Noel suite/Manifeste Chthulucene

Brandi Mueller

J’ai donc passé Le 24 décembre seule, comme prévu et comme voulu. La cheminée, des SMS drôles ici et là, pas une ombre qui bouge, pas un bruit, regarder les oiseaux, écouter quelques pétards qui claquent depuis la ferme d’en face. Puis visionnage iPhone-couette de « la vie de Jesus christ  » de Dumont que je n’avais jamais vu et trouvé formidable.

Comment filme t’il de tels visages, de tels corps. Les scènes d’amour rares et animales sont très belles.Tout comme dans le Ptit Quinquin ( je suis un peu agacée à la longue par l’acteur volontairement grimaçant qui me fait penser à celui de Capa dans «  Vous ne l’emporterez pas avec vous « / Titre ? où un associé du politicien homme d’affaire promoteur, tente désespérément d’acquérir une parcelle occupée par une famille excentrique. Il a l’oeil qui clignote, un tic effroyable et désopilant. Bref )

Hier 25 suis montée au Supeyres en prenant les raquettes sans être certaine que ce serait blanc. Mais oui ! La route est dégagée mail il y a plein de neige. Un peu dure à 10H30. Un peu tôt. Personne. Si… j’entend le froufrou sur la neige de deux skieurs de fond. J’ai mes bâtons et je râle car je n’avance pas vraiment ( pas comme dans mon souvenir ) le corps ralentit et je l’éprouve chaque jour et ça me déprime. Cette étendue blanche incroyable, je me crois Paul Emile Victor!.Mais comme je connais le chemin qui n’en est plus un dans le blanc, je sais que je ne grimperai pas bien loin, reviens sur mes pas, resserre ma raquette, enlève mon bonnet et me dirige plutôt à ma droite où toute la vallée et le lointain montagneux est sublime. Des cris au loin ( les lugeurs sont toujours des crieurs ! ) Je me sens bien. Quelques bruyères montrent leur nez. J’aurai parcouru à Peine 5 km.Mais j’avoue que pour une fois je trove que seule ce n’est pas très marrant.

Retour maison, soupe, feu. Je suis bizarrement fatiguée, m’endort près du feu. Me reveille un peu triste. Lis un pet le niveau livre reçu de Daniel Keyes, Les mille et une vies de Billy Mulligan. Eh oui, ce concours qui me casse les pieds, et me prend la tête. Aucune idée, et surtout beaucoup de mauvaise volonté. Je prends les choses dans l’ordre. Voir à quoi cela ressemble et aller faire des recherches. Ce faisant je tombe sur un article à sensations, de ceux que l’on fuit tant ils ressemblent à des gros titres de l’ancien ICI-PARIS. Mais là une image m’attire, un avion au fond de l’eau. Il n’est de ni de Kieffer ( oh là la -autre sujet ) ni de Hirst.

Brandi Mueller , plongeuse a découvert près des iles Marshall plus de 150 avions datant de WW2. Il y a des photos réellement magnifiques. je repense à un avion de Kieffer, à K lui même et sa béquille Paul Celan. Je ne sais pas si j’irai voir cette expo. Sans doute pas; Ce travail ne m’intéresse pas du tout/ Grandiloquence, appui sur les citations des poètes, au Centre Pompidou j’avais vu tout ça en 15 mn. Quelle lourdeur et les articles qui notent les biens: voiture, hélico, plomb, ateliers de géants,bouh… Indigeste comme un réveillon !!!

Je reprends /Mais ce n’est pas cela que je cherche et je suis toujours distraite par des découvertes.

Un article interessant que je note:

« Our task is to make trouble, to stir up potent response to devastating events, as well as to settle troubled waters and rebuild quiet places. » –

Donna Haraway, » Staying with Trouble

« Nous sommes plusieurs à penser, depuis notre coin d’avoine sauvage, au milieu du maïs extra-terrestre, que, plutôt que de renoncer à raconter des histoires, nous ferions mieux de commencer à en raconter une autre, une histoire que les gens pourront peut-être poursuivre lorsque l’ancienne se sera achevée. Peut-être. » Ursula K. Le Guin

Nous sommes constitué·es par des passés qui ne sont pas derrière nous, mais qui sont « le sol sur lequel nous nous appuyons, comme une réalité qui n’est pas inerte, morte ou disparue, mais qui peut de temps à autre faire surface » . Pour le dire autrement : Haraway cherche à rendre visibles les diverses histoires qui se sédimentent dans une situation ou dans un corps. Comme elle l’affirme, « Staying with the trouble est pour moi une formule qui affirme cette évidence : nous héritons de tellement d’histoires que nous avons à apprendre à vivre avec, nous sommes façonnés par elles » . C’est en ce sens que dans un article célèbre la philosophe formulait cette question : « Avec le sang de qui, de quoi mes yeux ont-ils été façonnés ? »1. Quelles sont les histoires que des corps humains et non humains charrient ? Quelles histoires constituent et traversent notre façon de voir le monde ?

