« Le désir de sidérer »

Brioude
Lavôute Chilhac

Après avoir terminé la peinture annuelle ( !!! ) de 10m, ( j’aime bien cet « exercice » )c’était délicieux de partir pour un long voyage de deux grands jours vers Aurillac. S’arrêter quelquepart et boire un café . Regarder le monument aux morts et la plaque qui indique que Monsieur Girard, facteur des postes en 1910 a donné une source. Visite de Brioude et on décide de ne pas y déjeuner car c’est un peu touristes -retraités. Le sol de l’église est très beau: Une sorte de marqueterie de pierres de l’Allier ( il y a des motifs semblables au Palais Pitti vers la grotte Buontalenti. ) Pique-nique dans le vert. La route est belle et on a de la chance avec le temps nuage-soleil. Aurillac, se poser à l’hôtel et rejoindre dans un village C et D; Passer à la ferme, visiter Marcoles qui est aussi devenu un village mort ( plus rien sauf des Airbnb je suppose, et des résidences secondaires )… Le lendemain on visite Aurillac. C’est agréable malgré l’entrée dans la ville plutôt sinistre je dirais ) et on a envie de tout manger. Musée désert avec quelques grandes croutes académiques que j’affectionne, des anonymes, des choses plaisantes même si ce n’est pas exceptionnel. Des parapluies et des silex, des petits ciseaux et un habitat type. Hop en route vers Salers et le Puy Mary. Alors là le paysage est somptueux ( Salers est encore un peu envahi de touristes -boutiques etc…) mais c’est supportable. La route vers les 1800 m est impressionnante. On n’arrête pas de dire que c’est beau et le Forez me semble soudain plat et peuplé. La surprise du retour par les petites, très petites routes, c’est le village de Lavoute je crois, pris comme par un lasso dans la boucle de l’Allier. Prieuré du 18 eme. C’est très étrange l’implantation de cette ville et du Prieuré. Un schweppes. Des personnes âgées boivent un verre. Peu d’eau dans l’allier.

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Note

La notion de mors immatura, utilisée par les Anciens pour désigner une mort prématurée au sens large, a été longtemps associée par les auteurs modernes à celle de mort malfaisante, englobant dans un même groupe le traitement des sujets périnatals (0-28 jours), des nourrissons (d’un mois à environ deux ans), des enfants prépubertaires et des jeunes adultes. Si les soins particuliers destinés aux jeunes gens, en particulier aux jeunes filles mortes avant d’être accomplies par la maternité, ont été bien étudiés, la question du pouvoir potentiellement malfaisant ou non des sujets périnatals et des nourrissons reste ouverte. A. van Gennep (1909: 229- 230) semble être le premier à considérer comme un invariant universel le fait que les enfants non agrégés aux vivants par leur nomination sont assimilés à la catégorie des morts errants, «dangereux», dont on a négligé les rites funéraires: «Les individus pour qui n’ont pas été exécutés les rites funéraires, de même que les enfants non baptisés ou non dénommés, ou non initiés, sont destinés à une existence lamentable, sans jamais pouvoir pénétrer dans le monde des morts, ni s’agréger à la société qui s’y est constituée. Ce sont les morts les plus dangereux; ils voudraient se réagréger au monde des vivants, et ne le pouvant pas, se conduisent à son égard comme des étrangers hostiles (…). En outre, des morts sans feu ni lieu éprouvent un âpre désir de vengeance.»

En parlant d’enfance, j’ai découvert grâce à Thomas Bernhard qui la cite, Christine Lavant dont je viens de terminer la magnifique  » Mal-née « .J’ai été moins sensible à « L’enfant »mais je dois le relire. A lire Un art comme le mien n’est que vie mutilée, Les étoiles de la faim. J’ai hâte

Annie Lebrun sur FC L’art des vainqueurs pour les vainqueurs

Retour demain

Vers la fin

Note retrouvée:

C’est bizarre il y a deux personnes qui marchent devant moi deux hommes je ne sais pas si ils viennent vers moi ou si ils avancent vers l’horizon

En attendant la réunion Zoom avec le palàzzo Grassi

Départ dans une semaine exactement; après un Juillet génial et un aout moins léger ci dans le Forez.. J’ai terminé ma peinture de 10 m hier. Suis remontée à Paris pour les BA dimanche est Lundi. Je sais pourquoi je ne veux plus enseigner. C’est parce que j’en ai assez de donner mon avis, de critiquer, de chercher des pistes. Mais c’est surtout cette situation où l’on attend de vous un retour, des clés, des appréciations. Ca m’ennuie. Et les étudiants c’est de cela dont ils ont besoin. Je comprends. Il y a des très bon profs pour ça, pour décrypter ce qu’on leur montre, au risque quelqefoisde parler pour eux et non pour l’étudiant, au risque de tracer une piste qui n’est peut -être pas la bonne. Donc voilà. Tout l’été j’ai travaillé chaque jour. J’en suis contente sur le principe et cela m’évite de culpabiliser. Demain un saut à Aurillac.

Acheté Les enfants Tanner que je crois n’avoir pas lu, et Les braises de Sandor Marai dont je ne connais je crois que Premier amour.

Retour donc le 14/ le 15 recharger à Argenteuil et passer aux Beaux arts, le 16, diplôme Martin et Jeu de Paume pour Painlevé, Un diplôme le 19 et un le 22 .

Allergie féroce aux yeux qui pleurent et grattent et piquent. le roi cortisone a réglé ça et je vais mieux mais franchement pénible. J’ai du me frotter ( comme d’habitude ) avec des pigments.

Donc la peinture de 10 m est terminée. Il n’y a plus qu’à la rouler et regarder à Paris ce que cela donne/ avec les 8 autres peintures. J’ai donc barbouillé 30 mètres linéaires !!!

Cette année je n’ai pas marché, pas fait de vélo. Cette sensation d’un peu de tangui tanga en est la cause. Mais ça ne me plait pas. Le dos est moins douloureux si je fais 4 exercices au réveil. La perspective de piscine à la rentrée me réjoui à moitié à vrai dire.

1 septembre ( grr )

les 14 tapisseries de la Chaise-Dieu

Je vois R. arriver dans le hall de l’hôtel et je l’entends en rage:

-2 mn 5

Je me demande ce qu’il raconte

C’est ce qui s’ajoute aujourd’hui au 6 mois de guerre Russie-ukraine, dit-il.

J’ai lu avec grand plaisir un livre que m’a conseillé A. Scènes de ma vie de Franz Michael Felder. La lecture m’a absorbée, c’est absolument délicieux et profond et le lieu où je suis est propice à ces moments en pleine nature Autrichienne. C’est drôle de passer d’une Autriche à l’autre, d’un siècle à l’autre. De Felder a Bernhard. ( dont les interviews me font bien rire J’ai enchainé sur la relecture d’un petit Maigret histoire de dire ( comme on dit !!), puis sur la lecture ou relecture de L’homme à tout faire de Walser. Revu Peeping-Tom de Powell dont j’adore les images saturées, et hier Le Caravaggio de Derek Jarman que je n’ai pas terminé. Ca ne me plait pas: Trop d’intentions esthétiques, trop chargé, pour le son /même sensation. Ah les intentions c’est merveilleux! quand elles sont invisibles surtout. Sinon c’est un calvaire de saturation d’idées, de choix d’anachronismes, de citations etc.. Caravaggio jeune est très bien, dans la lignée des garçons de Pasolini. Adulte avec son chapeau… Je trouve l’acteur assez fade. Tilda Swinton est très bien Quant au peintures en train de se faire ( même si je vois bien encore une fois l’intention , eh bien ça ne marche pas à mon sens) . C’es quand même presque toujours raté, la peinture à l’écran non. A part Pialat ?? ( ou dans le genre, la vie passionnée de Van gogh avec Kirk Douglas. Je préfère quand il y a carrément du vent dans les voiles )

J’avais oublié( en fonçant au bout du film avec ma souris ) , la tradition de l’obole, à savoir placer sur les yeux des morts deux pièces pour payer le passage .

Au moment où j’écris j’entends la pub du dernier film ( game of thrones ou je ne sais quoi-dragons ou elfes- qui ne m’intéresse PAS DU TOUT )

Hier visite La Chaise Dieu. magnifiques tapisseries du seizième siècle ( Flandres ) qui ont été restaurées et placées dans un lieu dédié.

Bien ri de la pédagogie ( eh oui encore la pédagogie culturelle catastrophique/ ça et les cartels en général ) : On entre dans une pièce sombre. Je passe les projections démodées.On connait. Là où le fou rire commence, c’est lorsque l’on découvre dans une espèce de construction, un ecclésiastique en hologramme. Oui !!! J’imagine les élus orgueilleux et fiers de cette invention, de ce choix. Tout cela avec du mousseux et un biscuit… une verine? Sans doute le marchand de fromages du coin a t-il été « casté » pour le rôle. Bref. Je pouffe et continue ma visite, le cloitre, arrive devant l’orgue, puis Saint Robert, etc… Damned revoilà l’étiquette de fromage parlante dans un autre costume et qui est en grande conversation sur l’écran avec… Avec… Stephane Bern. Alors là je dis stop, alarme, télé, damnation…. Evacuez! Fremez les yeux fuyez et surtout ne vous asseyez as sur les sièges  » modernes » en forme de quoi, de blocs irréguliers…. Niveau restauration ils y sont allés fort en acier et bois ( à la façon charpentier tour de France genre ancien ! ). Je suis méchante. On s’en fiche , vu la splendeurs de ces tapisseries que je photographie ( je n’ai que mon téléphone ) on oubliera le gout des élus, des architectes des bâtiments de France ( Hi-Han ), des responsables à la culture. C’est quand même terrible . ( Je repense à Nantes et sa basilique Saint Nicolas dont la Jerusalem céleste au coeur du labyrinthe a été recouverte lors de l’installation du nouvel autel. On rêve . C’est comme si à Amiens à la cathédrale et sur la même Jerusalem on avait installé le placard pour les audio guides…

Dancing land

Le bal

Viviers c’est quand même une autre ambiance et je ne sais pas trop si elle me plait cette année. Train train, ouverture de l’atelier et peinture tous les jours. Même si je me rends compte de l’absurdité de cette entreprise, de son inutilité, je poursuis. Et pourquoi donc? Parce que tout le reste m’ennuie, parce que c’est la meilleure façon pour moi de passer mes journées. Je trouve tout monotone à vrai dire. n’ai pas envie de vie sociale non plus ( inviter des gens-ils ne partent pas- !!!!!, aller chez eux c’est long aussi). Est ce le chemin vers la carrière d’ermite? J’exagère et suis de mauvaise foi, largement moins que Thomas Bernhard qui dirait que toute personne qui vous invite est nazie !!!

Ces vertiges qui n’en sont pas d’ailleurs me cassent les pieds et j’ai l’impression d’avoir quitté Venise il y a une heure, quand sur la terre ferme on a cette sensation ( j’ai ) de « tangui tanga ». A vrai dire c’est angoissant. On verra ce que donne ce traitement. Pour le moment 3 jours/ Pas de changement. Donc pas envie de marcher comme je le fais toujours ici.

Hier ouverture de la Vogue à Usson. J’aime bien. On regarde les jeunes gens, on se dit aussi que ce n’est pas le Collège de France, que dans 20 ans ils seront là. De quoi parlent-ils, de boulot, des filles, de l’un de l’autre, des autres fêtes, des vacances en ardèche dans un camping? Deux gros garçons, certains casquette à l’envers, tout le monde est du coin. Tout le monde est blanc. Il y a des filles incroyables au physique plus proche de celui de Leigh Bowery que d’une muse inspiratrice dirais-je. On se dit que demain matin, certains auront bien mal au crâne et enchaineront pour les 4 jours de fête. Tripes à 8 h du matin, soupe au choux à 7 h le matin. Dur. Local. Moi j’aime ces ambiances, j’observe, là deux chiens qui jouent avec plaisir et sautent et sautent, un jeune garçon aura de la chance s’il rentre entier. Il cherche noise et ça se voit. Le plus amusant c’est la chenille, c’est d’un démodé ce truc au moment ou de terribles attractions existent, des trucs que j’ai vus aux Tuileries. Des horreurs pour moi, qui vous propulsent à des mètres de hauteur: Cris, rotations, terrible. J’aime regarder cela avec mes deux pieds sur terre et le menton levé comme un badaud./ j’aimais cela à 15 ans à la foire d’Amiens / En voulez vous encore?, Attention le prochain tour est en arrière. Certains manèges avaient d’ailleurs une sorte de « capuche  » qui recouvrait les participants quand ça accélérait. Ici les classards debout dans les wagonnets avec leur sifflet , les néons ( La piste du sud / pourquoi ce nom ) clignote, tout est rose et vert. Le petit cochon du manège . D’autres garçons mesurent leur force en boxant dans un truc , je n’ai pas de mots, une sorte de ballon qui doit remonter dans son logement si on peut dire et à la suite de quoi s’affiche en chiffres la force de l’impact. Je bois une bière très bonne. Aout est sobre. En rentrant pommes de terre au saint nectaire.

Je cherche des livres de Balzac et m’étonne ici de ne trouver que le Lys dans la vallée.

Notes

Après avoir lu un article sur le livre qui vient de sortir et concernant les images que Walter Benjamin regardait à la BN:

La présente Table regroupe l’ensemble des illustrations de cet ouvrage. Dans le cas des images que Walter Benjamin projetait d’adjoindre à son Livre des passages, nous renvoyons à la note iconographique correspondante qui figure dans le corpus que nous avons réuni plus haut en annexe. Nous ne donnons ici qu’une légende abrégée de chaque image (auteur, titre, date, technique). Nous indiquons en outre, aussi précisément que possible, la source actuelle de la reproduction que nous avons utilisée (bibliothèques, musées, agences photographiques, etc.) et que tout chercheur pourra consulter.

