« As the rose is the flower of the flowers, so this is the house of houses »

Chapter house Westminster ( 1246-1255 )

As the rose is the flower of the flowers, so this is the house of houses

Dans mon rêve il y avait Picasso, Picasso célèbre bien sûr et en même temps Picasso enfant. Je ne sais pas s’il s’agissait d’une renaissance mais j’ai réussi à obtenir de cet enfant de 3 ans un dessin de Picasso ( c’est clair? ). Il ne voulait cependant pas de crayon HB. Ce n’était pas un caprice vu qu’il ne savait pas qui il était. Il a voulu des H et je crois que le 5 h lui convenait. Il a signé Picasso. Et j’était très contente de moi. Avoir raflé un dessin de Picasso pour acheter l’atelier à Château d’Eau. Exactement le prix du dessin 3 millions 5. ( 600 m2- Ca c’est vrai c’est une annonce que j’ai vue et qui m’a fait saliver ). Ensuite je suis allée aux Beaux-arts et le cours avait lieu en plein air et sur des gradins très haut dans le potager de mes parents sur la gauche. Il y a eu de la musique tunisienne, ils rentraient du foin que j’avais pris sans mes lunettes pour des plats géants de spaghettis.Le professeur faisait rire aux éclats les étudiants. Avant j’étais allée à un de ses cours où il s’agissait de faire parler des objets. Je ne me souviens plus des réflexions que j’avais faites à un garçon qui alignait des emballages de produits ménagers. J’ai traversé les Beaux arts, parlé avec de étudiants qui étaient tous âgés de plus de 50 ans. Je leur demandais : Pourquoi si tard? Bref j’ai roulé je ne sais où avec la voiture.

Il y a eu cette semaine le RV à l’hôpital à 7 h du matin et le lendemain le départ pour Londres à la même heure. J’avoue préférer la deuxième proposition. Nous sommes allés directement à Westminster où T.T historien délicieux de W nous attendait avec l’équipe Française. Dans un beau bureau orné de figures du 16 eme ( lions étranges et divinités curieuses) nous avons discuté avec protocole et politesses avec 4 autres personnes du lieu, puis sommes allés voir le lieu du crime à savoir l’endroit ou sur montrée ma tapisserie en cours de réalisation à Aubusson. On visite ensuite et je fais beaucoup de photos dans cet endroit incroyable que j’avais arpenté avec grand ennui quand j’avais 13 ans. Les gisants polychromes, les fresques, le étendards et heaumes bizarres surmonté ici d’un furet, là d’un chien, plus loin de sortes de plumes. Il y a des éléments que j’aurais davantage rangés au rayon Brasserie Bavaroise, tant les couleurs sont ( encore? ) vives. Un gisant attire mon attention et celle de E car il n’est pas comme ses amis à plat sur le dos, jambes parallèles, et pieds posées sur un petit lion. Il a croisé les jambes comme pour un moment de détente, mains jointes. C’est trop beau. Après on a pris des bus rouges, décidant de  » glander » et d’aller où le vent nous portait. On s’est retrouvés à la Tate pour l’exposition impressionnante -même si on n’est pas sensible aux douleurs montrées-, l’exposition douloureuse donc de Tracy Emin. J’aime bien cette fille bizarre à la bouche un peu tordue ( le masque « mortuaire », d’elle vivante est très beau.) On ne peut pas dire que tout cela respire la joie. Je vais lire l’interview que j’ai photographiée dans le catalogue. On a passé une bonne soirée dans le quartier populaire de White Chapel, trouvé un bar sympa tenu par un grand garçon élégant et raffiné malgré ses proportions généreuses. Un type s’occupe d’une jeune fille, la nourrissant de Gin Fizz. Ils s’embrassent et rient bruyamment. Cheveux blancs emport boucle d’or et on devine la suite. Un dame à des incroyables bottes argentées horribles et drôles. Je la félicite et elle me dit qu’elle les a eues pour 10 ponds dans un second hand!!! Puis un restau indien snifé par E. Zéro touristes par là-bas. Le lendemain RV à la galerie qui est vide cette fois ci et en préparation de Picabia et je ne sais plus. On papote et visiblement j’ai le beau côté. Hum ça commence à m’angoisser tout ça !. Zut l’expo Rose Wyllie s’est terminée deux jours avant. Grr . On entre dans le chic endroit d’en face / Cafés et oeufs mollets sur un lit d’épinards. c’est bon. Puis on marche, on marche ( 10 km chaque jour ) , on entre dans la British Library, on se met au soleil devant le British muséum et on se ballade dans Blumsberry, et c’est déjà l’heure du train.