Petit tour en ville et achat de ce qui aurait dû être le repas de Noel. Saumon, divers truc qui ont l’air bon. Même deux choux à la Chantilly !!! Pour éviter une invitation, j’ai pretexté un jeûne !!! Tout est bon pour éviter des déjeuners post Noel. Mais c’était très gentil de m’inviter.

Parfois…. ( mon téléphone a sonné… je ne saurais jamais ce suite du parfois !!!)

En passant:

Quoique tu penses, pense autre chose. Quoi que tu fasses, fais autre chose. Le secret absolu de la création permanente : ne désire rien, ne décide rien, ne choisis rien, sois conscient de toi-même, reste éveillé, calmement assis et ne fais rien. » Robert Filliou

J’écoute DoPA sur France Culture: Le cinéma est né impur

Voilà

Ce sera Noel demain et j’ai décidé de le passer seule. Je suis bien dans le Forez, jusque là, neige et soleil intense même si dès qu’il disparait il ne fait pas très chaud dans la maison. Cheminée. Je tente de re-travailler ( suis arrivée le 8 décembre et le temps a tellement filé, et ce qui est terrible c’est que rien ne me manque )mais cette histoire de Montpellier me contrarie, m’ennuie. Je ne suis pas faite pour ce genre de truc. Mais j’y suis. J’y suis. Enfin je n’y suis pas car je n’ai Aucune idée. Tout le monde me dit: Mais si! Et moi mais non !

J’ai envie de lire d’avantage. Je ne savais pas que Losey avait fait un remake de M le Maudit et je l’ai regardé sur mon iPhone, sous la couette hier. Ce doit être un sacrément bon film pour resister à un tel format. Dans ces cas là, je n’y pense même pas et j’ai l’impression que c’est moi la lilliputienne dans une salle de cinema en proportions.

Suis descendue boire un café avec Eve ( Hier j’étais descendue à Saint Etienne et il y avait du brouillard, en remontant j’ai attrapé le VTT par l ‘oreille et j’ai fait un petit tour d’une dizaine de Km, autant dire rien .. Par rapport à… Bref. Il est loin le temps de ICI-Baracuchet par les chemins traversée des plateaux, Les Garniers et redescente à Montbrison.

Je ne connaissais pas les planches de Otto Neurath. Je trouve cela magnifique. Je ne savais spas non plus hier ce qu’était le Bateau de Thésée, ni Max Brückner’s Collection of Polyhedral Models (1900). Je ne connaissais pas Edwin Denby / je ne saurais pas trop quoi en dire mais j’ai vu son visage et bizarrement je trouve qu’A lui ressemblait un peu. Ni plein de choses que j’aurai bien vite oubliées. La preuve est mon étonnement alors que je découvrais, ce que j’avais découvert depuis longtemps car j’en parlais à Andy par mail il y a bien longtemps: Francis E. Dec

En parlant d’Andy, le CND m’a envoyé un mail et je me suis mise à pleurer de dos ( OUF ) . Soudainement qu’on me parle de lui… Ils préparent une expo et du coup j’ai passé la journée à réunir nos mails décousus, interessants et nuls, drôles et fatigués. C’est drôle aussi que je n’écrive plus tant ( cela ne manquera à personne ) mais c’est drôle. J’ai retrouvé mon cahier noir. Le cahier noir est un vieux souvenir. Mon frère ne s’en souvient pas, mais un jour il m’a emmenée chez le dentiste en me disant qu’ensuite il m’offrirait un cahier noir. !!!

J’ai écouté aussi avec intérêt l’histoire incroyable de Boursicot et Shi Pei Pu.

Bon , parlons bouffe. Je me suis achetée un petit service à raclette: Un truc qui ressemble à une dinette !!! Eh bien demain ce sera mon réveillon !!!.

F.R mon étudiant m’envoie de très beaux textes profonds et ingénus. Inspirés je dirais. J’aime sa ferveur de tout jeune homme fou de peinture, malheureux de peinture, peintre.

J’ai faim

Oh le Mont Blanc…

salon d'honneur/ Invalides/ Napoléon Encore/
la Guerre élégante

Je suis repartie Lundi soir à Paris pour la journée aux beaux-arts Mardi, la réunion , puis le vernissage de Napoleon encore où je n’ai pu me rendre En arrivant de la Gare de Lyon, on a diné avec C. et A.L dans ce restaurant « parisien » où je n’étais jamais allée. C’est sympa je dois dire et l’accueil épatant. Par contre je ne sais pas quel est cet alcool délicieux que nous avons bu avec AL??? Misère. Je n’ai l’habitude que du vin et là, c’était l’épouvante. Pour remonter depuis la rue du Mail à pieds, jusqu’à Pigalle, j’avais l’impression de marcher dans la neige !!!AL a râté son rendez vous du lendemain, et j’aurais aimé qu’un Covid encore plus venimeux m’empêche d’aller rue Bonaparte.

