Qui est Agostino Scilla

Je n’en sais rien, mais ce que je connais c’est mon rêve de cette nuit. Bizarre comme Londres est récurrent. Le Londres qui n’est pas loin de la Place Clichy comme chacun sait. Le Londres où j’oublie toujours le nom de mon hôtel, ou je vais en taxi ( et là nous sommes à Rome devant je ne sais quel monument…. ) voir une exposition qui a lieu au théâtre Français ( on m’a donné des invitations je ne sais où, où je triais mes affaires dans des petits sacs de peur de les perdre ) Dans l’exposition une video montrant un visage qui bouge très lentement. En sortant, une dame émerge d’une flaque emportant à bout de bras une grande poupée; Je dis à une autre dame qui passe , habillée en noir qu’elle devrait regarder Baby Jane. Elle descend des marches, nous aussi. C’est un cinéma qui est là. Mais ilets abandonné, c’est plutôt une curiosité. Il y a une grande plaque de verre au milieu des marches . —Je l’ai vue , dis-je en Anglais . Je poursuis ma descente ( sans Dante ) dans cette sorte de cône. Me retourne. Il y a un bas relief d’homme allongé en céramique et en assiettes cassées comme les peintures des années 80 de Schnabel. En remontant je vois des fauteuil d’un théâtre à l’italienne. On sort . Je suis avec D. et J. qui elle veut parler peinture. J’habite avec elles dans un appartement.Je casse un coquetier. Je suis fatiguée. Je n’ai rien mangé depuis longtemps;De toutes façons je me sens mal ( et dans le rêve je retrouve les sensations éprouvées tout au début à la villa Medicis). Un taxi, je n’arrive pas à y monter il faut me pousser. Le chauffeur me montre des minuscules personnages ( genre Favier des débuts ).Je les achète qui le sac se renverse. On poursuit nos cercles, en traversant des appartements où des gens déjeunent. ON passe sur la pointe des pieds et les Anglais se trompent en disant fenêtre pour porte. A chaque personne que je croise, une catastrophe; cette dame qui me tient mon sac rose ( Deux dames au manteau rose, j’y repense se font des drôles de signes religieux ) , donc je confie mon sac et la dame part en furie, en fureur et se fait presque écraser car elle a foncé sur la route. Je récupère le sac enchanté et m’excuse. Elle ouvre une porte et disparait dans un escalier. Je ne mange pas. Je suis en face de Big Ben. J’ai pris le bus C. Et je vais vivre là, sans atelier, sans bien parler Anglais??? Je perds mes affaires, retrouve mon telephone, ne réussit pas à téléphoner à D. Sur son répondeur, en message d’accueil il y a un texte démesurément long et on ne peut pas parler. Miracle là voilà ici face à moi assise à une table en extérieur et elle fait des aquarelles roses. En face, on devine une rue avec des restaurants Japonais. On parle de R. qui m’a quittée et D . me dit qu’elle la vu à Fontainebleau. Je ne l’appellerai pas.
Ouf se réveiller . Je déteste ces rêves angoissants qui m’affectent réellement et je pense à perdre de la Ventoline …

Hier Les mots du soir 16/ Barthes 1973:

Avez-vous une méthode de travail ?
R.B Tout dépend du niveau où vous placez la réflexion sur le travail. S’il s’agit de vues méthodologiques, je n’en ai pas. S’il s’agit en revanche de pratiques de travail, il est bien évident que j’en ai. Et là, votre question m’intéresse dans la mesure où une sorte de censure considère justement ce sujet comme tabou sous prétexte qu’il serait futile pour un écrivain ou un intellectuel de parler de son écriture, de son « timing » ou de sa table de travail.

Lorsque beaucoup de gens s’accordent pour juger un problème sans importance, c’est généralement qu’il en a. L’insignifiance, c’est le lieu de la vraie signifiance. Il ne faut jamais l’oublier. Voilà pourquoi il me paraît fondamental d’interroger un écrivain sur sa pratique de travail. Et cela, en se plaçant au niveau le plus matériel, je dirais même minimal, possible. C’est faire un acte antimythologique : contribuer à renverser ce vieux mythe qui continue à présenter le langage comme l’instrument d’une pensée, d’une intériorité, d’une passion, ou que sais-je, et l’écriture, en conséquence, comme une simple pratique instrumentale.
Comme toujours l’Histoire nous indique bien, d’ailleurs, la voie à suivre pour comprendre que des actes très laïcisés et futilisés chez nous, comme l’écriture, sont en réalité lourdement chargés de sens. Lorsque l’on replace celle-ci dans le contexte historique, voire même anthropologique, on s’aperçoit qu’elle s’est longtemps entourée de tout un cérémonial. 

Dans l’ancienne société chinoise, on se préparait à écrire, c’est-à-dire à manier le pinceau, au terme d’une ascèse quasi religieuse. 

Dans certaines abbayes chrétiennes du Moyen Age, les copistes ne se livraient à leur travail qu’après un jour de méditation.


Personnellement, j’appelle l’ensemble de ces « règles », au sens monastique du terme, qui prédéterminent l’œuvre (il importe de distinguer les différentes coordonnées : temps de travail, espace de travail et geste même de l’écriture) des  » protocoles  » de travail. L’étymologie est claire : cela veut dire la première feuille que l’on colle avant de commencer.

Est-ce à dire que votre propre travail s’inscrit dans un cérémonial ?

R.B. : D’une certaine manière, oui. Prenons le geste de l’écriture. Je dirai, par exemple, que j’ai un rapport presque maniaque avec les instruments graphiques. J’en change assez souvent, pour le simple plaisir. J’en essaie de nouveaux. J’ai d’ailleurs beaucoup trop de stylos. Je ne sais même plus qu’en faire. Pourtant, dès que j’en vois, ils me font envie. Je ne puis m’empêcher de les acheter.
Lorsque les pointes feutres sont apparues sur le marché, je les ai beaucoup aimées. (Le fait qu’elles fussent d’origine japonaise n’était pas, je l’avoue, pour me déplaire.) Depuis, je m’en suis lassé parce qu’elles ont le défaut d’épaissir un peu trop vite. J’ai également utilisé la plume : pas la sergent-major qui est trop sèche, mais des plumes plus molles comme la  » J « . Bref, j’ai tout essayé… sauf la pointe bic, avec laquelle je ne me sens décidément aucune affinité. 

Je dirais même, un peu méchamment, qu’il existe un « style bic » qui est vraiment de la « pisse copie », une écriture purement transcriptive de pensée.
En définitive, j’en reviens toujours aux bons stylos à encre. L’essentiel, c’est qu’ils puissent me procurer cette écriture douce à laquelle je tiens absolument.

Attachez-vous également de l’importance au lieu de travail ?

R.B. : Je suis incapable de travailler dans une chambre d’hôtel. Ce n’est pas l’hôtel en soi qui me gêne. Il ne s’agit pas d’une question d’ambiance ou de décor, mais d’organisation de l’espace. (Ce n’est pas pour rien que je suis structuraliste, ou que l’on m’attribue ce qualificatif !)
Pour que je puisse fonctionner, il faut que je sois en mesure de reproduire structuralement mon espace laborieux habituel. A Paris, le lieu où je travaille (tous les jours de 9 h. 30 à 13 heures. Ce « timing » régulier de fonctionnaire de l’écriture me convient mieux que le « timing » aléatoire qui suppose un état d’excitation continu) se situe dans ma chambre à coucher (qui n’est pas celle où je me lave et prends mes repas). Il se complète par un lieu de musique (je joue du piano tous les jours, à peu près à la même heure : 14h 30) et par un lieu de « peinture », avec beaucoup de guillemets (environ tous les huit jours, j’exerce une activité de peintre du dimanche. Il me faut donc une place pour barbouiller).
Dans ma maison de campagne, j’ai reproduit exactement ces trois lieux. Peu importe qu’ils ne soient pas dans la même pièce. Ce ne sont pas les cloisons mais les structures qui comptent.
Mais ce n’est pas tout. Il faut que l’espace laborieux proprement dit soit divisé, lui aussi, en un certain nombre de microlieux fonctionnels. Il doit y avoir d’abord une table. (J’aime bien qu’elle soit en bois. J’ai un bon rapport avec le bois.) Il faut un dégagement latéral, c’est-à-dire une autre table où je puisse étaler les différentes parties de mon travail. Et puis, il faut une place pour la machine à écrire et un pupitre pour mes différents « pense-bête », « microplannings » pour les trois jours à venir, « macroplannings » pour le trimestre, etc. (Je ne les regarde jamais, notez bien. Leur simple présence suffit.) Enfin, j’ai un système de fiches aux formes également rigoureuses : un quart du format de mon papier habituel. C’est ainsi qu’elles se présentaient, jusqu’au jour (c’est pour moi l’un des coups durs du Marché commun) où les normes ont été bouleversées dans le cadre de l’unification européenne. Heureusement, je ne suis tout de même pas totalement obsessionnel. Sinon, j’aurais dû reprendre à zéro toutes mes fiches depuis l’époque où j’ai commencé à écrire, il y a vingt-cinq ans.

Étant essayiste et non romancier, quelle est la part de la documentation dans la préparation de votre travail ?

R.B. : Ce qui me plaît, ce n’est pas le travail d’érudition. Je n’aime pas les bibliothèques. J’y lis même fort mal. C’est l’excitation provoquée par le contact immédiat et phénoménologique avec le texte tuteur. Je ne cherche donc pas à me constituer une bibliothèque préalable. Je me contente de lire le texte en question, et cela de façon assez fétichiste : en notant certains passages, certains moments, voire certains mots qui ont le pouvoir de m’exalter. A mesure, j’inscris sur mes fiches soit des citations, soit des idées qui me viennent, et cela, curieusement, déjà sous un rythme de phrase, de sorte que, dès ce moment, les choses prennent déjà une existence d’écriture.
Après quoi, une deuxième lecture n’est pas indispensable. Je puis, en revanche, réassurer une certaine bibliographie, car, désormais, je me trouve plongé dans une sorte d’état maniaque. Tout ce que je lirai, je sais que je le ramènerai inévitablement à mon travail. Le seul problème, c’est d’éviter que mes lectures d’agrément viennent interférer avec celles que je destine à l’écriture. La solution est fort simple : les premières, par exemple un classique, ou un livre de Jakobson, sur la linguistique, qui me plaît tout particulièrement, je les fais au lit, le soir, avant de m’endormir. 

Les autres (également les textes d’avant-garde), le matin à ma table de travail. Il n’y a là rien d’arbitraire. Le lit, c’est le meuble de l’irresponsabilité. La table, celui de la responsabilité.

Journée. D DAY

Je finis la journée de travail en envoyant aux étudiants, LES MOTS DU SOIR ( Que V. a interprété 3 jours de suite en y voyant lesMorts du soir. Vue la période on va l’excuser.

J’ai toujours été assez régulière dans mon travail, mais je me dis ( chacun ses combines pour lutter contre la paresse qui menace les plus gros travailleurs!! ) que vraiment ces rythmes que l’on se crée sont essentiels. Presque à l’heure près. Genre Café et france Cul. Mails. Ecriture de 9 à 10 . Descendre travailler.Prendre les journaux. Remonter: Deux yaourts et céréales. Redescendre à pieds 6 km, atelier. remonter à pieds…

Bref ; Ce matin j’ai envoyé les Mots du matin.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à la danse ( notation, transmission) il y avait comme je le disais à Beryl un article interessant dans le Libé du 7 avril ( ci joint la page ).Il y est question de la danse et de la cécité. Comment « raconte »-t’on à un aveugle ce qui se passe sur scène?. Au théâtre c’est assez simple. Mais en ce qui concerne la danse ouille ouille. Il est dit dans l’article un chose surprenante: Je recopie
On nous raconte qu’un soir, dans la salade la grande halle de la Villette un jeune homme de 18 ans, aveugle s’est installé au premier rang et a regardé la spectacle de danse avec les paumes de ses mains les bras tendus en l’air face au plateau. Il devait ressembler à un chef d’orchestre…..Et en bas de l’article il y a l’adresse d’un site super interessant et que je ne connaissais pas ; NUMERIDANSEqui concerne toutes les dansesOn y voit les recherches quant à Dominique BAgouet ( so Schnell ) et on y entend la description du spectacle. BECS

Suis un peu inquiète pour la petite femelle mandarin. Je la trouve un peu bizarre, moins vive, et parfois bec dans les plumes. Hum…

PAS d’IMAGE/ Peu de réseau

Hier soir c’était cool d’écouter la conférence au Louvre de … concernant François le lyonnais. Je l’avais oublié le FLL, créateur de l’Oulipo et auteur surtout de la peinture à Dora . J’ai déjà quelque part parlé code cela et de la lettre que j’avais envoyée à Attila, tellement choquée par la laideur de l’édition; L’échoppe et 1000 fois plus beau.

BONJOUR !!!!!
Hier donc je vous parlais de La peinture à DoraJ’avais mis de côté une conférence du Louvre à ce sujet, ne l’ayant pas écoutée, je ne me suis pas hasardée à vous l’envoyer .REGARDEZ LA ( jusqu’à 1H à peu près soit juste avant la troisième partie qui ne me semble pas indispensable ) IL y a aussi  la lecture intégrale de la peinture à Dora. La peinture à Dora – YouTubeLe type qui parle , Olivier Salon raconte super bien et avec enthousiasme FLL. C’est réjouissant malgré la gravité du sujet qui n’est pas franchement Oulipien. 

Je n’ai pas poursuivi et expliqué mes raisons quant au rejet de cette troisième partie car j’y aurais parlé  » des papous dans la tête  » émission qui m’a toujours exaspérée, entre justement Oulipo et pataphysique. Je n’ai rien contre ces  » domaines » mais quand il s’agit de jouer, j’me sauve. Assembler des tableau. bref je n’ai pas regardé, donc suis partiellement de mauvaise foi ‘( ce qui ne m’arrive jamais ). Ce matin j’ai fait un petit Diaporama pour Giessen, expo pour fantômes, tout ce boulot pour rien. Mais non, tout ce boulot pour le plaisir de l’avoir fait. Hier aller et retour atelier à pieds. idem dans quelques minutes. 12 km quotidiens, c’est pour le moment ce que j’ai envie de faire . Hier je suis rentrée heureuse comme une chèvre qui a de la bonne herbe verte ( heu…) La petite femelle mandarin se fabrique un nid dans un coin. Les deux garçons on chacun leur nid et je ne comprends pas bien leur organisation, ni leurs prises de bec soudaines. A propos de bec, j’ai beaucoup ri à l’écoute de Josée Dayan, qui n’exagérant jamais comme chacun sait déclare s’évanouir si elle voit la photo d’un rossignol. S’en est suivie une série de SMS avec Nicole. L’histoire de Sartre mort n’est pas mal non plus. Cela m’a rappelé que le jour de l’enterrement, je marchais à côté de Diego Giacometti.Bon, arrête de raconter ta vie et va travailler. Oui chef

Déjà 3 semaines…

Ici pas de télé ou tout au moins elle est cachée sous une couverture type Buren et devant elle il y a des branches, comme si la nature avait repris ses droits. Comme si ce machin à images lumineuses était un élément d’archéologie, ce qu’il est à n’en pas douter. Donc une envie de voir quelque chose ( et de ne pas regarder de DVD). Cela veut dire tenter Arte avec comme connexion mon telephone et regarder Sogni d’oro 1981 de Nanni Moretti. Film qui au moins contiennent pour moi quelques entractes pour que  » ça charge « . Je ris beaucoup, m’étonne de la fraicheur du film, de sa simplicité et aussi que 1981, veille de mon arrivée à Rome, c’était … il y a 40 ans. Merde. ( Je pense avec plaisir à ces moments et réfléchis au comment faire de ma prochaine expo à la villa l’an prochain) . Je pense commencer par le mondial de foot , et de temps en temps mettre quelques images de ce temps là. Sans bien sur faire une retrospective, je déteste ce mot ( ayant la sensation de n’avoir rien commencé au fond). Je pense que si c’était à refaire j’irais dans une école chinoise extrêmement académique me former ( je ris à peine et même pas du tout ). Bref la bataille télévisuelle des pingouins et les amis cinéastes me rappellent ces moments avec R. et les figurants mythomanes. L’un d’eux s’appelait Marlon, vue sa lointaine ressemblance avec qui vous savez. R. racontait souvent Attal et Zardi,( que l’on aperçoit dans pas mal de films de Godart et de la nouvelle vague, et chez Chabrol à qui ils disaient gravement: ( à qui ils menaçaient pourrait on dire si c’était possible )

N’oublie pas que nous sommes dans ton film . Dans Sogni d’oro ce pourraient être les deux frères qui se donnent 5 ans pour apprendre le cinéma et faire leur film. La salle de projection remplie de mannequins est magnifique aussi. Tiens je vais faire une capture si par bonheur je mets moins de 5 ans à retrouver le passage ( Je regarde l’heure. Dans 3/4 d’heure, rendez vous avec des étudiants de sciences po qui doivent me poser je ne sais quelles questions). Vue la connexion j’ai peur que ça ne zoome pas fort. Ben si, ça n’a pas mal zoomé. J’ai idée que les oiseaux à l’arrière e, soudainement bavards en on dit plus que moi.

