Sais pas quel titre

J’entends l’homme dire : « grâce à ta crème j’ai une peau de nourrisson ». Ça vient de la salle de surveillance , la SSP I ? (de ma place je ne vois pas la dernière lettre )) où  j’ai aperçu au moment où je suis allée piquer un fauteuil rapé du couloir, une dame allongée. Maintenant je suis garée pourrait-on dire devant la chambre 34 où je ne peux entrer car il y a trois personnes attachées à des fils. J’observe les mouvements/ suis aux premières loges. On emmène où on ramène des gens poussés par un infirmier à l’accent des îles. Pour le moment rien. La couleur mauve du couloir, des petits bruits, une élève infirmière se présente dans une chambre et dit qu’elle est en troisième année. Une porte des sortes de sabots en plastique fluo, l’autre avec des brillants sur du rose. La porte grince, je vois le lino jaune d’une chambre. Elle grince plus fort et un charriot passe à côté de moi. L’infirmière dit « J’arrive dans 5 -10 minutes ». On se fait à tout comme on dit et j’aime assez bien ce no man’s land avec vue sur des portions de lits, des morceaux de personnes allongées. Tuit tuit. « Avalez votre salive Monsieur Poiret ». Une femme rit, on verrouille une porte, on re-ouvre et la porte claque. « Qu’est ce qui a sonné, c’est vous?  » Encore 10 mn et ce sera bon. « J’arrive! Grincement. Je ferme ou je laisse ouvert? »- Vous pouvez laisser ouvert. En fait ça n’arrête pas. Les infirmières doivent battre des records kilométriques. Un autre bruit, pas bruit mais plutôt …. impossible de décrire, un son plus rond qui rebondit un peu. Je ne sais pas pourquoi je me retrouve dans le clocher où m’a précédé Orson Welles et il sera bientôt transpercé -jugement dernier -par l’épée du grand personnage qui tourne et me rappelle la Cathédrale à Beauvais avec son horloge astronomique ( 68 automates ) qui m’impressionnait quand j’étais enfant. . Pourquoi je pense au Criminel juste maintenant. Aucun rapport avec ma présence dans ce couloir d’hôpital, ces passages de chariots, ces cliquètements, rires, bruits de pas… Cela qui m’amène vers les films que j’ai vus récemment, des Almodovar dont La mauvaise éducation et le film de Bellochio, L’enlèvement. Un sujet intéressant, facture classique mais j’ai eu du plaisir à le voir. Par contre Martin Eden de je ne sais quel réalisateur n’est pas fameux ( sauf les acteurs ). Je ne saisis pas ce que vient faire une chanson de Joe Dassin là-dedans ni les autres d’ailleurs. Et les passages réguliers genre archives sépia ne sont pas terribles. J’ai eu l’impression de voir la time-line du film au montage linéaire. Concert de signaux sonores à présent dont un pénible et strident. « L’infirmière va passer. « Non, votre femme doit attendre dans le salle d’attente. » Je vais le dire à ma collègue. Ti -Ta -TI  Ti Ta Ti. C’est par là? Non c’est de l’autre coté…

Arrivés à 10h30 on est rentrés vers 15 h et j’étais soudainement fatiguée. Dormi un peu. Ma récompense a été ce matin d’aller voir au Grand Palais l’exposition Hilma af Klint que j’avais découvert avec Anamaria il y a plus de 10 ans au centre culturel Suédois. Dès le début je râle car l’exposition n’est pas indiquée. Je vois en gros Matisse , Nan Goldin ok j’aperçois, mais pas de Hilma. Je demande. Ok . Entrée d’accord et c’est où? C’est très moche cet endroit. J’aperçois au loin ce qui pourrait être une affiche. Chance. C’est là salle 8 , suffisait de mettre un panneau. Pas d’indication pour la billetterie sans réservation et il faut un ticket gratuit avec la carte culture.

Il y a beaucoup de choses, ça m’intéresse. Steiner, les theosophes, les dessins spirites mais beaucoup de choses ça veut dire trop. C’est bien en un sens. J’arrive aux très grands formats, et mon téléphone sonne. Je rentre en vitesse à la maison, appelle Saint-Louis.