EDC m’a envoyé des images du discours dans « MON »grand salon des Invalides qui m’ont fait rire ( voir si dessus le képi du General et mes chaines ) . Arrivée aujourd’hui et après un café au Blue Note avec « Théralène » qui nous raconte l’époque où sa maison voisinait celle de Ulla ( de 3615 ULLA ) … Epinards, Outdoor active ( petite application sans laquelle je ne pourrais me lancer dans les bois ) me voici partie pour 8 km dans les bois et des percées parfois qui me font m’émerveiller. C’est peu clair, il y a une mer de brume avec des ilots et là… Le Mont Blanc. Loin mais bien présent. C’est très beau. La chaine des Alpes et hop le chemin tourne à nouveau dans les bois-j’aurais du prendre les raquettes-je n’ai que les bâtons. Parfois je m’écarte un peu du chemin, m’écarte encore, reviens sur mes pas. Ouf… C’est là.

Quand je suis rentrée, cheminée et thé et Des fleurs pour Algernon. J’aime beaucoup. Cette histoire me rend triste. En parlant de tristesse, j’ai reçu un mail de LS du CND qui prépare un hommage à Andy ( Degroat )et me demande ma participation. Zut. Je pleure. C’est très inattendu nos réactions. C’est pour cela aussi que j’aime Des fleurs…

Impossible de commencer à travailler pour les projets. Commencé un truc, pas sorti la terre de la voiture.

Je crois que c’est presque décidé. Je vais rester ici pour Noel. Je le passerai seule. Ce sera la première fois. Mais pourquoi pas. Hein?

Le voyage à Ivry/DEAD SOULS WHISPER (1986–1993)

Teafor2/Ivry

Partie de Pigalle sous une pluie aussi froide que battante. Il est 13h. Direction Le Peletier et direct et lire jusqu’à destination. Je suis en avance et décide de commencer ce qu’on pourrait appeler une exploration. C’est sinistre. C’est affreux. C’est gris.C’est moche. Ce n’est pas encore glauque. Je traverse la rue, m’avance vers une place, m’étonne du nom  » Promenée » qui indique des sortes de passages, je dirais des coupe-gorges. Je fais quelque photos de ces immeubles en béton , plus pointus que pointus. Des branches d’étoiles habitées? J’en doute. Je regarde le nom des architectes, inspecte, passe sous des arches, découvre une nouvelle  » promenée » déserte ( celle ci ne s’appelle pas Voltaire ), regarde l’heure. Zut . Je marche, reviens sur mes pas, regarde des escaliers, entre dans une galerie déserte et à mon sens abandonnée. Des gars noirs discutent, l’un pisse, l’autre reste sur les marches d’un escalator mort. Je ressors rapidement, tourne à droite . La manufacture des oeillets est indiquée. Quelques bâtiments anciens des années 20 dirais-je, avec colonnes et bas reliefs. Plus loin un gymnase visiblement occupé ( à en croire les mots scotchés à l’extérieur ), des expulsés depuis 4 ans et qui semblent avoir bien froid là dedans.

C’est sinistre mais au fond, je me dis que je trouverais un interêt à ces découvertes si j’étais à l’étranger. Je me souviens soudainement de Vitez et des ses quartiers. Retour vers le lieu d’expo. Je me trompe, ça n’ouvre pas, et pour cause; je rentre dans le métro pour repartir et un message m’indique la bonne adresse. Direction, bonne direction vers l’exposition de Derek Jarman. Pas foule d’étudiants, 3 à vrai dire. Tampis pour eux.

C’est une oeuvre plus qu’interessante et il y a beaucoup à dire sur ces peintures croutes. Ou plutôt rien à en dire. Est ce de la peinture? Chacune alors n’est elle qu’un cri, un slogan englué dans du bitume, un doigt d’honneur à Margaret Thatcher, un bain de sang contaminé? La peinture est elle « contaminante », peinte qu’elle est par un malade du Sida? Cela me fait trouver CY Twombly que je n’ai jamais particulièrement aimé plus élégant que jamais et trop poli. Ecritures, mots, matières, fonds blancs.

Bon suite plus tard, je vais prendre un bain.

