La fleur de mon anniversaire

Il y avait un vieux théâtre en bois. Pour y accéder c’était un peu compliqué car il était en pleine nature et aussi dans la roche. Il fallait y descendre prudemment. Il ressemblait à un vaisseau et oscillait parfois, ce qui faisait crier les spectateurs . Il y avait des costumes. J’ai oublié. PUIS UNE MAISON, DEVOIR PRENDRE LE TRAIN, PASSER À AMIENS DANS LE GARAGE ( J’AI L’IMPRESSION D’AVOIR FAIT DÉJÀ LE MÊME RÊVE). Un jeune garçon voulait vivre avec moi ( !!!! ) et je lui expliquais mon âge. Je lui ai offert un petit livre ( quoi ? ) que j’ai ensuite voulu racheter car je ne l’avais pas terminé. En sortant de l’atelier la gare d’Argenteuil à 21 h était déserte et sans lumières. J’ai pris le quai 21 et me suis aperçue que ce n’était pas le bon ( en fait c’était comme une rue d’Amiens ) . J’ai pris le 22 et ne suis pas montée dans le train= oubli. J’ai foncé je ne sais où encore pour tenter de rejoindre Paris et comme d’habitude je n’arrivais pas à appeler R. Bizarrement alors que nous avons passé 40 ans ensemble et très liés, dans la plupart des rêves il m’ignore, ne m’appelle jamais. C’est curieux ça quand même. c’est très désagréable.

Avant hier ai accompagné R. pour consultations et en partant me suis fait une entorse. Je boite et ça fait mal. Bonheur le soir, coup de fil disant qu’on devait aller aux urgences. Youpi. C’est parti. Contrairement à l’autre fois, R a été pris de suite. Et dans la foulée j’ai fait une radio du pied. Passionnant. Les internes et infirmières sont formidables et ça m’énerve quand j’entends des gens râler.

Samedi et Dimanche nez dans l’ordi pour l’expo de Metz. Je n’en peux plus de voir mon travail. Nous partirons dans le midi plus tard que prévu. J’avoue que je commence à saturer et j’ai beaucoup de choses à faire encore. Heureusement que j’ai rangé l’atelier. Aller à Genève le 24 oh la la ça ne m’arrange pas. J’ai envie d’être bien tranquille. Et de travailler.

Je ne sais plus où j’ai trouvé un article sur cet auteur américain Harry Crews
Je lis La foire aux serpents et ça me plait beaucoup. Je ris souvent. Les descriptions sont formidables. Et ça doit être bien traduit.Qui est ce type…

"Joe Lon est un sale type qui a grandi aux côtés d'une sœur folle et d'un père brutalisant ses chiens. La mère a disparu. Les potes se défoncent, attendent le soir et cherchent dans les excès un espoir d'ailleurs qui ne vient pas. Joe Lon est leur meneur égaré qui, un jour, pour écrabouiller l'ennui, noya dans le fleuve un voyageur perdu. Il habite désormais le camping avec ses deux gosses et tabasse sa femme. Joe Lon attend comme une bombe, caresse ses crotales et maudit l'univers. Un jour, il le sait, Berenice reviendra. Ce jour sera celui de la foire aux serpents. De purs déjantés arriveront de partout. La fête sera folle et ce sera la mort, l'hystérie et le sang. Berenice, alors, le capturera de nouveau de son regard d'absinthe et tout redeviendra possible : le pire, la passion brute, ce qui n'arrive qu'avec elle et fascine pourtant…"

Le portrait qui agonise

Avant que tout ne s’efface/ On tenait le portrait à 3. Sous le verre c’était l’image de ma mère agonisante. Un portrait photographique en assez gros plan qui s’arrêtait aux épaules. Donc nous avons attendu sans qu’il y ait vraiment une tension dramatique. Nous? Je ne sais pas qui sont les deux autres personnes. A un moment j’ai tenu le cadre par derrière et il y a eu un déclic semblable à celui d’une boite que l’on ferme. Un couvercle. Elle était morte et je suis allée vérifier la photo. Les yeux étaient fermés. Fallait-il les ouvrir à nouveau?. Puis il y aurait les derniers moments de mon père. Photo qui expire de la même manière. Ne me sentais pas d’attaque pour une réédition de ce moment macabre. Me suis dit que je n’avais pas envie de porter ce cadre lourd pendant un temps qu’on ne pouvait prévoir. Des trombes d’eau.Un village. Demander mon chemin pour aller vers Amiens. Un cinema . Une foule. Y entrer ou pas. On me dit que ce n’est pas un film que l’on voit mais des sortes d’attractions. Bref..

