les textes pour Metz. Ca pourrait s’appeler non pas, comment j’ai écrit certains de mes livres mais Comment j’ai choisi certaines des oeuvres. Pour le moment je n’ai pas envie de parler de ça. Mais plutôt de noter ces passages précieux dans Des mules et des hommes ( voici encore une variation de titre ) . Les deux enfants feuillettent le catalogue Sears et l’incroyable dans ces cas là, est que se rendant sur American Archives on trouve presque exactement les numéros feuilletés par Harry et son copain noir. Ce que je dis n’a aucun sens puisque l’auteur invente sans doute les images, où elles sont le concentré de beaucoup d’autres. Au moment ou j’écris, Celeste Albaret parle à la radio dans l’émission de Jean-Noel Jannenet. Donc les enfants ouvrent au hasard le catalogue chacun leur tour et établissent des relations entre les mannequins souriant qui présentent les vêtements :

On avait ouvert le catalogue Sears, au hasard, et on était tombés sur un homme d’âge mûr, mais encore costaud et en bonne santé, des cheveux en abondance sur le crâne et des yeux clairs qui nous regardaient franchement. Il portait une veste de chasse rouge et des cuissardes, avec un râtelier plein de fusils derrière lui. On a gardé la page avec nos doigts et on a fait marcher Le Livre à Souhaits encore un coup, et cette fois il s’est ouvert sur un groupe de dames en petite tenue, belles comme on en avait encore jamais vu, toutes parfaites dans leurs sous-vêtements immaculés. Elles avaient toutes sans exception le même regard direct et calme que l’homme en veste de chasse rouge.

« Qu’est ce que tu penses, Willalee? » j’ai dit .

Sans hésitation, W a fait : « Cette dame là qu’on lui voit les cottes, c’est sa fille … »

Tout en marquant la page avec la dame aux cottes et l’homme à la veste de chasse, on a ouvert le livre encore une fois, et là c’était un jeune homme en costume, on aurait pu se raser sur le pli de son pantalon. Il posait d’un air nonchalant, le pied sur une boîte, chaque cheveu de sa belle tête bien en place. 

Voilà ce qui se passe j’ai dit.  Voyez ce gars-là il voit la fille derrière, celle avec les cottes, et son père c’est çui-là, les fusils ils sont à lui, et il est pas heureux…

Pourquoi qu’il est pas heureux? ( p102-103 )

Voici donc un échantillon de ce livre et j’ai pris plaisir à le recopier ( pour moi !!! )

Je vais de ce pas chercher à la maison de la presse les 3 autres livres que j’ai commandés et je pourrai dire que j’ai passé mes vacances avec Harry Crews. C’est un sacré plaisir que celui de lire. Quelle chance. Et après je relirai un peu de Thomas Bernhardt. On verra .  

REVE

Les décors se mélangent au fur et a mesure de la reconstitution. Le lieu. C’est le jardin d’Amiens. Le grand portail vert est fermé. Ce qui se passe: arrivée d’américains pour voir la grande tour en bois qui a été édifiée au milieu de la pelouse. Ce sont des producteurs. Je ne retrouve pas le nom du plus important. Ma soeur. Mon frère qui n’est là que pour dire qu’il faut manier la manivelle de la tour avec précaution. Il est furieux. Mon père invisible on entend que savoir et encore ce n’est pas certain. Des joueurs de tambour belges. Le garage. Le chemin qui longe la maison qui mène au stade. Il y a de l’autre côté dans mon rêve une autre propriété avec un grand portail que je ne vois pas mais que j’entends se refermer. Là habitent trois jeunes gens qui ressemblent à ceux des Finzi Contini. Mais ceux là je ne les aime pas beaucoup. Ils sont l’exemple de la grande bourgeoisie Française. Plus tard il y aura les parents et un petit chien. Le chien, je dois le garder et il tombe du balcon de ma chambre qui s’est effondré. Le chien parle et me dit que ce n’est pas cassé. Essayons de trier tout ça. Le voisins que j’appellerai les FZ, sont près de la balançoire et ont de très gros visages. En fait un peu comme au carnaval d’Amiens ce sont des grosses têtes ( pas énormes non plus ) et ce sont leur propre visage qui est reproduit. J’aime bien cette vision. Donc ma soeur me dit que le rendez-vous est important pour le film que son mari doit réaliser. Avouons que le mari existe et n’a jamais fait d’étincelles dans aucun domaine dont le théâtre. Elle rajoute: Mais le producteur a un autre rendez-vous et moi de répliquer : penses tu qu’on vient de LA uniquement pour voir ton mari. Allons! Mais elle semble déçue quand même. Bon les Américains sont environ 7 et ne parlent pas français. C’est moi qui me tape la conversation. Je leur montre les voisins et dis qu’ils sont «  l’exemple de la grande bourgeoisie Française ». Soudain je vois des hommes qui grimpent n’importe comment dans la tour qui pour cette scène est entourée de branches. Je hurle et finalement menace d’appeler la police. Entre temps une délégation japonaise passe devant le garage. Chacun a un costume traditionnel. C’est beau. Ça discute face à la tour qui est je dirais assez belle, en bois. Sobre sauf des parties en bois exotique que je n’aime pas.( En fait cette construction est la réplique allongée en hauteur de la maison de la sorcière dans mon décor pour Hansel et Gretel ). L’américaine qu’on m’avait annoncée comme désagréable, l’est. Elle n’aime pas ce décor. Je la laisse commenter ce qu’elle voit et me dirige vers le fond du jardin pour parler au gars qui était dans l’arbre. Il est assis derrière une table et je l’engueule; il reconnait que ce n’est pas malin. Il est belge et je lui dis qu’il va passer pour un belge saoul et ringard. Il me parle tambours. Il est sympathique. On discute. 

Retour des parents. Le père m’embrasse sur le front de temps en temps. On n’est plus à Amiens. Je suis chez eux quelque part ( c’est là que je dois m’occuper du petit chien ) puis on roule dans une plaine boueuse, à travers champs. Il n’y a personne et j’ai un peu peur; Ah non une voiture nous suit. Je ne sais plus ce qui se passe. Gisèle Linder fait partie du voyage . 

Il y a un cadre avec un verre. Je veux extraire le dessin (?) qui est à l’intérieur. Il me semble que c’est juste un mot . Le verre se brise . J’ai plusieurs verres cassés dont je ne sais que faire. Tiens, comme par miracle derrière moi dans la même pièce, un client du Bar des A, trie du verre cassé et aussi des rondins de bois et je lui demande de prendre mes morceaux coupants. 

Là je ne trouve plus rien. 

Travail tous les après midi, mer le matin un jour sur deux ( aout un peu plus de monde dès 8h du matin alors que nous étions les premiers le mois dernier ). Le soir apéritif sur la place. Suzanne la dame qui doit avoir alzeihmer, tourne et vire. On l’appelle Tsé-tsé ou la buse, ou la guêpe. Elle porte sa doudoune sous son bras ( il fait plus de 30 le soir ). Elle marche mains sur les hanches, tête baissée Elle s’arrête et semble avoir un objectif. Elle marche plus rapidement et là c’est l’angoisse car on sait qu’elle va demander si elle peut s’assoir avec nous, avec tous. Parfois elle change subitement de direction, disparait à droite, réapparaît à l’autre bout de la place. S’immobilise. Demande un verre d’eau au bar. Elle s’approche. Alors ça va jeunes gens? Elle veut parler mais on n’est pas toujours disposés. C’était mieux avant le village… On rit avec la table à côté et on menace de leur envoyer Suzanne. Les autochtones n’en peuvent plus car elle opère dès 7h 30 le matin. Elle doit faire un certain nombre de km. Elle n’arrête jamais, butinant ici et là. 

Mercredi

C’est toujours la même histoire. Je n’ai pas le numéro de téléphone de P. Jamais noté ou noté et effacé. Cette nuit j’ai donc cherché mon cahier bleu à spirales- celui de Rome- avec les adresses. Introuvable. Y a retrouvé mon Filofax ( ça s’appelait comme ça les assez beaux répertoires ). Puis même histoire toujours, R. est introuvable ou ne veut plus me voir. Jene sais pas à quoi cela correspond. Je dois aller au théâtre du Chatelet pour y dessiner le spectacle. Je crois de gens que l’on voyait avec R. Armelle, des acteurs etc. Je leur dis que je ne vais plus jamais au théâtre. Un allemand qui parle Francais me salue et je suis obligée de me cacher car il m’appelle sans cesse. 

Il faut absolument que je commence à écrire pour le catalogue et je ne parviens pas à démarrer. Je continue à peindre tranquillement c’est à dire environ 4 h par jours. Ce qui est le plus difficile d’est le chemin vers l’atelier ( environ quoi ? 300 m ). Il fait tellement chaud. Je supporte bien je trouve. 