De Sèvres à Aubusson

Mercredi / Sèvres

On allume le four. C’est une belle  » cérémonie ». Après quelques réponses aux journalistes, je repars dans l’atelier et décide de commencer ou plutôt recommencer le vase cassé. Le soir c’est  » coquetelle » très bon d’ailleurs et agréable. Ca sent le hêtre et ça chauffe. Il en sera ainsi jusqu’au lendemain soir. Puis ouverture four le 16 novembre. Beaux-Arts, portes ouvertes. Je demande aux étudiants de suspendre leurs vêtements comme dans le  » salle des pendus de la mine ».

Visite de Fabrice Hybert qui vient me parler de l’institut. On rit. Il sait que je ne veux pas mais il insiste. Avec son ami j’ai l’impression que ce sont deux membres du KGB qui viennent me menacer si je refuse. A nouveau un message ce matin.

Invitée à Nantes pour leur événement d’été dont j’ai oublié le nom. Et présélectionnée pour la réalisation à Aubusson d’une tapisserie hommage à Georges Sand. Ce qui poursuit l’année  » patrimoine  » : Les Gobelins, La Socra pour La fontaine du Tremblay, Sévres…

Viviers le 8 septembre. 2021

Mesdames, Messieurs du  « tribunal des Invisibles » !!! ( Consuelo )

Je m’appelle Hélène Delprat. Je suis peintre. Peintre qui s’aventure dès qu’elle le peut du côté des films, de la photographie, des émissions de radio ( France Culture), des interviews , des scénographies , des arts décoratifs. Depuis 5 ans chef.fe d’atelier ( comme on dit ) aux Beaux -Arts de Paris.

Je suis plutôt une lectrice de romans que d’essais. J’adore Thomas Bernhard. Il me plait de relire Frankenstein de Mary Shelley , La montagne magique, Alexanderplatz, Les cahier de Malte Laurrids Brigge … La littérature anglaise , Virginia Woolf évidemment. Je ne suis pas pour autant passéiste et m’intéresse également à la littérature contemporaine.Les auteurs qui me réjouissent? Shakespeare, Cervantes, Jules Verne, Hugo et Dumas, … Ce que j’appelle romans avec «  du vent dans les voiles « . 

Pour finir ce bref portrait, je ne suis pas une « chasseuse de projets » et suis tombée par hasard sur cette proposition de tapisserie- hommage à Georges Sand.

&

George Sand / Hasards. 

Hasard 1

Préparant ce courrier, j’ai retrouvé dans ma bibliothèque du Forez, Consuelo, probablement lu il y a cent ans ! A l’intérieur une fleur jaune et quelques phrases soulignées qui me font sourire. 

« Il avait vêtu son grand incognito et endossé son habit couleur de muraille: aussi ne l’ai-je pas reconnu du tout … »

et encore 

« Faites lui prendre  des gouttes d’Hoffmann , que diable! » 

Hasard 2

Où l’on découvre que le château quelque peu carton pâte découvert il y a quelques jours dans le Forez en revenant du Puy, n’est autre que Le château de Rochalembert décrit par George Sand.

« Monsieur, une femme qui compose est semblable à un chien qui marche sur ses pattes de derrière. 

Ce qu’il fait n’est pas bien fait, mais vous êtes surpris de le voir faire. »  

Une chambre à soi. Virginia Woolf 

George Sand

Si je pense à elle c’est une image un peu conventionnelle qui me vient à l’esprit, une imagerie. Tout le contraire de ce qu’elle fût ! Et ça ne me déplait pas même si je sais bien qu’elle ne peut être réduite à ceci, une caricature comme celle de l’éventail du musée de la vie romantique: Son nom masculin, sa coiffure, son dandysme, ses amours, ses engagements, sa liberté. De quoi écrire une biographie un peu ordinaire dans le style des Vies passionnées !! Je pense aussi à l’ambiance du film  Lola Montes .

Le Petit Théâtre de Nohan m’intéresse particulièrement.

Avant l’été j’ai visité l’exposition Tempêtes et Naufrages, et voulu revoir au musée un objet discret qui m’avait fait grande impression : Un bracelet en cheveux ayant appartenu à George Sand. 

Entr’acte/ Tapisserie et tapis / Commande Gobelins 2019

Je joins ici les deux projets, un tapis et une tapisserie, suite à une proposition de la Manufacture des Gobelins. La réalisation commencera prochainement.

Georges Sand /Hommage

J’ai tenté par ces images de tapis et tapisserie pour les Gobelins de m’éviter un long discours quant à mon grand intérêt, enthousiasme et appétit pour votre projet long-format, long -métrage pourrait on dire !!! 

Je dois préciser aussi que mes peintures  sont le plus souvent  des grands formats ( voir image du début et suivante ), rarement moins de 220 X 250, et plus récemment de très grandes toiles de 10m. 

Il m’est arrivé de concevoir des « peintures de voyage » sans châssis ( papier marouflé sur toile ), qui étaient présentées avec leur coffret puis roulées.