La grande vallée est un livre que j’adore. Je ne sais pas où je l’ai trouvé à la maison. Je ne pense pas l’avoir déjà lu. J’en suis au Poney-rouge, la dernière nouvelle. La caille blanche est splendide et la fin inattendue. Celle de l’Idiot capable d’imiter les voix de tout un village incroyable. On marche dans la montagne, on sent la fraicheur du vent, les cailles picorent avec les poules, les oeufs et le lard cuisent, on va chercher du bois, il y a des ravins et de l’eau fraiche, des chevaux au loin et une selle rouge. Des salopettes de travailleur et un vieil homme porte avec lui une épée. Autre lame, celle du couteau à cran d’arrêt de ce grand garçon paresseux. Des fleurs dans un bassin où les oiseaux viennent boire, les plus beaux chrysanthèmes de la région, un fouet et un melon qu’on écrase du pied, des grenouilles et des insectes dans un seau, un oiseau dont on coupe la tête, des travailleurs.. Des ranch, Salinas, Monterey, la montagne , la montagne, un lynchage… Comme à chaque fois que j’écris je m’égare un peu et à l’instant vient de regarder ( mais il me semble que je connaissais ce travail de Ken Gonzales-Day, effacement des corps/Dead at the hands of persons unknown) au BAL peut-être.

Nous sommes rentrés de Tours Samedi et Dimanche j’ai vu avec J, M, et E l’exposition: L’invention de la Renaissance. Beaucoup d’enluminures et de gravures. ( Antonio Del Pollaiolo, Francesco Rosselli,). Très peu de monde car WE ascension. J’ai ensuite filé pour passer un petit moment chez P et A ( son anniversaire improvisé) . La semaine a repris, et je dirais, mon train train peinture . Osciller entre très grand et très petit . Au lieu de  » faire ce que j’ai à faire  » je peins et néglige d’autres choses qui m’ennuient. Labo Mardi matin -pluie , je ne trouve pas la sortie de la Gare de Lyon, ni l’entrée du labo par le parking boulevard Diderot; Dans ces cas là et avec la fatigue j’ai envie de pleurer. Manger avec plaisir un soupe au poulet croustillant rue Mazarine avant un RV étudiant au BA , une réunion aux collections, un autre RV dans un atelier. et , angoisse rentrer m’allonger 30 mn avant le diner des amis au Centre Pompidou ( je m’y traine à vrai dire sans entrain , suis crevée.) , passage au MAM pour la salle Pommereule et diner chez DH avec DP, CM, JH , A et R qui à son habitude écoute plus qu’il ne parle. J’ai sommeil . Toujours délicat de trouver le moment de clôture d’un diner. Bref youpi nous voici dans un taxi et vite dans le lit. Deux soirées dans la semaine c’est trop pour moi qui ne rêve que de m’asseoir dans la cuisine avec R, diner en bavardant et me coucher tôt. Cours de Pilates Jeudi ( il y a un cours à Argenteuil à 10 mn de l’atelier et la fille est bien ) Pas de monde . Je vais essayer de m’y tenir ( Mardi et Jeudi ) en gardant le Qi gong de maitre Liu. Expo  » Qui a peur de Bettencourt » chez Christophe, bavarder ici et là, et retour maison pour de délicieuses gambas. Aujourd’hui et demain je dois absolument travailler ( pas envie ) et préparer le Prix Matsutani, la notice pour OVNI, répondre à Caen, travailler pour le RV à Bayeux Mardi.

Revu l’atelier et prix RV avec un couvreur.

Hop il est 8h53.

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