J’ai commencé ( histoire de me reposer de Harry Crews ) Julien dit l’apostat de Lucien Jerphagnon, que j’aime entendre dans des rediffusions. C’est incroyablement compliqué ces histoires Romaines. J’aime beaucoup. Il y a pas mal de temps je m’étais aussi intéressée à Héliogabale et avais lu Artaud. Puis fait chez Maeght des gravures sur bois inspirées (?!!!) de cette histoire. Quant à Dioclétien où avais-je lu qu’il enfilait des mouches sur son épée ou je ne sais quoi. C’es un peu mince pour parler de cet empereur !!! Donc cette biographie est plaisante ( préface de Paul Veyne.) J’y trouve en souriant l’anecdote qui dit qu’Hélène, mère de Constantin ( qui n’a pour moi que le visage peint par Piero della Francesca ) fit un pèlerinage en terre sainte et revint couverte de reliques, dont les clous de la cruxifiction «  dont elle aurait dit-on fait incorporer la fonte en partie dans le casque de Constantin et dans le bridon de son cheval à titre de porte-bonheur … » Terminerai-je le livre ou pas; Mystère . 

Tremblement de terre près de Naples. Si ça commence aussi à frétiller par là. Tout cela est inquiétant et j’espère que je ne serai pas transformée en crapaud le jour de l’éclipse prochaine. 

Hier M. est venue diner avec ses petits enfants et sa marmite ( comme d’habitude ) . C’est sans histoires et toujours agréable. Les gosses parfaits, curieux et calmes. Ca change de cette vision ( sonore ) sur la place ou une enfant de 3 ans déjà trop potelée à le nez dans un jeu qui fait des tas de bruits, pendant que ses parents boivent l’apéritif. Elle a un petit ventilateur chinois, et une gourde qui se termine aussi par un ventilateur chinois. Ces saletés qui finiront je ne sais où. Les filles sont plutôt bien enrobées ici. 

Paul Veyne a montré mieux que personne que l’on peut faire vivre en soi et simultanément, plusieurs certitudes qui ne vont pas ensemble. Pour le moment Ulysse, Jésus, Hermes, Hera, la Vierge Marie, les miracles et les apparitions des uns et des autres, tout cela coexistait sans problème.’’

Vendredi 

Il y avait quelque chose de rituel. Une image que j’avais découpée, représentant un duel, je vais la retrouver j’espère. Disons plutôt une gravure polychrome, peut être en raison de celles de Lodovico Ottavio Burnacini que le musée d’Epinal m’a refusé. Et en lien avec cette scène une personne qui avait le visage fendu, pas comme l’homme qui rit, mais une béance verticale qui aurait pu figurer dans un musée d’anatomie. Mais la personne vivait ainsi, sans nez , visage au vent pourrait on dire. Comme une gueule cassée…Je ne sais plus trop ce que je faisais là dedans, tout s’est effacé. Ah oui il me semble qu’il était question d’évaluer le cerveau d’une telle personne car des parties exposées à l’air s’étaient minéralisées sans pour autant que Méduse soit passée par là. 

J’ai lu un truc effroyable des hommes qui font des enfants à tour de bras ( Elon Musk ou d’autres plutôt milliardaires ) entr’autres, voulant je pense sauver l’humanité avec une nouvelle race en quelque sorte. ça rappelle … En parlant de milliardaires, hier à G, le garçon du bar m’a montré un ticket venu d’un boite à  Mégève où il travaillait. 86 000 euros et je ne me trompe pas, prix de quelques bouteilles de champagne millésimées ou je ne sais quoi. Les clients, deux personnes, avaient dîné avant dans un autre endroit. Ça me semble tellement idiot, plus qu’idiot d’ailleurs. Navrant serait plus juste. Oui navrant, désolant, affligeant, Si je calcule bien, disons que ça fait 2300 euros par mois pendant 3 ans. Misère. On a immédiatement envie de devenir ermite, de se cacher, de vivre comme un saint au désert. 

A cette heure-ci, 10h la terrasse est encore praticable et je suis bien sous le parasol.

Dimanche 9 / je regarde, nous sommes partis le 17

Histoire de ne pas restés enfermés au hameau ( ce qui me va tout à fait-le café sur la terrasse, arroser, papoter en mode radio platane avec les voisines, parler avec Noa, bien courageux et qui travaille sans cesse… ) et rêvant d’être les pieds dans l’eau nous voici dans un hôtel bord de mer. Maintenant que les gens ont quitté les transats et matelas ça me convient mieux car j’ai eu une sensation d’oppression, de qu’est ce qu’on fait là au juste. R. Se moque de ma panique, une sorte d’angoisse et d’agoraphobie alors qu’il n’y a pas non plus 1000 personnes. Il dit que tout ce qu’il voit ressemble à un dessin de Sempé. Ce qui est vrai. Vu sous cet angle je ris. Le petit chien, le Monsieur à brioche… Mais résolument notre coin habituel me plait davantage. A 8h le matin même si en Aout à cette heure nous ne sommes pas les premiers… Certes il faut y aller mais ce n’est pas pire comme on dit. Car même si la route tournicote vers La Garde-Freinet il n’y a pas 50 ronds-points et feux. Ces nouvelles sont passionnantes. Mais la route dans les vignes pour venir ici est vraiment belle. A la CV l’eau est transparents et on n’a plus pied très vite. Disons que c’est plus sauvage même si je vais moins loin sans monopalme.

Je poursuis la vie de Julien l’apostat, m’intéressant aux moments où il est question des  oracles chaldaiques. Je pensais avoir un livre des Belles lettres à ce sujet mais non( si je l’ai !!! ) ce sont les Lamelles d’or orphiques que j’ai depuis bien des années . J’adore ce petit livre qui contient de très belles phrases que je retrouve dans mes notes:

Tu trouveras à gauche de la demeure d’Hadès, une source,

et près d’elle, se dressant, un cyprès blanc : de cette source ne t’approche surtout pas.

Tu trouveras une seconde source, l’eau froide qui coule du lac de Mnémosyne; devant elle se

tiennent des gardes.

Dis : ‘Je suis fils de la Terre et du Ciel étoilé ; ma race est céleste, et cela vous le savez aussi…’

Je suis desséchée de soif et je vais périr: donnez-moi donc rapidement l’eau froide qui coule du lac de Mémoire ».

Et eux-mêmes te donneront à boire de la source divine; et à partir de ce moment, parmi les autres héros, tu régneras. Et, de ce moment, avec les autres héros, tu seras souveraine. »

Lamelles d’or orphiques. Instructions pour le voyage d’outre-tombe des initiés grecs, lamelle de Pétélia (fin du Ve siècle av. J.-C.), édition par Giovanni Pugliese Carratelli, Les Belles Lettres, 2003, p. 61.

C’est magnifique non? 

Rien à voir avec cette atmosphère de vacances qui m’empêche de réfléchir. C’est sans doute fait pour cela. .Mais qu’est-ce que j’ai à être difficile comme ça. 

J’ai regardé un court métrage qui m’a intéressée. Sur Arte, Diego. 

Je crois que je vais m’arrêter là car la vue des bateaux blancs me coupe les ailes quelque peu !!!!

Nous avons diné avec AL. ça m’a fait plaisir de la voir!. Ce matin j’ai observé depuis le lit le jour se lever. Carte postale genre Azur ( les cartes postales des années 70, signées en bas à droite ) garantie. Je me souviens de ces images presque chromo qui faisaient rêver. Et on ne savait pas trop quoi écrire à ses proches. ( je vais bien, il fait beau, je m’amuse bien, meilleur souvenir , tout cela écrit en biais!!!! )J’en ai souvent écrit de mon propre gré et elles ont terminé leur vie non pas chez un quelconque destinataire, mais dans une des pochettes de la portière de ma voiture. Timbrées, prêtes à voler. J’ai un réel problème avec le courrier à poster. C’est un enfer.