Pour moi il s’agit non pas d’illustrer mais d’évoquer Georges Sand, de faire en sorte que l’oeil se promène de motif en motif, d’images en matières. Il ne s’agit pas non plus de « reproduire » une de mes peintures. Ce que j’aime de manière générale dans la tapisserie, c’est le fait d’être littéralement emportée dans un autre monde ( ( Je ne peux m’empêcher d’évoquer les Chasses de Maximilien, leur beauté, leur mystère, leur complexité ). S’approcher, découvrir des éléments invisibles de loin, marcher et créer ainsi une sorte de travelling cinématographique. Les tentures, les drapeaux, l’héraldique et le costume ( broderies , ornements, teintures ) me préoccupent toujours. J’aime l’idée de réparation, de reprise.

Quant à la réalisation, et ayant visité les Gobelins, je suis stupéfaite de ce travail lent, silencieux, presque anachronique. 

J’aime la perspective des échanges pour la création d’un tel ouvrage: Discussions sur l’interprétation -traduction des formes , les matières possibles, les couleurs …

Cette année fut pour moi celle de l’ornement sans être pour autant celle du crime !!! : La commande des Gobelins, Marcello, Dove sei? fontaine monumentale pour la Résidence du Tremblay/ Galerie Christophe Gaillard, l’invitation pour Napoleon encore ! où j’ai pu réaliser dans le Salon d’honneur La guerre Elegante : Grandes médailles, fausse cheminée, peintures et drapeaux métalliques dont les pointes de hampes sont en verre soufflé.  

Il y a eu aussi  Sèvres, 13 vases à « décorer »  pour le Grand Feu 2021.

Montrer la tapisserie

Une chose me semble particulièrement intéressante est la nécessité de concevoir une structure qui permettrait de présenter la tapisserie. Selon moi  cette structure ne s’arrête pas à un aspect « pratique « , châssis ou autre construction fonctionnels.

J’aime l’idée d’un ensemble ornemental riche . Un cadre ouvragé suspendu par des chaines réalisées à cet effet? Quelque chose de théâtral certainement …

Je vois une sorte d’ossature-architecture travaillée avec le même soin que la tapisserie elle-même, et reprenant des motifs en volume? .  

Comme si on avait devant les yeux un grand ensemble pensé pour l’espace . En quoi est ce « décor «  ? Je l’ignore. Bronze, matériau forgé? Bois sculpté? Résine? 

Est ce un portail ?

Je n’ai que des questions… 

Merci de votre attention. 

Helene Delprat

Ho

Bâle 2021

Me revoici. Impossible de commencer depuis longtemps. Ecrire me faisait le même plaisir que de chercher un code BNP ou d’écrire aux impôts. Ecrire, même si ce sont de petites choses me manque. Je vais essayer de reprendre ce côté là de ma vie et d’être à nouveau régulière. Avant de « recharger » le passé, parler du présent. Les oiseaux sont toujours présents . 3 perruches et deux mandarins. A ce propos j’ai vu un document incroyable: Un oiseau , je ne sais pas son nom est en train de déchiqueter une feuille. Il en extrait la nervure principale qu’il place parmi les plumes de sa queue comme pour la fournir davantage.

Temps très bleu aujourd’hui Dimanche. Pas encore sortie. Je vais partir d’ici peu aux Beaux arts pour voir comment N. installe son diplôme.

Récapitulons:

D’abord de quand date mon dernier post? Ah j’étais à Viviers et avais rendu visite au Rebouteux qui s’était esclaffé en palpant mon dos noué. C’était le 8 Aout . J’étais arrivée le 4. Juillet s’était terminé à Paris et pas au Repenti . J’avais travaillé à Sèvres avec beaucoup de plaisir, m’y rendant chaque jour à velo par les bords de Seine ou parfois par le Bois de Boulogne ( J’avais découvert l’ambassade de Russie avec son horrible sculpture monumentale arrogante ). Le séjour s’est terminé en 100 morceaux, reste d’un vase peint pendant 8 jours et qu’un mauvais courant d’air a tué. X. m’a dit: J’attendais que tu éclates en sanglots. J’ai éclaté de rire. Je suis toujours en relation avec A. nous nous sommes échangés des petits SMS cet été. Je lui ai envoyé pêle-mêle les vaches passant sur la route du bas, un titre de livre,la photo d’un chausson aux pommes ou je ne sais quoi.