***

Août 2002-6

15 Aout/ Départ pour le Forez. Rituel du roulage des peintures avec Noa. 

38 degrés au départ. Sortie Annonay. Col de la république Retour par Firminy . Ca grimpe. C’est beau. 

Soupe au choux à Montarcher. Un monde fou au bal et à la buvette.

16 Aout

Suis un peu sonnée. Changement de climat ou altitude?

17 Aout

Atelier. Début. La température chute à 14 degrés avec de la grêle, ce qui me donne l’envie de repartir immédiatement. C’est sinistre dans l’atelier sombre. Maison. Diner près de la cheminée.Je regarde le film de Kiarostami ( Où est la maison de mon ami ). Je dois dire que c’est magnifique. On aurait presque envie de vivre dans ce genre de villages perdus. Les personnages sont incroyables ( le vieux qui parle de la beauté de ses portes en bois remplacées par celles en fer ) .

C’est vraiment bien MUBI ( pour l’hiver !!! ) 

Au repenti pas de réseau. J’avais craqué ici au moment du confinement pour pouvoir communiquer avec les étudiants. 

22 Aout 

Travail à l’atelier. Mauvais temps et humeur triste voir dépressive. Pour tout arranger, problèmes à nouveau d’équilibre extrêmement angoissant qui fait que se lever pour se déplacer est une sorte d’interrogation panique. Tangue ou tangue pas? 

L’atmosphère ici n’a rien à voir. J’ai un peu de mal ici malgré les vaches que je me plais à observer, les chevaux et une libellule, mais ça ne vaut pas la mer!!!!J’ai la sensation d’avoir quitté l’été pour un an. Ca sent le retour. Je remonte le 4 et rentre le 5 puis tenter de terminer la peinture de 10m et retour.

Pris RV chez le médecin. Vu le médecin/ traitement. On verra. Moins mal au dos c’est déjà ça.

Août 2022-5

Soeur Helene de Pignans

Mercredi 10 Août /Mer

Jeudi 11/ Aperitif/ Arrivée de J.

Vendredi 12 / Ranger

Le 8 Aout, l’Humanité qui est je trouve un bon journal, titrait: Milliardaires/ les criminels climatiques. Zut, j’ai oublié Perturbation à la poste. Ai refait une photo de la Vierge de Pignans. Retrouve des infos sur un artiste que j’avais oublié connaitre: Roman Signer. Une photo du siège de la SOCIETE DE CHASSE LA CHEVROTINE à Gonfaron. Un hôtel ancien à Saint-Raphael . Les cages à oiseaux sur la terrasse

L’Humanité titre: La catastrophe. Repas devant la maison. Martine amène des amis à elle et par la même occasion des calamars . Figues, pissaladière…

Une photo avec Anette Messager à Sévres   

Ce matin j’ai photographié la bâtisse que j’ai toujours appelée: Le chateau du chat botté, racheté récemment et qui s’appelle maintenant le Domaine de Saint-Jean. On dirait un décor avec des tours et des créneaux. Une image dont aurait pu s’inspirer Gustave Doré. Dernier jour à la plage hier et tant mieux car beaucoup trop de monde. La commère bavarde maladivement ( comme un goéland elle fond sur ses proies, comme l’incidence d’un rayon de lumière sur la mer. Elle guette, repère une victime et se lève pour aller nageotter. Elle attaque les victimes et les sature de ses ordinaires caquetages. Si je l’ai saluée au début, je n’en ai plus rien fait ensuite. Elle disait à qui voulait l’entendre, qu’au moins à Monaco où elle s’était rendue la veille c’était chic. «  Ah… rien à voir, ce n’est pas comme ici. ».Je gloussais derrière mon journal. C’est terrible l’ordinaire et l’ordinaire quand il est plus qu’ordinaire, ne donne malheureusement pas un grand auteur . L’ordinaire, du monsieur aux valises par contre était un chef-d’oeuvre. 

Lundi c’est le départ et j’ai commencé le rangement de l’atelier. Donc qu’ai je fait? 8 peintures de 180 par 216 qui seront « à vérifier » en rentrant à Paris. Je ne les ai pas photographiées volontairement.  Hum je cherche à décrire ce que j’ai fait heu… Heu. Je ne vois rien.  Mais après avoir vu le retable de Pignans, j’ai eu comme une envie de stigmates et de torrents de sang! Puis j’ai repris des motifs blancs sur fond noir de la même église. Je ne sais pas s’il s’agit d’anciens ornement funéraires, et un drôle de personnages sans jambes tend les bras.

Un soldat avec fusil en treillisHeu, un personnage ridicule avec des volutes , heu, heu sais plus. Avant sais plus avant sais plus. Si les motifs du canapé de Hitler avant son suicide. Des trucs en lien avec Ad Rheinard.

14 aout.

Je me réjouis à l’idée de la procession à Pignans. Nous allons le matin au petit marché et à la messe . Les chants en latin sont très beau et je regarde mon retable. Nous ne restons pas longtemps. Je ne suis pas devenue une fervente catholique mais j’aime cette atmosphère et le petit orgue. Les portes sont grandes ouvertes sur la place, la vierge a été fleurie. Je me souviens soudain de mon dégout des bénitiers. Je ne fais plus le signe de croix et donc n’effleure plus l’eau mais j’ai le souvenir d’une matière molle au fond du bénitier. Souvenir d’enfance que j’associe à la piscine du camping de Madrid, absolument vaseuse et dégoutante !!. Le bénitier est pour moi une sorte de Bouche de vérité avec les fantasmes qui y sont attachés: Mains arrachée, main mordue, ouverture vers un monde infernal !

Bref. Je décide d’aller tôt à la procession et de boire un verre. Arrivée sous les premières gouttes, tout est fermé ( c’est quand même bizarre ) et l’orage énorme éclate. Les rues sont des torrents. On est trempées avec J. Et on rit. J’ai l’air d’une soeur avec mon tee shirt orange sur la tête puis la bâche blanche. On part à Gonfaron, dans l’espoir de se rabattre sur un spectacle d’une tout autre nature. Annulé aussi. Verre avec Lisa et sa maman.

Août 2022-4

Retable Pignans Var/ des larmes …

Ce matin nouvelles de G. C’est assez catastrophique. Son déménagement, ses dettes, quelle déchéance. A et JM ont assuré tout cela. Me sens un peu coupable. Me passe par la tête ( M’e piovuto nell mente ) comme dirait Pinocchio, l’idée d’aller le faire parler, décrire des oeuvres.

Plus que 10 jours au hameau. Le séjour aura été absolument parfait. en totale liberté, aucun invité ( courses, repas, action ….) non pas que…Mais!. Nous avons mangé des tomates, des tomates et des tomates. Pas de viande pour ainsi dire ( déjà l’idée de prendre la voiture et d’aller dans une zone désagréable trouver un boucher… ) Seuls les marchés sont agréables ( celui de Gonfaron est mort, celui de Vidauban est bien ). Oiseaux, lecture, voisinage , grande soupe au Pistou, repas improvisé ( on vient à 10 !!!! ), bain froid à la rivière et punch au sortir de l’eau et du courant, Calamars fraichement pêchés de Martine, Perrier dans ce village près de la Sainte Baume, prêtres à croix, processions annulées, orage énorme, accras et samosas sur la place, une seule pizza aux Mayons, les cafés au Poussin bleu et l’apéritif à l’Excelcior. L’idée de dormir a Saint-Raphael et d’y rester une soirée, se baigner la nuit , puis non, car c’est déjà Aout et trop de monde. J’aimerais passer une semaine entière à la mer avec un livre. Ecrire un peu. Réfléchir. La peinture, cette saloperie , dévore tout sur son passage y compris je crois ma réflexion sur les choses.

8 AOUT

Mer et verre sur la terrasse de l’Excelsior. On se croirait sur le pont d’un bateau  Il y a une brise légère. On ne voit que la mer et pas la plage. Au loin, la brume. Atelier mal au dos. Le médicament avec Opium qui est un anti douleurs ne fait pas d’effet. La nage avec palmes serait-elle mauvaise? 

/ Fin de la 7 / Suite de la 8

9 AOUT

Aller à Pignans qui me plait de plus en plus. Un petit marché. Un quatuor de basson au détour de la rue principale, place Mazel. On s’assied près de la boulangerie. On écoute. Je prends la rue de l’Enfer pour arriver à l’église. {On découvre aussi à Pignans, la célébrité locale Jules Gérard spahi , le tueur de lions ( 25 en 11 ans !!!) qui participe à la conquête de l’Algérie  ( il me semble qu’il y a une plaque sur la façade de la mairie et qui servit de modèle pour Tartarin de Tarascon}

Je reviens à l’église. Un très beau et très émouvant retable du 15 eme dans l’esprit de l’école d’Avignon. Il est mal placé et on voit malheureusement assez mal cette déposition de croix. Mais ce qui est plaisant même si j’adore le musée du Petit palais à Avignon, c’est qu’ici il n’y a ( au milieu de sulpiceries et de la Vierge qui se promènera dans les rues le 14 ) qu’un seul tableau. Je commence comme d’habitude par les détails. Dans l’ordre voici ce que je photographie:

Le corps mort du christ et la plaie en son flanc d’où s’écoule un torrent de sang

Saint? Son auréole et ses deux mains présentant les stigmates. Il verse deux larmes qui couleront sur une cape vermillon

Photo floue de cette figure en rouge qui soutien un bras  poignet blanc, manche rouge, cape bleu /gris de Payne 

La main droite du Christ , un vase d ‘or , une main qui dirait-on agite le contenu avec une plume, un morceau du linceul et quelques cailloux et pierres

La couronne d’épines, un morceau de pied gauche, deux cailloux, un morceau de linceul

( noir, ocre jaune, vert olive , vert wagon foncé )

Morceau de vêtement jaune, clous, bordure de végétaux

Plaie du christ: on dirait une paupière baissée. Le nombril ressemble a un oeil

Gros plan sur le nombril-oeil

Main gauche du Christ et sang

Visage aux deux larmes

Tableau en entier avec reflet

Une oeuvre où les larmes sur presque chaque visages sont émouvantes.

Classé monument historique en sept 1949

Thomas B / Perturbation. Parfois je regarde sur internet des villages, des vallées, juste à peine, un tout petit peu, et me rendre compte du vrai décor. Ce n’est pas une bonne idée. J’aime me mieux me représenter les montagnes, les pics, la neige comme des illustrations de Gustave Doré, et ne pas voir la réalité.

Suite des photos 

Monument à Saint raphael: Replique du communier du beffroi de Gand

Première page de l’Humanité: Milliardaires, ces criminels climatiques

La photo de la vierge de Pignans: O bello Vierge courounado ( avec les tambours et fifres de Barjols )

Au café des Sports ma tasse de café transparente

La même avec des images trouvées dans les pages de Perturbation

Diderot et la mystification

Un monde de Mystificateurs et de mystifiés ( cité chez TB ) 

Août 2022-3

5 Aout sur la terrasse. Pas encore trop chaud. Ai sorti les oiseaux.

Photos du pistolet de Hitler ( des pistolets ) photo de celui en or de Goering vendu aux enchères en 2016. Je ne savais d’ailleurs pas qu’il existait un Parti Nazi aux Etats unis.(Advancing National Socialism into the Twenty-First Century.+ What we stand for / )

J’écoute Vinciane Depret à nouveau. L’émision sur les livres qui ont changé l’histoire n’est pas mal, mais j’ai de plus en plus de mal avec le ton de Régis Debray qui dirait-on se délecte de ses propres mots et est quelque peu pontifiant. Le pire c’est quand il parle a Finkelkraut, car c’est un festival de «  vous en êtes un autre « . Mais il dit des choses interessantes alors…

Paule Marrot, ( 1902-1987 ) motif de papier peint: Squirrel 1. J’y retrouve mon propre écureuil à la faux. 

Les surprises du camouflage/

Treillis modèle F3 en 2024

Regarder les archives de la Somme et les ateliers des camouflages dans l’ancienne halle au blé. Un faux tank en caoutchouc porté par un 4 soldats. La structure d’un faux tank.

Suite TB. C’est génial et il y a longtemps que ( à part des polars dans les transports ) je n’avais lu régulièrement. La plâtrière est un livre génial. Le lieu, l’essai sur l’ouïe, les considérations quant à la méthode d’Urbantschitch. Qu’est ce que c’est? Je cherche: Professeur Urbantschitch ( société impériale et royale de médecine de Vienne 1893. Utilisation ( comme on le voit dans le livre ) des sensations produites par des syllabes différentes prononcées près de l’oreille. Auguste Boyer… Bref Comment j’en arrive à La controverse archéologique de Glozel. Mystère.