Me suis baignée avant 7 h -un délice- puis, m’étant habituée au contexte j’ai repris plaisir aux choses: café, lecture, baignades et on recommence. Suis allée jusqu’au port. C’est moche ces constructions, ces villas «  la vague «  et autre nom marin. Je repense aux descriptions de la côte d’azur, de la Provence pendant et avant la guerre. Ça devait être sacrément beau. C’est à Sanary je crois qu’il y avait des artistes américains, Edith Warthon… Fitzgerald… J’ai un livre là dessus que je n’ai pas lu. Des allemands comme Lion Feuchtwanger ( je cherchais son nom depuis hier ), Werfel, Thomas Mann, des Allemands avant 1939 ( ils ne devaient pas être très fêtés après 14 )

On est allés vers Hyères dont les abords sont moches. Puis sans s’arrêter  ( villa Noailles fermée le Mardi  et de toutes façons je n’avais pas envie…) on a filé direction le hameau en prenant les petites routes dans les vignes. Retrouver avec joie ce hameau et acheter des figues, des tomates, du raisin devant une petite église et une ancienne école sur la route de Pierrefeu. J’adore ces paysages de vignes. J’ai travaillé en arrivant. Et nous avons repris notre table sur la place, et observé les uns et les autres. X est seul depuis qu’il ne peut plus parler. Lui qui faisait du bruit et s’esclaffait avec drôlerie. Il porte beau comme on dit, mais parfois on croise son regard de coulisses si on peut dire et il est triste. Ce que je conçois. Ne plus pouvoir être compris par ceux qui autrefois étaient sa compagnie c’est difficile, mais on peut aussi faire un effort et c’est à se moment là que l’on évalue la vraie amitié… Hier on l’a invité à notre table . Avec un stylo pour quand je ne comprends pas. On a ri, il était content!

J’ai terminé Body de Harry Crews et souvent j’ai éclaté de rire. Je ne sais pas comment il réussit cette comédie humaine bien américaine. Entre celui qui est surnommé La chauve souris , Clou, dingue avant mais surtout après le Viet Nam, Le mur, Earline … c’est un festival de dialogues souvent désopilants mais aussi touchants. Le directeur de l’hôtel et sa perruque, le père et sa Camel au bec, vissée pour toujours. Tout cela dans une ambiance de muscles, de poses, d’altères et d’huile pour le corps. Le Blue Flamingo acueille le concours de Miss Cosmos.  

Donc mon rythme est celui-ci . Lever avant 8 h. Faire du café, le prendre sur la terrasse, lire. Et travailler l’après midi après une sieste ou pas. Peindre jusque 19H, arroser et aller sur la place. La journée passe à une vitesse folle. Aucune contrainte. Salades de tomates délicieuses des voisines chaque jour… figues, framboises du marché, pastèque et melon ( moi qui n’aime pas trop les fruits ) .

Disparition de Vincent Dieutre. Je l’aimais bien. 

Il faut absolument que je commence à écrire. Allez demain . 15 aout c’est une bonne date.  

Evidemment je n’ai toujours pas commencé!

Il y a un type sur la place un peu étrange , qui a une cicatrice sur le crâne et une oreille en moins. Par commodité, je l’ai surnommé coton tige. Son nom c’est Didier. Il a l’air un peu simplet mais cependant il est vif. Crâne rasé, petit et sec, rapide avec son maillot de foot. Une gueule de marginal, quelle fut sa vie? L’autre soir, le 15 ( nous ne sommes allés à aucune procession vu la chaleur ) on le regardait danser seul et pas mal d’ailleurs avec son verre de Whisky. Il s’était fait beau en blanc tout propre.  Son chien, un bon toutou frisé dansait avec lui. D est passé près de moi et m’a dit en riant, je suis défoncé jt’e dis même pas comment. Il est de ceux que l’on regarde et à qui on prête plusieurs vies. Quelle enfance, où, quoi , comment? Il rit souvent. Je l’aime bien. Et il y a des choses quand même bizarres dans la vie. Le trouvant à l’intérieur du bar vide ( tout le monde est dehors pour le spectacle dansé ), on parle un peu et je ne sais comment vient cette conversation sur les voyages. Il me dit qu’il est de Jacksonville… Je luis dit Pardon? Objectivement qui parle de Jacksonville, quand avez vous entendu parler de la Georgie, la Floride et Jackson ville? Il faut bien répondre: Jamais. Mais moi, Moi, MOI qui suis une rareté, il se trouve que justement j’ai regardé où était Jacksonville il y a peu. Et pourquoi? Eh bien car alignant les livres de Harry Crews depuis un mois, il se trouve que non seulement apparait régulièrement cette ville dans ses récits mais que lui même, est né où? A Jacksonville. Je n’en revenais pas. Bon Didier m’a avoué ne pas connaitre le Dakota, plus que Jacksonville ou tout coin des States. Est il allé plus loin que Gonfaron je le crois. 

Mais penser que ce gars est le type de personne que décrit HC! Des sortes de déclassés, marginaux qui prennent et donnent des coups, sont capables de couper d’un coup de hache la main d’un mec posée sur une clôture, boivent une quantité démesurée d’alcool, fument une cartouche de Camel en 30 minutes et écrasent leurs mégots sur la moquette, ne connaissent pas leur père, sont obèses, sont squelettiques, féroces, caractériels, pleurent, sont  fauchés puis soudainement riches, ont le visage défoncé par la boxe, ou chassent des serpents, ou se suicident parcequ’elles ont perdu le concours de Miss Cosmos à l’Hotel Blue Flamingo. 

J’étais ravie au sens propre, de cette coïncidence.

Une autre rencontre bizarre, un type que je connais de vue depuis pas mal d’années et qui est comment dit on, la spécialité en médecine qui consiste à couper les gens en deux  Anatomopathologie, anapath… Il est plutôt spécialisé en autopsies. J’aime bien faire parler les gens. Ça m’a semblé exotique. Il est discret et pas du genre a mettre devant mon verre des boyaux et autres substances sintis d’une cage thoracique. C’est une bonne chose. 

Des rêves dont le plus désagréable est celui où mon crâne est en une matière qui ressemble à des gaufrettes. Berk. Et il y a ici et là des touffes de cheveux noirs. Re berk. Je ne sais plus le contexte. Ma Rolleix achetée le matin, fendue une heure après alors que je plongeais dans une piscine et ma montre de secours dans le cadran de laquelle je voyais une petite araignée et deux autres insectes peu ragoutant. Grande table et réunion théâtrale avec R. Je quitte la place en me cachant, et hurlant que je déteste et le théâtre, et les acteurs. Puis je cherche le dentifrice, trouve du Nescafé…. Bref. Cette nuit je cherchais un restaurant vietnamien. On m’a offert des skis très beaux et les bâtons par contre étaient en plastique. Suis entrée dans un magasin de vêtements pour ados. Il y avait une piste au centre, juste de je ne sais quoi. C’est bizarre ces plus que minuscules insectes qui volent. 

J’adore être sur la terrasse et miracle ce matin il faisait frais. J’ai bien dit frais. Bon…. Café et écrire mon texte. Gilles m’a téléphoné à 7h . Il s’est coupé un doigt et doit faire un bureau avec 6 tiroirs !!!! Quelle aventure. Lui qui vit seul, parle très peu suite à sa chute d’échafaudage. Ca m’a fait plaisir de l’entendre rire de son doigt coupé. En fait il m’appelait pour la Sainte Hélène… 

« Survivre est suffisant comme triomphe »

Ça me revient à l’instant alors qu’Eugène est en train d’écouter Charity et qu’il ne veut pas qu’elle l’appelle Cogneur. ( Harry Crews /Le roi du KO ). A ce propos j’aime beaucoup cet auteur. J’y prends le même plaisir que parfois au cinéma quand on ne reconnait pas les acteurs pour la bonne raison qu’ils ne sont tout simplement pas des acteurs. Ici je ne reconnais pas les histoires. Cette fête du serpent dans La foire aux serpents est juste incroyable. Des mondes étranges dans des coins reculés. Des filles usées avant l’heure et maltraitées. Un shérif qui met en taule toute femme jeune ou vieille qui lui résiste et des crotales, des serpents à sonnette, des vipères, des cobras. Tout ça se tortille en glissant comme les majorettes du coin, les majorettes de Mystic. L’une d’elle deviendra la reine ce jour-là et on brulera l’immense serpent de papier. Beaucoup d’alcool, des noirs, de la poussière, des personnages jamais rencontrés ailleurs. Des combats de chiens rendus féroces, des bagnoles déglinguées, rafistolées, moribondes mais qui roulent,   pick-up ou autre,  qui arrivent au milieu de nulle part à toute vitesse dans un nuage de poussière.