J’ai travaillé presque tous les jours dès mon arrivée à Viviers: Peinture. M. est parti aux urgences le 15. Sorti deux jours plus tard. La veille nous avions traversé comme chaque année les plateaux de Barracuchet jusqu’aux Garniers. Heureusement … J’ai donc eu un été pas terrible, limite burn out avec des rages et des moments où je ne supportais pas un SMS. L’envie de ne voir strictement personne. Ca n’a pas été difficile vue la météo atroce. Mais j’ai peint chaque jour et c’est ce dont j’ai besoin au fond. Je le sais. Nous avons fait un grand voyage ( !) au Puy en Velay ( à 50 km !!! ) puis dans l’Allier. Le musée du Puy au bout du parc très 19eme ( avec ses animaux, ses végétaux/…)

ON SONNE.

Vérification des canalisations gaz. J’ouvre et suis très désagréable. Coup classique, le type est déjà sur la chaudière avec un tourne vis. Je sens l’arnaque et je lui dis de déguerpir. Son ton gracieux change. Je perds du temps. Je perds du temps en indiquant sur Chapka ou je ne sais quoi, ce qui est un bateau, un lion, une cerise. Je perds du temps avec les codes, doubles codes; Je n’en peux plus et voudrait revenir à l’âge où la roue n’a pas été inventée!!!

Donc le Musée du Puy en Velay dans son parc. J’adore les Musées de province. Il y a là le Maitre des demi-figures (« célébre pour ses portraits de femmes richement vêtues !!!« ). Le nom me me plait beaucoup . Ecole Hollandaise. Il y a des peintures Péplum avec si je ne m’abuse Vercingétorix, Les Bacchanales ou Hommage à Pan de Baptiste Marie-Pierre 1747 ( Anonyme ) , des grands soldats en bois sculpté, des plaques muletières magnifiques ou LUNES en cuivre doré: Aime Marion , Aime son nom… Des blasons gravés, la devise des propriétaires des ânes ou du Seigneur .Pierre Vaneau/ école française 17 ème/ Bas reliefs en noyer… Une exposition temporaire avec de belle têtes peintes après décollation, des masques mortuaires, un vase grec. Après nous avons pris le petit train des vieux !!! pour passer dans la ville. Ensuite à l’aventure, direction je ne sais où et il a commencé à pleuvoir. Diner à La bête du Gévaudan ( qui n’est pas une adresse inoubliable !!! ) dans une petite ville coupée par une nationale et le lendemain rouler sur des routes désertes, brume sur l’Allier là bas, croiser des pèlerins dans un village escarpé et sinistre. Que d’anciens hôtels, cafés, commerces fermés. Les campagnes françaises dans beaucoup d’endroits sont sinistrées. Plus rien. Si ce n’est les monuments aux morts. J’en ai photographié un à Saillant dans le Puy de Dôme; Une merveille kitch dressée devant un grand calvaire, casque et lauriers de bronze à la base d’un obélisque et croix de guerre colorée haubanée devant. Non plutôt colonne, chaine, flammes. Mais mes monument préférés sont les poilus colorés de la guerre de 14, en plein mouvement. Il y en a un de ce type à Roche et on en croise ici et là. Bleu horizon. On avait l’impression d’être partis très loin. Coup de frein devant l’indication du Chateau de je ne sais plus, où est passée George Sand et où à été tourné un plan ( les escaliers ) de la Belle et la Bête. Une grille, C’est fermé. Mais j’aime ce vrai faux château désert.

En Aout j’ai lu ( si peu lu / Les travailleurs de la mer en version simplifiée-quel horreur- car erreur à la commande ) les Iconophages de Jérémie Koering , suis remontée à Paris en AR pour préparer chez Pinault les journées du patrimoine avec deux grandes peintures de 10 m et un magnifique Rebeyrolle ( de 1978/ On dirait un pan de plaque terrestre ou une cascade, un éboulement un fin du monde, un Courbet) . Je ne suis pas fanatique de ce peintre mais il faut dire que cette oeuvre là c’est quelque chose. Tellurique, volcanique, Enorme.

C’est avec les photo de mon téléphone que je remonte le temps.

Il y a eu aussi la fête à Usson, ses manèges criards, les jeunes filles avec des ailes de papillon acryliques dans le dos,  » deux minutes suspendu, c’est gagné « : c’est superman qui clignote adossé à la boutique des pompes funèbres, avec à des pieds des caisses de bière et de mousseux. Plus loin c’est ULTIMATE qui clignote aussi en vert fluo dans la nuit. Dance PARADISE est purement atroce. Une vingtaine de fauteuils en plastique sur une rangée qui va tourner bientôt devant un décor peint au pistolet . Des sortes de sirènes aux longs cheveux et en mauve un chanteur je suppose. WIN SEXY GIFT. Il suffit de s’élancer avec le poing ou les pieds et de faire remonter un ballon . Des hiboux rouges , des compteurs , des yeux s’allument. Puis il y eut le feu d’artifice que l’on a regardé adossés à la Chenille. Dans le genre il y a eu la soirée BOOM au camping de Saint Bonnet !!! J’aime bien ces ambiances, avec les ados qui restent au bord de la piste le nez dans leur téléphone. C’est quand même une vraie catastrophe cet outil. J’en ai marre personnellement de tout cela. L’image qui suit est une installation de Shilpa Gupta. Etrange