Le Rhinocéros-chien

BRENDAN SMIALOWSKI/AFP

Le rhinoceros était noir brillant- toile cirée neuve et bondissait comme un grand chien dont il avait la taille. J’ai crié. Et dans mon rêve je ne trouvais que le mot hanneton ( que nous avions cherché assez longtemps / mais si! tu sais l’insecte qui bourdonnait l’été autour du saule pleureur et on frissonnait de plaisir car l’été arrivait. Entre parenthèses jamais revu ces bestioles ). Donc dans mon rêve je ne trouvais plus le mot scarabée nécessaire pour la comparaison avec le rhinocéros-chien. J’essayai en vain avec différents procédés mnémotechniques plus modestes que ceux décrits dans l’art de la mémoire de Frances Yates ( que je n’ai jamais terminé je le confesse ). Je colle: Au risque de sa vie, Valerio Camillo ( c’est pas Valerio, c’est Giulio… Pffff) construit un théâtre de la mémoire où est représentée, dans un désordre assumé, la pluralité des événements du monde. Et je repense à Giulio Camillo et au théâtre de Vicenza de Palladio et Scamozzi. J’étais seule et regardais avec émerveillement la scène et la fausse perspective. Bref le rhinocéros. Je ne sais plus ce qui s’est passé et il m’a semblé que cette nuit il était encore dans le coin d’un rêve. Cette fois ci c’était au bord de la mer et je ne suis jamais entrée dans l’eau. J’ai sorti une grande machine à écrire dans le train, pour écrire ce que je suis en train d’écrire. Puis il a fallu que je vide le coffre de la voiture. J’ai quand même gardé les 5 agrafeuses, les pinces etc. Puis sur une gazinière j’ai versé dans une marmite des produits toxiques. Quand je suis revenue tout cela avait pris une forme bizarre molle et compacte. J’ai pris un couteau et commencé avec dégout à faire une incision. En fait c’était un coeur difforme qui battait. Il y a eu aussi un épisode vêtements. Pourquoi ce pantalon en tweed était si difficile à détacher d’une chemise. J’ai réussi en me disant que tout serait déchiré et bon à jeter. Mais… Rien. L’hôtel était en bord de mer et je n’avais pas vu le jardin de l’autre côté. Un nombre incalculable de lapins immobiles occupait le terrain. Bon. Se débarrasser du coeur. Facile à dire. Puis j’i fait un marouflage et il était raté.

Retour de Metz. J’y vois plus clair. Contrariété avec la grotte de Grignan et les types qui se désistent au dernier moment. Il semblerait que ça s’arrange. Et ce matin j’ai trouvé comment faire le sol et vais envoyer les dessins à E. Suis contente.

Je me délecte des commentaires sur l’attitude de Trump face au Roi d’Angleterre dont les discours à double sens me réjouissent. Charles dont la cravate gris perle contraste avec le rouge de celle Trump, si j’osais je dirais que c’est l’élégance et la retenue face à – je n’aime pas le mot mais je n’en trouve pas d’autre-un plouc arrogant et vulgaire. Le moment où il passe devant la reine , lui coupant le chemin pour serrer les mains pourrait être désopilant s’il n’était pas gênant. Et la cloche Trump !!!!! »  «Voilà la cloche offerte par le roi Charles à Trump. La cloche du sous-marin britannique ‘HSM Trump’ qui aida les Américains en 1944 contre les Japonais», a résumé le spécialiste en légende de la photo de l’objet très symbolique. Il a souligné «cette ironie magistrale du roi Charles à Trump»qui a déclaré : «Puisse-t-elle témoigner de l’histoire commune de nos nations et de leur brillant avenir. Et si un jour vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à nous sonner.» Ils ont mangé tout en doré des ravioles aux morilles avec émulsion parmesan, avant il y avait un truc que je ne lis pas bien, des coeurs de palmier avec je ne sais quoi et ensuite une sole et ensuite je ne peux lire que gâteau et chocolat. Ça doit être d’un pénible ces repas, thé et j’en passe . Le roi et la reine doivent bien s’amuser quand ils sont de retour dans leur mansarde. J’aimerais être non pas un scarabée-rhinocéros mais une souris et écouter aux portes. Hop on va à Amiens voir une vraie petite souris de 15 jours déjà, Margot.

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