Cette nuit, j’étais avec B. On avait à commander une plaque de carton, j’étais passée chez Arte ou le personnel d’il y a 30 ans était toujours en activité. Dans une ville en plein air, deux types faisaient une conférence. On les a recroisés plus tard. Ce que j’avais à faire était flou. Je suis allée au supermarché où des gens erraient. Les rayons étaient soit vides soit emplis de nourriture pourrie. Je n’avais pas de monnaie pour le caddie. Puis j’ai voulu mesurer une feuille de papier et n’ai jamais réussi. Un enfer. C’était pourtant très simple. J’ai roulé vite en voiture dans une grande ville, puis marché avec B que j’ai perdu. On a traversé un restaurant Italien qui avait l’air bon, j’ai atterri aux beaux arts. Je suis repartie dans l’appartement où Anne m’attendait. J’avais donc perdu Benoit. R. Injoignable. C’est à ce moment là qu’on m’a désigné ce garçon: une bonne mine et des cheveux ébouriffés. Il m’a dit regarde j’ai une oreille dévissée. Oui, une vis pendait au dessous de son oreille en biais. Ce n’était pas un vrai garçon-on me l’a signalé- mais un robot comme vous et moi. J’étais sidérée. Et ensuite j’en avisai d’autres personnes en leur disant que pour moi il y avait un avant et un après. Cette rencontre et la possibilité d’un clone humain me faisait une sale impression, comme un dégout. On lui faisait faire des choses minutieuses. A un moment il s’est affalé/panne de batterie. Deuxième nuit dehors. Cette fois ci il a fait à peine frais.

Quelques jours plus tard le 31 juillet 

Je me sens mieux. A l’arrivée j’étais perdue comme à chaque fois. Mal dans ma peau, moche, envie de rien. La première chose systématique que je fais c’est malgré le blues, d’ouvrir l’atelier d’y transporter ce que j’ai descendu comme matériel. Déjà, c’est un point de repère. Ensuite accepter de tenter la décontraction. Maintenant que je sais que tout le monde est parti en vacances et ne m’appelera pas. Youpi dirais-je. La mer pas de monopalme cette année à cause de la fracture du métatarse qui me fait toujours souffrir. Un pincement sur le côté du pied. Je me lamente, je râle. Marcher dans le sable est douloureux. Au rayon bobo, ce matin une guêpe est venue m’embrasser sur la bouche puis a déposé un mot sur ma main. La saleté!. Ça va. Nous dormons en bas car je ne réussis pas à rafraîchir les chambres. Impossible de trouver un rafraîchisseur d’air ( suis allée dans l’horrible zone à côté de Toulon ou se côtoient ( on connait par coeur ) les chambres mortuaires, les boulangeries artisanales de 500 M2, Ikea, Castorama, Carglass, et autres magasins déprimants. Sortant de chez Boulanger et voulant mener une enquête ethnologique, je suis rentrés dans une surface genre Gifi ( !!! ) qui vend uniquement des saletés inutiles: du parasol qui va fonctionner 3 jours, aux bonbons pour obèses en passant par des moustiquaires, deux ventilos à 29,99, des chaussures en plastoc, des chaises, des anti-fourmi et plein de choses que je ne reconnais pas sans mes lunettes et c’est mieux de voir flou parfois plutôt que de se demander ce que cette profusion deviendra et qui elle envahira une fois morte. Je prends néanmoins un des derniers ventilateurs de la région, que je cueille comme une tulipe après l’avoir débranché. Deux dames devant moi ont jeté leur dévolu sur quelques fleurs en plastiques. Un joli bouquet « infanable »qui sera posé sur une tombe ou dans un petit salon; Bruits d’hélicos. Ça brûle à Brignoles cette fois ci et on sent le roussi dans l’air. Bon … suite plus tard, direction le marché de Pignans et le Bar des Sports que j’aime bien. J’achète des framboises pour les voisines. Et des oreillettes saupoudrées de sucre glace. J’ai poursuivi ma lecture de Harry Crews. J’ai commencé ( pourquoi? Sais plus … le hasard je ne crois pas… ) par La foire aux serpents, puis Le roi du KO, puis La malédiction du gitan. J’ai commencé Des mules et des hommes plutôt autobiographique. Ça fait un peu penser aux raisins de la colère.Ce livre a été écrit pour mon garçon lit-on au début puis : « Survivre est suffisant comme triomphe »  David Shelley /conversation . 

J’ai recommencé mollement-doucement à peindre mais je ne me refuse plus des siestes que je trouve délicieuses mais me laissent un peu  sonnée. La mer et retrouver son corps même si ce pied m’embête. J’ai mis du baume du tigre dont j’adore l’odeur.

Oublié de parler de mon aller retour à Lens ( Crans-Montana ) en Suisse ? Partie vendredi midi et retour le lendemain. Invitée par Samuel Gross que j’avais rencontré à Genève alors qu’il s’occupait des expos au Musée d’histoire. On avait sympathisé et maintenant il s’occupe de la fondation Opale spécialisée dans les arts Aborigènes. ( je n’y connais rien ) .Beaucoup de personnes disent Arborigènes. C’était très beau ces montages et ces vignes en espalier, le glacier au loin. Même si la montagne m’a toujours plutôt angoissée. Bref il s’agissait de visiter l’exposition de cette femme incroyable, Emilie Kam ( pour faire court ) qui a commencé à peindre à plus de 80 ans, était guérisseuse etc… L’expo a été présentée aussi à la Tate. Puis de dialoguer avec Samuel devant le public Il y a eu pas mal de monde. On est reparties assez vite mais c’était vraiment très agréable. Bien sûr je m’étais un peu renseignée sur les aborigènes et j’avais dans le train regardé le film de Herzog… Dans le titre il y a rêve et fourmis vertes.  J’ai aussi découvert ces fourmis dont la reine je crois est réellement verte. Elles cousent des énormes fourmilières. 

Hier on a regardé les hirondelles. Elles volaient au dessus de la place en tourbillons magnifiques. Il y en a plein dans le hameau. 

Ah oui j’oubliais mon rêve. J’étais avec Andy Degroat  ( disparu il y a ? Ans, 3 ? )et on marchait côte à côte. J’avais à la main une photo Polaroïd un peu passée des années 70 et je ne savais pas comment lui cacher. Donc ne pouvant reculer je lui ai montré avec une certaine gêne. La scène photographiée représentait un enterrement. On voyait quelques personnes au premier plan et derrière les porteurs de cercueil. Andy m’a dit qu’il ne savait pas où c’était. Et pour cause  pensai-je. Il ne se voit pas sur la photo. Je me demande si je dois l’éclairer… Je lui dis heu… tu es dedans. Dans quoi me demande t’il ? Dans la photo … Je suis effarée de lui dire la vérité: Tu es dans la boite et c’est ton enterrement. Il en a le souffle coupé. Je suis mort alors? Oui tu es mort. J’ai prévenu Jean et les autres que j’avais dévoilé le secret et qu’il fallait bien que quelqu’un lui dise. Après je ne sais plus… Après il y a eu une sorte d’abbaye splendide. Et encore après j’avais un coup droit du tonnerre et courait comme un lapin fou au tennis.

Depuis le 25 Mai 2024 ( brouillon retrouvé)

La brigue / ND es fontaines

Il y a eu l’horreur number one, à savoir les élections législatives et leur résultat Samedi dernier.

Avant tout je récapitule un peu à l’aide de mon téléphone le dernier moi ou mois à Paris. La perspective de partir au Repenti est toujours un délice, peut-être supérieur à la réalité, égal à celui ressenti lors de la réservation en Mars de chambres à Vence ( une nuit ) , à La Brigue ( 2 nuits ) et à Saint-Raphael ( 2 nuits ). Je ne peux pas encore dire. C’est le deuxième jour ici. Je suis malade et sous antibiotiques, je tousse comme un chacal. C’est douloureux cette sensation de poumons qui se déchirent et c’est déprimant.des larmes aux yeux en permanence, des Kleenex partout alors que j’ai dû en utiliser un seul paquet en un an !! J’essaie de penser à M qui est à nouveau hospitalisé, et à des situations « raides » mais je ne parviens pas à me départir de cette tristesse à l’origine inconnue. Floue? Inconnue. Il y a eu les diplômes des Beaux arts et je suis allée voir mes anciens étudiants en rentrant de mon atelier -volière ( les perruches sont en libertés et en profitent peu au début, la femelle moins que le mâle. Parfois ils s’élancent à 2; J’aime bien les voir voler, rentrer dans leur cage, repartir et échapper ainsi ( comme je le fais en rêvant du repenti, à la monotonie d’un seul endroit ) Y. a qui j’ai prêté mon atelier cet été était affolé car le mâle a trouvé le chemin de l’extérieur et n’est pas revenu. J’ai commencé tardivement la gym à Argenteuil le Mardi et le Jeudi. Pilates, avec une fille qui est très bien. Ca me plait et on est très peu nombreux. Ce sont des gens simples qui ne cherchent pas à gagner le concours de beauté et ne passent pas leur temps à se regarder dans les miroirs.