Je retrouve des photos que j’ai faites au pied de mon lit. C’est une catastrophe de chaussures, pantalons et pulls en boule, livres en cours et journal…

NO COMMENT. Filer à la réunion de L’INHA

Note retrouvée+ robot

Le dernier Voyage/ Avignon théâtre Benoit XII à partir de Lundi 19 juillet 2021

« L’un et l’autre doivent être, écrit-il. Il n’y a pas à trancher mais simplement à supporter patiemment les contraires. (…)

Chacun passe par ce moulin, consciemment ou inconsciemment, de plein gré ou contraint.

On est crucifié entre les contraires et on subit un supplice jusqu’à ce que la troisième figure l’emporte.

Ne doutez pas de la justesse de vos deux visages et laissez advenir ce qui doit advenir.

Donnez raison à votre fille quand elle dit que vous êtes une mauvaise mère et défendez aussi Eranos face à votre devoir de mère. (…) Ce conflit apparemment insupportable est la preuve de la justesse de votre vie.

Car une vie sans contradiction intérieure est soit une demi-vie, soit une vie dans l’au-delà – une vie réservée aux anges. Mais Dieu, conclut-il, préfère les hommes aux anges » 

Jung a Olga Frobe qui travaillait sur Eranos

Juillet à Paris. Et peut être Aout.

Attendre et aviser. Pour le moment c’est terminer Unlimited, le livre sur la fontaine, passer au labo et filer à Sèvres. Laisser un petit mot à Annette qui travaille là-bas aussi pour le grand feu. Je pense à elle. Je ne le connais pas. Mais

Mon telephone s’allume: Préparez la rentrée!. je vais tuer une mouche ou quelqu’un , histoire de me calmer. Que de laideur et de business à chaque instant. Entre les images clinquante et horribles du concert de Paris hier à la télé avec le Stephane Bern en bleu roi et chaussures blanches et rouges. C’était la télé Italienne au top 50 de l’horreur, la télé Berlusconi. Mais nous on arrive pas loin derrière.

Hier , l’origine des mondes. Je trouve que la présentation est moche.Les espaces moches. Beaucoup de choses interessante mais un petit sentiment de fourre tout en m’approchant de la sortie. ET pourquoi passe t’on d’une ambiance sombre , à des murs blancs et lumineux ( ceci dit, le blanc ou presque blanc, nous change un peu des murs colorés avec tous ou moins de finesse dans les expositions.

Allez, café.Essayons de calmer cette mauvaise humeur que je traine depuis plusieurs jours. Tout m’énerve…

DOVE SEI MARCELLO

Mercure

Je vais tenter ici une chronologie de mes fontaines pourrait-on dire. C’est difficile. 

1/ La fontaine lamentable

Les premiers jeux d’eau auxquels j’ai assisté étaient lamentables: Un bassin en forme de haricot bleu pâle écaillé. En son centre un footballeur haut d’une trentaine de centimètres. Il marque un but. C’est son destin figé: marquer pour l’éternité un but, corps penché en arrière, jambe lancée en avant. Un jet d’eau médiocre s’échappe de son crâne. On a inventé des tas d’histoires dans cette médiocre vasque de plastique, on a transformé le footballeur en Dieu, Ours, en orphelin. On a tenté de le casser.

Peter Fischli et David Weiss auraient pu intégrer cette scène dans leur ensemble modelé: Suddenly this overview.

2/ Mon oncle/ Jacques Tati

Il y avait un professeur aux Beaux-arts qui était chef de l’atelier gravure. Un grand type qui m’impressionnait un peu. Je le voyais au café près de l’école. Il avait une moustache et promenait son verre . Il était  drôle et assez exubérant. On a parlé ensemble plusieurs fois , de quoi je l’ignore. Je le trouvais très vieux et il ressemblait un peu à une fouine ( après vérification il avait mon âge d’aujourd’hui ). Je ne savais pas trop quoi lui dire. Et lui s’est bien gardé de m’avouer qu’il était Jacques Lagrange le  collaborateur de Tati, qu’il avait dessiné la villa Arpel et le fameux poisson fontaine. 

J’ai toujours trouvé cet objet désopilant. De la somptuosité des fontaines de châteaux ne restait que cet sculpture -fontaine à l’aspect ingénu, et qui se métamorphosait en un accessoire prétentieux dès que la maitresse de maison actionnait le bouton du jet d’eau capricieux

3/ Les griffons du Musée d’Amiens

Je les ai forcément vus lorsque j’étais enfant. Deux bassins de part et d’autre de l’allée et des griffons qui crachent l’eau. Aucun souvenir. 