Mis le bec dans la biographie de Simenon, remis le bec dans  » Le lys dans la Vallée« .Temps toujours splendide. Aller à l’atelier. Oui Oui j’y vais. CA va, j’ai compris… les journées passent trop vite. Regardé aussi Dawn by law de Jarmush. Je n’aime pas Begnini mais là il est bien. Regardé un film de Guy Maddin Sombra Dolorosa.

LES MOTS DU SOIR 1 à 9

Ce sont les fragments de textes que j’envoie aux étudiants chaque soir.

Sous la neige

Depuis hier je réponds aux étudiants qui écrivent de plus en plus de textes, scénarios etc. Ils ont l’air de plutôt apprécier cette découverte de l’isolement , de la solitude pour certains. Je ne sais plus si je vous ai fait suivre les TEXTES du soir.  Je suis sans nouvelles d’alexandre Gras, sinon j’ai à peu près le troupeau.
Je vous remets les textes:
MOTS DU SOIR N°1″ On ne peut ni bouger ni parler vraiment sans d’abord être passé par l’immobilité et le silence intérieur, cette cavité souterraine de silence chez les gens, dont l’immensité rêvée de la scène vide serait un figuratif. Il faut savoir commencer par travailler sur le vide et le silence : c’est primordial quand on a l’audace d’émettre des sons et de dessiner des figures dans l’espace. Et le silence devrait continuer à être perçu sous les mots et le vide devrait pouvoir continuer à habiter l’espace de la représentation. Une certaine idée du noir serait conservé dans la lumière  » Claude régy/ Espaces perdus

« Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope — à chaque pas une nouvelle constellation ; de vieux éléments disparaissent, d’autres se précipitent ; beaucoup de figures, si l’une d’entre elle persiste, elle s’appelle “une phrase”. »
Proust, « Journal parisien », 11 février 1930
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MOTS DU SOIR N°2 Ovide en exil / 3 traductions différentes /

ÉLÉGIE XII

Tu m’écris de tromper mon ennui par l’étude, que mon coeur ne s’adonne pas à un repos honteux. Ami, c’est là un conseil difficile: le poème est oeuvre de joie , il veut un esprit apaisé: ma fortune est en butte à des tempêtes acharnées et il n’est point de sort plus sombre que le mien.Tu veux donc que Priam soit enjoué près de la tombe de ces fils, que Niobé, veuve des siens, mène d’allègres danses? Au chagrin ou bien à l’étude, à quoi devrais-je m’adonner, étant seul et proscrit, au bout du monde chez les Gètes? Si même je pouvais oublier ma patrie, vous oublier vous-mêmes, et perdre souvenir de tout ce qui me manque, il resterait la peur qui m’empêche d’écrire en paix: mon séjour est cerné d’ennemis innombrables. Ce n’est pas tout, mon esprit s’engourdit, rouillé par sa longue inaction; il vaut bien moins qu’il ne valut naguère….



ÉLÉGIE XII

Tu m’écris de charmer par l’étude le temps déplorable de mon exil, afin de préserver mon esprit d’une honteuse et mortelle léthargie. Ce conseil, ami, est difficile à suivre : les vers sont enfants du plaisir, ils veulent de la tranquillité d’esprit, et ma fortune est le jouet des tempêtes, et il n’est pas de sort plus triste que le mien. C’est demander à Priam qu’il se réjouisse aux funérailles de ses fils, à Niobé, veuve de sa famille, qu’elle danse et célèbre des fêtes. Relégué seul parmi les Gètes, aux extrémités du monde, suis-je libre, selon toi, de m’occuper de mes malheurs ou de mes études ? Quand tu me supposerais une âme forte et stoïque, telle que fut, dit-on, celle de l’accusé d’Anytus , ma philosophie croulerait encore sous te poids écrasant d’une disgrâce pareille à la mienne. La colère d’un dieu est plus puissante que toutes les forces humaines. Ce vieillard, proclamé sage par Apollon, n’aurait pas eu la force d’écrire au milieu des tourments que j’endure . Quand on oublierait sa patrie, quand on s’oublierait soi-même, et que tout sentiment du passé pourrait s’éteindre, la crainte du péril interdirait toute oeuvre qui demande de paisibles loisirs. Or, le séjour où je suis, est entouré d’innombrables ennemis. D’ailleurs, émoussée par une longue inaction, ma verve est languissante, et a beaucoup perdu de sa vivacité première. Le sol fertile que la charrue ne retourne pas fréquemment ne produira plus que des ronces et des plantes parasites. Le coursier perd son agilité dans un repos trop prolongé, et se laisse dépasser dans la lice par tous ses rivaux. La barque demeurée trop longtemps hors de l’eau, son élément habituel, se pourrit enfin et s’entrouvre de toutes parts. Ainsi, moi qui ne fus jusqu’ici qu’un écrivain médiocre, je désespère de m’égaler désormais moi-même.ÉLÉGIE XII
Tu m’écris de chercher dans l’étude une distraction à mon malheur, et de ne pas laisser mon esprit s’engourdir dans une honteuse apathie. Ce conseil, ami, est diffi­cile à suivre ; la poésie est fille de la gaîté et réclame un esprit calme et serein; ma destinée est battue par des tempêtes cruelles, et il n’y a pas de sort plus triste que le mien. Tu exiges que Priam se réjouisse au sein des funérailles de ses enfants, que Niobé, veuve de sa famille, célèbre des danses légères. Est-ce le chagrin ou l’étude, à tes yeux, qui doit me préoccuper, seul, relégué au bout du monde parmi les Gètes? Quand tu me supposerais une âme pleine de constance et de fermeté, telle que la renommée signale celle de l’accusé d’Anytus, toute cette philosophie croulerait sous le poids d’une telle dis­grâce : le courroux d’un dieu est au dessus des forces humaines. Ce vieillard, qu’Apollon honora du titre de sage, n’eût jamais pu dans de semblables circonstances composer un ouvrage. Quand on oublierait sa patrie, quand on s’oublierait soi-même, quand le sentiment du passé pourrait être suspendu, la crainte seule est un obstacle au calme nécessaire à cette tâche : or, ce séjour est entouré d’innombrables ennemis. Ce n’est pas tout : mon esprit, par un long engourdissement, s ‘est rouillé, et se trouve bien déchu de ce qu’il fut jadis : un champ fertile que ne renouvelle pas assidûment la charrue, ne produira que du chiendent et des ronces : le coursier longtemps inactif ne sera plus agile à la course, et, lancé dans la car­rière, arrivera au but le dernier : le bois s’attendrit et se pourrit, se fend et s’entr’ouvre, quand la barque n’est plus dans l’eau, son élément habituel. Et moi aussi je désespère, tout médiocre que je fus, de redevenir jamais égal à moi-même : mes longues souffrances ont brisé les ressorts de mon génie, et je n’ai presque rien conservé de mon antique énergie. Souvent cependant, comme au­jourd’hui encore, j’ai pris mes tablettes et j’ai voulu as­sembler quelques mots, former quelques hémistiches mais ce n’étaient plus des vers, ou c’étaient des vers tels que ceux-ci, en harmonie avec la fortune de leur au­teur, en harmonie avec son séjour.

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MOTS DU SOIR 3 /BENJAMIN PERRET/ AU PARADIS DES FANTÔMES 1933/ mouche automateAU PARADIS DES FANTÔMES 1933Un souterrain du Château des Papes, en Avignon. Décorés de faveurs bleues et roses, des ceintures de chasteté, qui s’ouvrent et se ferment avec un grand bruit de mâchoires de crocodiles, sont pendues aux murs.  Des centaines d’automates au repos encombrent le sol. Entre eux, on distingue des ombres qui circulent avec précaution.
C’est une conversation entre Heron d’Alexandrie et Virgile de Naples
VIRGILE DE NAPLES. — J’avais construit une mouche d’airain que j’avais placée sur l’une des portes de la ville, et cette mouche mécanique, dressée comme un chien de berger, empêchait qu’aucune mouche n’entrât dans Naples, si bien que pendant huit ans, grâce à l’activité de cette ingénieuse machine, les viandes entreposées dans lesboucheries ne se corrompirent pas. Hélas ! les mouches, à force de voir la Vierge Marie (c’est le nom que j’avais donné à ma mouche), finirent par ne plus la craindre et rentrèrent dans Naples au moment où l’on s’y attendait le moins…

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MOTS DU SOIR 4/ENRIQUE VILA MATAS/ LE MAL DE MONTANO
Ce soir un fragment du MAL de MONTANO ( je crois ) recopié POUR VOUS à la main !!!  de Enrique Vila-Matas ( 2002 )( il a travaillé aussi avec Dominique Gonzalez Foster qui est une artiste ) 
Un père et son fils sont tous les deux atteints du mal de Montano, une sorte de maladie littéraire qui apparaît sous deux formes différentes. Le père ne peut s’empêcher de penser autrement que par rapport à la littérature et le fils (Montano) ne parvient plus à écrire. ( Wiki )J’ai beaucoup aimé ce livre auquel je repense soudainement. L’acteur dont il parle et je pense que vous ne le connaissez pas, peut-être Laurent? S’appelle Daniel Emilfork. Please ne sautez pas sur Wiki, imaginez d’abord d’après ce qu’en dit VMJe cherche des liens de la scène où dans le Casanova de Fellini, il est une libellule. REGARDEZ APRES 

J’ai un souvenir de lui sur scène, hum??? Marat-Sade ( je vérifie et rafraichis ma mémoire ). Yesse . Je vous laisse regarder et chercher ce qui se passait à l’hospice de Charenton ou Sade ( lisez-le c merveilleux ) était en cellule un peu ouverte puisqu’il mettait en scène les « pensionnaires «  devant un public choisi. Beu livre aussi de Jacques Chessex : Le crâne de Monsieur Sade. Je vérifie ce que je dis et une bière si j’ai bon. Zut c’est LE DERNIER CRÂNE DE M. De SADE
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«  Curieusement, je suis ici à Barcelone en train d’écrire sur le moment où , à Santiago, j’ai fait la connaissance du hideux Tongoy et , dans dix minutes, je dois le retrouver et aller déjeuner avec lui au restaurant Envalira dans le quartier de Gracia. Mon ami Tongoy est à Barcelone parcequ’il va participer à un documentaire sur le monde des baleiniers que prépare Rosa et qui sera prochainement tourné aux Açores. C’est moi, bien sur qui, au retour du Chili, ai suggéré à Rosa de proposer à Tongoy un rôle dans le film. Celui de vieux baleinier. Ses apparitions dans le documentaire peuvent s’avérer inquiétantes parce que Tongoy n’est pas seulement un Nosferatu respectable, mais aussi un acteur très expérimenté e assez célèbre en France où il vit deus un demi siècle. Je crois qu’il peut fort bien jouer son rôle de faux baleinier, d’étrange Nosferatu aux Açores.Le documentaire de Rosa à l’intention d’étudier la déprimante situation actuelle des baleines et des baleiniers des Açores, avec en permanence Moby Dick en arrière plan littéraire. Mais il souhaite également être un peu fictif: il mêlera la réalité et l’invention et , dans la partie inventé, Tongoy peut jouer un rôle brillant avec ces phrases-je collabore comme scénariste-que j’ai préparées pour qu’il les dise au début du film. Mon ami Tongoy est vraiment très laid, mais on s’habitue à ne plus le trouver aussi horrible à cause de son bon caractère, de son élégance vestimentaire excentrique et de sa cultureraffinée. Quand je l’ai vu pour la première fois, à l’aéroport de Santiago, j’ai pensé très vite à Nosferatu, mais je me suis tu parce que c’est faire preuve de mauvaise éducation que de dire à quelqu’un dont on vient de faire la connaissance qu’il ressemble à Dracula, mais surtout parce que , tout compte fait, j’ai toujours un peu ressemblé à l’acteur Christopher Lee qui jouait le rôle de Dracula dans les films des années 50. Et parce que par ailleurs, il s’est empressé de parler de sa spectaculaire étrangeté physique. Mon ami Tongoy a 74 ans, le crâne rasé et des oreilles de chauve-souris. Il habite à Paris depuis un demi siècle, mais il est né dans une famille de juifs hongrois qui ont émigré au Chili et se sont installés à San Felipe. Le vrai nom de mon ami est Felipe Kertesz, il est devenu dernièrement un petit peu célèbre en France en interprétant dans un film le rôle d’un sinistre vieillard qui passe son temps à séquestrer des enfants. Il est également un peu connu pour avoir été un homme libellule dans un film de Fellini et avoir incarné l’acteur Hongrois Bela Lugosi dans une biographie filmée de ce personnage.Grâce à l’aide précieuse de Margot, quelques petites minutes ont suffi pour que s’établisse entre le hideux Tongoy et moi un courant de sympathie mutuelle qui l’a poussé à me demander; alors que nous n’avions même pas encore quitté l’aéroport, si je voulais savoir comment enfant il s’était rendu compte qu’il était bizarre.—Je serais ravi de le savoir ai-je répondu »________________________________________________________________________