Il y a eu le concours pour la Tapisserie de Bayeux. Passé l’oral le 26 juin. Pas de nouvelles. Lé décision du nouvel atelier en Rez de Chaussée, des visites d’atelier, les finitions à l’atelier de Céramique, le Prix Matsutani ( choisir 8 personnes… ) Parfois dans mon agenda il y a écrit RIEN !!! Et c’est délicieux, cela veut dire Argenteuil sans personne. Puis le temps épouvantable tout le temps, la fête au château, ranger l’atelier et … en route. J’aime bien conduire, être seule dans la voiture avec la radio.

Si je regarde le passé au travers des photos, on peut dire qu’il y a l’observation de la rue ( SDF, sans abri, tentes le long du canal ) Gens ( que j’envoie à M, genre freaks…

Non terminé

JUILLET 1/ fin de saison

Je viens entre deux quintes de toux d’achever la lecture de Mémoire de Fille de Annie Ernaux. ( Plus tard )J’avais une idée un peu toute faite des écrits d’AE, je ne parle pas du style, mais de ce qui pouvait y être dit: La réalité plus que réelle mais pas du tout magique, l’ordinaire, l’ennui, le quotidien. Le chariot des courses sécurisé et son jeton en somme . Il y a eu l’horreur number one, à savoir les élections législatives et leur résultat Samedi dernier. On va voir aujourd’hui. Je redoute le pire. 

Avant tout je récapitule un peu à l’aide de mon téléphone le dernier moi ou mois à Paris.

La perspective de partir au Repenti est toujours un délice, peut-être supérieur à la réalité, égal à celui ressenti lors de la réservation en Mars de chambres à Vence ( une nuit ) , à La Brigue ( 2 nuits ) et à Saint-Raphael à la 201 de l’Excelsior ( 2 nuits ) en notant la date limite pour annulation si nécessaire. On ne peut plus partir le nez au vent et c’est vraiment pénible que de toujours prévoir. Donc un délice, peut-être supérieur à la réalité, je ne peux pas encore dire. C’est le deuxième jour ici au Repenti. Et c’est un peu comme pour une histoire d’amour, attendre c’est cela le délice et lorsque le jour J arrive on tremble parce que c’est déjà presque terminé. J’exagère un peu car je resterai ici encore un mois. Un mois de trêve, un mois à ne pas parler peinture sauf… 

Comme à chaque début de vacances ou plutôt changement de lieu, , je suis malade et sous antibiotiques grâce à M encore une fois car je tousse comme un chacal. Test Covid négatif. C’est douloureux cette sensation de poumons qui se déchirent et c’est déprimant ces larmes aux yeux en permanence, des Kleenex partout alors que j’ai dû en utiliser un seul paquet en un an !! J’essaie de penser à M qui est à nouveau hospitalisé, et à des situations « raides » mais je ne parviens pas à me départir de cette tristesse à l’origine inconnue. Floue? Non. Inconnue. J’ai des boutons de fièvre autour de la bouche ! On dirait qu’un molosse m’a mordu. 

Il y a eu les diplômes des Beaux arts et je suis allée voir mes anciens étudiants en rentrant de mon atelier -volière ( les perruches sont en libertés et en profitent peu au début, la femelle moins que le mâle. Parfois ils s’élancent à 2; J’aime bien les voir voler, rentrer dans leur cage, repartir et échapper ainsi  – comme je le fais en rêvant du Repenti- à la monotonie d’un seul endroit ) Y. a qui j’ai prêté mon atelier cet été était affolé car le mâle a trouvé le chemin de l’extérieur et n’est pas revenu. 

J’ai commencé tardivement la gym à Argenteuil le Mardi et le Jeudi. Pilates, avec une fille qui est très bien. Ca me plait et on est très peu nombreux. Ce sont des gens simples qui ne cherchent pas à gagner le prix de beauté et ne passent pas leur temps à se regarder dans les miroirs. 

024Il y a eu le concours pour la Tapisserie de Bayeux. Passé l’oral le 26 juin avant de filer sur l’autoroute.. Sais pas. Mais comme je l’ai souligné je ne  fais ni Pédagogie, ni illustration à la gloire de qui que ce soit. Guillaume le Conquérant, c’est la magnifique broderie de Bayeux qui, malgré son ingénuité formelle trempe dans le sang, enveloppe les morceaux de corps, vole au vent comme un étendard de mort. La guerre. La peur. Guillaume et Mathilde ce n’est pas Ken et Barbie. C’est plutôt shakespearien/ KINGS.  

Pas de nouvelles. 

Il y a eu La décision soudaine ( l’occasion fait le larron )  du nouvel atelier en Rez de Chaussée ( je pense au futur, au rez-de-chaussée, et au pont de livraison sur l’impasse. Il est moins beau que l’autre, et sans vue mais pas mal du tout. Je garde le premier bien sûr.

Il y a eu des visites d’atelier, les finitions à l’atelier de Céramique, le Prix Matsutani ( choisir 8 personnes… ) Parfois dans mon agenda il y a écrit RIEN !!! Et c’est délicieux, cela veut dire Argenteuil sans personne. Puis ce temps épouvantable tout le temps, cette pluie, c’était assez déprimant .

Il y a eu la fête au château sans R.

JUILLET 2022-2

Le ventilateur

R. m’a offert Affaires urgentes de Durrell et j’avoue qu’il ya bien longtemps que je n’ai pas éprouvé la progression allant du sourire à l’éclat de rire.Peut être depuis le Privé à Babylone. 

Les Ambassades. C’est merveilleux; Là nous sommes en Yougoslavie. 

Belgrade 1951. Personnages et situations, gaffes et incidents-accidents diplomatiques. Descriptions désopilantes .

Ce que j’en ai comme expérience remonte maintenant à pas mal de temps. Rome 1982/84 , le palais Farnèse et surtout l’Ambassade près le Saint siège où nous avions ri comme des bossus. J’avais à l’époque un chapeau tyrolien avec une longue plume de faisan qui frétillait à peine bougeais-je la tête. C’était une sorte de boussole affolée ou de baromètre hyper sensible- je ne sais pas quelle option choisir- toujours est il que j’avais suggéré à d’autres pensionnaires de se coiffer de même pour aller présenter nos voeux. Une fois dans le gâteau, il n’allait plus suffire que de s’approcher de prêtres et soeurs et de vivement tourner la tête afin que nos plumes leur caresse la moustache. On m’avait propulsée à l’avant quand il fallut entrer – et comment fait-on pour saluer un …. Heu.. évêque prêtre sais pas mais qui fait une grosse bague. Me souviens plus de la solution que j’ai trouvée. On dit quoi et comment ? Bref on s’est bien amusés, avec la complicité des camériers dont certains étaient ceux de la villa. 

D’autres moments mémorables vinrent plus tard en Angleterre, en Ecosse  en Autriche ( où j’ai demandé à mon voisin  d’en face attaché culturel d’au moins faire des efforts pour me faire une conversation type. Puis un fou rire m’a pris, puis je lui ai dit qu’il y avait de la sauce sur sa cravate, puis j’ai , si je me souviens bien brillé à ma manière. Que quelqu’un ne fasse pas correctement le boulot qu’il s’est engagé à faire m’a toujours exaspérée. Là encore plus. A l’époque c’était L’association française d’action artistique qui nous envoyait là et là.  (AAFA) Afrique le plus souvent. ( Et je les en remercie encore )  Bref…A mon retour, tout le monde avait déjà entendu parler de cette histoire. Sans contexte diplomatique j’ai trainé comme un boulet pendant des années le fait que j’aie demandé à Maxime Le forestier qui chantait au mariage d’un ami commun, de mettre sur pause sa guitare 5 minutes. J’en ris encore, Mais j’ai longtemps ri jaune, de mon impolitesse qui a bien fait marrer toute le monde et qu’on s’empressait de me remémorer!!!

Je repense à ces micro moments ( Ho!  et le conseiller culturel à Kinshasa qui ressemblait au capitaine Haddock, et les dames en tailleurs achetés avant le départ pour » là bas «  et le 14 juillet les rillettes sculptées en forme de cygnes majestueux, et au Kenya, un autre attaché qui avait sous son pied une sonnette pour appeler. Je me souviens de l’échange de regards que nous avons eu et de cette conversation aussi furtive que muette. Elle s’est terminée si je me souviens bien par un : » Oh, ça va … «  qui était quelque peu familier alors que je n’avais rien dit d’audible tout au moins . Puis en Afrique et ailleurs les électrons qui gravitent autour des ambassades, plus ou moins fortunés, plus ou moins alcooliques, plus ou moins transpirants. La femme qui arrivait avec des jeunes noirs au volant d’une grande voiture décapotable rescapée d’on ne sait quel naufrage ( la voiture et/ou la femme ). Une vision d’apocalypse , l’entrée d’une divinité arrivée des sommets  d’ une sorte de terrain où on dansait. Là évidemment personne d’aucune Ambassade et avec cette Déesse nous étions les seules blanches. Puis aussi le sapeurs magnifiques à Kin.