Travail sur Metz et je demande à y aller pour finir les demandes de prêt . Seule je commence à avoir du mal et parfois ne comprends plus. Il faut que je me replonge dans les oeuvres qui doivent « tourner » tous les 3 mois. Lundi Lyon pour définir sur place la couleur du portail et là il ne faut pas se tromper. J’étais trop peu sûre en regardant les photos. Hop Argenteuil. Mesurer les peintures pour Art Basel.

Qui est Agostino Scilla

Je n’en sais rien, mais ce que je connais c’est mon rêve de cette nuit. Bizarre comme Londres est récurrent. Le Londres qui n’est pas loin de la Place Clichy comme chacun sait. Le Londres où j’oublie toujours le nom de mon hôtel, ou je vais en taxi ( et là nous sommes à Rome devant je ne sais quel monument…. ) voir une exposition qui a lieu au théâtre Français ( on m’a donné des invitations je ne sais où, où je triais mes affaires dans des petits sacs de peur de les perdre ) Dans l’exposition une video montrant un visage qui bouge très lentement. En sortant, une dame émerge d’une flaque emportant à bout de bras une grande poupée; Je dis à une autre dame qui passe , habillée en noir qu’elle devrait regarder Baby Jane. Elle descend des marches, nous aussi. C’est un cinéma qui est là. Mais ilets abandonné, c’est plutôt une curiosité. Il y a une grande plaque de verre au milieu des marches . —Je l’ai vue , dis-je en Anglais . Je poursuis ma descente ( sans Dante ) dans cette sorte de cône. Me retourne. Il y a un bas relief d’homme allongé en céramique et en assiettes cassées comme les peintures des années 80 de Schnabel. En remontant je vois des fauteuil d’un théâtre à l’italienne. On sort . Je suis avec D. et J. qui elle veut parler peinture. J’habite avec elles dans un appartement.Je casse un coquetier. Je suis fatiguée. Je n’ai rien mangé depuis longtemps;De toutes façons je me sens mal ( et dans le rêve je retrouve les sensations éprouvées tout au début à la villa Medicis). Un taxi, je n’arrive pas à y monter il faut me pousser. Le chauffeur me montre des minuscules personnages ( genre Favier des débuts ).Je les achète qui le sac se renverse. On poursuit nos cercles, en traversant des appartements où des gens déjeunent. ON passe sur la pointe des pieds et les Anglais se trompent en disant fenêtre pour porte. A chaque personne que je croise, une catastrophe; cette dame qui me tient mon sac rose ( Deux dames au manteau rose, j’y repense se font des drôles de signes religieux ) , donc je confie mon sac et la dame part en furie, en fureur et se fait presque écraser car elle a foncé sur la route. Je récupère le sac enchanté et m’excuse. Elle ouvre une porte et disparait dans un escalier. Je ne mange pas. Je suis en face de Big Ben. J’ai pris le bus C. Et je vais vivre là, sans atelier, sans bien parler Anglais??? Je perds mes affaires, retrouve mon telephone, ne réussit pas à téléphoner à D. Sur son répondeur, en message d’accueil il y a un texte démesurément long et on ne peut pas parler. Miracle là voilà ici face à moi assise à une table en extérieur et elle fait des aquarelles roses. En face, on devine une rue avec des restaurants Japonais. On parle de R. qui m’a quittée et D . me dit qu’elle la vu à Fontainebleau. Je ne l’appellerai pas.
Ouf se réveiller . Je déteste ces rêves angoissants qui m’affectent réellement et je pense à perdre de la Ventoline …

Hier Les mots du soir 16/ Barthes 1973:

Avez-vous une méthode de travail ?
R.B Tout dépend du niveau où vous placez la réflexion sur le travail. S’il s’agit de vues méthodologiques, je n’en ai pas. S’il s’agit en revanche de pratiques de travail, il est bien évident que j’en ai. Et là, votre question m’intéresse dans la mesure où une sorte de censure considère justement ce sujet comme tabou sous prétexte qu’il serait futile pour un écrivain ou un intellectuel de parler de son écriture, de son « timing » ou de sa table de travail.