MOTS DU SOIR 5 / Thomas Bernhard

Maitres anciens/ Comédie Thomas Bernhard
Alte Meisterkomödie 
1985

« Les hommes que nous voyons sont des victimes de l’Etat et qui servent l’Etat et l’humanité que nous voyons n’est autre que la mangeaille de l’Etat, donnée à manger à l’Etat qui devient de plus en plus glouton. L’humanité n’’est plus qu’une humanité étatisée, et déjà depuis des siècles, donc depuis que l’Etat existe, elle a perdu son identité, me dis-je. Aujourd’hui l’humanité n’est guère plus qu’une Inhumanité, qui est l’Etat, me dis-je. Aujourd’hui l’homme n’est plus qu’un homme étatisé, il n’est donc plus aujourd’hui que l’homme détruit et l’homme étatisé, seul homme humainement possible, me dis-je. L’homme naturel n’est plus du tout possible me dis-je. Lorsque nous voyons des millions d’hommes étatisés entassés dans les grandes villes, nous sommes pris de nausée, parce que, lorsque nous voyons l’Etat , nous sommes également pris de nausée. Chaque jour, quand nous nous éveillons, cet Etat qui est le nôtre nous donne la nausée, et lorsque nous sortons dans la rue, les hommes Etatisés qui peuplent cet état nous donnent la nausée. L’’humanité est un gigantesque Etat qui, soyons sincères, à chaque éveil nous donne la nausée. Comme tout le monde, je vis dans un Etat qui me donne la nausée dès le réveil.Les professeurs que nous avons enseignent aux gens d’Etat et leur enseignent toutes les horreurs et atrocité de l’Etat, tous les mensonges de l’Etat, et non pas que l’Etat est  toutes ces horreurs et ces atrocités et ces mensonges. Depuis des siècles les professeurs prennent leurs élèves dans les tenailles de l’Etat et les martyrisent pendant des années et des dizaine d’années et les broient. Voilà que ces professeurs, au nom de l’Etat , parcourent les musées avec leurs élèves et les dégoûtent de l’art par leur stupidité. Mais cet art sur ces murs, qu’est il d’autre qu’un Art d’Etat me dis-je. Reger ne parle que de l’art d’Etat , quand il parle de l’art et quand il parle des soi-disant Maitres anciens, il ne parle jamais que des maitres anciens d’Etat . Car cet art accroché à ces murs n’est tout de même rien d’autre qu’un art d’Etat, du mois celui qui est accroché ici, dans la galerie de peinture du Musée d’art ancien.Tous ces tableaux accrochés ici aux murs ne sont tout de même rien d’autre que des tableaux d’artistes d’Etat. Qui conviennent à un art catholique d’Etat, complaisant, rien d’autre.Toujours à nouveau rien qu’une face, comme dit Reger, pas un visage. Toujours à nouveau un chef, pas une tête.Dans l’ensemble toujours seulement l’avers sans le revers, toujours à nouveau seulement le mensonge et l’hypocrisie sans la réalité et la vérité.Tout de même tous ces peintres n’étaient rien que des artistes d’Etat complètement hypocrites, qui ont répondu au désir de plaire de leurs clients, Rembrandt lui-même ne constitue pas une exception dit Reger. Voyez Velasquez, rien que de l’art d’Etat, et Lotto, et Giotto, uniquement de l’art d’Etat, toujours comme ce terrible Dürer, précurseur et prédécesseur du nazisme, qui a mis la nature sur la toile et l’a tuée, cet effroyable Dürer,  comme dit très souvent Reger, parce qu’en vérité il déteste profondément Dürer, cet artiste nurembergeois de la ciselure. Reger qualifie d’art de commande d’Etat les tableaux accrochés ici aux murs , même l’homme à la barbe blanche en fait partie.  Les soi-disant maitres anciens n’ont jamais fait que servir l’Etat ou servir l’Eglise; ce qui revient au meêm, ne cesse de dire Reger, un empereur ou un pape, un duc ou un archevêque. Tout comme le soi disant artiste libre est une utopie, une folie, c’est ce que dit souvent Reger……. « 

Maitres anciens/ Comédie Thomas Bernhard
Alte Meisterkomödie 
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MOTS DU SOIR 6 / Bruce Nawman interview

Joan Simon» A quoi pensez-vous lorsque vous travaillez sur une pièce ?
Bruce Nauman. – Je pense beaucoup à. Lenny Tristano. Vous le connaissez ? Lenny Tristano était un pianiste aveugle, un des types de la première génération» ou peut-être de la seconde «des musiciens be-bop. On le retrouve sur pas mal de très bons disques be-bop des tous débuts . Dans ses meilleurs morceaux, il vous atteignait de plein fouet et continuait jusqu’à la dernière note. Il s’arrêtait brutalement. Il n’y avait ni intro ni final simplement quelque chose de très intense pendant deux minutes, vingt minutes ou plus. C’était comme si on prélevait la partie la plus dense, la plus dure d’un morceau de Coltrane. Il n’y avait que ce noyau dur. Dès le début, j’ai essayé de voir si je pouvais réaliser quelque chose qui produirait cet effet. Un art qui surgirait comme ça tout d’un coup . Un art qui agirait comme un coup de batte de base-ball en pleine face. Ou mieux, un art qui agirait comme un coup sur la nuque qu’on ne voit pas venir et qui vous étend . Une espèce d’intensité qui ne s’expose pas au jugement ou à l’appréciation.
J.S. – Au cours de ces vingt dernières années, vous avez essayé de rendre cette intensité en utilisant plus ou moins tous les médiums : le film, la vidéo, le son, les néons, l’installation, la performance, la photographie, l’holographie, la sculpture et le dessin, mais pas la peinture. Pourquoi avez-vous abandonné la peinture aussi tôt ?
B.N. – Lorsque j’étais à l’école, j’étais peintre. Ensuite je ne suis revenu à cette pratique que deux ou trois fois. Mais fondamentalement, je ne pouvais pas fonctionner en tant que peintre . La peinture faisait partie de ces choses avec lesquelles je ne voyais pas comment il était possible de produire du sens. Je ne voyais absolument pas comment je pouvais procéder en tant que peintre. Il me semblait que si je cessais de me considérer comme un peintre, alors je pourrais continuer à travailler.Lorsque je repense à cette époque, je me demande encore comment je faisais pour décider que telle chose était possible et telle autre pas. J’ai fini par aller chercher dans d’autres domaines comme la musique, la danse ou la littérature afin de trouver des idées dont je pourrais me servir afin de pour- suivre mon travail. Dans ce sens, mes premiers travaux qui semblent constitués des idées et des matériaux les plus divers me paraissaient faciles à réaliser dans la mesure où ils ne résultaient pas d’un regard porté sur la sculpture ou la peinture.
J.S. – Ça ne me paraît pas si simple.
B.N. – Non, je ne veux pas dire que le travail était facile. Mais c’était simple dans le sens où dans les années 60, on ne vous demandait pas de vous can- tonner dans un seul médium. Utiliser différentes sortes de matériaux ou passer de la photographie à la danse, de la performance à la vidéo, ne posait aucun problème. Ça semblait même très simple d’utiliser toutes ces différentes façons d’exprimer des idées ou de présenter des matériaux. On pouvait réaliser des enseignes en néon, des oeuvres constituées de texte, des travaux assez drôles à partir de fragments de corps ou de moulages- toutes sortes de choses.
J.S. – Situez-vous votre travail dans une filiation artistique précise ou tout du moins en rapport avec celui d’autres artistes ?
B.N. – Il y a naturellement des liens, mais ils ne sont pas directs. Il ne s’agit pas d’être l’émule de tel ou tel artiste, mais certains posent des questions proches de celles qui vous intéressent et y répondent avec une certaine intégrité . Il y a chez Johns une sorte de retenue, de moralité, qui n’est pas spéci- fique- Je ne sais pas comment la décrire, mais je sens qu’elle est présente. Elle l’est moins chez Duchamp, mais elle reste importante . Cela vaut éga- lement pour Man Ray qui m’intéresse beaucoup . La moralité que je repère chez Man Ray est peut-être liée au fait que son art prenait la forme de plaisan-teries – de plaisanteries stupides – à l’époque où il gagnait sa vie comme photographe de mode.  Toute la philosophie de Dada reposait sur l’idée que l’on n’avait pas à vivre de son art. Ce qui permettait à cette génération d’aller assez loin dans la provocation à moindre, risque. Et puis, il y a cette conception spécifiquement américaine de la moralité en art, selon laquelle l’artiste est un travailleur . Vivre de son art ne posait aucun problème à la plupart des artistes américains parce qu’ils s’identifiaient à la classe ouvrière . Pour certains, cette conception est encore d’actualité. C’est en tous cas vrai pour moi, et je pense que ça l’est également pour quelqu’un comme Richard Serra par exemple.
J.S. – Quelle que soit la part ludique, la diversité de styles ou le degré de fascination qu’ils exercent, vos travaux ont toujours une dimension éthique, une force morale
B.N. – C’est ma façon de voir l’art. L’art devrait avoir une dimension morale, des valeurs et des prises de positions morales . Je ne sais pas exactement d’où me vient cette conviction. Sans doute du milieu dans lequel j’ai grandi avec mes parents et ma famille ; et peut-être aussi de l’époque où je vivais à San Francisco lorsque je fréquentais l’Art Institute . Ou peut-être enfin de la période qui a précédé, lorsque j’étais dans le Wisconsin, à l’université . De tout ce temps passé là-bas, j’ai gardé l’image de professeurs assez âgés, qui ne laissaient pas facilement entrer les femmes à l’université en tant qu’enseignantes et qui étaient tous membres du WPA . Ils étaient socia listes et leurs positions n’étaient pas seulement morales et politiques, mais aussi éthiques . LeWisconsin a été l’un des derniers états socialistes . A l’époque où j’y habitais et où j’allais au lycée – dans les années 50 – Milwaukee avait encore un maire socialiste . Nombreux étaient ceux qui pensaient que l’art avait une fonction, une raison sociale d’exister, qui dépassaient les simples critères de beauté . (…)

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MOTS DU SOIR 7 Encore Thomas Bernhard je ne résiste pas
« Jusqu’à quarante ans. Je me suis laissé chier sur la tête dans tous ces Hôtels de Ville, dans toutes ces salles des fêtes, car une remise de prix n’est rien d’autre qu’une cérémonie au cours de laquelle on vous chie sur la tête. Accepter un prix, cela ne veut rien dire d’autre que se laisser chier sur la tête parce qu’on est payé pour ça. Jai toujours ressenti ces remises de prix comme la pire humiliation qu’on puisse imaginer, et pas comme un honneur. Car un prix est toujours décerné par des gens incompétents qui veulent vous chier sur la tête, et qui vous chient copieusement sur la tête quand on accepte leur prix en mains propres. »

LES MOTS DU SOIR 9 / GRACE à THOMAS/ LETTRE DE SOL LEWIT à EVA  HESSE/ 1965

Chère Eva, 

Cela va faire quasiment un mois que tu m’as écrit, et peut-être as-tu oublié quel était ton état d’esprit (quoique j’en doute). Tu ne changes pas et, fidèle à toi-même, tu ne le supportes pas. Non ! Apprends à dire au monde : « Va te faire foutre ! » une fois de temps en temps. Tu en as le droit. Cesse un peu de penser, de t’inquiéter, de te méfier, de douter, de t’effrayer, de peiner, d’espérer une issue facile, de lutter, de te cramponner, de t’embrouiller, de gratter, de griffer, de marmonner, de bafouiller, de grogner, de te rabaisser, de broncher, de marmotter, de grommeler, de miser, de culbuter, d’écumer, d’escalader, de trébucher, de tramer, de rouspéter, de pleurnicher, de te lamenter, d’affûter, de désosser, de déconner, de pinailler, de chicaner, de compisser, de trifouiller, de t’emmerder, de te leurrer, de moucharder, de cafarder, de poireauter, de tâtonner, d’abominer, de payer, de scruter, de percher, d’entacher, de trimer, de trimer encore et encore. Arrête — et contente-toi de FAIRE ! 

D’après ta description, et d’après ce que je sais de ton travail antérieur et de ta capacité ; ton travail semble très bon « Dessin-propre-clair mais dingue comme des machines, en plus grand et en plus vigoureux… véritable non-sens ». Ça m’a l’air bien, formidable — du véritable non-sens. Va plus loin. Encore plus de non-sens, encore plus de dinguerie, encore plus de machines, encore plus de seins, de pénis, de chattes, de ce que tu veux — fais foisonner tout ça avec le non-sens. Essaie de titiller cette chose en toi, ton « humour bizarre ». Tu appartiens à la part la plus secrète de toi-même. Ne te préoccupe pas de ce qui est cool, fais ce qui selon toi n’est pas cool. Fabrique ce qui t’est propre, ton propre monde. Si tu as peur, fais-le fonctionner pour toi — dessine & peins ta peur et ton anxiété. Et cesse de te préoccuper de ces choses grandes et profondes telles qu’« opter pour un but et une manière de vivre, l’approche cohérente d’une finalité même impossible ou d’une finalité même imaginaire ». Tu dois t’entraîner à être stupide, muette, étourdie, vide. Alors tu seras capable de FAIRE ! 

J’ai grande confiance en toi et bien que tu te tourmentes, ton travail est très bon. Essaie un peu de faire du MAUVAIS travail — le pire qui te vienne à l’esprit et vois ce qui se passe, mais surtout détends-toi et envoie tout au diable — tu n’es pas responsable du monde — tu es seulement responsable de ton œuvre — donc FAIS ÇA. Et ne pense pas que ton œuvre doive se conformer à une quelconque forme, idée ou saveur préconçue. Elle peut être tout ce que tu veux qu’elle soit. Mais si la vie était plus facile pour toi en arrêtant de travailler — eh bien arrête. Ne te punis pas. Je pense toutefois que c’est si profondément enraciné en toi qu’il devrait t’être plus facile de FAIRE ! 

Quelque part, malgré tout, il me semble que je comprends ton attitude, parce que je traverse parfois un processus similaire. Je suis pris dans une « Déchirante Réévaluation » de mon travail et je change tout autant que possible = je déteste tout ce que j’ai fait, et j’essaie de faire quelque chose d’entièrement différent et meilleur. Peut-être ce genre de processus m’est-il nécessaire, parce qu’il me pousse à avancer. Le sentiment que je peux faire mieux que la merde que j’ai faite. Peut-être as-tu besoin de ton déchirement pour accomplir ce que tu fais. Et peut-être que cela t’incite à mieux faire. Mais c’est très douloureux, je le sais. Ça irait mieux si tu avais assez confiance pour faire le boulot sans même y penser. Ne peux-tu laisser le « monde » et l’« ART » tranquilles et aussi cesser de flatter ton ego. Je sais que tu (comme n’importe qui) ne peux travailler que jusqu’à un certain point et que le reste du temps tu es livrée à tes pensées. Mais quand tu travailles ou avant de travailler tu dois vider ton esprit et te concentrer sur ce que tu fais. Après que tu as fait quelque chose, c’est fait et c’est comme ça. Au bout d’un moment, tu peux voir que des choses sont meilleures que d’autres, mais tu peux voir aussi dans quelle direction tu vas. Je suis sûr que tu sais tout cela. Tu dois aussi savoir que tu n’as pas à justifier ton travail — pas même à tes propres yeux. Bon, tu sais que j’admire grandement ton travail et que je ne comprends pas pourquoi il te tracasse autant. Mais tu peux voir ce qui va suivre et moi non. Tu dois aussi croire en ta capacité. Je crois que c’est le cas. Alors tente les choses les plus outrageantes que tu peux — choque-toi toi-même. Tu as en ton pouvoir la capacité de tout faire. 

J’aimerais voir ton travail, mais je me contenterai d’attendre août ou septembre. J’ai vu des photos de choses nouvelles de Tom chez Lucy. Elles sont impressionnantes — surtout celles qui ont la forme la plus rigoureuse : les plus simples. Je suppose qu’il en enverra d’autres plus tard. Dis-moi comment se déroulent les expositions et ce genre de choses. 

Mon travail a changé depuis que tu es partie et il est bien meilleur. Je ferai une exposition du 4 au 9 mai à la Daniels Gallery, 17 East 64th Street (là où était Emmerich), j’espère que tu pourras être là. Mon affection à tous les deux, 

Sol 

Source : Lettre de Sol LeWitt à Eva Hesse datée du 14 avril 1965, Sot LeWitt, cat. exp., éditions du Centre Pompidou-Metz, 2012.

Première publication en anglais in Lucy R. Lippard, Eva Hesse, cat. exp., New York. New York University press, 1976. L’original de la lettre est conservé dans la LeWitt Collection, Chester, Connecticut, États-Unis. Traduit de l’anglais par Catherine Vasseur. 

PRISON A-DOREE

31 mars

PRISON A-DOREE

J’avais recommencé à écrire il y a deux semaines, qui les événement étant ce qu’ils sont… L’expo en Allemagne, puis le saut à Strasbourg et clic clac. 

On a décidé de partir rapido avant d’être coincés à Paris. Je pense à ceux qui sont confinés dans de petits appartements, seul d’ailleurs dans ce cas, c’est sans doute mieux ( sauf tourtereaux qui vont se transformer en gros corbeaux vu le manque d’air ). 