Pour en revenir au livre, le couple de japonais qui à Belgrade dans la valse de plus en plus vite et se transforme ainsi en arme de destruction massive est désopilant, les adeptes de la vodka, les dingues, Ceux qui ne s’aperçoivent pas que leur étui n’est plus le leur: Celui qui contient un fusil, lui qui contient une crosse d’êvêque. Aussi le radeau, aussi le/les coiffeurs . 

16 juillet/ Orageux.

BLOG?

 

Je me demande si ce blog ne doit pas cesser. Je n’ai jamais été très forte pour trouver une raison à ces nécessités de publier ce machin. Là, un peu plus de monde sans doute grâce ou à cause de la Maison Rouge. Donc l’idée que je ne peux plus parler de la même façon, que les gens dont je parle Eh bien, ils n’en ont peut être pas envie même s’ils sont réduits à des initiales qui les rendent quasi anonymes/ et qu’un blog n’est qu’une somme de mots qui partent je ne sais dans quelles têtes.

Par exemple hier , comment raconter ( pour m’en souvenir moi ) la cérémonie et l’enterrement de Anne, sans être inconvenant. Comment dire que je n’aime pas Ramatuelle qui me semble un petit Sèvres Babylone ou un petit Lubéron.

Bref je vais réfléchir ou continuer mes entrées privées où j’écris ce que je veux comme je veux sans avoir peur de peiner quelqu’un, en pouvant être plus brutale, plus méchante sans doute aussi dans mes descriptions ( Hein M.G ??? )

Me suis acheté une radio « analogique «  avec le bouton qu’on tourne. Impec. J’adore. reconduit X à la gare et me voici seule pour quinze jours.

Ah oui je dois noter ceci que je trouve incroyable et qu’un vieil ami de mon frère lui a envoyé:

Hier après-midi nous passions par hasard sur le boulevard de la Bastille vers 17 heures il commença à pleuvoir.
La porte du n° 10 était ouverte
Nous sommes entrés pour nous mettre à l’abri et voilà ce que nous avons découvert…
Je me souviens de ce bas relief que je saluais poliment à chaque arrivée en descendant de ma Vespa
J’ôtais mon casque et me passais les doigts dans les cheveux pour y remettre un peu d’ordre et ces gestes amusaient la maîtresse des lieux…
 Ensuite nous allions refaire le monde là-haut, écouter de la musique, fumer et souvent boire le whisky du patron.
Hélène était encore au berceau.
 

 

la mer/ l’ordi/ La di l’ormer/ Happiness

Que dire de ce début d’été à tendance colombienne? Le hameau est hispanisant, les bruits , les fourmis sont comme dans une fable de La fontaine ( ma commère la carpe y faisait mille tours ) . Je travaille. Nous mangeons des produits délicieux; des tapenades noires et vertes, des repas familiaux et pantagruéliques chez nos voisines ( oh !!!avec lasagnes merveilleuses) et sur la place du hameau ( oh la soupe au pistou pour 20 !!!). Les Colombiennes, elles, font la sieste après avoir gouté les « oreillettes «  délicieux biscuits très friables et recouvert d’une fine couche de sucre glace ( dit on toujours du sucre glace? ); Pour moi pas de sieste.  Tout est merveilleux. La chaleur dense, la fraicheur du soir… Les hirondelles, les fourmis qui transportent jusqu’à leur grotte des abeilles mortes et des noyaux d’olives. E. a la boule a zéro parce que les poux y ont élu domicile , J. a 94 ans et se promène dans le hameau ( elle ne déteste pas le limoncello et dit «  qu’il lui en faut plus » , E. va mieux et arrive sur la terrasse dans la nuit avec son grand chapeau. On va à la mer, on loue de kayaks.on a oublié le couteau et les tomates sont écrasées.J. éclate de rire et je la vois contente tout le temps.  Je bosse. J’ai pas envie. Montaigne et Black et Mortimer. La fête du 14 et son affligeant sosie de Celine Dion ( dejà que la vraie est atroce )Mais on s’amuse puis on danse au bal. Les pistes du Var sont fermées( risques incendies)  donc: inaccessible la Chartreuse, inaccessible ND des anges; Zut ! Allons à Collobrières. Glaces aux chataignes. Très belle place de village. Ca tourne comme en Corse dans les chataigners. Les domaines, les vignes ..; Quelle beauté… De l’eau , il n’en n’ont pas vu depuis Mai. Marché à Vidauban; essences de lavande . 38 degres. J’adore, je travaille. La maison lit. Les enfants arrivent. On parle.On rit. Tout est léger et délicieux. Que c’est bon, que c’est bon.

Repenti les derniers jours et une fourmi

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Bientôt c’est fini. Le premier été sans. Je repense à J. qui avait fait le tour des endroits sans W. Refaire tout , repasser partout mais seul.Belle promenade hier dans les bois entre Gonfaron et Flassans. Il y a beaucoup de toiles d’araignées très grandes accrochées dans les buissons et là ce doit être du poil de je ne sais quelle bête mais qui plait bien à deux grosses fourmis.Il y a bizarrement des sapins dans cet endroit, des sapins comme à la montagne. Des chardons, des plantes que j’observe. Je vais commencer ma période « herbier «  dirait-on. Puis la place, toujours la place.

Je ne sais pas si j’aurai le temps de terminer la quatrième peinture.

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Hier soir, je pleure.Rêves. Exposition. Je pars, déteste les gens qui composent l’assemblée. Des ascenseurs, ma chambre dont je ne trouve plus le numéro, CR, un truc que je fabrique. Je n’ai rien pour l’exposition, et en plus j’ai cours. Bref, le rêve inintéressant. Avec la réapparition de quelqu’un dont j’ai déjà perdu le nom et que j’ai rencontré il y a 100 ans. Quelqu’un que j’ai à peine connu, qui ressurgit comme cela avec son vrai nom , c’est bizarre quand même . Il a eu une courte résurrection, et a replongé dans la famille des inconnus. Vivant quelque part ou mort pour toujours. C’est la même chose finalement.

La saute-brega ou bruga???

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Juliette, la doyenne du Repenti

Juliette est une Saute-brega , c’est à dire qu’elle n’est pas d’ici mais du village Les Mayons. C’est très loin, au moins à 10 km dans le massif.  Les natifs des Mayons sont grands et sautent avec leurs longues jambes par dessus les bruyères. Je ne sais pas si c’est l’air des Maures qui conserve mais elle marche vite, lit toute la journée et est assez insolente. On rit en la regardant aller et venir. C’est incroyable une telle silhouette pour nous Parisiens.

Hier la mer. C’est bon de nager. Ca vide ma tête vide.

Un verre sur la place de Gonfaron qui n’a plus le même attrait. En rentrant on est coincés entre des camion d’un petit cirque qui va aux Mayons. On roule au pas. Les vignes sont magnifiques et ici on ne risque pas de trouver un touriste. Zero piscine sauf la municipale qui est déserte comme chaque année entre midi et deux.

J’ai recommencé à travailler sans grand entrain je dois dire.

J’ai commencé la famille Aubrey qui est une écriture délicieuse. Merci A.

Nombreux messages auxquels je ne réponds pas. Pas envie de parler. On verra après. On me reproche gentiment de ne pas donner de nouvelles. C’est vrai. Mais c’est réconfortant ces petits signes même si je ne réagis pas. C’est en fin de journée que j’ai le blues. Un livre et ça passe un peu.

Evidemment même si je ne fais pas une tête d’enterrement, je ne suis pas spécialement joyeuse. Les gosses doivent sentir ma disponibilité moindre.

Piscine avec les petits. M. me dit que cette photo lui fait penser à notre grand-mère. Effectivement sauf qu’elle elle ne mettait pas de foulard mais une feuille de rhubarbe pour se protéger du soleil.Elle avait elle aussi un accent à couper au couteau.

Je retrouve un bout de video: Roger en train de rire avec Belmondo et ça me fait plaisir. Marielle arrive vers la fin. C’est très court, très joyeux.

20 jours sans se voir.Putain de cadeau d’anniversaire que tu m’as fait !!!!

After

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Emma, Noa, Edouard m’embrassent

Tout ce que je sais c’est que je n’ai pas envie de trop parler. J’ai l’impression d’être ici depuis longtemps et le passage par notre école a été étrange bien sur.