J’ai envie de refaire un peu de tourisme comme l’année dernière dans l’Allier ( vu que j’ai pas mal travaillé / Aujourd’hui 5 aout je poursuis les peintures 7 et 8 . Nous repartirons le 15 ( aller au bal le soir serait sympa ) ( Il y a tellement de coins magnifique et tellement de paysages urbains atroces avec leurs entrées de villes catastrophiques )

J’adore les villages absolument non touristiques, sans piscines, sans mer , ou les locaux attendent à l’ombre un peu de fraicheur, où on ne parle de rien … Oui mais…

A propos de visites, j’avais suite à la découverte du reliquaire de Marie Madeleine ( magnifique crâne enchâssé dans une crypte humide avec deux sarcophages de pierre de part et d’autre de la grille protégeant les relique ) PS pas vu les cheveux … envie de voir à quoi ressemblait la Sainte-baume que l’on voit plus ou moins depuis l’autoroute. Pignans, Carnoules, Besse puis j’ai oublié, jusqu’à ce petit village ou est indiqué étrangement: Musée de la Glace. On pense à une plaisanterie vue la chaleur. On boit en terrasse ( 19h il fait encore chaud ) avant de parcourir le 15 km de petite route en virages jusqu’au monastère. C’est absolument magnifique ( j’irais bien dormir à L’hostellerie chez les moines en Octobre ) . Tiens en voici un tout en blanc qui passe. On devine le sanctuaire tout en haut dans la roche. C’est vraiment sublime. Par la même occasion et passant devant une indication «  Glacière «  j’apprends que la glace pour Toulon , en pains venait de (chez Zut le nom) , Mazaugues depuis le 17 eme siècle. 

Terminer la Plâtrière aujour’hui et travailler un peu.

Août 2022-2

4 août 

Mer et travail

Ah oui. Arrivée à 7h30 dans l’eau . Un régal. Je nage assez loin avec mes palmes tout en longeant le bord de mer , mais hors parc à nageurs. Sur le dos je flotte un instant en me demandant ce que j’entends. Le son porte, ce doit être deux personnes qui discutent. J’ouvre l’oeil: Personne. Un monsieur âgé nageotte. Bizarre. Je me redresse et cette fois-ci tend l’oreille. Cette fois-ci c’est une scène Becketienne à laquelle j’assiste:

Mais madame

Oui Monsieur

Madame savez vous qu’il existe plusieurs sortes de valises?

La valise du départ, la valide de l’arrivée, la valise de l’exil

Oui Monsieur

Mais Madame savez vous qu’il existe plusieurs exils?

L’exil volontaire, l’exil fiscal, l’exil…

Zut une dame s’est approchée et lui a parlé. Il se tait. Plus tard je l’entendrai chanter.

Je ne connaitrai donc pas ses autres exils. Imaginez une scène à la Ho les Beaux jours !. Un type, seul au milieu de la mer qui déclame son histoire de valise ( mais Monsieur, regardez le monde et regardez votre pantalon!!!!!)Ce genre de situations m’enchante ( la dame de la plage qui cherche absolument à engager la conversation pour parler de son fils. J’évite, je ne la vois pas, mon regard traverse son corps. J’ai le malheur de demander l’heure à R.)

Elle se précipite :

11 heures ! Et … d’ailleurs...

J’ai remercié à la façon d’un bloc de glace de Mazaugues.

Août 2022-1

Porte de la mairie de Pignans

1 août

Départ pour la mer à 7h. Bain délicieux. Retour à 11h

Un dame dans l’eau est très bavarde. C’est insensé cette capacité à parler de soi qui va d’une allergie pénible à la détestation pour le fromage. J’ignore le chemin , le lien d’un sujet à l’autre mais ça me fait rire. Mon fils, mon fils, moi mon fils… Terrible. Moi je nage au large et suis tranquille. Ce mal de dos me fatigue. IRM à la rentrée. J’expérimente des anti-douleurs à base d’opium nom d’une pipe. Apparemment pas de résultat 

Photos diverses: Mobilier en bois, chaise de Himmler, meubles bavarois , épaulettes, motifs pour service à thé. 

A Pignans, Dimanche matin petit marché et café ( malgré une chaleur écrasante ). C’est très joli. La porte de la mairie en bois sculpté et la porte fortifiée ( pourquoi ai-je écrit fortifiée? Bon, je laisse ). Dans le midi , les villages si beaux sont inclus dans un tissu d’urbanisme insensé, affreux, déprimant. Tout est laid ( pour aller à Saint Raphael, sorties toutes aussi affreuses et traversée de zones plus ou moins industrielles ) jusque’à la mer. Que s’est il passé. Pourquoi avons nous construit comme cela? C’est triste de constater la laideur des choses et notre responsabilité, l’avidité de certains, le non respect.

Sur cette photo mes sandales et mon pied .William Vandivert. Une chaise électrique, les américains transportant une oeuvre à l’arrière d’un camion. Au sol des sculptures ( tout cela vient du nid d’aigle je crois. Un personnage moyenâgeux, les motifs géométriques de la robe citée ci dessus, le chemin vers la sainte Baume et le village de Gemenos dont je n’ai jamais entendu parler, mon genou devant une peinture en cours ( noir, rose et vert ) . Tout cela est déjà recouvert, mon pied sous le ventilateur de la chambre, l’image de Herzog qui , pour sa publicité de Masterclass, montre le livre The peregrine de J.A Baker. Le lire? Commencé ou recommencé « La plâtrière  de TB. J’avais acheté ce livre d’occasion et mon prédécesseur ( je pense d’ailleurs que c’est une femme ) a souligné des phrases. J’avais commencé à gommer car c’est insupportable de lire ainsi -on ne peut s’empêcher de se demander ce qui l’a poussé(e) à s’arrêter là ou là, quelle est sa pensée. Ce qui donne une sorte de double lecture inutile. Surtout que vraiment je ne comprends pas ce qui a pu intéresser le  lecteur.

Devant la basilique de Saint Maximin, un monument à Frederic Mistral. Un petit café. Un oriflamme posé là. 

Suis en train de travailler aux peintures 5 et 6. Je ne sais pas ce que cela vaut. Pas de recul. Je fais et regarderai tout cela à Paris. L’idée est jusqu’au 15, date du départ, de continuer 7 et 8 puis à Viviers de commencer une peinture de 10 mètres comme cela devient la tradition estivale. 

J’ai pris mon billet pour l’aller retour à Paris le 4 septembre. Il y a d’autres diplômes vers le 22 je pense. L’idée pour moi serait de rentrer à Paris le plus tard possible. Ou de faire des AR. Terminer cette peinture déjà.

3 Août 

Travail et Sainte Baume ( voir plus loin )

JUILLET 2022-7

Saint Maximin

Le soir c’est spectacle sur la place. Nous nous y retrouvons avec le hameau. Ce n’est pas fameux fameux, moi qui déjà suis allergique aux comiques actuels un peu gras, un peu lourds, disons ordinaires sans aucune invention , au langage tellement plat. Mais c’est amusant et il faut se laisser porter. 

29 juillet

Je remonte le temps et à présent nous sommes  ( déjà) le 29 juillet. Hier partis à 9h30 à Aix en Provence où j’avais RV à France Bleu Provence pour La grande table d’été. Invitée avec Pascal Convert que j’aime bien et dont j’aime aussi le travail. ( je ne le connaissais pas avant Nantes ). Mon intervention n’est pas fameuse je pense.  J’ai je crois manqué de précision quant à l’histoire, la description de mon théâtre des opérations. Bon. Mais c’est mal commode d’être seule dans un studio pendant une heure )

Avant nous avions décidé de ne pas rester ( en prenant un café ). Il est vrai que je comprends mal mon mal être qui s’accentue à la fréquentation des parkings. C’est terrible. L’angoisse que cela me procure de descendre au moins 4 et surtout de remonter avec un ascenseur. En sortant, évidemment je ne sais pas ou je suis ( nouvelle micro panique ) et comment retrouver R. Perdue, pas de repère dans une partie de la ville proche du centre mais très commerçante et qui ressemble à un dessin d’architecte représentant un centre ville contemporain. Pourquoi tous ces magasins me dis-je. Pourquoi faire. Pourquoi acheter ces vêtements, ces machins, ces calissons, ces chaussures et trucs de décoration intérieure en osier ! Parking Rotonde, photographier le numéro de l’emplacement, Café Darius. Deux cafés et un croissant. J’ai du mal à m’acclimater. On partira après. On rentrera au hameau.

Le duplex c’est étrange ( le dernier était beaucoup plus court avec Arnaud Laporte et enregistré depuis ma chambre à Nantes ) Là je me sens un peu seule dans mon petit studio et surtout le fait de ne pas voir son interlocuteur ne me simplifie pas l’exercice. 

Emission terminée. Oh que sont ces véhicules qui ressemblent à des playmobils? Allez on tente. Comment ça marche? C’est génial. Allez on va au Musée Granet. Le chauffeur du jouet nous y dépose et on visite l’exposition Rome par l’académie Allemande. C’est très agréable, bien accroché. Trinité des Monts, Villa Medicis, Frascati, scènes bucoliques, bergers et grottes, ruines, et mythes à la Poussin, ( d’ailleurs Poussin sur son lit de mort c’est quelque chose ) Puis visite de la salle Granet ( son portrait par Ingres ). Comme d’habitude je photographie des détails de matières, végétaux, morceaux de corps. Assise, le Colisée, un ermite sur un âne. Un peintre en rouge est effondré, découragé. Il a chiffonné son dessin . Assis sur une colonne brisée près de chèvres,  devant le Moise de Michel-Ange, je crois qu’il veut mourir. Le tableau est «  le roi Louis 1er passe des commandes aux artistes allemands deWilhem von Kaulbach. 1848. Un chien fait face à un serpent, des brigands se font prendre dans leur cachette. Au premier étage, photos et dessins. 

Puis nous cherchons les Cezanne. Belle salle, peu d’oeuvres qui commencent par une copie ( Le baiser de la muse  d’apres Frillié, 1859 ) puis un petit nu magnifique, ( j’ai des piqures de moustique sur la jambe gauche ) Ensuite pas mal de Tal Coat ( que je n’aime pas beaucoup , enfin qui plutôt m’indiffère ) puis j’évite de Staël et Bran Van Velde ( le peintre le plus ennuyeux avec son collègue Charles Juliet/ Me souviens d’une émission sur FC où on l’entend « doloriser » si je peux dire. )Belle salle Giacometti. J’oublie les sculptures de la collection permanente. Un gisant me plait. Pas le courage d’aller voir les photos de Plossu à l’étage supérieur. Pas envie non plus d’aller voir la collection dans la nouvelle partie du Musée. Trop c’est trop. Marcher vers le cours Mirabeau, acheter le Monde. ( il y a eu la semaine dernière mon article sur Nicole Stephane ( Dans l’album de HD )Les Deux garçons sont fermés « définitivement » est il écrit. On s’installe à une autre terrasse. Intérieur ancien et damiers au sol. Cigales et lustres. J’aime bien. Un garçon compte sa recette a califourchon sur une banquette, une glace passe, un croque Monsieur pas terminé revient. Regarder. Regarder cette fontaine ( il y en a une semblable à Avignon) grosse pierre recouverte de mousse, comme un morceau de grotte. Je me dis que la mienne, ma fontaine, devrait elle aussi se recouvrir de mousse. Il faut que je m’occupe de savoir comment «  accélérer le processus » si on peut dire . 

Retour en » jouet ». Puis rentrer par la Nationale. C’est vrai que de l’autoroute on ne voit rien. Là, la montagne sainte-Victoire surgit et c’est assez impressionnant. Arrêt à Saint-Maximin et visite de la Basilique. Depuis le temps que je dois venir ! Messe dans une chapelle. C’est très impressionnant . Il y a une copie de chape brodée ( voir livre acheté ), des peintures du 13 eme et 15 eme, et le reliquaire de Marie-Madeleine. Je lirai plus tard le différend entre Vézelay et Saint Maximin quant aux reliques. Il y a quelque part les cheveux de la sainte ( Pouac ). Perrier. Le prêtre tout de blanc vêtu passe dans son long manteau et sous son chapeau, devant le buste de Frederic Mistral. L’autre jour au Luc, un prêtre tout en noir ouvragé avec coiffe assortie était accompagné d’un enfant de choeur qui portait une croix dorée. Retour d ‘extrême onction? C’est ce que je me suis dit. J’aime ce genre de scènes qu’on croirait sorties d’un film. C’est rare de voir des prêtres qui ressemblent à des prêtres. Moi je suis pour. 

Place de Gonfaron? Achat d’accras et samosas . Il y a un peu d’air. Bonsoir Julien!

JUILLET 2022-5

La rivière à Vidauban

27 juillet

Travail à l’atelier.

Je travaille tous les jours et quand je sors de la maison pour aller à la Bergerie, j’ai l’impression de passer entre deux rangées de radiateurs.

Pignans. Café des sports. Il ne se passe rien. Des habitués? Un bruit d’accident. C’est un Monsieur qui tombe de vélo. Il saigne. Nez et jambe. Il est saoul ! La dame du bar dit: C’est la deuxième fois aujourd’hui et un autre d’ajouter: » Il est allé  à la déchetterie jeter des végétaux et il est tombé dans le bac.  »

ça m’amuse. 

Cari de Poulet sur la place ( cuisinier réunionnais )

26  Juillet

Peinture écoute des podcasts ( Pétain )

Et RV chez M pour aller au bord de la rivière prendre le frais. Terrine, olives. Punch .C’est bon d’avoir «  froid « . Beaucoup de courant. Mais moins d’eau ( hum )

25 juillet. Aller à la mer en train !

Gonfaron ( attendre le train devant la gare désaffectée. Il y a celui qui va à Marseille et celui qui en vient )  Saint Raphael. C’est trop pratique et ça met 3/4 d’heures. Départ 7 h arrivée devant la mer sur la terrasse du Poussin Bleu à 8h pour café tartines. Nager. C’est délicieux cette heure-ci et repartir par le train de 13 h

Peinture au retour 

24 sais plus, sans doute peinture

23 idem et diner à Vidauban chez Martine

Reçu Art as Art de Ad Reinhardt et aussi la Folie Holderlin de Agamben. Ne lis pas assez.