Bref, ce matin, alors que je regarde le champ d’en face, les ombres, le ciel très bleu, ( il fait un peu frais )je me dis que j’ai une sacrée chance. Suite tout à l’heure, horaires bureau oblige. Régularité nécessaire. 

Je viens de relire une des pages des Tristes d’Ovide puis:

« Je sentais en marchant mes pensées se bousculer comme un kaléidoscope — à chaque pas une nouvelle constellation ; de vieux éléments disparaissent, d’autres se précipitent ; beaucoup de figures, si l’une d’entre elle persiste, elle s’appelle “une phrase”. »

Proust, « Journal parisien », 11 février 1930

J’ai encore rêvé de Londres et de cet hôtel que je ne sais pas retrouver. Mauvais escaliers, monde qui ne me voit pas. J’ai noté des choses dans un cahier: La météo: Aujourd’hui bleu et plus froid semble t-il/ Gel. 

Ce qui est étrange c’est que par la radio nous avons une autre idée du temps un peu comme quand je prends un vieux journal pour allumer le feu: Je trouve une interview qui m’intéresse, des faits politiques oubliés, des météos caduques. Et ce faisant je m’aperçois que l’avant ou l’après importent peu! Sur France Culture-ouf heureusement que cette station existe- on parle d’expositions qui vont ouvrir alors qu’elles sont terminées depuis deux ans. C’est assez étrange comme sensation. Du coup, un événement très récent est susceptible d’être mis en doute.

Commencé ou recommencé Heliopolis de Ernst Junger. J’ai du mal. 

Relu Eugénie Grandet. Merveilleux. Les descriptions du physique des uns et des autres sont d’une précision si méchante. On pense peut être plutôt à Hoggarth qu’à Daumier. Au début de cette relecture, j’étais un peu isolée dans ce déchiffrement  de faits si précis, de précisions quasi chirurgicales, de cette langue riche dont bien des mots ont disparu de notre vocabulaire. On voit tout, on ressent tout-le moindre courant d’air, le déplaisir d’un manque de sucre, les feuilles qui tombent près du petit banc. Et cette méchanceté, le souffle de chacun n’étant qu’intéressé. Pas d’amour, pas d’affection rien mais des Louis d’or, l’or, les biens, la cupidité sans égal. Et cette Eugénie qui n’a rien cependant d’un Madame Bovary..

les Tristes -Ovide

Tu m’écris de tromper mon ennui par l’étude, que mon coeur ne s’adonne pas à un repos honteux. Ami, c’est là un conseil difficile: le poème est oeuvre de joie , il veut un esprit apaisé: ma fortune est en butte à des tempêtes acharnées et il n’est point de sort plus sombre que le mien.Tu veux donc que Priam soit enjoué  près de la tombe de ces fils, que Niobé, veuve des siens, mène d’allègres danses? Au chagrin ou bien à l’étude, à quoi devrais-je m’adonner, étant seul et proscrit, au bout du monde chez les Gètes? Si même je pouvais oublier ma patrie, vous oublier vous-mêmes, et perdre souvenir de tout ce qui me manque, il resterait la peur qui m’empêche d’écrire en paix: mon séjour est cerné d’ennemis innombrables. Ce n’est pa tout, mon esprit s’engourdit, rouillé par sa longue inaction; il vaut bien moins qu’il ne valut naguère

Par le travail, je contiens mon esprit et trompe mes douleurs; je tente aussi de donner la parole à mon chagrin. Que ferais-je de mieux, abandonné sur ces rivages solitaires, par quel autre moyen, calmerais-je mes maux?…

Chaque jour j’envoie aux étudiants un texte. J’ai commencé par Claude Regy et Proust , puis Les Tristes, et j’ai retrouvé un texte de Benjamin Perret sur l’histoire d’une mouche automate. J’avais complètement oublié!!!ET j’adore. 

VIRGILE DE NAPLES. — J’avais construit une mouche d’airain que j’avais placée sur l’une des portes de la ville, et cette mouche mécanique, dressée comme un chien de berger, empêchait qu’aucune mouche n’entrât dans Naples, si bien que pendant huit ans, grâce à l’activité de cette ingénieuse machine, les viandes entreposées dans les boucheries ne se corrompirent pas. Hélas ! les mouches, à force de voir la Vierge Marie (c’est le nom que j’avais donné à ma mouche), finirent par ne plus la craindre.

Je ne sais pas pourquoi parfois cette image me revient. Alors que je tourne la clé de l’appartement de la rue Legendre plus tôt que prévu comme un mari qui va découvrir son malheur , j’entends la télé et entrant dans le salon, je découvre les deux concierges de l’immeuble, ahuris, abrutis devant la télé avec des verres de vin. Cela oscille entre le dessin de Daumier et la description que Balzac aurait fait de cette scène.

J’aime bien la voix de Michèle Perrault ( horto ???)

Mail de Constantin/Ubuntu, notion humaniste originaire du Sud de l’Afrique qui pourrait être traduite par « je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous »1.Un think tank N 1), groupe de réflexion1 ou laboratoire d’idées1,2, est un regroupement d’experts au sein d’une structure de droit privé, indépendante de l’État ou de toute autre puissance, bien qu’il puisse être partiellement financé par un organisme étatique, et en principe à but non lucratif. L’activité principale d’un think tank est de produire des études et d’élaborer des propositions, le plus souvent dans le domaine des politiques publiques et de l’économie.Un nerd est, dans le domaine des stéréotypes de la culture populaire, une personne solitaire, passionnée voire obnubilée par des sujets intellectuels abscons, peu attractifs, inapplicables ou fantasmatiques, et liés aux sciences (en général symboliques, comme les mathématiques, la physique ou la logique) et aux techniques – ou autres sujets inconnus aux yeux de tous. Apparu à la fin des années 1950 aux États-Unis, le terme est devenu plutôt péjoratif, à la différence de geek.En effet, comparé à un geek qui est axé sur des centres d’intérêts liés à l’informatique et aux nouvelles technologies, un nerd est asocial, obsessionnel, et excessivement porté sur les études et l’intellect. Excluant tout sujet plus commun ou partagé par ses pairs académiques, il favorise le développement personnel d’un monde fermé et obscur. On le décrit timide, étrange et repoussant. Toute activité sportive est pour celui-ci difficile. Au même titre que le stéréotype véhiculé par le mot geeknerd est de plus en plus envisagé comme un gage de fierté et d’appartenance identitaire.

SUITE

DANTE je trouve que la traduction de Dante par Danièle Robert est assez indigeste. Sans doute techniquement interessante mais ce qui m’intéresse d’acvantage et de percevoir le sens. D’ailleurs ce qui serait le mieux pour moi serait de le lire en traduction italienne. Je cherche d’autres exemples. Sre remacle, lourdeur des Alexandrins, sur Wikisource, prose.

Hier neige et marche dans les bois. Je rebrousse chemin car à in moment donné je ne sais plus trop où je me trouve/Le blanc et surtout le brouillard changent littéralement les distances et les sensations. Ce matin l’atelier était bien trop froid. J’ai quand même tenu deux heures avec des gants, et le petit chauffage que m’a prêté P. Donc chercher à nouveau une lecture qui me captiverait .

J’envois chaque jours des textes aux étudiants et dimache et Lundi j’ai répondu à leurs mails.

Notes/ MORGANT

Morgant, autrement appelé Morgante, est le héros du roman de chevalerie Morgant le géant. Géant violent, mais fidèle, Morgant se met au service d’un but qui dépasse sa violence (dénuée de raison et de frein) et qui, en un sens, le rachète de sa brutalité même. Pulci a fait de Morgant un personnage vivant et haut en couleur. Alors qu’il était en train d’assiéger une abbaye aidé par deux autres géants, il rencontre le chevalier Roland (qui le convertit au christianisme) et devient son écuyer. Avec un cheval, une vieille armure et un battant de cloche, il part avec lui en Paganie à la recherche d’autres aventures. 

Après avoir accompli ses premiers exploits en luttant contre le Diable, il va à Paris en conduisant une armée au secours de Charlemagne en compagnie de Meridiana (fille de Caradore). À Paris, il massacre les ennemis. Peu après il rencontre Margutte, qu’il prend pour compagnon et écuyer. Sa force ne connaît pas d’obstacles (il tue lions, éléphants, crocodiles) mais il est très généreux avec les faibles. Parti à la recherche de Roland, il le retrouve à Bambillona et, une fois la ville conquise, s’embarque avec lui. 

Il vient de tuer une baleine lorsque, ayant mis les pieds dans l’eau, une crevette le mord et le géant meurt, pleuré par Roland et Renaud. « Gourmand, vantard, ignorant, naïf, mais bon, fidèle et courageux », ainsi défini par De Sanctis, Morgant est le type du héros robuste et magnanime tel qu’un peuple peut le concevoir.

LES PERRUCHES AIMENT PARSIFAL

Alors que je me dépêche d’envoyer tout pour les cahiers du Cinéma, les perruches s’affolent à l’écoute de Wagner. C’est plutôt amusant.

Ce matin, Ln reporter. Me lève à 7h et file au QG. J’y laisse mon livre et bois un café ( plutôt le contraire ) et je grimpe chez Michou.Il ne fait pas bien jour. J’aime bien ce moment. La rue est déjà barrée, une voiture de police, quelques chauffeurs arrivent plus tard et s’esclaffent au bar. J’entends un rire gras et « manger un cadavre« . Je lève les yeux de mon livre. Bon je recommence , je mélange tout. Donc:1/ je prends un café allongé et une tartine. Bon. Je pose ma doudoune. Je papote avec D. et lui propose de faire patienter les clients le temps qu’elle aille au cabaret dire au revoir à son collègue . Non elle ne veut pas. Du coup, je décide d’y aller loi et de suivre les événements. Alors. Rue des Martyrs peu de monde encore. Des petits bouquets, un message manuscrit.

—Je peux entrer?

—Je vous en prie

Cet endroit si minuscule. Juste bien, en fait pour une seule personne allongée. Allongé, il l’est dans un beau cercueil bleu.( Comment dire….) Une croix dorée très simple au dessus. Et tout autour les tables ont été poussées. Fleurs, odeur de fleurs, terribles portraits peints à la main, Michou comme ci, Michou avec une casquette de marin… On est quatre et un Monsieur tape sur la boite et se fait gronder.

—On ne touche pas, s’il vous plait, il est laqué et ça fait des traces. La dame des Pompes funèbres  » chaussée » de gants noirs et vêtue de bleu caresse le bois, astique en un mot.Je m’aperçois que les tréteaux métalliques sont un petit peu rouillés par endroits et qu’il n’y a pas de ‘jupe « ; Michou doit être fâché( haha c’est malin…) J’hésite à faire une photo, je trouve toujours ça déplacé mais bon, c’est pas pour moi, c’est pour une copine comme on dit. Je repars avec mon butin, prends un autre café. Une policière vient elle aussi en boire un et nous dit que le corbillard est magnifique. Bleu. En fait c’est un traditionnel avec du sticker bleu. Une vraie plaie à coller ce machin me dis-je. Plus tard je la croiserai , portant la gerbe de Michèle Torr ( C’était hier ! )Je lis le début du Roman de la Rose suite à la reine Loana. Jamais je n’ai eu le désir de lire  » ça « . Mais en fait je ne lis rien du tout, je regarde et j’écoute plutôt les réflexions de chacun. Il fait bien jour maintenant, je vais aux nouvelles, croise Louis et aussi David. Yvan est abattu. Je l’embrasse. Des gens en bleu. Pas tant de monde, oui du monde. Assez âgé, des jeunes gens passent à vélo et ne s’arrêtent pas. Pas un coup d’oeil. Normal. Les chevaliers de Montmartre puis les poulbots et leurs tambours;Le folklore qu’il aimait et qu’il a voulu, démodé et vieillot. Dison que ça sent un peu le dentier et la teinture aile de corbeau, le costume de Bruant ou de poète à lunette noire. Un sirène, une grosse voiture stoppe. Tout le monde se demande quelle célébrité va s’extraire de là. Un type tout ébouriffé à la Polnareff des mauvais jours apparait. Déception. On range les appareils. Mais on photographie le corbillard, selfie et autre. Une dame dit au Monsieur qui l’accompagne: —Ça ne se fait pas, et il lui répond que ça c’est la meilleure, que si , que tout le monde le fait. Bref je souris, et je la ferme, ce que je sais faire parfois, je dois dire. Pas souvent mais parfois. Bon je rends compte à D, reprend un café, repars. Les croques mort sont en bleu, mais on voit que ça n’a pas dû être simple de trouver une veste bleue, vu qu’il n’y en a pas une pareille: Une trop grande, une qui brille, une d’un autre bleu. Je vais me poster en haut de la rue et filme les poubots de Montmartre en tête de cortège et puis les capes et médailles et puis la blue car et puis famille et personnels du cabaret.

Voilà, c’est fini pour moi. Pour lui surtout, dans le bleu. La fin d’un monde, c’est certain et en plus il fait si doux.

Puis, filer à la galerie, discuter des Gobelins, de la liste des trucs qui partent en Allemagne. Je mange un rouleau de printemps à coté rue Beaubourg ( très bon royal China) qui travail à la maison, documents pour l’hommage à Nicole, texte à écrire, envoyer le film au Cahier et zut j’ n’y arrive pas, ah si. Bon. J’espère que ça marche.

ouille

Gaetano Zumbo

C’est extraordinaire ça. Et aussi les cires, crânes sur lesquels cheminent des asticots réalistes. Deezer/ Il chante « la pluie à contre jour ». Fini ( depuis le temps) le Umberto Eco: La mystérieuse flamme de la reine Loana. Beau livre, un peu ennuyeux parfois, ce qui d’ailleurs fait partie du plaisir. Je suis très déçue par le bal des Ombres de O Connor qui était censé me transporter chez les Victoriens et surtout Bram Stoker et Henry Irving. Critique dithyrambique dans le Monde par François Angelier en qui j’ai toute confiance avec son émission Mauvais genre, et à la Dispute de Arnaud Laporte. Zut, je trouve que parfois c’est mal écrit ( traduit ) des envolées un peu lourdes, comprends pas. Ne m’en reste déjà pas grand chose. J préfère voir les photos d’époque de Irving qui est un type incroyable. je me suis à vrai dire ennuyée, mais pas agréablement comme chez Eco et ses comas brumeux.

Hier passée à SAint-Ouen aux ateliers des BA. Puis la journée à l’école et ce bar où allait Hubert Deschamps ( R. me racontait qu’il y allait en Rolls ou genre depuis le Flore qui est à 100m )C’est bien ce bar ( Le Quebec ) avec des vieux habitués: LA dame en noir très coquette, le vieux beau de Saint Germain ( guêtres et veste de velours à la Arnys, dame bavarde because bière, patron drôle de toutes ses dents, et un vieux Monsieur courbé qui n’a pas besoin de se courber d’avantage sur son verre, une fois qu’il est assis. (Déjeuner avec P. au Rond point. C’est sympa mais ce n’est pas très bon. Chaque fois pas assez chaud. Poulet au curry bof. Comme j’y étais me suis dit tiens allons voir Lautrec ( ça ne m’intéresse pas beaucoup mais …) C’était fermé. Bah tant mieux.. Marché jusqu’à Saint Lazare avec cette douleur dans le côté , franchement pénible qui semble s’atténue. Suis allée voir sur le net ce qu’il y a à croire en haut vers les côtes. Foie, vésicule biliaire? Hum. Les oiseaux se disputent. La perruche a mangé dans ma main. Je n’aurais pas dû mettre le produit dans leur eau ( un fortifiant ) maintenant ça sent l’oisellerie dans mon bureau. c’est ça qui sent mauvais chez les marchands d’animaux. Pas les graines. Dimanche après le café aux deus Palais, beau café agréable, je tente de comprendre ce qui se trafique avec les cages et les oiseaux planquées dans des cages . beaucoup de gens d’Afrique du Nord qui discutent ; Sais pas. Des espèces que l’on n’a pas le droit de vendre.