Aujourd’hui, tout à l’heure je vais ouvrir l’atelier et tenter de me remettre au travail. Je ne sais rien dire de mon état. Comme si je n’étais pas moi. Ou comme si une seule partie fonctionnait. Ou aucune.  Je ne suis ni vraiment triste, ni gaie.Je ne suis rien.  J’ai pu pleurer. Je me revois en sorte de zombie juste après. Comme si je n’étais nulle part et ne m’adressais à personne. Mécanique. Presque. Oui je réalise. Je l’espère. Bon. Merde.

Et ce hameau qui ne bouge pas, cet endroit incroyable et hors du temps. Il manque les chantonnements, la grosse voix, les exclamations. Pour le moment c’est comme si j’étais partie quelque part, seule pendant 17 jours.

Je poursuis le livre commencé à l’hôpital. Pas un livre excellent dans la collection Rivages/ noir. Mais un livre qui prend mon attention. L’homme aux lèvres de saphir de Hervé Le Corre. Acheté d’occase en face de Saint-Antoine. C’est une sorte de variation Lautréamont / Ducasse, primé au festival de Cognac en 2005. L’idée est bonne. Le style un peu conventionnel peut-être. Mais il m’a accompagnée dans la petite chambre.

Le prochain sera La famille Aubrey de Rebecca West: { « J’écris pour savoir ce que je pense » } que A. m’a offert.

Le repenti n’est pas un califat

Ce titre parce qu’en voiture et roulant vers Paris ( je suis une des résistantes qui ne vont pas SUR Paris mais A Paris… ), alors que je zappais les stations, j’entendais: Islam, Syrie, Syrie, califat, Imam, Coran, Djihad… et que ça commençait à me saouler gravement. ( « La France, avec près de 1.000 djihadistes depuis 2012, constitue aujourd’hui le premier contingent de djihadistes occidentaux opérant en Syrie et en Irak »… ) Heu…

Ceci étant dit l’émission concernant les califats sur France-Culture samedi matin était super intéressante et donnait un petit aspect Mille et une nuits au paysage qu’on découvre  de Viviers à Monbrison…

Ce qui m’est venu à l’esprit en reprenant le métro le même jour vers 17 heures, c’est que mon « mood » était semblable à  à l’horrible image  du virus du Sida. Ca:

virus-aids

Je me sentais comme « ça » au milieu des gens. C’est à dire peu gracieuse ou plutôt méfiante. Comme si j’arrivais en terre inconnue chez moi et que les gens ne semblaient pas s’apercevoir de certaines prérogatives évidentes me concernant.

virus-aids

Ca donnait donc ce genre d’émoji… J’avais en main un talisman offert par J et expédié cet été: Les anneaux de Saturne de Sebald. Ca alors! J’avais acheté Austerlitz sans le lire. ( D’ailleurs cet été j’ai très peu lu. Pas lu. Juste le sorcier de Balzac, premier roman sous pseudonyme je crois à 22 ans et d’autres qui ont comme point commun d’avoir subi l’influence du Melmoth. de Maturin et quoi d’autre.

melmoth

Commencé Vathek de Bedford…

On ne va pas faire des bilans de l’été marqué par la disparition de Madame Félès en Août. La doyenne du hameau.

Marqué par d’autres événements désagréables dans d’autres domaines…

Juillet, à part le passage d’U et mon frère me laisse un gout un peu triste. Août, parfait. Après une pause en juillet j’ai recommencé à peindre le 21 avec difficultés je dois dire. Départ le 7 aout A SB je me suis installée tout de suite et hop. Pas plus facile mais davantage de plaisir. En fait je dois ruser avec moi-même : Peindre le matin et en récompense poursuivre le montage du film l’après-midi. escortée souvent d’un succulent chausson aux pommes acheté quotidiennement sur la place.

J’ai beaucoup de plaisir à monter NS ( Nicole Stéphane n’est pas un cheval…). Je l’écoute avec délices et je ris jusqu’aux larmes notamment quand elle parle de sa chenillette de guerre..

Elle est merveilleuse d’intelligence et de modestie, d’une sorte de  folie aussi. Pas folie.

Donc comme la projection au 104 avait été réussie mais faite à l’arrache et que ces 50 mn oubliaient pas mal de choses…. C’est réparé. Le fait que Nicole soit Nicole de Rothschild, qu’elle soit juive on déterminé pas mal de choses et je n’en parlais pas…  Puis Ribbesford, les MMLA ( missions militaires françaises de liaison administrative ) et FFL…

Ensuite il faudra insérer ces séquences. Hum . Encore beaucoup de travail là-dessus.

Hier rangement car rentrer c’est trouver un espace réduit même si… Et avoir envie de tout jeter. Râler en permanence de l’inutilité des choses. Rentrer c’est se demander où en est la réparation du Mac pro. Il est définitivement mort. Me reste l’Apple display 30 pouces . Hop Apple store et adaptateur Thunderbolt ( Où ai-je vu qu’un Thunderbolt était un avion? Chez Sebald… Les deux avions qui jouent ensemble, se frôlent d’un peu trop près et …. the end. )

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J’aurais su cela , il m’eut été facile de taquiner NS en lui disant qu’elle ne savait même pas piloter!!!

Je disais donc: « Marqué par d’autres événements désagréables dans d’autres domaines… »

Le pire je crois c’est l’offensive Zara. Ignoble , infecte, écoeurante. NV en a parlé sur une demi-page dans le monde. Mais cela n’a pas fait tant de bruit, sans doute je l’espère pour couper court à cette campagne de pub ignoble. Evidemment l’étoile est jaune. Mais « c’est une étoile de shérif!! » Ben oui, rayures + étoile jaune, ça fait costume de cow-boy ! C’est évident.

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Et puis tous ces crimes et puis Ebola et puis dans cette atmosphère de gravité l’autre imbécile de Trierw… Je vais même pas jusqu’au bout,  avec son éclat aussi pathétique que ridicule.

 

 

Fin de l’Atelier Repenti

Ce matin j’étais prête à partir à la mer.

Seule . Départ 6h. Mais- Puis /remettre le drap. Se tourner.. Se mettre à plat-ventre, juste un peu … Grogner.. C’est bon ce frais… Puis écouter les oiseaux. Puis fermer les yeux, puis bondir hors du lit… Puis s’arrêter hébétée… Revoilà la vie… Fermer  le volet , puis descendre boire un café. Terrasse après avoir tourné la clé. Même bruit chaque matin-CLAC sur fond de pieds nus carrelage. Bruit du rideau de perles. La terrasse, haut micro-lieu de l’été.

La terrasse aux deux parasols.

Puis avoir la flemme en visualisant dans un demi-sommeil du jour qui se lève La Garde-Freinet, Grimaud, Ramatuelle et enfin Youpi le magnifique Escalet. C’est trop beau l’Esacalet. Si Tôt…

Je remets à…. demain matin, dernier jour.

Aujourd’hui peinture. De plus en plus immonde.Croute + crôute. Berk..; Et je n’y peux rien….

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Henry James/ L’élève. Je commande la traduction de Leyris afin de comparer. Celle ci me semble « accrocher ».

Acheté chez  » Leclerc » , haut-lieu de la « culture », les séances spirites de Victor…. Hum ; et aussi Pauline  de Dumas….

Ce soir sur notre place de Gonfaron nous rions . R. se fait prendre en photo. La scène est maintenant dépouillée de ses rideaux noirs.

Le ver est dans le fruit

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Je m’étais  promis de ne pas avoir internet l’été. Hum. J’ai craqué car cela devient impossible d’ennuyer les voisins en permanence pour l’envoi de photos ou de PDF.

Orange m’a « sauver » . Oui Orange m’a sauvée et c’est incroyablement simple et rapide comme installation. Au téléphone les gens qui doivent être sur la planète Mars où les salaires sont bien plus bas, vous expliquent presque trop bien!.

Bon je dois reprendre la rédaction de « mon projet pédagogique ».

Hier la première journée au hameau, grise et étouffante. Pluie et terre rouge. J’étais , crevée et perdue et obsédée par ces trucs à écrire.

C’est vraiment difficile de morceler artificiellement dirais-je des intentions.

Bon. Je crois qu’hier soir je ne suis pas allée plus loin que la page 1 du Lotus bleu. Pas trop de rêves cette nuit-si? Si. La précédente, les peintures dorées étaient la cause d’incendies étranges. Puis dans mon atelier les lampes soudain s’éteignaient et sur les murs étaient projetées d’immenses images, des grands tableaux  » de Musée ». C’était magnifique. Dans quel film voit on un chacal en feu? C’est chez Franju, non?Un chacal???Bon au boulot.

Non mais ça ne va pas bien. C’est un cheval bien sur. Dans Thomas l’imposteur:

franju cheval

C’est vraiment peu évident de changer de rythme. Je suis encore un pied dans les exposé et le concours des BA. Je ne pensais sincèrement pas que les choses filent si vite et si facilement.