Vendredi 22 Juillet Mer

18 juillet

RV à Monaco pour mon dos; J’y vais en voiture. Je déteste Monaco et m’y sens mal ( je me répète ? ). Ses parkings, ses tunnels, sa circulation, son manque de place, ses belles voitures . M’en fous. Bon. Pas de résultat. ordonnance pour IRM. On repart vite et on s’arrête à Nice, place du palais de justice . Café agréable. Promenade des Anglais. Premier bain ( Grr les galets/ Pas grand monde.)

JUILLET 2022-4

Musée Granet/ Aix-en-provence

29 juillet

Je remonte le temps et à présent nous sommes  ( déjà) le 29 juillet. Hier partis à 9h30 à Aix en Provence où j’avais RV à France Bleu Provence pour La grande table d’été. Invitée avec Pascal Convert que j’aime bien et dont j’aime aussi le travail. ( je ne le connaissais pas avant Nantes ). Mon intervention n’est pas fameuse je pense.  J’ai je crois manqué de précision quant à l’histoire, la description de mon théâtre des opérations. Bon. Mais c’est mal commode d’être seule dans un studio pendant une heure )

Avant nous avions décidé de ne pas rester ( en prenant un café ). Il est vrai que je comprends mal mon mal être qui s’accentue à la fréquentation des parkings. C’est terrible. L’angoisse que cela me procure de descendre au moins 4 et surtout de remonter avec un ascenseur. En sortant, évidemment je ne sais pas ou je suis ( nouvelle micro panique ) et comment retrouver R. Perdue, pas de repère dans une partie de la ville proche du centre mais très commerçante et qui ressemble à un dessin d’architecte représentant un centre ville contemporain. Pourquoi tous ces magasins me dis-je. Pourquoi faire. Pourquoi acheter ces vêtements, ces machins, ces calissons, ces chaussures et trucs de décoration intérieure en osier ! Parking Rotonde, photographier le numéro de l’emplacement, Café Darius. Deux cafés et un croissant. J’ai du mal à m’acclimater. On partira après. On rentrera au hameau.

Le duplex c’est étrange ( le dernier était beaucoup plus court avec Arnaud Laporte et enregistré depuis ma chambre à Nantes ) Là je me sens un peu seule dans mon petit studio et surtout le fait de ne pas voir son interlocuteur ne me simplifie pas l’exercice. 

Emission terminée. Oh que sont ces véhicules qui ressemblent à des playmobils? Allez on tente. Comment ça marche? C’est génial. Allez on va au Musée Granet. Le chauffeur du jouet nous y dépose et on visite l’exposition Rome par l’académie Allemande. C’est très agréable, bien accroché. Trinité des Monts, Villa Medicis, Frascati, scènes bucoliques, bergers et grottes, ruines, et mythes à la Poussin, ( d’ailleurs Poussin sur son lit de mort c’est quelque chose ) Puis visite de la salle Granet ( son portrait par Ingres ). Comme d’habitude je photographie des détails de matières, végétaux, morceaux de corps. Assise, le Colisée, un ermite sur un âne. Un peintre en rouge est effondré, découragé. Il a chiffonné son dessin . Assis sur une colonne brisée près de chèvres,  devant le Moise de Michel-Ange, je crois qu’il veut mourir. Le tableau est «  le roi Louis 1er passe des commandes aux artistes allemands deWilhem von Kaulbach. 1848. Un chien fait face à un serpent, des brigands se font prendre dans leur cachette. Au premier étage, photos et dessins. 

Puis nous cherchons les Cezanne. Belle salle, peu d’oeuvres qui commencent par une copie ( Le baiser de la muse  d’apres Frillié, 1859 ) puis un petit nu magnifique, ( j’ai des piqures de moustique sur la jambe gauche ) Ensuite pas mal de Tal Coat ( que je n’aime pas beaucoup , enfin qui plutôt m’indiffère ) puis j’évite de Staël et Bran Van Velde ( le peintre le plus ennuyeux avec son collègue Charles Juliet/ Me souviens d’une émission sur FC où on l’entend « doloriser » si je peux dire. )Belle salle Giacometti. J’oublie les sculptures de la collection permanente. Un gisant me plait. Pas le courage d’aller voir les photos de Plossu à l’étage supérieur. Pas envie non plus d’aller voir la collection dans la nouvelle partie du Musée. Trop c’est trop. Marcher vers le cours Mirabeau, acheter le Monde. ( il y a eu la semaine dernière mon article sur Nicole Stephane ( Dans l’album de HD )Les Deux garçons sont fermés « définitivement » est il écrit. On s’installe à une autre terrasse. Intérieur ancien et damiers au sol. Cigales et lustres. J’aime bien. Un garçon compte sa recette a califourchon sur une banquette, une glace passe, un croque Monsieur pas terminé revient. Regarder. Regarder cette fontaine ( il y en a une semblable à Avignon) grosse pierre recouverte de mousse, comme un morceau de grotte. Je me dis que la mienne, ma fontaine, devrait elle aussi se recouvrir de mousse. Il faut que je m’occupe de savoir comment «  accélérer le processus » si on peut dire . 

Retour en » jouet ». Puis rentrer par la Nationale. C’est vrai que de l’autoroute on ne voit rien. Là, la montagne sainte-Victoire surgit et c’est assez impressionnant. Arrêt à Saint-Maximin et visite de la Basilique. Depuis le temps que je dois venir ! Messe dans une chapelle. C’est très impressionnant . Il y a une copie de chape brodée ( voir livre acheté ), des peintures du 13 eme et 15 eme, et le reliquaire de Marie-Madeleine. Je lirai plus tard le différend entre Vézelay et Saint Maximin quant aux reliques. Il y a quelque part les cheveux de la sainte ( Pouac ). Perrier. Le prêtre tout de blanc vêtu passe dans son long manteau et sous son chapeau, devant le buste de Frederic Mistral. L’autre jour au Luc, un prêtre tout en noir ouvragé avec coiffe assortie était accompagné d’un enfant de choeur qui portait une croix dorée. Retour d ‘extrême onction? C’est ce que je me suis dit. J’aime ce genre de scènes qu’on croirait sorties d’un film. C’est rare de voir des prêtres qui ressemblent à des prêtres. Moi je suis pour. 

Place de Gonfaron? Achat d’accras et samosas . Il y a un peu d’air. Bonsoir Julien!

JUILLET 2022-3

Qui me l’a envoyé ce singe ?

Notes Durrell m’avait cité un jour la phrase d’un écrivain anglais d’Alexandrie, E.M Forster, qu’il admirait particulièrement et qui lui parlant du poète grec Cavafy, l’avait défini comme « un être occupant une position légèrement oblique par rapport au reste de l’univers ».

Durrell raffolait de cette phrase dont je trouve, mais n’est ce que pure coïncidence?- qu’elle le définit lui-même à merveille. Car demeurer oblique par rapport au reste du monde, c’est ne pas être dupe de ce monde et aussi être en état d’ivresse cosmique/ Durrell Affaires urgentes, Un peu de tenue Messieurs. 

Hier nous avons expérimenté la piscine de Brignoles. Impeccable. J’ai fait 3 km puis nous sommes allés dans la ville même dont je ne connais que l’hôpital où j’ai des souvenirs mauvais d’angoisse, de chambres doubles minuscules, de chaleur, de bout du monde médical. Un peu écarté du centre un café restaurant où ils servent des croque- monsieur-qui ne ressemblent en rien à des Croque-Monsieur et ont l’air délicieux.( comme plus tard le sera celui commandé à Saint-Raphael ).A côté et devant un beau bâtiment qui fut je ne sais quoi. Une caserne peut-être, une fontaine et 4 lions qui crachent de l’eau.

Il va falloir réfléchir à la maquette d’une nouvelle fontaine. Ce ne sera pas difficile je crois.

Suite à la catastrophe de Marmottan le musée a envoyé un mail afin de demander au responsable Sean Dunbar, ce qu’il comptait faire. Il n’a jamais eu la délicatesse de m’appeler, de m’écrire et de faire semblant d’être désolé.

Sean,

Voici le courrier que le  Musée Marmottan m’adresse. ( et moi aussi …) J’avoue être très étonnée , pour ne pas dire choquée de n’avoir jamais eu de vos nouvelles après cette catastrophe.Est ce de la lâcheté, de la négligence ou juste de la grossièreté ? Je crois avoir été bien calme. La moindre des choses eut été de me  téléphoner ou d’appeler le musée. Michel a au moins eu la décence de sembler désolé .Mais c’est à vous  que nous avons passé la commande . Les réparations des céramiques qui sont des pièces uniques, les rendent néanmoins invendables. Voici. Bonne lecture en attendant vos conclusions et propositions. 

Il m’écrit la chose suivante en guise de réponse: 

Ohh! Being pretty brave myself dealing with my cancer,You should have called. Keep in touch.  All the best. Sean

Même si j’en suis désolée, nos santés respectives n’ont rien à voir là dedans. Je repense alors a cette phrase de Beckett que j’aime tant et qui dit à peu près: Et laissons ma mère en dehors de cela si vous le voulez bien. 

Je déteste qu’on mélange l’affect au travail. C’est toujours pour se défiler d’une responsabilité ou se dégager d’un problème à régler. 

Terrasse

Martine amie médecin nous a apporté des calamars délicieux qu’elle a cuisinés  ( et pêchés ) et son amie un non moins délicieux parmesan du marché de Vingtimille.( pourquoi a 20 km de là le parmesan est-il moins bon, et pourquoi ne sait on pas à 20 km de là, couper le jambon correctement. Mystère de l’univers. )  Pourquoi – si je réussis à bien travailler, aller un peu en Italie. Je suis complètement stressée par le temps et l’idée qu’il file rapide comme une fusée. Comment ralentir cela. Je pense en souriant au passage dans le livre de Durrell ( déjà raconté plus haut: Pour en revenir au livre, le couple de japonais qui à Belgrade dans la valse de plus en plus vite et se transforme ainsi en arme de destruction massive est désopilant, les adeptes de la vodka, les dingues, ou un couple de Japonais d’ambassade, buvant ce qu’ils croient être su saké local et qui n’est que whisky, se lèvent et comment à danser la valse de plus en plus vite, heurtant les autres danseurs, se transformant en une boule de feu ou un missile destructeur, afin de s’échouer dans le bassin vaseux devant l’ambassade de France de Belgrade. 

J’ai recommencer à travailler hier après midi quinze juillet deux mille vingt deux après midi. Tendre la toile, j’avais commencé. Et barbouiller. Ce matin me suis installée dehors et le garde-chasse qui passait pas là, m’a dit que «  si ça se trouve » ce sera joli une fois fini. 

Je pense à Rebeyrolle que je n’aimais pas du tout autrefois et ses peintures qui sont semble t’il comme un torrent tout arraché sur son passage: Troncs, branches…pierres. 

Je viens d’absorber un flacon de tisane de thym que la voisine m’a offert.( rituel qui se reproduira tout au long du mois ) Cul sec pendant que le soleil ne dardaille pas trop fort.

La terrasse de la maison ressemble à celle d’un cabanon il n’y aurait ni eau ni électricité! Je regarde les sièges réparés par Emilio avec de la ficelle bleue. J’adore. J’ai accroché la cage des petits oiseaux en hauteur, victimes qu’ils sont des chats, ou des fourmis. Une armée impressionnante qui vient voler les graines  ( comme dans ce film de série Z où les sauterelles dévorent tout sur leur passage, laissant des humains à l’état de squelettes en carton. )

Un Nescafé. Un hameau, un velo gonflé, un courant d’air. La douche au jet d’eau et l’apaisement du soir quand il commence à peine à faire frais. La perspective de la mer demain peut-être ou peut-être pas. Le Repenti que j’aime. Même si les disparus manquent. 

JUILLET 2022-2

Le ventilateur

R. m’a offert Affaires urgentes de Durrell et j’avoue qu’il ya bien longtemps que je n’ai pas éprouvé la progression allant du sourire à l’éclat de rire.Peut être depuis le Privé à Babylone. 

Les Ambassades. C’est merveilleux; Là nous sommes en Yougoslavie. 

Belgrade 1951. Personnages et situations, gaffes et incidents-accidents diplomatiques. Descriptions désopilantes .

Ce que j’en ai comme expérience remonte maintenant à pas mal de temps. Rome 1982/84 , le palais Farnèse et surtout l’Ambassade près le Saint siège où nous avions ri comme des bossus. J’avais à l’époque un chapeau tyrolien avec une longue plume de faisan qui frétillait à peine bougeais-je la tête. C’était une sorte de boussole affolée ou de baromètre hyper sensible- je ne sais pas quelle option choisir- toujours est il que j’avais suggéré à d’autres pensionnaires de se coiffer de même pour aller présenter nos voeux. Une fois dans le gâteau, il n’allait plus suffire que de s’approcher de prêtres et soeurs et de vivement tourner la tête afin que nos plumes leur caresse la moustache. On m’avait propulsée à l’avant quand il fallut entrer – et comment fait-on pour saluer un …. Heu.. évêque prêtre sais pas mais qui fait une grosse bague. Me souviens plus de la solution que j’ai trouvée. On dit quoi et comment ? Bref on s’est bien amusés, avec la complicité des camériers dont certains étaient ceux de la villa. 