Ce soir, R. n’est pas là. C’est bien aussi de ne pas parler.

Bon . C’est bien cette commande des Gobelins; Une tapisserie et un tapis. Youpi. Ca va prendre 4 ans cette affaire. Aller au labo pour les dos bleus de l’expo en Allemagne, finir des trucs ( faudrait que je m’active sérieusement/ refaire le teaser pour annoncer mon film au Festival des films de femmes de Creteil. Ca ouvrira la saison, avec un hommage à Nicole Stephane. Chouette. Et préparer le RV pour le musée Picasso à Barcelone. Venise en Mars à l’expo collective de la Dogana, et deux conférences. Contacter la personne de Sèvres et continuer le projet de la grande fontaine. Du coup , la peinture, zero. Prefererais ne pas faire l’expo en Mai. C’est trop juste. P. me dit  » chouette tu viens à Rome à la villa  » Moi:—??? . Bon je suis sur la liste des Invités de Mars. Mais non pas le temps. ( Et ai-je envie d’y aller/ à Rome oui? Mais là? Allez fait pas ta difficile.

Bon je descends acheter des yaourts en bas, c’est une bonne nouvelle ou je ne m’y connais pas. Pendant ce temps, Michou-blue dort dans son cercueil bleu, probablement vêtu de bleu et les hommes des pompes funèbres seront ils habillé(e)s en libellules bleues???

MOINS MOINS

C’est Andy Degroat, disparu il y a un an.

Moins on écrit moins on à envie de le faire. C’est de la paresse pure. C’est vrai que mes posts sont plus rares. Pourquoi? Entre les rêves que je ne raconte plus-animaux qui s’écrasent sur des murs et rejettent une couleur vert vif, rues de Los Angeles aux trois tunnels, rats, et objets que je regrette de n’avoir pas décrit) Le temps passe passe. Pas vraiment peint depuis septembre. Alors quoi. Les projets ( unlimited) les dossiers ( Gobelins) les expos ( Picasso Barcelone) Giessen, maquette et reprendre et chercher à nouveaux. Penser à l’expo de Mai… Date prématurée.

Les beaux-arts aussi. Est-ce plus de travail que l’an dernier. Peut -être pas mais plus d’attachement à chacun. Les cours autrefois on y passait, on avait ou pas son UC. Et puis voilà. Les étudiants souvent ils reviennent plus tard. C’est le cas aujourd’hui.

La lecture. Si acheter des livres c’est un peu lire-ce que je crois-alors je lis. Je n’ai pas fini le Umberto Eco, lu par contre Les chiens de Riga de Mankell. Et je dois si peu de temps après l’avoir lu, le feuilleter pour savoir  » de quoi ça parle ». Ah oui le canot pneumatique. Acheté le Pamphlet des pamphlets de Courier. Ce qui est drôle c’est le pamphlet concernant l’académie. Et la ville de Luynes. Je n’avais pas le moindre souvenir d’avoir commandé ce bouquin. Car ce qui se passe, c’est que lisant un truc sur le net, j’envoie tout de suite un mail à JV qui est le libraire à côté. Par contre je me souviens bien avoir commandé un bouquin sur Bram Stoker ( pas vraiment sur lui ) Le Bal des ombres », de Joseph O’Connor. Je ne connais rien de lui. Vous sentez vous représentant de la Irishness?

J’aime bien le traducteur.

La lecture c’est de l’écriture. Tout lecteur écrit l’histoire qui se déroule. A 12 ou 13 ans j’ai imaginé ce que pouvait être la vie d’écrivain. L’étape logique après la lecture. Hier soir en rentrant, Francois Angelier en parlait dans Mauvais genre.

Je crois que la maquette pour l’Allemagne est terminée. Vite retourner peindre. Repenser aux choses vues, à la fille qui parle seule au bar, aux fautes de Français de C. qui nous font tant rire, à la bonne pizza d’hier soir avec C et P. Les informations sans cesse sombres. La planète et les espèces qui disparaissent. Pendant ce temps là j’observe émerveillée mes 3 oiseaux et leur programme: construire, recouvrir le nid en prévision de. Je regarde attendrie aussi l’extrait de film où l’on voit Andy Degroat et le mot de Bob Wilson. Je regarde aussi cet extrait de sa spinning danse. C’est vertigineux. On ne s’est pas assez vus. Tanpis. Qu’ est ce qu’il m’a dit du Sphinx?

Demain Dimanche. Peut être ne rien faire avant de me déclencher pour de bon. Marcher ( comme cette semaine avec les grèves. C’est drôle de reprendre le métro. )

Marché jusqu’à Trocadero pour une séances de 20 mn en immersion avec casque, ordi dans le dos, capteurs. Ce qui est amusant , c’est de voir évoluer dans l’espace les gens en prise avec un monde qui n’existe pas. Ils se penchent, tendent les bras, reculent face à des événements dont on ne sait rien pour le moment. puis à notre tour on observe nos drôles de mains, un ami chinois qui est devenu noir, un vêtement que je ne porte pas. Ce qui est drôle c’est la sensation que tout cela est déjà vieux, passé. Les images sont dois je dire, affreuses. Mais peut être que c’est bien. Des géants, des architectures, des danseurs dans une virtualité totale. moi j’aimerais bien faire ça avec mes trucs.

Ce matin et quelques matins il me plait d’aller lire au café. Sans téléphone et sans ordi. Lire sans avoir la tentation d’en savoir plus sur une notion, une personne comme à l’instant j’ai fait. Qui est Trithemius, qui est Blaise de Vigenère… Et l’alphabet qui permet de communiquer avec les Anges de John Dee.. Et Montefeltro qui est borgne. Tiens tiens. Voilà ce qui se passe un Dimanche après midi, avec en fond sonore les oiseaux -encore un oeuf ce matin. Je l’avais prévu car ils cherchaient des matériaux pour tapisser l’intérieur du nid. Je finis de lire un truc et pars au Marché aux oiseaux. Mal de dents. Mal de dos malgré les deux seances. Après me restera la prière ou les cierges.

plus rien/ Moins / pas assez

moi

C’est bizarre de ne plus écrire  » comme avant » , d’écrire moins, de ne pas prendre le temps. Marcher dans Paris, aller à la galerie à pieds car aucun transport ou alors des bus si bondés que c’est la claustrophobie assurée. Je suis 100 pour Cent pour, mais comment font les gens avec la banlieue etc…

Hier marché jusqu’au marché aux oiseaux et retour. Beaucoup de monde partout. Je prends des graines et du millet, regarde dans les cages les moineaux blancs et des espèces super belles. J’ai presque envie, vu que j’ai une cage libre d’en acheter encore mais il ne faut pas exagérer. Ici la famille s’est agrandie, Un oeuf sur 4 a donné un gros oisillon maladroit qui a grandi dans un tout petit nid, bien cimenté avec du crin et de la fiente. A peine quelques jours après avoir installé les futurs parents dans la grande cage, toc c’était fait. Dans la petite cage, ils détruisaient le même nid en arrachant l’osier. C’est assez incroyable. Je passe pas mal de temps ( trop ) à les regarder à m’interroger quant à leur rythme, leur mouvement, leur chant si on peut appeler cela un chant. Il y a beaucoup de variations, des cris parfois, des affolements. J’ai acheté Vivre en oiseau, ça m’intrigue. Fini grosso modo le projet pour l’Allemagne, et la maquette . Unlimited, trouver qq chose assez vite. J’y travaille depuis ce matin. Ce qui me bouffe c’est quand j’ai une lettre à poster, de la paperasse à faire, des chèques .

Un leporarium (du latin lepus, « lièvre ») est un parc à lièvres dans l’Antiquité romaine.

Le projet de Giessen est terminé ou tout au moins j’en ai la structure. Je n’ai pas encore de titre et cela m’est indispensable. projet Unlimited, c’est fait aussi. Gobelins, projet de tapis ou tapisserie. Je crois que c’est bon. Je cherche en même temps des idées de mobilier, paravents que sais-je.

Noel est terminé. C’était une bonne soirée, familial-amicale, avec beaucoup trop de choses à manger!!!. Promenade hier aux Buttes Chaumont. J’aime beaucoup ce parc où je ne vais jamais. La structure du jardin, la fausse colline ( me rappelle une des historiennes qui se présentaient pour Rome avec comme sujet les collines artificielles/ J’ai dû garder son dossier car le sujet m’intéressait ). Temps très doux, pas besoin de bonnet.On marche , on marche, la grève n’est pas pratique mais j’espère qu’elle se poursuivra. C’est atroce l’atmosphère politique, les privilèges honteux et la façon dont on traite les gens.

Camille nous a apporté des super 8 qu’elle a fait numériser. Les couleurs sont incroyables et me voici, qui ne sait pas marcher, qui arrache des fleurs, qu’étape sur la tête de mon frère ainé, et quiet nourrie par Marc, cuiller par cuiller. Les paysages de montagne, le grain de l’image et les costumes d’époque donnent une étrange sensation. Je pousrios par la lecture de Lenz de Buchner, très beau texte où la montagne et les brouillards renforcent le malaise mélancolique. Puis la folie, la fontaine glacée la nuit, la jeune fille que Lenz tente de ressusciter: sa topette à lui , il l’a recouverte de cendres.

Ce matin expositions Bacon puis Boltanski. Ce qui est curieux c’est mon interêt moyen pour Bacon. Par contre lui je l’aime, qui parle et répond à je ne sais qui. Il est très sympathique et sincère. C’est drôle quand même ces peintures devant lesquelles je ne m’éternise pas. J’aime bien les pièces dédiées à la lecture, Eschyle, Bataille… J’achète le Buchner à la sortie.

Boltanski. Ce que j’aime le plus est la petite vitrine avec les pièges; sortes d’objets magiques hérissés d’aiguilles. Tout le monde est parti après notre tentative d’aller au musée des Gobelins. Le GPS annonce 1h2O de route ( 9km) et on rebrousse chemin. Suis seule. Suis bien. Les oiseaux s’agitent. 6 oeufs dans le nid, mais je crois qu’ils sont abandonnés.

Partir dans quelques jours aller à l’école? Regarder la distance entre La Rue et Viviers.

Biographie de Howard Hawks.

Pas mécontente du rangement dans le maison, du gros sac pour emmaus. Bientôt vider la cave.

notes

Francis Willugby

Le rappel des oiseaux

Le rappel des Oiseaux/ Film documentaire/ funérailles et vautours/ « L’été 2009, je voyage dans une région de Chine peuplée de Tibétains, le Kham. Le hasard me donne l’opportunité d’assister à une cérémonie funéraire où le corps du défunt est offert en pâture aux vautours. Après avoir hésité, je décide de filmer cette épreuve qu’il me semble nécessaire de vivre. Questionner ma condition de touriste, d’étranger. Ce à quoi j’assiste appelle des images d’une telle puissance mythique et existentielle qu’un lien profond peu à peu m’attache à ces hommes et à leur gestes immémoriaux, très simples, répétés à l’infini. Le film rend compte de cette expérience, incarne ce qui m’a fait entrevoir un rapport à la mort plus concret et plus existentiel. Ce qui m’a fait passer de l’effroi au deuil, du spectacle au partage. Partage que je prolonge par le dialogue que j’entretiens avec un interlocuteur tibétain au sujet de ces images. » (Charlotte Garson)

Opalka /le Sfumato d’une existence.

Histoire du visage / exprimer et taire ses émotions / jean Jacques Courtine…

Regardé dessins de Fred deux/ Henri de Sainct Didier/De re militari libre /Arbeau, Thoinot (1520-1595).

Orchésographie et traicte en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre , practiquer l’honneste exercice des dances par Thoinot Arbeau. 1589.

Nobilta di dame del Sr. Fabritio Caroso da sermoneta : libro, altra volta, chiamato il ballarino 

Kellom Tomlinson, The Art of Dancing Explained by Reading and Figures

5 décembre, grève promise

Opalka

Terminé Le Chester Himes, pas jeté un oeil sur l’Histoire secrète de Procope. Bonne journées au Fonds Maciet avec les étudiants. J’en profite aussi pour regarder les albums dédiés aux fontaines. Réunion à L’INHA pour le comité scientifique du festival d’histoire de l’art de Fontainebleau. Puis réunion aux BA/ Comité d’acquisition. C’est intéressant , c’est le milieu histoire de l’art plutôt. Cela prend néanmoins du temps plus la carte de voeux des beaux arts en deux temps trois mouvements.

J’ai envie de marcher dans les rues et de ne rien faire, de respirer comme on l’a fait un petit peu hier en allant au château de Christophe. Il s’agissait d’évaluer la distance de la fontaine par rapport au château. Je ne me rends pas bien compte de ce que cela va donner. Ca ne m’inquiète pas trop mais…On s’est réchauffées près de la cheminée. Tout est en travaux mais ce sera très beau. Voir de l’herbe, voir des arbres. Miam

Côté oiseaux, il y en a un qui est assez gros dans le nid mais il n’en sort pas. Est ce normal? Il va bien falloir qu’il vole un jour. Il y a 3 oeufs je crois mais rien ne se passe. Comme je n’y connais rien j’attends.

Un type avait un carnet de dessin , debout là dans la rue à moitié hilare, une vieille dame tenait par le bras son fils sans doute a moitié hébété, des gens maigres au visage tiré, des gens qui sentent mauvais, mangent en fourrageant dans des papiers, des bouts de restes. En bas à côté des poubelles, c’est pareil. L’équipe de tournage a laissé une caisse d’entrées présentées dans des petites boites en bois. Le gâchis .C’est un désastre ce laisser aller et cette saleté, cette misère.

Je passe d’assez longs moments à regarder les oiseaux et à me demander si les oeufs que j’entrevois dans le nid vont éclore. S’il fait suffisamment chaud etc. C’est incroyable cette activité qu’ils ont elle et lui. Ca n’arrête pas un instant. Il y a un incessant besoin de « faire ». J’ai rajouté du crin et les voilà à nouveau en train d’en picorer des brins bien spécifiques , des sortes de petits morceaux de coton.Et ça vole , ça vole. Ils se relaient dans le nid.

Hier exposition Luca Giordano. Incroyable ce qu’ils ont fait venir. Sincèrement ce n’est pas un artiste qui m’émeut beaucoup. Sa peinture religieuse à vrai dire m’ennuie. San Gennaro et la peste etc… Seuls les sujets mythologiques ou traitant des métamorphoses m’intéressent finalement. Arachnée n’est pas un tableau que j’aime , cependant la toile d ‘araignée et les deux mains sont assez fascinants ( morceau peu visible car ça brille ) . On voit, en fait, là, une machine à peindre, une machine à commandes. Propagande et politique. Virtuosité bien sûr mais je n’y vois rien de ce qui peut me faire chavirer ( Pontormo, Le greco, Piero di Cosimo et tous ces artistes bizarres, râpeux, singuliers, excessifs. ) Bref. La visite était plaisante avec très peu de monde, un coréen qui méthodiquement photographiait toute l’exposition sans regarder aucun tableau. Clac le tableau, biz la notice. Incroyable. Les petits formats semblent plus intenses que les tartines. J’adore la sculpture de Lorenzo Vaccaro et allant y regarder de plus près je m’égare ( comment arriver là où j’ai atterri, mystère ) je me laisse prendre par le net et me retrouve à la Factory de AW.