Lorsque beaucoup de gens s’accordent pour juger un problème sans importance, c’est généralement qu’il en a. L’insignifiance, c’est le lieu de la vraie signifiance. Il ne faut jamais l’oublier. Voilà pourquoi il me paraît fondamental d’interroger un écrivain sur sa pratique de travail. Et cela, en se plaçant au niveau le plus matériel, je dirais même minimal, possible. C’est faire un acte antimythologique : contribuer à renverser ce vieux mythe qui continue à présenter le langage comme l’instrument d’une pensée, d’une intériorité, d’une passion, ou que sais-je, et l’écriture, en conséquence, comme une simple pratique instrumentale.
Comme toujours l’Histoire nous indique bien, d’ailleurs, la voie à suivre pour comprendre que des actes très laïcisés et futilisés chez nous, comme l’écriture, sont en réalité lourdement chargés de sens. Lorsque l’on replace celle-ci dans le contexte historique, voire même anthropologique, on s’aperçoit qu’elle s’est longtemps entourée de tout un cérémonial. 

Dans l’ancienne société chinoise, on se préparait à écrire, c’est-à-dire à manier le pinceau, au terme d’une ascèse quasi religieuse. 

Dans certaines abbayes chrétiennes du Moyen Age, les copistes ne se livraient à leur travail qu’après un jour de méditation.


Personnellement, j’appelle l’ensemble de ces « règles », au sens monastique du terme, qui prédéterminent l’œuvre (il importe de distinguer les différentes coordonnées : temps de travail, espace de travail et geste même de l’écriture) des  » protocoles  » de travail. L’étymologie est claire : cela veut dire la première feuille que l’on colle avant de commencer.

Est-ce à dire que votre propre travail s’inscrit dans un cérémonial ?

R.B. : D’une certaine manière, oui. Prenons le geste de l’écriture. Je dirai, par exemple, que j’ai un rapport presque maniaque avec les instruments graphiques. J’en change assez souvent, pour le simple plaisir. J’en essaie de nouveaux. J’ai d’ailleurs beaucoup trop de stylos. Je ne sais même plus qu’en faire. Pourtant, dès que j’en vois, ils me font envie. Je ne puis m’empêcher de les acheter.
Lorsque les pointes feutres sont apparues sur le marché, je les ai beaucoup aimées. (Le fait qu’elles fussent d’origine japonaise n’était pas, je l’avoue, pour me déplaire.) Depuis, je m’en suis lassé parce qu’elles ont le défaut d’épaissir un peu trop vite. J’ai également utilisé la plume : pas la sergent-major qui est trop sèche, mais des plumes plus molles comme la  » J « . Bref, j’ai tout essayé… sauf la pointe bic, avec laquelle je ne me sens décidément aucune affinité. 

Je dirais même, un peu méchamment, qu’il existe un « style bic » qui est vraiment de la « pisse copie », une écriture purement transcriptive de pensée.
En définitive, j’en reviens toujours aux bons stylos à encre. L’essentiel, c’est qu’ils puissent me procurer cette écriture douce à laquelle je tiens absolument.

Attachez-vous également de l’importance au lieu de travail ?