D’autres moments mémorables vinrent plus tard en Angleterre, en Ecosse  en Autriche ( où j’ai demandé à mon voisin  d’en face attaché culturel d’au moins faire des efforts pour me faire une conversation type. Puis un fou rire m’a pris, puis je lui ai dit qu’il y avait de la sauce sur sa cravate, puis j’ai , si je me souviens bien brillé à ma manière. Que quelqu’un ne fasse pas correctement le boulot qu’il s’est engagé à faire m’a toujours exaspérée. Là encore plus. A l’époque c’était L’association française d’action artistique qui nous envoyait là et là.  (AAFA) Afrique le plus souvent. ( Et je les en remercie encore )  Bref…A mon retour, tout le monde avait déjà entendu parler de cette histoire. Sans contexte diplomatique j’ai trainé comme un boulet pendant des années le fait que j’aie demandé à Maxime Le forestier qui chantait au mariage d’un ami commun, de mettre sur pause sa guitare 5 minutes. J’en ris encore, Mais j’ai longtemps ri jaune, de mon impolitesse qui a bien fait marrer toute le monde et qu’on s’empressait de me remémorer!!!

Je repense à ces micro moments ( Ho!  et le conseiller culturel à Kinshasa qui ressemblait au capitaine Haddock, et les dames en tailleurs achetés avant le départ pour » là bas «  et le 14 juillet les rillettes sculptées en forme de cygnes majestueux, et au Kenya, un autre attaché qui avait sous son pied une sonnette pour appeler. Je me souviens de l’échange de regards que nous avons eu et de cette conversation aussi furtive que muette. Elle s’est terminée si je me souviens bien par un : » Oh, ça va … «  qui était quelque peu familier alors que je n’avais rien dit d’audible tout au moins . Puis en Afrique et ailleurs les électrons qui gravitent autour des ambassades, plus ou moins fortunés, plus ou moins alcooliques, plus ou moins transpirants. La femme qui arrivait avec des jeunes noirs au volant d’une grande voiture décapotable rescapée d’on ne sait quel naufrage ( la voiture et/ou la femme ). Une vision d’apocalypse , l’entrée d’une divinité arrivée des sommets  d’ une sorte de terrain où on dansait. Là évidemment personne d’aucune Ambassade et avec cette Déesse nous étions les seules blanches. Puis aussi le sapeurs magnifiques à Kin.

Pour en revenir au livre, le couple de japonais qui à Belgrade dans la valse de plus en plus vite et se transforme ainsi en arme de destruction massive est désopilant, les adeptes de la vodka, les dingues, Ceux qui ne s’aperçoivent pas que leur étui n’est plus le leur: Celui qui contient un fusil, lui qui contient une crosse d’êvêque. Aussi le radeau, aussi le/les coiffeurs . 

16 juillet/ Orageux.

JUILLET 2022-1

Terrasse Repenti

Rentrée d’Yvetot Samedi matin après le vernissage de la veille et une nuit à L’hôtel du Havre, une sorte de décor Twin Peax, avec bibelots et couleurs qu’un décorateur n’aurait pas l’audace d’inventer. Le sèche cheveux est un chef-d’oeuvre aussi, les couleurs ( variations de roses) . Petit déjeuner ( compote de rhubarbe et de framboises maison ) servi pas la patronne en tablier. 

La veille, après quelques discours qui n’entreront dans aucune annale du genre ( N°1 la culture, je ne sais même plus ce que le « préposé «  a dit tant c’était volatile .  A peine une fiche Wiki lue à la va vite et qui a permis que l’on sache que j’étais Grand prix de Rome et professeur émérite de dessin aux beaux arts de … de… de !! Son collègue plus près de l’après retraite que de l’avant, un méridional sympathique qui s’est appliqué a dire mon nom comme il le fallait: Madameu Déleuprate. Au moins mon «  pays » du sud ouest s’est lancé dans un petit essai sur le plaisir des yeux…Le charme des régions…

Pendant ce temps là, Ouest-France interrogeait les fidèles à la sortie de la basilique Saint Nicolas. Article qui m’a beaucoup plu car quand on m’accuse de blasphème ( ça m’était déjà arrivé lors de l’art dans les chapelles ) ça ne peut que me flatter. Une dame qui passait un jour d’installation, m’avait gentiment suggéré d’aller me faire enfermer, ajoutant que non seulement j’étais folle mais je n’étais pas d’ICI. J’ai gardé mon calme, étant prête à rugir au seul « Pas d’ici »… qui est la pire des choses.

Pour le moment je suis au hameau, notre hameau depuis si longtemps et qui, si l’environnement s’est modifié pour le pire ( Route du Luc atroce avec ses boulangeries « artisanales » qui voisinent  avec le machin pour laver les voitures, un marchand de poulets pour qui la Bresse doit être une sorte d’Acropole, d’Empyrée, d’Olympe, que dis-je de Paradis, une banque, un restaurant …), donc pour mon plus grand bonheur le hameau lui n’a pas bougé. Moins d’habitants: Juliette décédée alors qu’elle allait atteindre la ligne des 100 ans cette année et précédée dans l’ordre par Emilio ( il ne voulait plus vivre ) et Jacques ( appelé pour aider à je ne sais quoi, qui a raté une marche, s’est fracturé le col du fémur et ne s’est jamais réveillé ). Gonfaron à 6 kilomètres a coupé les magnifiques platanes de sa place ( les ânes qui volent c’est sympathique et c’est l’histoire de ce village, mais les ânes qui votent c’est moins drôle ) et tous les commerces ont fermé: Il faut une voiture pour aller à la pharmacie, à la boulangerie. Plus de boucher, plus de poissonnier, plus de banque, plus de maison de la presse, plus de droguerie, et Casino fermé pour cause de maladie. Un désastre. De plus la nouvelle place blanche a en éblouir une armée est plus basse et les commerçants du marché ( devenu peau de chagrin) ne peuvent descendre les 4 ou 5 marches pour y accéder. Hier 13 juillet, pas d’orchestre mais un DJ sans génie. L’ambiance est longue à s’installer et c’est étrange comme il n’y a que des femmes qui dansent. Incroyable. Ca s’arrangera un peu vers 23 h. C’est sympa quand même grâce à Julien et son bar…

Le ventilateur ronronne, les oiseaux sont à l’abri des chats du hameau. Se reposer un peu ( j’ai le lendemain de mon arrivée rangé la bergerie pour commencer à travailler ) Ai aussi appelé les Beaux arts pour dire que j’arrêtais l’an prochain et me faisais remplacer à partir de Noel prochain jusqu’en avril. 

La semaine

Dans la chambre d’hôtel, avec la porte ouverte car il fait super froid avec la clim. J’attends l’heure d’intervenir sur France-Culture . Il y a eu le RV de Jeudi à l’atelier pour prévoir un autre RV au moment de la Fiac. C’était je dois dire agréable. Trois heures et pas de la conversation. Je déteste la conversation. J’ai ensuite trainé dans l’atelier sans peindre. Préparé ce que j’emporterai le surlendemain. Vendredi Nantes. Froid et petite pluie. Installation de l’étoile et des personnages. Attendons de voir comme on dit . Mais ils sont en retard. La tenture de 8m par 8 même lestée s’envole. Il va falloir renoncer. Je crois que le gars qui a réalisé a bossé un peu à la va-vite. C’est toujours très plaisant l’atmosphère avec les équipes à Nantes. Le Samedi direction Château de Christophe pour sa fête annuelle sous la pluie. C’est vraiment désolant. L’endroit est très beau, la fontaine marche bien et la végétation a poussé. Il y a un très beau potager. C’est sympa comme tout . Le soir feu d’artifice époustouflant et bonne nuit dans la chambre du premier étage. Ensuite on a filé à Rouen et vu la belle exposition Najda. Gant de bronze, yeux et sommeils divers. Picabia, manuscrits, je ne sais plus si le chien tenant un oiseau dans sa gueule est de Derain.

En cherchant des images que j’ai je trouve un buste en porcelaine du Baron Schmiedel du 18 eme qui avait parait-il la phobie des souris. Il y a une souris dans son chapeau, une sur l’épaule et on dirait que l’une d’elles sort de sa bouche/ Ca me fait penser à quelque chose au rayon cartoon mais à quoi?

Pluie encore, passage d’une place à l’autre. Graslin, place Royale, basilique saint Nicolas et on recommence.

Love, dear, is strictly for the birds

Toujours un peu bizarre. Mal au dos et mal au dos et raide. Et la sensation de flottement . Est ce la suite de l’épisode de l’oreille interne à Noel. Sais pas. J’aime pas.

Presse à Nantes pour l’installation. Ils ont travaillé jusqu’à 5 h du matin et une autre équipe est arrivée à 7h..; Il y a encore du travail, les drapeaux ne sont pas installés… Déjeuner ( ce qui fait qu’après je suis morte / très bon: Moules je ne sais comment et thon blanc… ) , visite au cimetière de la Miséricorde pour voir ce qu’à fait Pascal Convert avec qui j’ai pas mal discuté pendant le repas/ Nicole stephane, les Aubrac, Daniel Cordier. Je rentre à pieds direction le Museum d’histoire naturelle. Je prends un ticket et dès que j’entre je m’affale et je m’en fous de voir des tortues et des pierres, des lynx et des araignées. Pas envie/ M’intéresse pas-là maintenant , non.. De toutes les façons la moitié des muséums d’histoire naturelle ont été saccagés par des architectes à bonnets d’âne.; Le soleil le voilà, donc dans le jardin je m’allonge sur un banc et somnole. C’est plus près de l’hôtel que je ne le pensais. Je rentre et j’écoute les chansons de PP mon étudiant. Elles me font rire et mieux, sourire. J’aime beaucoup. J’en profite pour faire ma playlist pour Yvetot. On ne rit pas , por favor…

Playlist

0  Bobby Pickett Monster Mash

1DUTRONC Gentleman cambrioleur

2NICK CAVE Spinning Song

3Capitaine flam

4LOS MACHUCOMBOS non monsieur

5AMANDA LEAR énigma

6 OFFENBACH La légende de Kleinzach/ Contes d’Hoffmann

(Demander à David Christopher la version )

7la Fede d’elle femmine così fan tutte / Léopold Simoneau

8 Al bano et Romina power La felicità

9 Kraftwerk les mannequins 

10 Dalida Mourir sur scène

11 Paul Pinon /MArtin de Palle demo enrhumée

J’ai pris une place pour l’avant première du film d’Ozon. Juste à côté. Pas allée au ciné depuis une éternité . Ca me fait plaisir.

Devenir dingue

Perdre son portefeuille c’est devenir dingue. Ne pas le perdre c’est la même chose d’ailleurs. Je n’en peux plus des codes, des confirmations de code, des codes de sécurité, des mots de passe  » robuste ou non », des adresses qu’on utilise dans la vie pendant des années et qui n’existent pas sur le site de la Poste par exemple. Combien de temps ai-je mis pour trouver la Route de Repenti? Bref. Hier Beaux-arts et déjeuné ( moi déjeuner!!!) avec Coco. Décharge d’argenteuil la veille, paperasse, cartons, virements, codes, carte vitale. Ameli/ Momentanément indisponible et tac et toc. L’enfer . Service momentanément indisponible encore etc. Demain visite d’atelier et Ouf je ne pars pas dans la foulée mais vendredi à Nantes. Retour et Samedi Le Tremblay, dimanche Rouen ( aller voir l’expo Najda au Musée ) lundi Yvetot, Mardi retour, Mercredi, jeudi vendredi samedi Nantes, Dimanche retour, lundi Montpellier aux dernières nouvelles. Serais-je rentrée pour diner comme prévu avec A. J’espère. Mardi PM et ophtalmo etc . Puis Sala pour l’appartement.

Tout cela est d’un ennui simple. Lu quelques passages intéressants à propos des Programmes de Mantoue par Jeremy Koering. Qui voit quoi et comment. Un système hiérarchique qui autorise le courtisan à « jeter un oeil » et convie le prince à « regarder », et aussi comprendre par l’intermédiaire de guides. C’est intéressant.

Pour préparer « MACBETH a raison », je regarde à nouveau » le Monument près de la mer  » et trouve que ce n’est pas si mal. Cet aprem, visite à Kering pour voir les deux grandes peintures qui vont repartir dans les réserves.

Je note Pierre Vesperini , ( Que faire du passé )

Depuis quelques années, et dans le monde entier, nous voyons régulièrement les figures, les disciplines et les œuvres les plus prestigieuses de la culture occidentale contestées et critiquées par une minorité de jeunes militants qui exigent leur exclusion de la culture commune. En un mot, leur effacement : cancel. Celle-ci ne serait, au fond, rien d’autre qu’un système de légitimation d’un ordre patriarcal, raciste et colonial.  
Face à ces accusations, beaucoup sont perplexes. Pourtant, il s’agit de l’un des débats les plus importants de notre temps. Que répondre à ceux qui accusent Churchill d’avoir eu une vision du monde « raciste » ? À ceux qui font valoir que Carmen s’achève sur un « féminicide » ? Tout cela est vrai. Mais faut-il pour autant déboulonner les statues du Premier ministre britannique ou récrire la fin de l’opéra de Bizet ?  
Telle est la question que Pierre Vesperini saisit à bras le corps, en mettant ses outils d’historien philosophe au service du débat d’idées.

Je note Catherine Coquin ( ne sais pas qui sait )

Je note Barbara Hammer/ Pas convaincue que cela me passionne. S’affirmer par sa sexualité, ou être le représentant d’une sexualité… moi qui n’aime pas les communautés…

Hier j’ai rapporté ici les deux tomes du livre sur les sculptures antiques de la villa Borghese. Ils pèsent deux tonnes.