Sortie par la galerie des sculptures. Hou Lala . Comme c’est moche mais j’adore ça, le style troubadour, les artistes pompiers, l’académie, l’excès ! Par contre Ming , c’est affreux. De près une horreur. Il est assez balaise je le reconnais et a su transformer sa pratique chinoise académique ( portraits géants de Mao etc …) en quelque chose qui séduit , qui est spectaculaire, pas de doute.( l’exploit, la ressemblance, la taille XXXXL des pinceaux. Tout un bazar exotique à mon sens, tous les attributs clinquants d’un génie qui se sent du niveau de Courbet. Bon il a trouvé son rayon: L’histoire. Ya une grande tartine qui n’est pas mal, j’ai eu la flemme d’aller voir le titre. Une sorte de paysage fantastique.

On a diné au Rond Point, calme à 21 h car « ils » sont au spectacle. Finalement je ne vais au Rond point ( très rarement ) que pour manger un cheese burger moyen. Plus jamais de spectacles. On rentre en taxi, et la fille noire et sympa avec un accent terrible m’appelle Cocotte au moment de payer. Je dis que Cocotte veut bien sa monnaie. Je n’en ai pas.Et moi de répliquer: Cherche bien Cocotte. On a ri.

Levée tôt ( en rentrant on a regardé un dessin animé de Tintin !!!!) et ça m’a fait plaisir, comme un apaisement régressif. CA y est je sais comment je suis arrivée à Wharol, par San Gennaro, la mitre , les objets votifs et le Musée de Pittsburg dont l’exposition actuelle réunit des oeuvres ayant clairement à voir avec la religion.

froid/

Un rat au dents pointues me saute dessus et m’arrache la lèvre inférieure. je hurle, je me tiens la bouche, j’appelle/ Ca saigne. Le rat est sorti d’une fente sous le four, accompagné d’une araignée aux pattes hautes et qui a un oeil sur le dos. Il y a une vache monstrueuse car elle est toute petite. petite comme l’oiseau qui l’accompagne.

Hier C. nous a montré les  » trucs  » des garçons de café en ce qui concerne le retour de la monnaie. J’ai récupéré le Journal de Pontormo que j’avais commandé et J me dit que le Italo Calvino est épuisé. Je le trouve d’occasion mais c’est très bizarre , pas un en France mais au canada, Barcelone, Allemagne avec des frais de port trop élevés. Hop j’en ai trouvé un. Un café? Oui. 9h.

RV avec A.N qui est la commissaire de l’exposition Picasso Fellini. Moment agréable avec arrivée de BB, de Julien etc….

RAS 8 degrés dans l’atelier avant réparation du chauffage, ce soir Luca giordano et on ira au rond point manger un truc.

Reçu journal de Pontormo. Parcouru Procope/ histoire secrète.

Qu’a t’il vu?

Rêver que je me mets en colère car on ne veut pas me laisser me suicider, c’est ce sont je me souviens. Mais il y en a eu bien d’autres où maisons, jardins, chambres s’assemblent sans raison.

J’ai lancé le sujet des Métamorphoses d’Ovide et suis curieuse de ce que cela va donner. Le chauffage est en panne à l’atelier et c’est un peu dur à vrai dire. Demain livraison de terre et poursuite des maquettes de la fontaine. Suis un peu en suspens. Fini une peinture, commencé deux autres choses. Est ce que cela m’ennuie. A vrai dire oui. Comment bousculer cela? Je ne sais pas. Je ne vais pas faire de la peinture au kilomètre. Faire alors la maquette pour l’expo de G. Quel sera son titre, qu’est ce que je montre? La pièce fait 14 m X 13. D’un seul bloc.

Pris Chester Himes à la bibli, un autre Hammet, un livre sur les labyrinthes, et un certain regard de Sagan. Toujours étonnée d’observer au QG, des scènettes? Un homme vient de diner et n’a pas d’argent pour payer. Il est calme. Il est paisible. N’a rien sur lui, et dit que c’est sa tutelle qui paie ses « conneries ». Il est évident qu’il savait ne pas pouvoir payer et a commandé un repas à 70 euros, ce qui pour ce genre d’endroit est une fortune. Evidemment cela a entrainé des conversations de haut vol, de haut niveau. Il y a au bar celui que j’appelle Carpentier cet il a exactement la voix de celui qui dit sur France Culture: « On n’est pas là pour philosopherCarpentier » et c’est si je ne me trompe pas Das un film de Dumont.

Bon Jupiter veut punir l’humanité.

La vérité est qu’il me semble changer d’âge. Vieillir en somme. Je vais aller voir D. car mon dos, c’est vraiment pénible. Je me regarde et ne me trouve pas et en plus j’ai envie de me faire raser à nouveau et voilà que je suis timorée. Ne plus faire de sport c’est une catastrophe. Le brunch de Dimanche ne m’a pas rassurée. Un tablée de gens assez murs en somme , et presque vieux. Oh la la. CA fait bizarre les barbes blanches, et petits pas.

Note :Je vivrai/ Ovide/ Métamorphoses

Dans la foulée je regarde un autre documentaire, une enfance à L’extrême droite. Le sujet est interessant mais les images à mon sens sont indigentes. On dirait que le ou la réalisatrice en manquent ( troncs d’arbre je monte je descends, archives pas terribles et animation hideuse qui est le fil rouge du truc. Je quitte le navire avant la fin.

La flemme/ Voix de mouches

Je vais commencer par quelque chose qui m’a fait rire hier en feuilletant sur le site de l’Ambrosiana, des pages de Leonardo.

— « Pour mesurer une planète, il faut, quand l’étoile se rencontre en m, que tu fasses un éclair de poussière et aussitôt celui de [celui qui sera en] n fera de même. » 

De la voix. 

— « Si beaucoup de petites voix jointes ensemble feront autant de bruit qu’une grande. Je dis que non; car si tu prenais dix mille voix de mouches réunies, elles ne s’entendraient pas d’aussi loin que la voix d’un homme, laquelle voix d’homme si elle était partagée en dix mille parties, n’aurait aucune de ces parties égale à la gran- deur de la voix d’une mouche. « 

Bien longtemps que je n’ai rien écrit, écrit aussi et perdu ce que j’avais entrepris. Les oiseaux / Je leur jette un oeil/ poursuivent leur oeuvre destructrice: Littéralement déconstruire un nid d’osier. Je vais tout à l’heure me rendre au marché aux oiseaux que j’aime beaucoup pour demander ce qui se passe et ce que cela veut dire.

Cette nuit Johnny Halliday, des téléphones portables, des enlèvements, des parkings dans la boue. Hier c’était NY, aéroport avec une sorte de tunnel terrifiant pour y arriver. A nouveau une ville dans la nuit, puis une grand route, je suis perdue puis enfin un panneau Amiens 4 km et plus tard après avoir emprunté sur ma trottinette des chemins bizarres/ traversée de maisons, pentes très raides….J’aperçois la flèche de la Cathédrale. Ouf. Temps exécrable, pluie de Toussaint et mal de dos. Je poursuis les recherches sur la fontaine. Décide d’aller à A. puis 5 mn après y renonce, découpe des trucs, cherche une documentation; On veut aller au cinéma et le Louxor / Plus de places/ on regarde le site du MET qu est extraordinaire avec les archives des expositions passées. Ce matin je lit dans le magazine du Monde un article sur??? Ex conservateur du Guggenheim , partisan des expositions spectacles, des clips Gillette, des produits dérivés. Je n’aime pas sa tête. Il dit faire ce que tout le monde fera de toutes façons. Hier assez tard après cette visite virtuelle d’armures, dessins, gravures, mode, peinture, sur la 5, L’artiste chinois Ming et ses monumentales oeuvres en Noir et blanc. Le mec ne se déteste pas à ce que je crois comprendre, et enchaine expositions dans les grands Musées de Orsay au grand Palais. Ca n’a pas le charme des grands peintre d’affiches mais c’est de même nature. Ca jette, je dois le dire. Il juxtapose son autoportrait à celui de Courbet et pour en revenir à Johnny, ça me fait un peu penser ( ce type de spectacle ) au mec qui était invité sur les plateaux télés du Samedi soir, à peindre en un clin d’oeil et des deux mains, le portrait d’un chanteur. Atroce !!! Ce ballet aux pinceaux; Mais sommes nous si loin même à Orsay. On a switch sur Gong, ou les nus d’une scène de sexe étaient floues mais pas la séance de sodomie-représailles. Terrible!!! J’adore Gong c’est trop drôle le SM, les méchants, etc… Donc j’ai commencé cette fontaine. J’en suis à la deuxième. Ca m’amuse. Mais je me dis que je manque d’audace et peut être que je ronronne. Une phrase de Bellocchio m’a beaucoup frappée: Il dit que chacun de ces films vient trahir le précédent. Et je pense sincèrement que c’est ce qui devrait toujours se passer.

Quand on a pas écrit depuis un moi, on n’en a plus envie finalement. Je suis en train de Lire « Les carnets de mon arrière Grand-père de Stifert. Les descriptions des paysages, montagnes, gel et neige sont magnifique. Les intérieurs, le bois, le feu et le bien être qui succède aux marches sous les sapins chargés de neige. Un monde disparu, c’est certain. Des oiseaux, le silence, , des grottes et la menace des tempêtes. Ai réservé pour l’expo da Vinci le 12 décembre ( !) m^me si ça ne me plait pas. Dois aller voir Polke et revoir le Greco, et … Tolkien, et… les cartes peintes. Il y a beaucoup de choses. Puis commencer la maquette pour l’Allemagne. Visite des Gobelins Jeudi prochain. Ca c’est super.Que faire qui puisse m’amuser encore davantage, comment être plus gonflée, moins prudente / Une peinture/ Puis une autre.


Angoisse administrative

Voilà c’est fait. J’ai trouvé tous les numéros. Ceux d’aujourd’hui, ceux de l’avis ( où est -il) et écrit sur celui-ci que l’autre numéro est sur la déclaration de l’an dernier. Bouffée de chaleur puis victoire. Grande victoire.Je pense à ce film de Ken Loach, sais plus le titre où un type ne sais pas comment faire avec un ordi pour la paperasse. Je veux bien le croire. Il faut avoir de l’ordre pour les vrais papiers . Moi j’ai tout mais parfois où? Tout courrier et facture file dans une boite en carton à ma gauche. Parfois je n’ouvre pas. Tiens bizarre que je n’ai pas eu de PV cet été. J’ai fait très attention et me suis rendue à l’évidence que je ne pouvais pas rouler à 150. Bref.C’était drôle en parlant de route de voir le livre de Snowden sur les gondoles d’arrêt autoroute. A côté de Nothomb. Tiens en matière de zone sinistre, un arrêt d’autoroute c’est quelquechose. Domaine di tatouage et du pantacourt et son tee-shirt qui s’arrête ras l’épaule. Je suis méchante. Je râle contre Prada, je râle contre les fringues de marché. En fait je râle contre l’ordinaire et la passivité. Mais, facile à dire LN.

En écrivant mon petit texte pour aider les « médiateurs » d’Aarau:.

LE DON’T SHOW SHOW

J’ai commencé à construire le Don’t show show à partir d’une archive médicale trouvée sur le net. Elle montre des patients atteints de schizophrénie1.J’ai été très impressionnée par ces images. Il est fréquent dans les archives psychiatriques de voir les patients masqués. Est-ce pour respecter leur anonymat, je ne sais pas.
Je ne voulais pas utiliser le document brut, trop direct à mon gout, trop documentaire et c’est pour cela que « j’ai posé la neige sur l’image ». Ceci n’a pas pour vocation de « faire vieux film » car le document lui-même est ancien, mais de prendre distance et de créer un lien avec l’autre film: Celui-ci me représente aux prises avec un masque « ordinaire » et très laid que l’on peut se procurer sur un site allemand.
L’histoire s’est poursuivie sous forme de cauchemar pourrait-on dire ou de vision. Le rêve fait vivre des scènes sans logique apparente, mêlant espace et temps, morts et vivants. Le grotesque se mêle à des réalités brutales, les images sont tantôt précises, tantôt confuses, sans ordre apparent.J’aimais bien l’idée d’un show, d’un spectacle absurde qui voudrait ne rien montrer, ou montrer sans révéler. ( iI met en scène un personnage assassiné observé par deux miroirs). C’est l’absurde et inutile crime d’un mannequin sur sa table d’autopsie. Tout est faux et on ne sait pas si les images lumineuses sont les dernières visions d’un être sans yeux. Avant cette salle sombre il me fallait une introduction joyeuse avec ces bustes qui n’ont rien d’antique mais m’ont toujours fascinée lors de mes voyages en Italie ( empereurs, figures de pouvoir etc) Ici évidemment les têtes sont des sortes d’emoticon-fleurs, sans rapport aucun avec des représentants politiques ou des portait réalistes de patriciens!

1.
ABOUT THE FILM

In the early 20th century the psychiatrist Kurt Schneider listed the forms of psychotic symptoms that he thought distinguished schizophrenia from other psychotic disorders. These are called first-rank symptoms or Schneider’s first-rank symptoms. They include delusions of being controlled by an external force; the belief that thoughts are being inserted into or withdrawn from one’s conscious mind; the belief that one’s thoughts are being broadcast to other people; and hearing hallucinatory voices that comment on one’s thoughts or actions or that have a conversation with other hallucinated voices. Although they have significantly contributed to the current diagnostic criteria the specificity of first-rank symptoms has been questioned. A review of the diagnostic studies conducted between 1970 and 2005 found that they allow neither a reconfirmation nor a rejection of Schneider’s claims and suggested that first-rank symptoms should be de-emphasized in future revisions of diagnostic systems.

The history of schizophrenia is complex and does not lend itself easily to a linear narrative. Accounts of a schizophrenia-like syndrome are thought to be rare in historical records before the 19th century although reports of irrational unintelligible or uncontrolled behavior were common. A detailed case report in 1797 concerning James Tilly Matthews and accounts by Phillipe Pinel published in 1809 are often regarded as the earliest cases of the illness in the medical and psychiatric literature. The Latinized term dementia praecox was first used by German alienist Heinrich Schule in 1886 and then in 1891 by Arnold Pick in a case report of a psychotic disorder (hebephrenia). In 1893 Emil Kraepelin borrowed the term from Schule and Pick and in 1899 introduced a broad new distinction in the classification of mental disorders between (termed manic depression and including both unipolar and bipolar depression). Kraepelin believed that dementia praecox was probably caused by a long-terms mouldering systemic or « whole body » disease process that affected many organs and peripheral nerves in the body but which affected the brain after puberty in a final decisive cascade. His use of the term dementia distinguished it from other forms of dementia such as Alzheimer’s disease which typically occur later in life. It is sometimes argued that the use of the term démence précoce in 1852 by the French physician Bénédict Morel constitutes the medical discovery of schizophrenia. However this account ignores the fact that there is little to connect Morel’s descriptive use of the term and the independent development of the dementia praecox disease concept at the end of the nineteenth-century.The word schizophrenia—which translates roughly as « splitting of the mind » and comes from the Greek roots schizein (σχίζειν »to split ») and phrēn phren- (φρήν φρεν-  » m i n d  » ) —was coined by Eugen Bleuler in 1908 and was intended to describe the separation of function between personality thinking memory and perception. American and British interpretations of Beuler led to the claim that he described its main symptoms as 4 A’s: flattened Affect Autismimpaired Association of ideas and Ambivalence. Bleuler realized that the illness was not a dementia as some of his patients improved rather than deteriorated and thus proposed the term schizophrenia instead. Treatment was revolutionized in the mid-1950s with the development and introduction of chlorpromazine.In the early 1970 s the diagnostic criteria for schizophrenia were the subject of a number of controversies which eventually led to the operational criteria used today. It became clear after the 1971 US-UK Diagnostic Study that schizophrenia was diagnosed to a far greater extent in America than in Europe. This was partly due to looser diagnostic…/..

Donc j’ai eu le grand bonheur de découvrir l’homme qui tissait de l’air. C’est pas beau ça?. Je vous le présente. Il s’appelle James Tilly Matthews/  believing that his mind was under the control of the “Air Loom” – a terrifying machine whose mesmeric rays and mysterious gases were brainwashing politicians and plunging Europe into revolution, terror, and war.

