la paix c’est la guerre, le mensonge c’est la vérité

dixit Orwell

Michaelina Wautier 1614-1689 / Royal Academy

Il est terrible ce portrait. Dans le train -l’ai je dit précédemment – il y avait une jeune fille excessivement laide. On ne voit pas souvent pareil visage, effondré d’un côté dirait-on, comme « coulant  » / je ne sais pas comment décrire. L’oeil étant quelque peu emporté dan ce courant pateux. Sais pas comment dire. Sauf que la pauvre, comment vit-elle avec un tel visage qui attire les regards bien évidemment. A l’école, le dégout, la méchanceté, les moqueries. Ça doit être insupportable. Moi qui n’aime pas la compassion, j’en éprouve en y pensant. Hum… Apres l’avoir perdu puis racheté, j’ai repris la lecture de 1984 ( nouvelle traduction ) . AB m’a envoyé « Les mémoires d’Orani  » de Costantino Nivola que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam. Hier Lyon et encore un TER. Aller retour avec chausson aux pommes à l’aller. J’adore m’assoir dans le train. Voyager en train c’est être à l’abri de tout me semble t’il. Lire et déguster mon chausson. Seul inconvénient, les miettes mais j’ai une technique. Je n’achète rien chez Paul sauf ces chaussons croustillants qui me semblent les meilleurs après ceux de la pâtisserie de Saint Bonnet. Et je me demande si Paul ne gagne pas une place dans la facile compétition: à Paris chez l’un ou l’autre les chaussons aux pommes sont dégoutants. Grosse croute, compote en boite. Des déceptions j’en ai eu !!!! J’en ai aussi mangé un exceptionnel à Clermond Ferrand il y a 30 ans. Mais c’est un secret !. Bref pas facile de se décider pour le portail. Finalement exit toute sort de peinture du gris foncé au noir. Ca fait déco. Apres une bonne heure à ruminer j’ai choisi de laisser la couleur du matériau, l’inox je crois. Dans la lumière d’hier ça étincelait et c’était assez beau. C’es très agréable de travailler avec P. qui machonne je ne sais quoi pour ne pas fumer. Travail pour Metz derrière l’ordi. Jeudi Metz et demain atelier j’espère. Cet aprem hosto. Hier me suis endormie sur la liste de Schindler. ( je dois regarder le documentaire sur la femme de S. Temps splendide. Aller à Jacquemart André, voir Calder, le Douanier… Mais quand .

Peindre à nouveau régulièrement. J’ai commandé 10 chassis. Peindre vertical me dérange à présent. Il me faut passer par le hasard de la peinture commencée à plat.s .

« Il portait une chevalière noire représentant une tête de mort »

C’était souligné ( par moi ? quand? ) en noir dans le livre  » la Dame de pique  » qui contient également d’autres nouvelles ( Les récits de Feu Ivan Petrovitch Belkine ) . Il s’agit ici de La demoiselle Paysanne. Il me semble que sont toujours délicieux les moments de lecture des auteurs russes. J’ai beaucoup aimé le passage dans le Marchand de cercueils où les défunts-clients reviennent et où danse un petit squelette. Envie de m’y replonger. Je me souviens des journées passées au bord du lac Léman à lire exclusivement de la littérature Russe ( Oblomov etc… ) et aussi à marcher en râlant car les bords du lac sont privés. . C’était en décembre et il y avait un bon feu dans le salon de l’hôtel. Nous avions passé tous les deux le 31 dans cet endroit. J’ai d’ailleurs retrouvé à ‘instant dans un Lermontov, un billet de théâtre sans doute les premières représentations de Moins deux avec R et Trintignant.