Hier nous avons retrouvé la place . L’ordinaire de certains, le laisser aller d’autres, la drôlerie d’autres encore. Le Monsieur qui nous raconte et répète 20 fois que le spectacle c’est « son régal ». Qu’il aime « faire le couillon » et monter sur scène à la fête. Pour lui, le théâtre c’est cela, se déguiser en Russe avec un costume taille standard ou alors en danseuse étoile. Le déguisement est un costume. On est loin de Claude Régy !!! Mais c’est délicieux. Pas vu Guitare le ranger de chaises. Les enfants ne regardent pas les Français qui sont en train de perdre mais jouent au foot avec leurs maillots bleus et leurs coupes de cheveux.C’est celle là qui semble la première au Palmares.

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RETROUVE note juillet 2012

Arrivée Mercredi soir après être passée plus rapidement que prévu à L’école. J’ai juste déchargé le matériel pour Aout et continué ma route. Me restait 450 km à faire. Je n’avais  pas envie d’être dans une maison aux volets fermés, pas plus envie d’ouvrir les grands volets, faire un lit pour repartir le lendemain matin.

Rien noté depuis 10 jours. Me suis installée rapidement dans la Bergerie. Si ce n’est pas fait dans les deux jours qui suivent mon arrivée, je n’y vais pas. Etat un peu bougon. Echanges de coups de fil avec Benoit pour parler de la machinerie des Nuits blanches.

Je suis seule à la maison pour deux jours. Dors sous le ventilateur et entreprend la lecture de Boukovsky ( Et le vent reprend ses tours )

Je suis captivée par le récit en italique, par la description du château d’évasion qui me fait penser au Vagabond des étoiles de Jack London. Que trouver quand il n’y a rien?. Comment survivre à ce rien sordide ou tout est douleur. Pas de lumière pas de livre pas de quoi s’installer et reposer le corps maltraité. Puis les considérations sur l’union soviétique m’ennuient même si c’est intéressant . L’expérience des fourmis dans un verre, l’observation des trois insectes et leur résignation après l’acharnement à  trouver une solution pour fuir…

Un Tintin mille fois lu. Quelques pages. Puis la Divine Comédie dans une traduction qui me semble un peu raide, un peu rêche. Rien ne coule mais peut être n’est ce pas un problème.

Il y a eu également la lecture du livre de CA, Brèves saisons au Paradis. Très bien écrit, mélancolique et sensuel…. Le problème est que je connais Claude et que je le vois bouger, réfléchir et rire. Et tous ces gens décrits… Un élite un peu contente d’elle, méprisante et cynique qui « pratique l’autopsie » ?

Le nouveau ventilateur ronfle dans le couloir.

Oui … Donc pas de lecture captivante où tout au moins qui porte. Et ça c’est pénible. J’ai bien emporté des livres. Le Sartor resartus jamais fini ou l’Art de la mémoire de Frances Yates promené partout et jamais terminé non plus.

Quelques coups de téléphone et SMS. Je redoute les appels, ai envie de n’être en communication avec rien. Le temps passe désastreusement vite et la peinture me met de mauvaise humeur. Puis ce projet, le faire et pourqoi pas l’abandonner?Plutôt que d’ y penser être obligé d’y penser . Il n’y a rien de dramatique et même ce pourrait être réjouissant. Je me sens gâtée. Grognant par caprice ? Par peur de tout. De ce qui ne sera plus, du temps qui file, de l’été qui s’échappe à peine commencé. Et si je travaillais dans un bureau que dirais-je ???!!!

La place de G.. Toujours là même avec les micro-histoires de chacun. C. qui rentre de l’hopital et redécouvre les platanes, T et V souriants, les buveurs de rosé, ceux qui préfèrent le pastis, les enfants d’A. déjà trop gros…

Paysage avec les funérailles de Phocion

Je bloque un peu sur le livre. Pas facile . Et surtout j’en ai marre de voir ce que je fais.

Dimanche soir/ vernissage à B. avec V.

Dans ces trucs là mieux vaut être avec des amis sinon on se flingue. Après on boit un verre dans un espace à la lumière glauque. Un type passe et il a un beau costume pied de coq.

Pas vu assez bien l’expo . J’y retournerai.

Me promène dans Thomas Browne. Ne retrouve pas les jardins de Cyrus, ou sans doute un extrait qui évoque la quinconce ( ???)

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Hier je laisse le terrain à R. qui reçoit une jeune comédienne et décide d’aller voir l’exposition au Grand Palais/ Le paysage ideal/ Je ne sais plus le titre. Plus de monde que je ne pensais/ je m’attendais à des salles désertes.

C’est magnifique. Les scènes mythologiques, les Métamorphoses en grenouilles ( Latone ),( Pier Paolo Bonzi ) les magiciennes ( Melissa et Circé) et aussi Simon le Magicien qui s’écrase au sol.

J’adore ça. Je suis comme un poisson dans l’eau devant ruines et nymphes. Les bergers qui ne sont que des bergers -je me comprends- et les chiens qui ne sont que des chiens -La réalité plus vraie en somme m’ennuient.

Mais dès que souffle la monstruosité d’un homme face à une divinité, j’exulte! Oui Oui.

Je n’ai jamais vu en vrai les oiseaux du Palais Lancellotti où perroquets , paons et autres volatiles figurent. ( je ne trouve que cette petite image )

Une dame dit:  » Il faudrait relire les métamorphoses d’Ovide ».

ll faudrait tout simplement les lire, ai-je envie d’ajouter. Et les faire lire.

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Sortant de l’exposition , je prends le métro car je dois passer chez Corti.

En chemin réalise que nous sommes Lundi.

Descends donc à Saint-Germain ( en réalité je n’ai pas du tout envie de me promener.) Il fait chaud. J’ai oublié mes lunettes ce qui exclut une pause lecture.

Je croise  » le Marathon des leveurs de coude », joyeux groupe mené par un clown blanc au costume argent magnifique. Ce qui suit est moins glorieux mais très drôle. Des hommes des cavernes en peau de bête avec des gourdins et des massues. Ils entrent au Flore, aux Deux magots et les touristes qui ne comprennent pas ce que « lever le coude » veut dire, s’interrogent.

Les types viennent du Sud Ouest je pense.

Je pense à un défunt cousin et à son accent, à sa manière de voir la vie.

Famille Nalis. Riscle sur Adour.

Vaches Landaises. Courses. Fronton. Chaises dehors pour prendre le frais. Petite maison sombre et modeste. Toilettes au fond du jardin . Arènes. Confit de canard. Chaleur et balançoires.

Aire-sur-Adour/ Peyrusse Massas. ( 107 habitants aujourd’hui) La ferme. La grande table. Zut. Quel est leur nom?

Je tape dans Google

Ben tiens c’est Pader. Oui Pader. Est-il de la même famille , Daniel Pader maire???

Je m’égare dans les terres de mes ancêtres pourrait-on dire.

Bref. Je rentre à la Hune, m’y ennuie.

N’ai envie de rien regarder finalement et remonte vers Pigalle en photographiant une affiche revisitée par un inconnu;

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A la maison, la jeune fille est sur le départ. Et moi aussi finalement. Je passe chez H. prendre le carton pour l’exposition Claude Cahun.

Elle est magnifique.

Avec ma tête je vous laisse imaginer vous-même quelques scénettes. Celle avec le ministre n’est pas mal.

Mais je me la garde .

Une autre:

—Excusez moi ,est ce vous qui êtes dans le film?

—Oui

—Je me présente , je suis l’arrière petite nièce de Claude Cahun.

J’avoue ne pas être dans le film et suis ravie de la rencontrer. C’est drôle ces situations.

On enchaîne.

C. me dépose au théâtre Edouard VII pour les 10 ans je crois. Nous sommes dehors, nous, les plus beaux de la terre. Je fais ma touriste et lorgne Johnny assis dans un coin, puis il embrasse Piccoli, puis embrasse Marielle qui est très drôle.

Lui ne bouge pas ( J.) ce sont les autres qui viennent à lui.

Je sirote mon champagne toute seule, avec ce sac à dos que je ne sais où laisser. R. nage à droite et à gauche..

Tiens lui, tiens elle… Oh lui … Oh elle. T’as vu lui… T’as vu elle? Lui est là-bas vers la gauche. Viens je te présente. Bonsoir. ..

J’ai mal aux pattes. Parle et rit avec S…

Je m’assied, regarde passer 10 glaces et un gâteau rose. Tout s’efface. Je suis au Repenti, je suis avec ma monopalme dans l’eau fraîche de l’Escalet, je glisse sur le dos. C’est délicieux . je suis une sirène.

Et après je lirai sur les rochers.

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