Je lirai le tout un peu plus tard mais ça me plait.

Nécrologie

Et bien non ce n’était pas un rêve. Robert Marchand est mort. Que dire. Que l’on a été proche / Il était professeur d’  » éléments d’architecture » aux beaux arts )et que sa personnalité était très particulière. Tout cela ensuite m’a ensuite lassée ( la guerre contre tout et tous, la paperasse, les notes , les dossiers, les procès, le plaisir de la procédure et le tout le monde est un con ) Notamment ce qui m’a fâchée, et là j’ai décroché, c’est l’accueil lors de fête des vendanges dans le sud. L’horreur. Suis partie vite fait. Bref.

Ça fait 1000 ans …

The don’t show show/ Aarau 2019
I HÂTE MY PAINTINGS
JE DÉTESTE MES PEINTURES
I HATE MES PEINTURES
JE DÉTESTE MY PAINTINGS

A vrai dire je n’avais pas depuis Juillet envie d’ouvrir l’ordinateur ( au moment où j’écris, c’est la pluie et les deux oiseaux qui piaillent comme des Klaxons, bougent et bougent). Je me parlais en me disant que j’écrivais et quelquefois j’ai noté des petites choses. Que s’est il passé depuis le 20 ou 30 juillet. Beaucoup de choses agréables, de moments plaisants et beaucoup de travail aussi. A vrai dire tous les jours: D’abord au Repenti, dans la chaleur et puis ensuite dans le Forez où l’atelier est immense. J’ai gardé la régularité et à présent j’aimerais partir quelque part sans ordinateur et avec uniquement des livres et de quoi écrire.

La mer? Deux fois. A chaque fois que nous y allons je pense à Anne qui s’est noyée là. J’ai retrouvé dans la bibliothèque un livre à propos de Derrida et l’hospitalité si je ne dis pas de bêtises et n’avais pas vu ( depuis le temps!! ) la belle dédicace . Clara a sorti son album et va chanter bientôt à ce que j’ai compris. Cet été personne n’est venu ( Maria T 3 jours ) et c’était bien aussi de n’avoir à penser à rien, de manger quand on en avait envie, de faire tout ce que l’on voulait. J’ai pas mal écouté la radio et hier je râlais en entendant Finkielkraut et machin là, Regis Debray. Ils sont quand même «  c’était mieux avant ». j’ai plutôt d’habitude, de la sympathie pour l’expert médiologue!!! mais là j’ai trouvé qu’il pontifiait. Et les deux d’être entre eux en parlant de Macron. Bouh. Super agaçant.

Emissions sur Nietzche, sur Truffaut. Réchauffement climatique à fond et si on se laissait aller, entre Trump et Hong Kong on sauterait par la fenêtre après avoir bu un Martini-glyphosate. Les saloperies aussi pour les « pauvres », les aliment dégoutants qu’on leur donne. Quelle honte. Feminicide, Snowden sort son bouquin et l’autre qui arnaque les présidents en demandant des fonds pour libérer des otages. Incroyable! Puis cette peur de l’autre qui va croissant puis… tout. L’affaire Balkany est un épisode plutôt marrant et folklorique dans le genre mensonge à tous les étages. Elle, est terrible.

On a acheté le Monde tous les jours. J’ai découpé des articles sur les abeilles, lu ce que l’ICOM, si je ne me trompe propose comme nouveau vocabulaire des musées ( au secours le ridicule de l’affaire ). Puis on oublie. On oublie ce qu’on a lu, la critique d’un film, les résultats d’une élection, les troubles, le méthane. Une fois, pas de Monde, pas de Libé. Alors j’ai pris Le Figaro. Misère!!! Quelle horreur. L’article sur le livre d’Anne Hidalgo, les réflexions du genre: Le logement social dans le 16 eme rendrait les gens malheureux car ils n’auraient pas les moyens de faire les courses et devraient sous louer au black à des étrangers!!!! Gonflé quand même!!! Puis Yann Moix cette saloperie qui existe on ne sait comment, dont on/je/ ne devrait pas parler. La victime antisémite ( mais c’était avant quand il était bête ) , re le Finkiel qui prétend qu’on ne pense pas par soi même à 16 ans. Oh… Douleur!!!

Quand on revient à Paris ( à peine arrivés j’ai foncé à Saint Germain en descendant à Sèvres Bab. ) ce qui choque c’est l’argent, les vitrines Prada après les vaches et le bistrot local, c’est violent. un fille à la boulangerie, agacée de la lenteur d’une jeune serveuse, levait les yeux au ciel. Une imbécile vulgaire en sac Chanel et baskets en brillants. Mas pas du truc de chez Kiabi. 9a sentait le cher. Je dirais que ça sentait assez mauvais le cher bling, le cher qui démontre que. Passée devant Vuitton où jeté un oeil à la queue devant le magasin. J’ai soupiré aussi dent chez Berluti en me disant , même si j’adore la mode, mais plutôt celle des défilés, mais bazar à quoi ça sert. On en viendrait à désirer un habillement- uniforme pour tous, genre la combinaison de Rodchenko unisexe et en deux matériaux: laine pour l’hiver et coton pour l’été/ Au choix deux couleurs!!! (tiens je n’avais pas lu Tintin chez les Siviets, c’est drôle les méchants communistes ) Bon d’abord ça ferait un peu ambiance Metropolis, mais de toutes façons on en est pas loin. Le pire c’est que les gens ont l’impression de choisir.

Tiens en parlant de ça et sans en parler, hier j’ai voulu emmener R. pour son anniversaire au bistrot des Dames. j’aimais bien cet endroit. Zut. Fermé définitivement. Il y avait un jardin et ce n’était pas mauvais. On a rebroussé chemin et décidé d’aller bourgeoisement au Wepler manger quelques huitres ( il ne vaut mieux pas avoir envie de 4 douzaines parce que … )Bref c’était une petite fête. J’aime bien regarder les garçons ficelés dans leur grand tablier. A notre droite deux jeunes Anglais avaient commandé poulet rôti et escalope panée. Bou… Sans accompagnement avec une bière. Deux coréens se sont enfilés côte à côte un énorme plateau de fruits de mer. Et les américains un peu plus loin à gauche regardaient en sirotant leur coca, des trucs sur leur phone mais avec le son. Cç me rend dingue. Comment peut-on aller au restau pour regarder la télé. C’est terrifiant. Bien sur il y avait le bruit d’ambiance mais j’ai demandé à la fille de bien vouloir couper le son. R. avait peur que je ne sois désagréable, ce que je sais faire. Bon je n’ai jamais reçu de claque, mais par contre j’ai une sorte d’oeil au beurre noir car je me suis cognée je ne sais comment je ne sais où by night. CA fait super mal et ça noircit.

J’ai encore rêvé de la maison d’Amiens dans le noir et ne voulais pas y retourner. Bon je vais lire.

Notes

Il faut s’agrandir pour lire / Victor Hugo

Description: This image comes from “Sylvae Sacrae,” dated 1594, bound with “Solitudo, sive, Vitae patrum eremicolarum”. Saint Zoerarde, also called Saint Andrew Svorad(11th century) practices extreme penitence with chains, and devices to prevent sleep. The names of the artist responsible for the design, Maarten De Vos, and the engraver, Johannes Sadeler I (Jan Sadeler), are at the lower right.

Ce ne sont pas des mémoires. C’est trop tôt. Ce n’est pas un journal. Je ne vois pas assez de choses. Et ce ne sont pas non plus des pensées. Je ne suis pas assez sûr de moi. Ce sont des notes, des notes dont je veux me souvenir et que seul, peut-être, j’aurais du plaisir à relire.  Maurice garçon 1912

Après…il me faudra un flingue

Puisque je n’avais rien de vrai à raconter , n’ayant jamais rien vécu d’interessant, je me suis adonné au mensonge. Lucien de S

Zut j’ai tout effacé. Je disais qu’après un travail intense on était partis jeudi 18 et luxe suprême en train avec la voiture. Paris Marseille 3 heures. Le rêve. presse un peu trop court ( impression de partir moins loin !! )

Je ne me lasse pas de regarder les oiseaux dans leur cage. Le sainte H s’est échappé plusieurs fois , la première quand j’ai tenté de lui couper les griffes ce qui est un peu impressionnant vue la petitesse et la fragilité des membres. J’ai coupé un peu trop et soudain est apparu un minuscule petit point rouge de sang, à peine une tête d’épingle mais qui m’a glacée. On l’a rattrapé. Il s’est sauvé à nouveau comment je n’en sais rien. A présent tout comme l’an dernier, il vole en toute liberté dans le hameau , se repose dans les lauriers qui cette année sont immenses et magnifiques. Il se pose sur la cage. Pas vu ce matin; les fourmis adorent les graines et elles viennent en armées entières pour faire le tri. D’un côté les grains colorés de vitamines. Elles ne les aiment pas. De l’autre les graines. Une semaine déjà que je suis ici. Ouvert l’atelier, rangé mais encore rien fait ? C’est délicieux ces journées à lire et aller à la piscine où hier nous étions 2 !!! La vie du hameau est telle que je l’ai laissée l’an dernier. Ici rien ne change, la doyenne juliette est impeccable, Noa a un corps d’homme à présent, et ce soir nous mangerons la soupe au pistou. Demain, ce sera M et JP qui viendront avec les calamars pêchés cette nuit. ( il ne faut pas de vent ) Reçu un sms de JB pour le film de Nicole et ça m’a fait très plaisir: J’ai pu voir votre film, une épopée vivante avec des moments de grâce incroyables. On s’en parle? Aller au marché lire encore et je recommencerai à travailler demain. Chaque jour j’ai beaucoup dormi l’après midi. J’ai laissé faire sans résister

Mer Samedi et début des activité Les Mayons ( concert de Johnny , soupe au pistou, course de vélo, voisins, rires et chaleur.) Depuis Vendredi je dors tous les après midi. Demain je tente de retravailler.

Commencé à travailler Samedi, lendemain du repas avec les voisins. Le bal de Samedi soir a été annulé. On se serait cru le 11 Novembre sur la place défigurée par les platanes coupés. Les « artistes  » ont remballé vite fait leurs housses à costumes étincelants / Hop dans la camionnette !!!Mais c’était drôle à l’abri de parler avec le pêcheur de langoustes qui en pêche des  » comme ça  » en se bagarrant avec J. qui le taquine en répliquant qu’elles ne sont pas comme ça, mais comme ça en montrant comme s’il allait couper son poignet de sa main droite, une taille de crevette !!!Puis diner avec M. et son frère. Ils ont apporté les calamars miam miam et on prévoit d’aller à la pêche cette semaine. Pour les calamars c’est la nuit, baille-naillt. Je n’y connais rien. Piscine hier flemme aujourd’hui mer ou piscine? Flemme idem. Donc atelier. Je réécoute FC et les master classes. Interessant aujourd’hui, Mouawad. A part cela je lis le dernier Patricia Cornwell que j’ai emporté. C’est une véritable drogue. Je suis presque capable de découper quelqu’un proprement, même si couper le langue est ce que j’aime le moins. Je repère les fibres, vide les estomacs, repère une morsure, une petite cicatrice, un truc bizarre qui ne devrait pas être « là » les empreintes, les montres indices. Je devrais pourvoir intégrer le FBI dans pas trop longtemps. Ça me changera de la peinture.La scie Stycker n’a plus de secrets pour moi même si je trouve la scie manuelle plus élégante:

Hier on a diné le long de la Nationale 7 chez l’italien-épicerie fine à la délicieuse charcuterie, notre voisin d’en face.Délicieux Barolo et baba de Naples.

Note: Chercher des trucs sur les pendaisons.

broken star

broken star

Autre moment sur le boulevard pour aller vers l’atelier j’entends un petit bruit de Solex est un monsieur d’une cinquantaine d’années, la tête enfoncée dans les épaules semble rouler avec plaisir.

Il me rappelle mon propre plaisir à rouler sur mon Solex noir avec mon carton à dessin accroché à l’arrière comme une aile. Au moment où je passe devant un portail vert une peau de banane me passe devant les pieds suivie d’une dame africaine munie d’un petit bâton . Elle râle parce que les gens sont sales et jettent leur peau de banane par-dessus la porte dans son jardin. Un peu avant il y avait une autre banane. Un peu après une autre banane nous avons bavardé et ri et on a fini cette conversation par vive les bananes autonomes . Ce matin un type complètement fou dans le métro qui voulait mettre une balle à un arabe ou à tout le monde à défaut d’arabe. Hier un autre tout aussi maigre et excité attendait sur le quai avec un -comment appelle-t-on ça- avec un extincteur rouge mais l’ancien modèle. Quand la porte s’est ouverte il a aspergé tout le monde. C’est fatiguant cette atmosphère. Aujourd’hui encore aller travailler. Cette semaine va être intense. Coup de tel de jackie Buet qui va faire un hommage à Nicole Stéphane ça ça me rend vraiment contente. Hier Christian au lieu de dire un homard thermidor a dit Un homard Terminator!!!

En allant chercher le drapeau chez l’imprimeur celui-ci m’a offert en me disant j’ai un cadeau: un énorme livre de David La chapelle qui devait peser au moins 3 kg. Je me suis demandé comment m’en débarrasser prise entre le sentiment de gâchis de ces livres sophistiqués, énormes et extrêmement chers. Dilemme: Oser le mettre dans une poubelle ou souffrir toute la journée avec ce truc dans mon sac. J’ai marché 200 m, et avisé une poubelle pour papier car je déteste David la Chapelle et Hop il est allé s’écraser dans le fond.

J’allais dire le décor avance. Mais c’est plutôt l’exposition qui avance. Contente dans la perspective d’avoir un rendez-vous au sujet de Nicole Stéphane pour le festival du film de femme de Créteil. J’ai beaucoup ri en regardant la photo que Christophe m’a envoyée d’un homme de toute évidence juif et qui lisait Picsou à la banque. On aurait dit une image de propagande antisémite.

Il ne (me ) reste plus qu’à savoir le sens de cette installation le Don’t show show. À l’extérieur on peut voir des bustes blanchâtres surmontés de têtes un peu stupides plates en forme de fleur. Les bustes Romains, je les adore aux  Offices au rez -de -chaussée quand on passe le Michel-Ange et qu’il y a tous les moulages ensuite. Et je les adore sur la villa Appia Antica  à Rome. J’aimerais bien les revoir pour moi il est difficile…

Edith, Roger, Jacques et les autres

Sur le boulevard de type découpe un grand morceau de tissu doré on se demande pourquoi.

Devant l’opéra Dimanche un autre faisait sur le trottoir des sortes de gestes cabalistiques si on peut dire…

Un type marche derrière moi, il parle tout seul et je l’entends dire:

—J’aime pas les femmes j’aime pas les vagins qui puent. Agréable… ( Je le regarde fixement. Il a l’air dingue de toutes façons ). À ce moment-là il croise quatre femmes voilées. Je m’arrête car je veux regarder sa réaction. Il les laisse passer puis il se retourne. Reste immobile comme s’il avait croisé la licorne. Il parle seul. Je n’entends pas ce qu’il dit. Dommage. Il est stupéfait. Il doit marmonner de belles saloperies bien racistes.

C’est drôle d’entendre la voix douce de Monory en train de parler de Fidel Castro. J’ai fait affûter les couteaux pour couper le polystyrène et j’ai cherché un papier journal pour les envelopper et ne pas me blesser. J’aime bien cette approche de « l’actualité », des journaux. Lire dans le désordre, le 20 mai après le 1 juillet. Je revis toute une année quand j’arrive dans le Forez en allumant la cheminée. J’adore.

