Derrière l’image

Avant de commencer à me replonger dans l’exposition, avant de lire le texte de AM et de reprendre le mien sur certains points, exercer ce sport presque quotidien tout au moins hebdomadaire d’écrire un peu ce qui se passe. J’ai suivi d’un peu loin la manifestation de Samedi et les élections au Brésil.Depuis le début choquée par l’attitude de la police qui dirait on est pire que ICE. Hier Dimanche ( le dimanche devient ces temps-ci un moment privilégié où je ne fais que lire ou regarder un film si j’en trouve un à ma convenance ). Hier c’était absolument parfait. J’avais attrapé, posé là un livre de William Boyd, l’attente de l’aube ( et non pas la promesse !!! ). Bon, d’accord il ne s’agit pas d’une grande écriture mais j’ai beaucoup de plaisir à m’oublier dans ce roman romanesque !!d’espionnage sur fond de guerre 14. C’est vraiment plaisant et on pourrait dire qu’il appartient à la catégorie best-seller (je n’en fais pas forcement un défaut ) que j’aurai oublié demain mais qui me fait à moi tout oublier .

Dans un autre genre demain j’irai à Marseille et je suis bien contente de voir la mer ( nous descendons avec PM ) pour l’ouverture au Mucem des Iconophages. J’avais lu avec plaisir le livre de Jeremy. Alors, pour quelles raisons mange-t-on des images ? Je repense alors que cela n’a rien à voir avec le livre passionnant de Stoichita sur les iconoclastes; zut le titre c’est… l’instauration du tableau? ( Note / Norman Bryson is a prominent art historian and theorist known for his contributions to visual culture, particularly in the analysis of representation and the role of images in society. His work often intersects with semiotics, aesthetics, and the philosophy of art, exploring how visual practices shape and reflect cultural meanings. )

Jeudi 2 visites atelier et Samedi une autre pendant Art Basel. j’ai commencé ici une peinture de 10 m ( ça m’énerve car le rouleau fait 9m70 ) Vu un très beau petit tableau de Cezanne et des dessins de Egon Schiele ainsi que Christian Schad. J’ai été bien surprise de voir Vendredi à mon arrivée le stand de H&W, vide à l’extérieur et présentant uniquement 3 peintures de moi à l’intérieur. J’ai eu quelques remarques déplacées et pas très sympathiques, d’autres enthousiastes. J’ai vu l’exposition Kars . J’avais découvert sa peinture dans les collections du centre, choisi un tableau représentant me semble t’il un homme et en arrière plan un indien à cheval. Exact: Mon ami Pré et la chasse au tigre. Y ai je renoncé , je crois. J’avais choisi également élève au chevalet et le portrait de Berthe Weill dont je me suis inspirée pour une grande peinture.. Kars n’est pas un immense peintre mais il ya quelques tableaux très simples qui me plaisent. Par contre il a subi beaucoup d’influences ( trop ) .

Au travail.

Ah j’oubliais, j’ai trouvé dans un livre de Federico Zeri une image qui m’arrange tout à fait . Celle que je montre ici . On y voit un faux et la radiographie du tableau dont je ne sais plus l’auteur.

Il fallait fermer la maison d’Amiens . Nous avions du rangement à faire. Faire la vaisselle, jeter un gros melon devenu creux comme un ballon, fermer les lumières. V. avait branché de façon incompréhensible un fil électrique dans  » la petite salle  » et attaché avec de la ficelle je ne sais quoi. Il y a avait pas mal de désordre comme lorsqu’on range avant le départ. J’avais de affaires de travail à emporter. J’ai envoyé X fermer les volets de devant, me suis occupée de celui qui donne sur le jardin mais il était bloqué. J’ai réussi. Il me fallait des morceaux de bois pour appuyer sur les interrupteurs et éteindre les lampes. Et encore des volets. pris l’eau pour le trajet. Tout était bouclé et j’ai été la seule à voir ma mère dans la cuisine et à l »embrasser. Je pleurais et elle m’a dit qu’elle devenait vielle. Je me suis dit que c’était la dernière fois que je la voyais. Je suis sortie, j’ai a nouveau fermé un volet et dit: C’est moi qui conduis on y sera vers Minuit.