Croisé Franck et lui ai raconté ce que j’avais entendu au bistrot: Une petite réunion qui s’interrogeait sur la nécessité d’un premier ministre. L’un a ajouté: « Honni soit si qui mal il y pense !!!! ». Les spécialistes n’ont qu’à écouter un peu mieux !!!! C’était donc Sciences Po at home pourrait on dire. En allant vers Laennec, une dame âgée m’a demandé de lui prendre le bras pour l’accompagner.

—Je suis si vieille, j’ai 100 ans et j’ai peur de trébucher. J’en ai assez mais le Bon Dieu ne veut pas de moi.

Elle était algérienne. Donc si elle a 100 ans, elles est née en 1922 donc avait 40 ans en 1962. Oran.

Je pense que mon père aurait 110 ans et quelques. C’est bizarre.

Marianne m’a laissé un message. Je lui en ai laissé un sur la pointe des pieds . Ne sais pas si JL est enterré ou incinéré. Chez eux… C’était cet après-midi. Bon.

Pourquoi n’ai-je plus rien à raconter. Je n’arrête pas une seconde. Cela est plus de l’agitation stérile qu’autre chose. De la révision de la chaudière, à la perte des papiers, aux nouveaux codes des cartes, au téléchargement d’un fichier qui met des heures.

Demain partir à 7h30 et ne pas oublier les clés de l’atelier et de la voiture.

le destin ose pour moi

Cette image vient d’une archive concernant des soins psychiatriques. A ce propos j’ai commencé à regarder Titicut Folies je crois le premier film de Wiseman. Il y a des images incroyables.

Les nouvelles?

La mort de Jean -Louis. Je retrouve un enregistrement alors que nous étions à table où il dit qu’il n’est pas sympathique, mais méchant. On papote, on parle de musique, et lorsqu’il dit qu’il aurait aimé être musicien, je lui demande s’il aurait joué du tambour et M. demande si ce n’aurait pas plutôt été le triangle.On le taquine. C’est joyeux. Il ya déjà quelques années. Et je n’ai pas revu JL même si j’ai régulièrement pris des nouvelles. L’INA montre un document lors de ses 40 ans. Il dit qu’il met 20 ans à apprendre ce que quelqu’un d’autre apprend en 20 mn. Il dit qu’il veut être un étudiant…

Depuis le musée Rodin avec un public plutôt clairsemé, c’était le 3 juin ( avec Corinne Rondeau / Parler de la commande / Zut je n’y suis pas allée pour Bernadac… ).Ensuite nous avons filé aux Métallos car c’était le  » Before » c’est à dire une soirée dédiée à Catalyse. Des films, des lectures et de la danse avec Bernardo Montet. Voir danser ces acteurs étranges c’était formidable. Le lendemain nous avons filé à Fontainebleau pour le FHA qui est toujours un moment agréable: conférence sur l’histoire du rhinocéros et de l’éléphant, conférence de Pastoureau sur le corbeau ( et fou rire car la femme qui présente à l’exact profil de l’oiseau sur l’écran. Celui-ci bientôt remplacé par un dessin de Lebrun, et je pense étouffer ) Il y a du soleil ( l’orage terrible arrivera en fin de journée pour le cocktail en plein air dans le jardin de Diane. ) Conférence de Georges Roque sur la cochenille ( ent’rautres ) et puis saturation. Je rencontre l’éditrice des Lignes d’erre, achète Autoportrait dans l’atelier de Agamben ( me demande si je ne l’ai pas déjà d’ailleurs ). Apres avoir bu quelques verres de champagne je vais visiter la très belle exposition «  L’Art de la fête à la cour des Valois« . Costumes de grenouilles, tapisseries extraordinaires, dessins du Primatice. Quel plaisir. On dort à l’hôtel de Londres, juste en face du château et c’est vraiment très agréable. Une plaque indique que Proust y a commencé l’écriture de la Recherche et qu’il pratiquait le téléphonage avec sa mère. Retour par Barbizon ( conférence sur la correspondance de Redon, monographie de Redon qui pèse 10 tonnes= livre impraticable ) . Je ne veux plus acheter de livres vu le pensum de les mettre dans des cartons pour pouvoir repeindre l’appartement. Néanmoins… Et le petit livre »Ladiscontinuité même ) de Carl Enstein.

Rangement des livres encore et encore. Telephone à Emmaus, cartons pour Emmaus, retrouver de la paperasse et la jeter. pourtant l’appartement n’est pas surchargé mais. Trop toujours trop.

Ensuite nous avions le vernissage à Marmottan; Le destin a osé pour moi en faisant s’écrouler la table . Nous avions déjà parlé de cette menace, les constructeurs étaient revenus pour consolider ) mais des clous et des vis dans du polystyrène, ça ne pouvait pas marcher. Bilan, des trucs cassés et le vernissage qui continue sans l’expo. Ma réaction fut de me figer quand le grondement m’est arrivé aux oreilles. Tétanisée. Mais il fallait aller voir. Déjà, un paravent avait  » caché le corps  » si on peut dire. J’ai vu M. et lui ai dit que ce qui devait arriver…. Bref . ( entre parenthèse j’admire le courage de la personne responsable SEAN DUNBAR, qui n’a pas eu l’idée de me téléphoner, ou téléphoner au Musée, ou venir tout simplement. ) Donc ma première réaction de sidération passée, je me suis dit que c’était beau. La catastrophe me plaisait!. Après cellule de crise et débats, j’ai donc décidé de garder le carnage en le consolidant. Nous avons travaillé tout le week-end et le résultat me plait.

Finalement, le tank a parlé. Et les stickers venus directement de la guerre de 14 ont empêché les éclats de verre.

Néanmoins, les pièces endommagées le resteront même si « ça ne se voit pas « .

Visites d’atelier. Fabrice Hergot , Emilie Bouvard… RAnger, reranoger. Rouler, dérouler.

Perdu mon porte feuille, failli me faire renverser… Mauvaise passe depuis Marmottan

La reine Coax

Main de Sabazios/ antiquités Romaines

Je ne sais plus qui est cette reine, je n’ai pas cherché. J’ai retrouvé ç sur une feuille. Je vais voir de ce pas . Ah oui Georges Sand.

Cette semaine il y a eu les diplômes et donc les derniers réglages pour présenter au mieux le travail. C’était agréable je dois dire. On a ri ( jaune ) lorsque j’ai montré aux étudiants ce qui apparait de temps en temps sur We Transfer. A savoir une vieille histoire- 2015- je crois mais quand même. J’avais zappé cela et je n’en reviens pas, suis déçue. Que Marina Abramovitch très sérieusement se place au rayon développement personnel me semble plus qu’affligeant . J’ai cru au second degré mais hélas non. Marcher lentement, boire un verre d’eau lentement, marcher pendant 4 HEURES en arrière avec un miroir afin de comprendre QUE LA VIE N’EST QU’UN REFLET, 3615 Platon…Ou plutôt supercherie non?  Je subodore une affaire financière lorsqu’il est question d’un workshop de 5 jours avec jeûne et exercices à la con comme embrasser des arbres ( kiss my ass ). On a donc ri mais c’est déplorable. Sous prétexte de philanthropie en dollars, ce n’est qu’un narcissisme des plus détestables. Bref. Faut il en parler. J’avais entendu parler des conditions de travail lors d’un repas performance à Venise et il n’y avait pas de quoi être fier d’être une artiste star. On oublie. 

J’ai commencé à mettre mes livres dans des cartons. Quelle horreur. Ca fait un nombre dingue de cartons. C’est pour cette raison que je n’ai jamais entrepris les moindres travaux dans l’appartement. Mais là j’en ai marre. 

Je suis dans le petit square derrière l’institut, il ne fait pas très chaud mais le bruit de la fontaine est agréable. Les sandwiches de la rue de Seine sont absolument délicieux. Celui ci aux champignons, crème, raisins secs et roquette. Un régal dans une sorte de pain tiède, genre focaccia; le tout enveloppé dans un papier de soie blanc. A 14h un autre diplôme. 

Une feuille tombe, un fille lit, une autre sourit. 

Hier, atelier. C’est bon de s’y retrouver, de lire, de ne rien faire, de regarder, de peindre. Finalement le Musée Marmottan ça été beaucoup de travail et j’ai aimé le faire. En Juin des RV de travail. Beaucoup. 

J’ai appelé ce matin la piscine du Luc que j’aime car entre midi et 2 en général je suis seule dans le bassin. Bon, elle est fermée, n’est plus aux normes, etc. Zut. La mer est à 40 km dont la moitié en virages. J’ai trop hâte d’être à L’Escalet ou à Bonne Terrasse, même a Pampelonne qui est plus fréquentée. Nager. Nager. J’ai recommencé à faire des exercices le matin et mon dos à l’air d’apprécier. J’ai abandonné le kiné et les Osteo, ne gardant que Maitre Liu. Ses cours de 2H 30 le Samedi matin sont parfaits. Le Dimanche je n’aime pas trop car il s’agit d’enchainements et je suis nulle. Ca me désespère et je me dis que j’ai suffisamment de contraintes quotidiennes ( mon travail, les Beaux arts etc ). Pas la peine d’en rajouter. J’ai envie de rejouer au tennis mais j’appréhende. ce qui me fait peur c’est de constater que je suis moins vive, moins rapide. Il va falloir s’y habituer. Je m’inspecte un peu: J’ai tenu la rampe dans l’escalier, suprême honte. Suis en train d’essayer le Tanganil pour voir si l’effet flottement qui n’est pas aigu, mais present pourrait disparaitre. Ce serait trop bien.

Ce soir je passerai chez Vincent. Demain et Dimanche peinture. 

METACLASSIQUE

http://metaclassique.com/metaclassique-59-hypnotiser/

Que s’est il passé

Travail et travail et travail. Ca c’est certain. Retour à l’atelier ( d’où j’écris ) avec plaisir. Le calme, la lumière, la terrasse. Je constate avec effroi le temps passé. Ces conneries de concours et commandes ( c’est un peu différent ).Pourquoi avoir accepté l’invitation de Montpellier pour le tram? Pourquoi? Du temps du temps passé à faire deux maquettes pour deux places. Du temps pour l’habillage des trams. Pas de nouvelles. En plus je déteste l’idée d’avoir  » une oeuvre » pérenne dans une ville. Bref. Non contente d’avoir perdu du temps ( il ne me reste comme salut que de perdre ), d’avoir été de mauvaise humeur, me suis jetée dans la gueule du loup avec le concours pour la tapisserie en hommage à Georges Sand : Tapisserie de 25 m ( voir à ce sujet la plus grosse frite du monde), ou quoi? (Barry John Crowe est boucher et champion du monde de la saucisse. Il en fabrique depuis l’âge de 13 ans et il a réussi à en faire 78 en 60 secondes.)

Bref je le fais, suis sélectionnée, vais au bout du monde /Aubusson défendre mon truc et me fais défoncer. Par qui je ne sais pas encore mais le devine. Bref, je n’ai que ce que je mérite. Je suis absolument contre l’invasion des cartels qui vous expliquent les oeuvres et vous donnent des réponses à des questions que vous ne vous êtes pas posées. Opposée aussi à l’oeuvre pédagogique qui raconte bien tout comme il faut. Paf deux claques. Evidemment j’arrive en deuxième position. Techniquement , je ne me suis posée aucune question et évidemment ce n’était pas trop malin. Bon , m’en fiche. Et la galerie va réaliser ma tapisserie numériquement. ( he he ce sera moins long que 4 ans pour 55 mètres carrés !!! )

Rendez vous à l’atelier. Un ce matin, plusieurs en juin.

Parfois j’ai envie d’écrire et je n’en ai pas le courage

(Radio/Bertrand Belin tiens ça me fait quand même penser à des trucs genre Bashung. )

Fini un Indridiason, gardé quelques PDF venus d’Academia

NOTES/ERREUR ET CREATION

Robert Morris exploite, met en scène et revendique ses erreurs. Loin le temps où l’académie enseignait de ne laisser aucune trace de pinceau sur la toile ; où, lisse, la surface ne devait rien laisser paraître des hésitations, des maladresses ou des repentis de l’artiste. Card File non seule- ment refoule l’esthétique classique mais aussi se détourne de la conception traditionnelle de l’acte de création. Autoréférentielle, l’œuvre échappe à toute appréciation stylistique et se ferme à toute contemplation. Dans le sillage des avant-gardes historiques, Robert Morris met à mal les critères et les valeurs de l’art qui dominaient depuis la Renaissance : beauté, respect des rudiments du métier, qualité plastique. L’œuvre est désormais envisagée comme le produit d’un enchaînement d’idées et de décisions au cœur desquelles l’erreur devient un élément dynamique du processus de création.

Robert Morris, Card File (Fichier), 11 juillet 1962 – 31 décembre 1962. Matériaux divers (métal, bois, papier), 68,5 x 27 x 4 cm. Collection Centre Pompidou.

« L’erreur n’est pas une fatalité. Beaucoup s’accordent aujourd’hui à le penser. Malgré tout, quel chercheur, au quoti- dien, trouve l’aisance d’exposer ses propres erreurs ? Comment s’autoriser à se laisser surprendre par l’imprévisible quand celui-ci met à nu la crainte de l’erreur qu’auront croisée, ou que croiseront, peu ou prou nombre d’universi- taires au cours de leurs travaux ? » Paru en Italie en 1975, Giochi di pazienza de Carlo Ginzburg et Adriano Prosperi demeure un exemple de publication notable, mais rare, témoignant des rélexions qu’ont pu développer certains chercheurs au cours de ces quarante dernières années. La démarche des deux historiens n’est pas sans évoquer celle de Robert Morris. Ils présentent leurs résultats tout en suivant le fil chronologique du développement de leurs recherches, non sans problème car étant poussés à devoir décrire leurs erreurs « avec un souci de l’analyse d’habitude réservé à l’exposition de la vérité ».