Par hasard je tombe sur le monde du 2 juillet c’est-à-dire hier, ( Date anniversaire de la disparition de Roger Dumas pour mon anniversaire à moi ), et sur le festival d’Avignon. Architecte de Pascal Rambert. Une grande interview de Jacques Weber que j’ai toujours beaucoup aimé. Avec Jacques on a souvent ri, il est vivant. Je trouve que ses choix à présent sont très judicieux. Il aurait pu s’endormir dans une espèce de ronron d’un comédien ogre, mais il a choisi une autre route. Bref.

Suite… C’est vrai j’aime bien lire les journaux dans le désordre et surtout dans le passé. Finalement est-ce que les événements aujourd’hui même intéressent tant que ça? C’est très drôle de lire ce qui s’est passé il y a deux jours et puis peut-être qu’on est moins responsable quand on se dit que c’est fini, qu’il n’y a plus rien à faire. C’est une sorte de lâcheté . Bon je suis lâche. Merci. C’est agréable !!!

J’enregistre avec le Dictaphone France culture !( pour voir )

« et tout de suite braquer dans des discours et on entendu le le plus long de ma vie moi quatre heures sur la grande place centrale.Respiration Ahmed était amène et lui terminer tous les discours par une série de dans voix un plateau »

On n’aura pas forcément compris qu’il s’agit des intellectuels à Cuba !!!!!

Aller à la banque puis filer à l’enterrement d’Edith Scob, ma petite Scoubidou. Zut Zut . Edith on a tant ri ! Tu apportais à la maison ce que tu nommais  » ton Vrac « 


Picasso et moi

David Douglas/ Picasso

Demain RV à l’atelier avec EG pour expo à Barcelone. J’avais fait un projet qui me semble trop sérieux mais que je pourrais intégrer à de nouvelles idées.

Après avoir dit que je n’aimais pas tellement Guernica ( mais Saura l’avait dit avant moi ) que l’anagramme de Picasso était Pascal Obispo, que je n’aimais pas ce mec, qu’il avait bouffé le siècle, qu’il nous avait emmerdé et maintenant étouffé par toutes ces expositions Picasso et ci, Picasso et ça, Picasso … Je me disais qu’en toute modestie j’allais faire Picasso et moi. Tu vois le genre???Titre pathétique s’il en est. Soudain j’ai comme la réminiscence d’un rêve. Hum. Qu’est ce donc??? Je cherche dans ce blog mais ne trouve pas. Ta gueule Picasso en 2017, demi-veste et picassos 2015, Hier exposition Picasso/ Très belle. Bien sûr. Des murs calmes et gris. Des gris très clairs.  Bien sûr/ Mais je ne sais comment dire ma relative indifférence aux périodes bleue et rose. Ce qui me plait, c’est ce qui vient en marge, les petits dessins, les pages de carnets, les photos. Les sujets -arlequins et un certaine douleur, tristesse bleue- ne créent pas beaucoup d’émotion chez moi. Sais pas pourquoi. On en a vu et revu, lu et relu, parapluies et tasses, cartes postales et affiches. … reproduire et reproduire…2018 / J’aime Picasso, mais je l’aime peut-être plus par l’adrénaline qu’il me transmet que par les oeuvres finalement. ( Oui ça j’en suis certaine aujourd’hui ). Enfin je dis n’importe quoi. Nan mais c’est vrai. 14 juin 2016

Picasso et moi c’est mon admiration quant à sa force de travail, sa façon de poser, ses calculs de séduction, sa pleine conscience en permanence de ce qu’il montre de lui.

Alors: Photos de Picasso avec des masques, Picasso sans visage en somme, l’amusement. Le théâtral . La mise en scène de soi.

Les ménines ( transparents ) , Olympia, les bricoles ( cheval, maquette, etc) . Comment ne pas rendre ça prétentieux.

Jean ROCHÉ

Un pigeon est entré cette nuit dans mon bureau pour voler les graines de mes petits oiseaux. En proportion c’est comme si je rencontrais quelqu’un qui mesure 11 m 20 ou quelque chose du genre!!Il est revenu le lendemain et je l’ai chopé dans un coin de la pièce en train de battre des ailes. Le temps passe et je m’inquiète quant à mon départ, au Repenti qui rétrécit.

NOTE

Ornithologie Jean Roché/ Né à Boulogne-sur-Seine, Jean ROCHÉ a grandi entre sa mère, Denise RENARD, qui dessinait et jouait du violoncelle, et son père, Henri-Pierre ROCHÉ, collectionneur de tableaux et écrivain, notamment auteur du roman Jules et Jim, porté à l’écran par François TRUFFAUT.../ Revenu l’hiver suivant à Paris, Jean montre ses flms à Jean PAINLEVÉ, qui dirige l’Institut de Film Scientifique. PAINLEVÉ l’envoie participer au Festival du Film Scientifique de Paris, puis à celui de Bruxelles. Jean obtient un succès d’estime pour la beauté de ses images. François TRUFFAUT les découvre à son tour, les aime, et décide d’en faire un documentaire sous le titre de Vies d’Insectes, pour accompagner le film Jules et Jim.

Hier suis rentrée de l’atelier vers 21 h puis passée à l’anniversaire de Michou avec D. Michou e sa mise en plis blanche à côté de Belmondo et ses cheveux blancs. Ce que j’aime ce sont les serveurs et leur maquillage. Les serveurs qui exagèrent ce que l’on attend d’eux c’est à dire de parler comme des imitations d’homosexuels. France qui mangeait des frites aux Artistes devait se préparer pour aller enfiler sa robe et chanter. Un Anglais venait se plaindre d’un débit étrange sur sa carte bleue . Un autre regardait l’escrime.

Lire des polars c’est être dans une seconde vie. ce n’est pas désagréable. C’est une planque en somme. Il faudrait quand même que je me remette à lire des choses  » sérieuses « .

Vu une étudiante qui se plaignait de la mollesse des profs et du peu de retour. Ce qu’elle m’a dit m’a fait plaisir et c’est agréable de se sentir utile.

 

Mein kämpf en tube

table cet aprem

Cette nuit là, il y a deux ou trois jours j’ai rêvé de façon insensée. De Genève à l’Italie, d’une sorte de campement à New York, une piscine dont l’entrée coûtait 1000 dollars ( mais je vous ai choisi des soins ) Quels soins, ai-je dit en sautant dans un autobus . Plus loin j’ai vu le tube ou rouleau de Mein Kämpf . Etrange. J’avais peu d’affaires. Depuis j’ai un peu oublié, pas mal même mais au réveil c’était très net. Le Mein K. a resurgi à Toulouse après la projection du film sur Nicole aux Abattoirs . Alors que nous attendions la joue à la polenta en buvant un verre de vin délicieux je me suis écriée. Oh Mein K en rouleau!!!. Ca a créé une certaine surprise. Bref. Après midi passée au bord de la Garonne. Je suis restée là-bas avec le Faucon Maltais. C’était délicieux. Puis ce diner très agréable à 3 puis un hôtel anonyme et l’avion le lendemain matin.

J’ai l’impression de reprendre du poil de la bête. La peinture de 7m que j’ai revue hier m’a semblée mieux que dans mon souvenir. J’ai continué à peindre avec un peu plus de plaisir. J’ai cueilli des mauvaises herbes, enfin des herbes qui d’ailleurs me semblent belles, sur le chemin vers la gare. C’est pour mettre dans la cage des oiseaux.

J’ai repris un nouveau polar, R. m’a offert 3 Ellroy. Je lirai Proust plus tard. Un truc tombe dans la pièce à côté. Zefirelli est mort ( qu’est ce que c’est moche ses films ). On a travaillé avec B. cet aprem et ce matin un café sur l’avenue pleine d’enfants pour la compétition annuelle des lycées du 9 émergents. C’est drôle de voir les tempéraments: Le ou la battante, celui qui s’écoute, celui qui cache et court un pas sur deux, celui sui grimace à cause d’un point de côté. Pas la peine à mon sens de longues discussions. Mieux vaut voir quelqu’un à l’oeuvre.

Ca fait du bien de ne plus être aux beaux-arts. Concours Vendredi . Je n’y crois pas. Tout le monde veut ces places là ( et moi, est ce que je veux )

Ah oui nous somme allés dans l’amphi des loges assister à la mise en ligne des cours de Debord que je citais plus haut je ne sais quand. Pour mémoire c’est un professeur que je n’ai jamais apprécié. Sa vanité, son contentement et sa misogynie ont suffi à me le rendre infréquentable. J’allais donc vérifier, constater: Est-il toujours aussi imbu de lui-même ? A t’il changé. Le vieux Monsieur a parlé sans se détester, s’envoyant même quelques fleurs. Bien évidemment l’âge donne charme et douceur a qui n’en avait pas . ( Il suffit de voir le cas de ce bon D’Ormesson . Regardez le dans les archives INA alors qu’il est beaucoup plus jeune… Au secours ) Bref. Je me suis dit, mais je le savais, qu’on ne changeait pas: Ses bons mots, ses citations, ses  » mon grand ami untel ». Pénible mais pas inintéressant pour qui est novice. Folklorique dirais-je. Pittoresque. Un pot a suivi dans les bureaux du directeur. Quelle pluie à nouveau..Et V. qui était assez énervée m’a raconté que lorsqu’elle a présenté J. lui et sa femme ont dit que les dessins étaient faux. Devant J.dont j’imagine la tête. Plus tard je lui ai conseillé de se souvenir de la phrase imparable: Vous dites cela pour me faire plaisir!

Enfin bref si on veut on peut aller sur le Site PSL voir ses cours de 2003. Manque total de générosité en vrai. Et réactionnaire. Oh je peux pas l’entendre là, j’écoute.

Comptez 11 coups !!!!


J’aime bien cette photo, ça sent la pègre et le mac Carthisme, les incorruptibles. Les matches de boxe truqués. Humphrey B. et les ombres au cinéma.

Enfin terminé la grande peinture de 7m50. Hum. Aucune idée, aucun avis, aucun contentement. Est ce qu’elle est dégueulasse? Sais pas. Continué la maquette pour Araau. Idem. Bonne nouvelle pour expo. Mais quoi? Quoi? Je geins, je me plains alors que j’ai l’a chance d’être quand même comme on dit vulgairement  » du bon côté du manche « . Pas vu d’expos. Ni Orsay, ni le Centre Pompidou. Seule la lecture… Rien et la lecture. Suis allée acheter deux pollars comme un mec en manque. Dashiell Hammett et… sais plus. Café sur l’avenue. Les arbres. Un peu frais. Juin déjà. Zut . Partir. Quand? Jeudi soir seule au Louxor pour voir la Palme. Vendredi une pizza à Pyrénées avec V. On a beaucoup ri à la perspective de la venue de J.F Debord aux beaux-arts. j’ai eu deux détestations dans ma vie d’élève puis d’étudiante: Madame Koffman professeur de solfège à Amiens à qui j’ai écrit des années après qu’elle m’avait fait détester la musique et Jean-François Debord, professeur aux beaux-arts/ morphologie.

Je vais donc après lui avoir tiré la langue ostensiblement il y a une dizaine d’année, réglant ainsi de façon un peu minable, mes comptes, je vais aller vérifier si son taux de contentement est égal à la longueur des fémurs et muscles et tendons dont il nous enseignait les secrets, de sa voix grave et snob. ( moi je baillais ). Une telle vanité quand elle existe ( mon grand ami Cassandre, mon grand ami Balthus ), il faut la contempler. Je me réjouis d’avance. V. m’a joué leur conversation téléphonique. J’étais pliée en deux. Bilan j’ai aussi détesté la morphologie. Quel con. Donc mardi vérification. Je pense non pas que ceux qui vont mourir te saluent mais que « ceux qui ne se détestent pas » ( je croyais que l’expression était de Jean-louis mais Marianne dit qu’elle est de R. ) Bref ceux qui ne se détestent pas s’assemblent et il n’est pas étrange que Sfar soit de la partie. Debord, on l’appelle maestro 11 coups, rapport à la sonnerie du téléphone: Comptez onze coups. J’en ris encore. Et les petits beignets à la mozzarella soit dit en passant étaient bons ainsi que la pizza. Je ne crois pas être d’une mauvaise foi totale quant à ce personnage. Plus jeune j’aurais dit un gommeux, genre foulard roulé. Là il est âgé. Bon on verra et si je me suis trompée , mea culpa !!!

J’ai regardé un vieux film de Molinaro ( on l’appelait Doudou, je l’aimais bien ) 1959 avec Robert Hossein qui était quand même assez beau. Et Jacques Dacqmine, j’aime bien, je l’avais oublié…( comme disant R. il ne faut pas s’en faire, dans 20 ans on ne sait plus qui on est et même pour les plus célèbres ce sera 70 ans mais il disparaitront également.) Bref ça a vieilli tout ça.

Prendre un peu l’air si on peut dire sur le boulevard et sa brocante. Ce qui est amusant c’est de regarder les gens. Un vieux qui croque ses dents et qui porte une croix et d’autres amulettes, des bobos, des blocks qui  » rasent  » des Adidas ou font je ne sais quoi pour leur redonner vie. D’où viennent ces godasses qui semblent neuves? Arrêt devant des images pédagogiques: la ferme, l’accident de voiture, le chien écrasé. Ça a beaucoup de charme ces trucs d’écoles primaires , un peu criards, un peu moches. Des chaises genre années 50, des fringues déglue. Un vide grenier dans les règles. Puis un café aux oiseaux et son décor années 50. Bar Portugais à Anvers avec des Portugais et …. un flipper. Je joue mal mais avec mon seul euro mais je gagne plein de parties. Stop au square d’Anvers au retour. Des gens sur des bancs donnent du pain aux moineaux, il y a une boite avec des livres. « Bonne journée, vous aussi « . Passage éclair à la Maison du Saumon pour acheter du tarama délicieux et …. puis au coin de ma rue je dis à R: Ceux là sont une équipe de Bonneteau ça se voit de loin. On les dépasse. Gagné!!! Un des hommes un peu planqué compte une épaisse liasse de billets de 50 euros. Quand je dis épaisse, c’est genre 5 cm. Comment peuvent il pigeonner ainsi les gens??Ca parfait fou de se faire arnaquer comme ça. Roland Garros. Début de match incroyable… Les bêtes absolues. Tiens un peu de soleil.

Toujours la culpabilité si je ne fais rien. AI parlé avec C. et plaisir de se dire qu’on se verra au Rep.

muette

C’est au Fonds Vivant Denon que j’ai photographié cette page car le titre m’amusait. Je n’en sais pas plus. En ce moment un des oiseaux s’acharne sur une branche que j’avais mise dans la cage le jour des Rameaux. Ils ont une activité incessante dans ce si petit espace . Je les adore. On devrait tous avoir des oiseaux, en liberté ce serait mieux et on devrait les regarder sans bouger au moins 10mn chaque jour. Sans rien faire d’autre. Travaillé tous les jours à A. Temps épouvantable. Fatigue ( Est ce lié à la Thyroïde, JC n’est pas repassé voir mes résultats. ) Je suis fière d’être allée travailler contre vents et marées même si je n’en avais pas envie. La grande peinture de 7m est presque terminée. Il m’aura fallu au moins 3 mois. Que c’est long. Tout ce temps à peindre c’est d’un stupide. Travail avec B pour la Suisse. Ouf car j’étais perdue. Il faut que l’on speede car je veux partir dès que possible. Aujourd’hui, rien fait. Trop fatiguée. Lu un peu Annie Lebrun. C’est très bien écrit et ce bien écrit là fige un peu la pensée par sa poésie? Ce n’est pas très clair. Disons que l’on sent le réel souci de la beauté de l’écriture. J’y apprends que Beckman, l’auteur de Vathek que j’ai ici quelque part et que j’ai lu fût élève de Cozens. Elle parle beaucoup d’Acteon, de Sade, du noir et de la sauvagerie.

Ya quoi au cinéma?

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