Mon Kandinsky

Il est presque terminé. Beaucoup plus grand que l’original avec un truc peint en plus!je me suis dit: Lançons nous derrière Surtevant !!! Quand il n’y a pas, faisons la sourde oreille. Bon j’aurais c’est certain plus de mal avec un Botticelli. J’ai pas mal souffert quant aux couleurs. Il y en a 3. Un fond assez « mastic » et deux sortes de verts un peu jaunes. Je ne pensais pas que ce serait difficile. Mais je n’ai jamais vu l’original et les reproductions sont toutes différentes. Je dois dire que ça m’amuse. Terminé aussi deux petits diptyques. C’est mieux sans vernis. J’ai tenté mais je n’aime pas trop. Commencé une grande peinture à partir du portrait de Berthe Weill par Kars. J’ai vu le tableau à l’Orangerie. Je l’avais découpé dans la Gazette. Ouf très beau temps. On a pas mal ri hier avec Valerie etc au QG. José avait garé son énorme camion de dépannage devant le bar et fêtait ses 50 ans. Luna a bien aboyé pour être en accord avec les cris et les rires de la tablée portugaise. J’ai commencé le livre que Marga m’a offert. Il s’agit de l’agression de la Finlande par la Russie. Olivier Norek revient à la rentrée avec Les Guerriers de l’Hiver. J’avoue que je ne connaissais rien à cette histoire là. Sur le chemin de l’atelier une voiture rouge a entièrement brulé. Dans l’Escalator je photographie des jambes de Lolita avec petit short et chaussettes en dentelles. Certain qu’elle est Japonaise. C’est amusant ce « mignon » mais ça me met plutôt mal à l’aise. Je n’ai jamais aimé les femmes qui jouent les petits filles et minaudent. Alors cette ambiguïté sexuelle… Bref. Vu l’expo Martial Raysse. Trouve ça assez moche et plutôt poussiéreux à vrai dire. Ouem. Disparition soudaine du spécialiste de la tapisserie de Bayeux que nous avions rencontré. Tous les jours ou presque atelier. Travail pour Nantes et mise au point de l’étoile. Petit livre pour Hong Kong. L’autre soir concert de Ino Casablanca à la Cigale. Bien installés derrière la régie son. Je crois qu’on était les plus vieux! Tiens je vais écouter Feu chatterton et poursuivre ma lecture.

J’attrape sur le lit L’homme sans contenu ( Frenhofer et son double ) de Agamben et trouve:

Qu’est il arrivé à Frenhofer? Tant qu’aucun oeil étranger n’a contemplé son chef d’oeuvre, il n’a pas douté un seul instant de sa réussite. Mais il lui a suffi de regarder un instant sa toile avec les yeux des deux spectateurs pour être obligé de faire sienne l’opinion de Porbus et de Poussin: « Rien, rien, et avoir travaillé dix ans. Frenhofer s’est dédoublé. Il est passé du point de vue de l’artiste à celui du spectateur, de la promesse de bonheur intéressée à l’esthétique désintéressée; dans ce passage l’intégrité de son oeuvre s’est évanouie. En effet ce n’est pas seulement Frenhofer qui s’est dédoublé, mais aussi son oeuvre: comme dans ces combinaisons de figures géométriques qui, observées longuement, acquièrent une disposition différente, à partir de laquelle on ne peut plus revenir à la précédente sauf à fermer les yeux, de même son oeuvre présente alternativement deux faces, qu’il n’est pas possible de recomposer en unité; la face tournée vers l’artiste est la réalité vivante où il lit sa promesse de bonheur. Mais l’autre face, celle qui est tournée vers le spectateur, est un ensemble d’ éléments sans vie qui ne peut que se refléter dans limage qu’en renvoie le jugement esthétique

Aux abbesse un café et des courses ce matin. Puis lire. Annulé le RV avec S pour avoir une journée sans aucune contrainte. Remis à demain.

Demain Saint louis . Ouf ce n’est pas à 8h comme annoncé.

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