« Faire erreur prend mille formes » nous enseigne Aristote.

Ces mille formes, selon le contexte et l’époque, sont celles de la faute, de l’illusion, de l’échec ou bien encore de l’imprécision et de l’égarement – autant de notions auxquelles l’erreur est assimilée. 

Le verbe latin errare signiie à la fois « aller çà et là », « se tromper de chemin », « s’égarer » et « se tromper ». Parallèlement, et sans restriction, le nom error veut dire « action d’aller çà et là », « incertitude », « erreur », « égarement » ou (en poésie) « tromperie ». Avec une autre image, le verbe labi « glisser », « trébucher », signiie aussi « se tromper » et a pour correspondant nominal lapsus, qui a pour signiications « action de glisser, de trébucher », « erreur ».

Je ne sais plus si j’ai parlé de Marmottan. Le vernissage sera le 8 juin. Suis contente du résultat, de l’or !!! Le teaser me plait aussi. Peut-être un peu long. Hier passage éclair à la galerie de Sèvres. Puis à la galerie pour l’expo « d’un morceau « de l’achat Daniel Cordier. ( Dado, Requichot etc ).

Retour, riz cantonnais et carottes râpées.Au lit.

Cette semaine Maitre Liu ( 5h à nouveau ) de massage . Je ne sais même pas ce qui s’y passe et se termine par des ventouses ( l’horreur les marques dans le dos ) !!

Ah oui cette semaine Georges Dandin ( Michel Fau ) j’adore et Dominique Boivin ( road movie ) à la maison des Métallos qui est un endroit sympa.

Ce soir le documentaire de François sue Eddie Louis.

Suis face aux peintures. envie de laisser aller, de ne plus pense ni à Nantes, ni à Yvetot, ni à la rencontre à Rodin, ni aux travaux dans l’appartement…

Il fait super chaud dans l’atelier.

Notes

DescriptionSatire on the antagonism between William Hogarth and Charles Churchill arising from the North Briton, No.17 in which, as a response to Hogarth’s print « The Times Plate 1″ supporting the Peace of Paris, John Wilkes wrote: »The post of portrait-painter [to the King] is given to a Scotsman, one Ramsey, Mr Hogarth is only to paint the wainscot of the rooms, or, in the phrase of the art, may be called their pannel-painter ». On the left is shown a blank « Pannel Painting » in front of which Hogarth, shown as his pug dog with his fore paws on a palette with the « Liner of Beauty », confronts a large bear (Churchill) who stands on his « Epistle to Wm. Hogarth July 1763 ».  
Etching and engraving

AFTER

8h58. Ecrire dans le lit. Entendre en bas les voix. Entendre une respiration. Entendre les oiseaux au bout de l’appartement.

Voir où je m’étais arrêtée. Retour Florence ( qui semble bien loin ).Au retour les diplômes blancs ( parler de son travail sans support d’image. Parler d’autre chose aussi, c’est mieux )

Travail intense à Saint-Ouen pour la réalisation des objets qui seront sur la table. Je mets longtemps à me décider, à hésiter , à tester, à avoir peur: Quelle couleur, quel émail pour tous ces objets ( vases, surtouts, boules en étoile, scènettes avec ana-imaux, épées, aigles, perles, animaux juchés sur des pyramides ). Puis je décide: ce sera doré. Lustre doré. Le premier objet sort du four, ça me fait grincer des dents mais ça me plait!. On y va. Le seul problème est que le lustre Or 10g est en rupture . Ou en trouver? Comme cela est évident, c’est en Savoie qu’on le débusque. On trouve 220 grammes et il faut réussir à tout faire. Jusqu’à la dernière goutte on badigeonne!!!Et voilà que tout brille. On dirait une commande pour les émirats !!!. Il ya eu aussi tout le travail en polystyrène sculpté, les tickets à coller. Encore une fois le budget a explosé.

Voilà. Ouf c’est terminé. En plus le Musée est au bout du monde. Je reviens après la réunion finale en bus. Le 32, puis le 31 ( il suffit d’avoir le temps et j’ai l’impression d’être en vacances . Là c’est Vendredi. Arrêt aux artistes pour une limonade. Suis crevée et commande une pizza au Carratello. Au lit.

Samedi matin le courage me manque pour aller au cours de Maitre Liu. RV pour finir le projet de la tapisserie d’Aubusson. J’ai encore un texte à écrire. On déjeune aux Petits gros. Mes ravioles sont mauvaises et le baba au rhum idem. Je dirais dégue. Il faut s’en tenir au hamburger je crois. Bref. On mange très mal souvent à la différence de l’Italie où j’ai l’impression que même dans les endroits les plus simples c’est délicieux. couac je repense à la crème des ravioles, liquide et fade.

Travail tout l’après midi et verre dans la cuisine.

La télé déraille à nouveau et je dois quitter SFR. Mais tous ces trucs de la vie courante m’exaspèrent ( repeindre l’appartement, régler ci et ça, répondre à… )

J’ai repris le livre de LBD sur Monet. La correspondance avec Clémenceau ( qui le traite de vieux maboul). Quand je veux écrire « maboul »je dois lutter avec Kaboul. En fait notre vie quotidienne personnelle nous donne à penser qu’à chaque instant il nous faut corriger nos actes comme s’il s’agissait d’anomalies, alors que ces  » anomalies  » sont notre liberté d’agir et de décider. Par exemple viendra le moment où je sortirai de l’immeuble par la droite et où un signal me dira que par la gauche c’est mieux selon des critères obscurs. C’est d’ailleurs ce qui se passe avec un GPS ( dont nous aurions beaucoup de mal à nous passer )

Lire Quand la maison brûle ne nous rassure pas vraiment. C’est démoralisant à vrai dire!!!

«Tutto quello che faccio non ha senso, se la casa brucia». Eppure proprio mentre la casa brucia occorre continuare come sempre, fare tutto con cura e precisione, forse ancora più studiosamente – anche se nessuno dovesse accorgersene. Può darsi che la vita sparisca dalla terra, che nessuna memoria resti di quello che è stato fatto, nel bene e nel male. Ma tu continua come prima, è tardi per cambiare, non c’è più tempo.

 Tout ce que je fais n’a pas de sens si la maison brûle. » Pourtant alors même que la maison brûle il convient de continuer comme avant, faire tout avec soin et précision, peut-être encore plus studieusement – même si personne ne devait s’en apercevoir. Il se peut que la vie disparaisse de la terre, qu’aucune mémoire ne reste de ce qui a été fait, en bien et en mal. Mais toi, continue comme avant, il est tard pour changer, il n’y a plus de temps.

Nous vivons dans des maisons, des villes consumées de fond en comble comme si elles étaient encore debout, les gens font semblant d’y habiter et sortent dans la rue masqués entre les ruines comme s’il y avait encore les quartiers familiers d’autrefois.

Et maintenant la flamme a changé de forme et de nature, elle s’est faite digitale, invisible et froide, mais justement pour cela elle est encore plus proche, elle nous assaille et nous encercle à tout instant.

BON/ 10h17

Je vais ne rien faire aujourd’hui bien que je doive regarder de la paperasse, les comptes marmottan, envoyer enfin le programme pour la master class à Venise, écrire le texte pour George Sand, commencer le livre pour Yvetot, enregistrer ma voix pour Marmottan.

Demain ranger atelier pour visites à venir. Raphael m’aidera.Quoi quoi quoi.

Chambre avec vue et Pontormo

De la mienne ( chambre à Torre del Cestello/ 3 eme étage et encore une volée de marches à l’intérieur…Fenêtre ouverte… ) Oltr’Arno qui vous fait détester l’autre côté du fleuve envahie des touristes même un Lundi. C’est désespérant . Ce matin Piazza Del Carmine un cappuccino etc.. Il fait beau et frais ( j’ai dormi la fenêtre grande ouverte )je marche vers la Brancacci. Mais ne vois pas les Masaccio. Puis en route vers l’exposition magnifique de Donatello au Palazzo Strozzi. On se faufile de façon plus ou moins autorisée et on est les premières à l’intérieur. Plaisir d’être seule dans les salles et de fuir dès que le groupe menaçant entre !!!! Beaucoup d’œuvres qui viennent de Londres, Pise, Berlin etc. Bronzes aux parties recouvertes de feuille d’or, madones de profil, surprises seules avec l’enfant Jésus.. Chevaux gigantesques, coffrets d’orfèvres et reliquaires. Ensuite promenade puis déjeuner chez Alfredo. J’adore leur soupe et la salade de lamelles de courgettes au pecorino et truffes. Un délice. Soleil sur un banc. Bien envie de dormir un moment !!Bargello. C’est beaucoup !!!

« Proust est un auteur extrêmement sauvage« … C’est ce que j’entends. « Traffic avec soi-même »

Mais déjà j’avais retraversé le fleuve aux ténébreux méandres, j’étais remonté à la surface où s’ouvre le monde des vivants ; aussi si je répétais encore : « Francis Jammes, cerfs, cerfs », la suite de ces mots ne m’offrait plus le sens limpide et la logique qu’ils exprimaient si naturellement pour moi il y a un instant encore et que je ne pouvais plus me rappeler. Je ne comprenais plus même pourquoi le mot Aias, que m’avait dit tout à l’heure mon père, avait immédiatement signifié : « Prends garde d’avoir froid », sans aucun doute possible. J’avais oublié de fermer les volets et sans doute le grand jour m’avait éveillé. Mais je ne pus supporter d’avoir sous les yeux ces flots de la mer que ma grand-mère pouvait autrefois contempler pendant des heures ; l’image nouvelle de leur beauté indifférente se complétait aussitôt par l’idée qu’elle ne les voyait pas ; j’aurais voulu boucher mes oreilles à leur bruit, car maintenant la plénitude lumineuse de la plage creusait un vide dans mon coeur ; tout semblait me dire comme ces allées et ces pelouses d’un jardin public où je l’avais autrefois perdue, quand j’étais tout enfant : « Nous ne l’avons pas vue », et sous la rotondité du ciel pâle et divin je me sentais oppressé comme sous une immense cloche bleuâtre fermant un horizon où ma grand-mère n’était pas.

Pour ne plus rien voir, je me tournai du côté du mur, mais hélas ! ce qui était contre moi c’était cette cloison qui servait jadis entre nous deux de messager matinal, cette cloison qui, aussi docile qu’un violon à rendre toutes les nuances d’un sentiment, disait si exactement à ma grand-mère ma crainte à la fois de la réveiller, et si elle était éveillée déjà, de n’être pas entendu d’elle et qu’elle n’osât bouger, puis aussitôt comme la réplique d’un second instrument, m’annonçant sa venue et m’invitant au calme. Je n’osais pas approcher de cette cloison plus que d’un piano où ma grand-mère aurait joué et qui vibrerait encore de son toucher. Je savais que je pourrais frapper maintenant, même plus fort, que rien ne pourrait plus la réveiller, que je n’entendrais aucune réponse, que ma grand-mère ne viendrait plus. 

J’ai rêvé de Thomas qui il y quelques années a décidé de ne plus donner aucune nouvelle, ce qui me peine. Me réveille maintenant vers 6h30.

On fait 10 km par jour. Piazza Del Carmine café , et hier bon diné à la trattoria du même nom. Les Offices ce matin. Une horreur au deuxième étage. Des groupes, du monde, à détester les gens. Et là on se dit que comme le signifie TripAdvisor, la visite d’un Musée est une « attraction » . Je m’assieds dans le couloir des T’empesta, renonce aux Boticcelli, mets mes écouteurs et écoute avec délices, les A voix nue de André Wilms. Quelle intelligence et quelle drôlerie. Je l’avais vu pour la première fois interpréter les Sonnets de Shakespeare il y a 100 ans. Tiens je regarde quand c’était…

« Il n’est pas d’expression plus vive et plus cruelle de l’amour », disait Pierre Jean Jouve, des Sonnets de Shakespeare, superbement joués par André Wilms et Jorge Silva Melo.  » Oh 1989 !

Il me semble qu’il y avait Joëlle Leandre qui jouait et que la scène représentait la Mélancolie de Durer. Je me trompe peut -être. C’était les Ambassadeurs? Oui Holbein.

Since the late 80s, André Wilms has worked as a director for performing arts and opera producing an impressive body of work. As a stage director, Wilms has led his own productions of Béla Bartók’s « Le Château de Barbe Bleue », Philippe Hersant’s « Le Château des Carpathes », Marquis de Sade’s « La Philosophie dans le boudoir », Brecht’s « La Noce chez les petits bourgeois », « The Bacchae » by Euripides and Biljana Srbljanovic’s « Histoires de famille », among others. He has directed works for a number of festivals and venues including Festival International de Montpellier, Opéra de Montpellier, Munich Marstall, Théâtre de la Colline, Nanterre, Francfort, Comédie Française, Festival de Schwetzonger, Théâtrede l’Athénée Louis-Jouvet.