Les journées me semblent assez routinières. Pas désagréables, non, au contraire, mais grises et tristes de part la lumière et la pluie. Dernier post, 21 Avril. Ca file. il faut toujours que je réfléchisse pour savoir ce que j’ai fait! Vu la belle exposition Brancusi, une autre aux Beaux arts et dont le rez de chaussée m’a semblé plus interessant que tout l’arsenal de Venise qui décidemment est bien confus ou trop clair je me demande;

J’ai noté : Etude Lyonnaise d’un livret de l’astrologue Peter Creutzer ( 1528 ) et aussi les broderies de Jagdeep Raina. Les gravures de Goya également :  » No hay quiennos desate « 1799. Plus loin-flash back – on me voit entre C et J et nous faisons toutes les trois des grimaces. Je ne reconnais pas l’endroit. Je porte un foulard à pois. Photos de la peinture en cours. Puis événement, un article m’apprend qu’hier le Moulin Rouge a perdu ses ailes !!! Les lettres M O et U on été entrainées dans la chute !!!

Voyage à Grignan. J’aime être tranquillement dans le train avec ce polar Japonais sans aucun style d’écriture notable, mais assez lisible pour qu’on ait envie de suivre les actes de ce serial killer parmi les lycéens et assister au massacre. Temps perdu . Tanpis pour moi. Descente à Valence. Pluie battante. Je déteste le Sud sous la pluie. Nougat sur le bord de la N7 , route de mes vacances d’enfant et qui sous ce ciel sombre est bien sinistre. Il faut ajouter les pompes à essence abandonnées, les lieux vides, les magasins de nougat fermés. Finie la vie de la N7. Les cafés et restaurants du bord de route, des épaves que j’aimerais bien photographier. La liste des lieux de tourisme de cette époque et qui ont fermé est immense. Je photographie La chapelle de AVJ, qui est très réussie et suis surprise de me retrouver face à la tombe de Philippe Jacottet dont j n’ai rien lu, je le confesse. Mairie, photographier les étendards , les drapeaux, regarder quelque reliquaire contenant des petits os de Madame de Sévigné et aussi une salamandre sculptée. Je passe devant l’hôtel où nous avions séjourné lors du festival de la correspondance. J’évite de m’attarder sur ce souvenir ensoleillé. J’avais, je ne sais pour quelle raison effacé de ma mémoire, le château qu’il est pourtant difficile d’oublier. Déjeuner ( le maire qui je suggère, alors qu’un os à moelle atterrit dans son assiette, d’en faire un faux reliquaire )et promenade dans la ville pour chercher ce qui semblerait le plus judicieux. Ne pas proposer un  » geste esthétique », mais quelque chose qui pourrait avoir existé depuis longtemps et qu’on n’aurait pas vu. Un portail peut-être, une grille. Donc pas une sculpture. Celle de la Marquise, assise une plume à la main , couettes à anglaises au vent / Marie de Rabutin Chantal /est aussi une fontaine à têtes de lions . En parlant de  » genre sculptures  » quelle horreur que ces machins en forme de sportifs que l’on croise. Il y a les horreurs de l’Assemblée nationale mais aussi celles qu’on a placées pour les jeux olympiques à Jaures ou dans le secteur. Affreux.

Je regarde des images du Théâtre des pantins de Jarry- avec Bonnard… Tiens quelqu’un fait des vocalises. Dimanche dernier je terminais de céramiques et passais devant une tente derrière un tas d’immondices à Barbes. Ma collection de  » vases » s’agrandit. Puis la semaine a recommencé, se lever tôt, partir à Argenteuil, travailler avec la radio, passer chez D. M’endormir, peindre à nouveaux et ne pas trop négliger les oiseaux. Exposition Brancusi Mardi. Magnifique; Je ne sais pas quel est cet événement au Centre, il y a du monde partout, des petits stands pour se restaurer. L’ambiance est plutôt sympathique. Et puis Mercredi et puis Jeudi et puis Vendredi , muguet inclus ; Et oui la pluie et puis la monotonie et puis le spectacle de Jean. Découverte des tableaux brodés de Mary Linwood . C’est juste incroyable. Un lion menaçant… Je cueille sur le chemin vers l’atelier des herbes dont je fais des bouquets qui me semblent très beaux. Je les partage avec les oiseaux qui me semblent plus heureux dans cette verdure. Je crois sentir l’aneth. A la maison R. achète des pivoines qui palissent à mesure que leur fin approche. Il ne faut pas bouger le vase car comme dans la peinture de l’Accademia où l’on voit un jeune homme triste, les pétales tomberaient. Ici pas de lézard cependant.

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