R.B. : Je suis incapable de travailler dans une chambre d’hôtel. Ce n’est pas l’hôtel en soi qui me gêne. Il ne s’agit pas d’une question d’ambiance ou de décor, mais d’organisation de l’espace. (Ce n’est pas pour rien que je suis structuraliste, ou que l’on m’attribue ce qualificatif !)
Pour que je puisse fonctionner, il faut que je sois en mesure de reproduire structuralement mon espace laborieux habituel. A Paris, le lieu où je travaille (tous les jours de 9 h. 30 à 13 heures. Ce « timing » régulier de fonctionnaire de l’écriture me convient mieux que le « timing » aléatoire qui suppose un état d’excitation continu) se situe dans ma chambre à coucher (qui n’est pas celle où je me lave et prends mes repas). Il se complète par un lieu de musique (je joue du piano tous les jours, à peu près à la même heure : 14h 30) et par un lieu de « peinture », avec beaucoup de guillemets (environ tous les huit jours, j’exerce une activité de peintre du dimanche. Il me faut donc une place pour barbouiller).
Dans ma maison de campagne, j’ai reproduit exactement ces trois lieux. Peu importe qu’ils ne soient pas dans la même pièce. Ce ne sont pas les cloisons mais les structures qui comptent.
Mais ce n’est pas tout. Il faut que l’espace laborieux proprement dit soit divisé, lui aussi, en un certain nombre de microlieux fonctionnels. Il doit y avoir d’abord une table. (J’aime bien qu’elle soit en bois. J’ai un bon rapport avec le bois.) Il faut un dégagement latéral, c’est-à-dire une autre table où je puisse étaler les différentes parties de mon travail. Et puis, il faut une place pour la machine à écrire et un pupitre pour mes différents « pense-bête », « microplannings » pour les trois jours à venir, « macroplannings » pour le trimestre, etc. (Je ne les regarde jamais, notez bien. Leur simple présence suffit.) Enfin, j’ai un système de fiches aux formes également rigoureuses : un quart du format de mon papier habituel. C’est ainsi qu’elles se présentaient, jusqu’au jour (c’est pour moi l’un des coups durs du Marché commun) où les normes ont été bouleversées dans le cadre de l’unification européenne. Heureusement, je ne suis tout de même pas totalement obsessionnel. Sinon, j’aurais dû reprendre à zéro toutes mes fiches depuis l’époque où j’ai commencé à écrire, il y a vingt-cinq ans.

Étant essayiste et non romancier, quelle est la part de la documentation dans la préparation de votre travail ?

R.B. : Ce qui me plaît, ce n’est pas le travail d’érudition. Je n’aime pas les bibliothèques. J’y lis même fort mal. C’est l’excitation provoquée par le contact immédiat et phénoménologique avec le texte tuteur. Je ne cherche donc pas à me constituer une bibliothèque préalable. Je me contente de lire le texte en question, et cela de façon assez fétichiste : en notant certains passages, certains moments, voire certains mots qui ont le pouvoir de m’exalter. A mesure, j’inscris sur mes fiches soit des citations, soit des idées qui me viennent, et cela, curieusement, déjà sous un rythme de phrase, de sorte que, dès ce moment, les choses prennent déjà une existence d’écriture.
Après quoi, une deuxième lecture n’est pas indispensable. Je puis, en revanche, réassurer une certaine bibliographie, car, désormais, je me trouve plongé dans une sorte d’état maniaque. Tout ce que je lirai, je sais que je le ramènerai inévitablement à mon travail. Le seul problème, c’est d’éviter que mes lectures d’agrément viennent interférer avec celles que je destine à l’écriture. La solution est fort simple : les premières, par exemple un classique, ou un livre de Jakobson, sur la linguistique, qui me plaît tout particulièrement, je les fais au lit, le soir, avant de m’endormir. 

Les autres (également les textes d’avant-garde), le matin à ma table de travail. Il n’y a là rien d’arbitraire. Le lit, c’est le meuble de l’irresponsabilité. La table, celui de la responsabilité.

HOLLAND HOUSE,

Kensington, London.  An interior view of the bombed library at Holland House with readers apparently choosing books regardless of the damage.  

Photographed in 1940. The House was heavily bombed during World War II and remained derelict until 1952 when parts of the remains were preserved. 

Elle est impressionnante cette photo que moi, je ne connaissais pas.

On dirait une mise en scène. Ce sont les lecteurs qui sont étranges. Le premier à gauche qui tend le bras fait penser à quelque chose de Beckett. Arrêté dans son mouvement . Comme s’il avait été découpé et collé sur l’image.

En fait on dirait qu’il y a une progression vers le fond.

1 observation des livres ( à droite , à cour plutôt) ,

2 choix du livre ( à gauche, à jardin ) ,

3 lecture ( au fond)

Ca me fait penser à un tableau de qui? Magritte peut être.

Machin, Heu…  Anselm Kieffer le studieux… pourra faire toutes les peintures qu’il voudra, il n’obtiendra jamais ce… hum….

Je déteste Kieffer. Il est aussi léger que Haneke ( ha haha)

Niobides et Andrea del Castagno. ( sais plus où en cherchant des trucs sur Warburg )Et moi.

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