Bref, A W m’a ôté ma mauvaise humeur totale et mon envie de partir. J’ai écouté sous les T’empesta, 4 émissions de 30 mn. Un vrai bonheur. Donc j’ai effacé « les gens « , leur bruit ( Le silence est un acte révolutionnaire dit Wilms, leur façon de photographier sans aucune application, sans regard, sans rien de subtil. Sans attendre que le tableau soit enfin privé d’une tête devant, d’un profil épais, d’une manche de doudoune ou bout de sac à dos. La salle des Gnobides, toujours déserte.. EH BIEN NON. Des gens. Des gens…

Le premier étage est nettement plus fréquentable, pas à cause de Caravage et autres Vasari, Bronzino, Greco et j’en passe, mais parce que l’on dirait qu’il y a soudain davantage d’attention et d’intelligence. Les autres ont calé et sont descendus par la voie directe, saturés d’images et juste encore un peu vivants pour acheter les saloperies de la première partie du  » shop « , dont on est prisonnier un moment . (comme chez Ikea qui nous force à passer par les canapés alors que l’on veut uniquement acheter deux couettes.)

Direction Chez Alfredo encore, petit restaurant tout à côté. Familial . Habitués. Un Monsieur s’installe et on sait sans qu’il ne pipe mot, ce qu’il veut. Le Mercredi ce sont les tripes je crois, puis une salade de fruit, sans qu’un mot soit prononcé. Une soupe de légume et c’est le bonheur, une bruschetta, moi qui n’aime pas déjeuner et encore moins au restaurant je suis contente.

Etre contente m’arrive de temps en temps mais je suis plutôt grognon, râlant en permanence, critiquant  » les gens »qui sont comme ci et comme ça. J’échappe de justesse au  » C’était mieux avant « .

Non je plaisante.

C’était un Dimanche

Les lumières du Faubourg 2006 KAURISMAKI

L’homme sans passé

Ariel

C’était un Dimanche, un de ceux où je ne peux plus avancer alors je regarde des films dans la chambre. Comme un remède.

Je ne vis plus pourrait on dire et fini, F.I.N.I ces concours, commandes et autre bouffe-temps qui me rendent grognon. Depuis Décembre pas de peinture mais des recherches, des soupirs, des maquettes. La seule chose qui me fasse plaisir est le fait de travailler à Saint Ouen et de fabriquer mes machins en terre. Essayé l’émail. C’est moche. La solution est la peinture et le feuille d’or. Pas de temps pour être délicat avec l’émail auquel je ne connais rien.

Commence la bio de George Sand de Michele Perrot , acheté Autoportrait Au roitelet, corrigé des textes. Ne lis qu’à peine. Picore ( comme un roitelet ). N’arrête pas. Sature. Ai mal au dos presque en permanence. Corps qui rouille. Envie de mer. Nostalgie du confinement dans le forez.

Suis retournée à l’atelier. Bordel à dégager. Trouver des bras.

RV ce matin aux Gobelins

Montpellier pas de nouvelles/ Nantes ça suit son cours/ Yvetot il faudrait un peu mieux réfléchir/ Aubusson … FAIRE / Marmottan finir les céramiques, faire un fusil en bois Ukrainien, aller voir le décor. Hier promenade dans les Beaux arts avec B. pour sa recherche de décor. Temps magnifique. J’aime le printemps.

Exposition Toyen . Je connaissais un peu et j’avais vu cela à Prague. A vrai dire ça m’ennuie vite, après quelques surprises et éditions. La partie Sade est quand même niaise. Annie Lebrun est là . On dirait qu’elle rétrécit. Tentative d eider au man ou au Palais de Tokyo. Full. On a mangé un recul au Wilson qui est plutôt sympathique et pas chic? Rentrés en bus by night. M’allonge et m’endort.

Acheter de la feuille d’or

Ecouter Bruno LAtour

Lire le Monet de LBD

Florence bientôt !!!

Voyage à Nantes

Note

Sablière

En charpente, une panne sablière est une poutre placée horizontalement à la base du versant de toiture, sur le mur de façade. On la nomme ainsi car on la posait sur un lit de sable, qui en fuyant, permettait à la poutre de prendre sa place lentement. Dans un pan de bois, la sablière est la poutre horizontale appuyée sur les murs[2] qui sépare les étages entre eux et reprend les charges du plancher en plus des charges verticales transmises avec les décharges (poteaux de bois dans le mur) : poids des murs et planchers supérieurs plus toiture. Dès qu’ils échappaient aux commandes du clergé, les sculpteurs s’adonnaient à la fantaisie, avec des scènes joyeuses, parfois grivoises, peuplées de créatures imaginaires et de figures joviales ou grimaçantes.

Que leur présence soit décorative, fantaisiste, comique, satirique ou symbolique, l’animal reste le sujet préféré des sculpteurs de sablières. Les chiens assistent aux scènes de chasse. Le cheval, le bœuf ou l’âne accompagnent les humains dans les activités quotidiennes, les cochons et la basse-cour animent des scènes amusantes. Certains animaux, présents sur les armoiries des commanditaires, peuvent être associés à des familles nobles. Mais quelques artistes, avec une pointe d’humour, jouent aussi de leur nom en breton pour signer leurs œuvres (exemple à Bannalec, l’artiste Le Maout – ar maout = le mouton en breton).

L’ouverture de la Bretagne aux courants artistiques extérieurs, et notamment d’Europe du Nord, explique l’apparition d’animaux hybrides : dragons, griffons, ou  grylles… Plus d’un millier de créatures fantastiques sont ainsi dénombrées sur les sablières bretonnes. Représenté à 400 reprises, le dragon reste le sujet de prédilection des charpentiers décorateurs. Une importance qui peut s’expliquer aussi par le fait que les artisans avaient pour habitude de copier les modèles existants et non de les créer.

Décorée de gauche à droite d’une feuille d’acanthe stylisée orientée vers l’angle supérieur gauche, d’une tête humaine grimaçante de face avec de toute petites mains croisées sous le menton, d’un feuillage à quatre glands disposés en croix et enfin, d’une tête d’homme souriant de face aux yeux très saillants avec un fagot de bois derrière la tête.

LE THEATRE DES OPERATIONS&LE BAL DES OMBRES

« Comment échapper à la lourdeur du monde autrement que par le théâtre, le vertige, le détournement, la pirouette ? » C’est ce que se demandait récemment Laurence Bertrand Dorleac et je ne peux qu’abonder dans son sens.

Fausse légèreté en ces temps tragiques, comme autrefois entre peste et batailles, ici entre Covid et Guerre Russo-Ukrainienne. Car on peut sous-entendre, cacher, faire semblant de rire et ne pas commenter. Voici un cortège défait, une procession chaotique où chacun serait perdu, ne trouvant plus son bataillon. Tout ce monde isolé comme dans la Tempête de Shakespeare sur une île en forme d’étoile, L’âne sorti d’on ne sait quelle fable ( est-ce Bottom, est-ce l’Âne d’or ?) observe un pèlerin qui passe par là. Des singes agaçants cherchent la bagarre, une chèvre se dresse sur ses pattes arrières et des personnages sans nom s’échappent d’un jugement dernier en éclatant de rire. Un maitre de cérémonie-loup et sa canne ouvrent un bal où animaux, humains et hybrides ne savent que faire. Tantôt ils dansent joyeux et confiants, soudain ils s’immobilisent, abattus. Cette étoile est -elle  un radeau, une arche de Noé échouée sur le parvis d’une basilique? Sont ils sauvés ou vont ils sombrer sans même voir l’autre île-étoile qui passe si près d’eux? On entend bien quelque chose? Est ce l’appel d’un ange tout droit venu d’un retable, est-ce  une corne de brume… 

Pour le savoir écartons les grandes tentures qui transforment la ville en théâtre.

Nantes

Théorie de l’acte d’image

Arrivée à Nantes ce midi, ( lecture des Âmes mortes dans le train, déjeuner Japonais que l’on va chercher et travail.

Je rejoins l’hotel à 17h. La chambre est confortable, la lumière un peu jaunasse. Pas envie de me promener dans la ville. Il pleut d’ailleurs. Il pleuviote. C’est triste.

Hier c’était Yvetot. Et au retour les dernières corrections pour Marmottan. J’aime le train. Je suis inatteignable et je peux lire tranquillement. De Saint-Lazare, filer chez Apple pour acheter mon joli MacBook 13 pouces; La taille est parfaite.

Pour savoir ce que j’ai vécu, la solution la plus simple est de regarder sur mon téléphone les photos. Remontons au dernier post: Castellucci. Quand ?18 février? Je ne sais plus. Non ce devait être le 15. Peu importe.. J’ai gardé une image qui vient de je ne sais où, un Gif? Une femme porte une cagoule qui semble en matière plastique blanc. Elle regarde fixement une sorte de gyrophare éblouissant. La photo qui suit été prise au Beaux Arts dans la galerie Gauche. Je réquisitionne ces espaces quand cela est possible et les étudiants peuvent s’essayer à de plus grands formats et échapper au manque de place dans l’atelier. Marius me remet son mémoire très sérieusement nous posons devant une peinture de PP. Virgile est accroupi devant un dessin qu’il termine. Il a parfois encore le visage d’un enfant. Yann, qui choisit toujours la même place est de dos et regarde une immense bâche au sol. Tout petit au fond, F est lui aussi accroupi. L’espace est presque vide. Zoom sur François, il marche, il tourne autour d’une peinture. Il porte des Adidas blanches , il a le bras droit replié. Il tient un pinceau et regarde vers le sol. Courbé, il peint. Maintenant il s’est installé dans le recoin d’une fenêtre-je l’ai vu sauter là. Il semble dormir tête posée sur ses avant-bras. Anna resemble à une enfant. Elle a des barrettes, un passe-montagne. Un pull vert et un pantalon a fleurs. Elle écrit son nom avec des confetti. Virgile de trois quart. Il porte une casquette noire, il a un tatouage noir sur le dessus du poignet. Tout est noir. La photo qu’il regarde aussi.Vert. Rose, palette avec bleu vert rose. . Yann de face, il a remis sa chemise. Il a les bras croisés et debout regarde sa grande toile au sol. Derrière lui deux colonnes. Mia pause devant de grandes lettres qui disent: I don’t worry, I am.. Plan rapproché , elle tient un pot de peinture noire. Elle sourit.. Aurelien et Lou sont assis et sourient aussi. Métro. On dirait un abri de guerre. C’est à la station Saint-Lazare en travaux. Soudain je me demande comment on ferait dans ce qui ne nous semble pas un dédale, mais qui l’est. C’est sinistre. On est le 17 Février. Autre décor le 18 à 21h41, Bar des artistes. BB me montre une valse de Vienne sur son téléphone. Il porte un noeud papillon et un chapeau melon. Je m’entends dire: -C’est magnifique. Le 18 Février. AL apparait dans un coin de l’image. On devait boire un verre mais ils se sont démultipliés. Le lendemain a été dur. Un Samedi triste. BB. Gros plan sur ses gants de cuir et son sac Chanel. A la maison, R. coupe du polystyrene pour faire la maquette de la pace de Nantes. 19 février / 22h 33. Je photographie la télé. Je connais ce film, mais ne me souviens pas du titre. Il est question d’un ventriloque. La poupée réaliste est affreuse. Le sous-titrage est: Ca marche quavec toi. Puis l’acteur et sa marionnette jumelle ( ils sont à l’identique et allongés sur un canapé recouvert d’un tissu écossais. Sous titre:A mon avis. ).

R avec se lunettes de soleil. Portrait jusqu’aux épaules. C’est le 21 à 11h59. Plus gros plans face. Il n’est pas rasé. Photo de mes clés d’atelier. Photo d’un vase de je ne sais qui , mais j’ai découpé l’article dans la gazette de l’Hotel Drouot. ( Les vases de Camille Fauré? ). Compteur kilométrique de ma voiture pour le comptable. Vierge en bois bouche grande ouverte. Magnifique. D’où vient-elle? d’un groupe. Hum. Son voile vole, sa main droite repousse je ne sais quoi. J’enrage de ne pas avoir noté de quoi il s’agit. Une peinture de François qui dit RUSSIE 1932, puis une gouache sur une table: Les yeux vous protègent. La photo d’un éléphant de mer que j’envoie à E en disant: -Il y a ta photo dans le Monde. Je pense parfois à R. Comme à l’instant l’image de la rue Saint-Antoine où était l’hôpital et cette infirmière qui m’a rendu les affaires sans vouloir croire ce qui était arrivé. Elle me demandait juste des nouvelles. Il va mieux? Bref. Il ne vaut mieux pas trop s’attarder. Mais sans préméditation ça arrive. Paf.

Le 22 Février j’apprenais que j’avais le Covid. Restée enfermée à toussoter et à travailler pour Nantes. J’en profite pour réserver un billet pour Florence. On part avec MT. Au debut je dis non. Mais je me dis que je ne cesse de travailler et que zut, ce ne sont pas trois jours qui changeront la face du Monde. Bon stop . Nous somme via les images arrivés au premier Mars mais il y a sur le téléphone des photos qui me semblent absentes: Des pages de livre, l’image de la perruque de Jean Dujardin, mise à prix à 1500 euros pour une vente caritative. Les pages annotées de Cyrano de Bergerac ( Marius prépare son diplôme ). Etrange/

ENSUITE

Je suis sortie de l’hôtel, j’ai marché un peu dans la ville et suivi une manifestations féministe avec des fumigènes rouges. Puis peu après 20 h j’ai opté pour la Brasserie à côté de l’hotel et j’ai commandé une poêlée d’encornets. C’était plutôt bon. Le lendemain j’ai fait la maquette des deux places. Je trouve que ce n’est pas mal. Mais R. a attrapé le Covid. Pizza à deux et travail. Train. J’écris un texte er cherche un titre: Le théâtre des opérations ou le Bal des ombres pour le moment.

Verre avec C. et D, qui étaient venus à Paris pour quelques jours.

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