4/ Au bord

Autour des fontaines on se rencontre, on se repose, on ose se déchausser. Nous avons tous connu-voyageurs, passants, promeneurs exténués- ces instants délicieux. On pensait mourir de fatigue et de chaleur et soudain, là sur cette place la voilà qui nous sauve.. Derrière ce bosquet on l’entend. On la devine. En bas de cet immense escalier la barque nous attend.  Enfin rafraichis, on s’attarde et l’on observe à Fontainebleau un chien assis qui regarde droit devant lui et pisse une eau fraîche Diane au dessus poursuit sa course et se saisit d’un flèche de son carquois. Ce sont les gestes arrêtés qui me fascinent, les histoires figées, les scènes mythologiques effrayantes …Au bassin de Latone c’est la folie et la cruauté du châtiment. Les hommes sont en pleine métamorphose. Les mains se transforment en pattes, puis c’est tout le corps qui devient crapaud .Privé de parole il ne peut que cracher l’eau de sa gueule de plomb doré. .

 6/Evidemment l’Italie, Evidemment Marcello

Tivoli, Villa d’Este ( (j’ai photographié chacune des cent gueules qui crachent l’eau)… Fontaine d’Acteon à Caserta, Rome Fontaine Trevi, Marcello Dove sei? Fontaine des quatre fleuves devant la façade de Borromini… Mercure élégant de Gianbologna,

Mousse, l’obscurité, glouglous mécanismes inventés par les fontainiers . Merveilles hydrauliques…Scherzi d’acqua. Et l’eau coule et coule et éclabousse et surprend … Stalactites, Dauphins, Monstres , Faux rochers, et arbres tordus, Naïades , Palmiers, Dieux des fleuves, crapauds, faunes et Dianes chasseresses, tritons, barbes et muscles, tridents et cascades, colosses, grottes humides, obscurité , monumental décor de pierre et d’eau, de bronze et d’or nous emplissent d’effroi. Voiles de marbre, nudités, vents et orages. Spugnes et yeux de verre, coraux fossiles, laves de calcaire. Les fontaines monumentales sont terribles et monstrueuses, seuil d’un monde divin, grondant et menaçant. Qui sont les Dieux, qui sommes nous.  Des pierres, des mécanismes…Pan et Hercules cachés pour l’éternité.

Ovide et encore Ovide. Pratolino / géant de l’Appenin… 

L’Apennin, le dieu-montagne, c’est un des seuls restes de la villa Pratolino démolie en 1822. 

Gianbologna réalisa sa maquette en terre cuite. Montaigne le décrit ainsi

« Et se bâtit le corps d’un géant, qui a trois coudées de largeur à l’ouverture d’un œil, le demeurant proportionné de même, par où se versera une fontaine en grande abondance « …

« Les descriptions de L’Apennin sont surprenantes : on peut lire qu’il s’agit d’une sculpture créée par la nature elle-même, ou alors que pour le visiteur inattentif c’est une montagne très bien imitée et que la figure humaine n’est découverte que si on l’observe avec une attention particulière.

Les visiteurs de l’époque lui donne une hauteur de 35 mètres de haut s’il était debout..

« Accroupie dans sa niche, recouverte de buissons luxuriants( il serre dans son poing un monstre à tête de loup ), la statue donnait l’impression d’une apparition visionnaire créée par la nature elle-même. »

Le colosse de L‘Apennin est constitué de plusieurs grottes:

« Nous ne décrirons pas avec détail les procédés de construction de la statue, les matériaux dont elle se compose, les trois étages de grottes qu’elle renferme »

 7/Vérité

Incroyables théâtres ou portes de au -delà qui m’effraient je dois le confesser. 

Je crois que c’est cela qui nous attend… après. Aussi vrai que la bocca di verita arrachera notre bras si nous ne disons pas la vérité.( Evidemment Vacances Romaines )

Avril

JE N’OSE MÊME PAS REGARDER LA DATE DE LA DERNIÈRE ENTRÉE TELLEMENT J’AI L’IMPRESSION QUE C’EST LOIN.

on peut dire qu’aujourd’hui est le Dimanche d’après le cambriolage qui a eu lieu vendredi après -midi. porte fermée à double tour et on ne peut plus rentrer. Mon MacBook Pro y est passé, ma caméra PD150 aussi , appareil photo. Ouf l’iMac est là et les disques durs. CA incite à la prudence. J’ai vite vérifié la présence ou non de la bague de ma mère. Elle était là. Ils ont travaillé assez proprement, mais il y a si peu de choses interessantes à prendre. Les livres, pas touché, le petit vase galle, pas touché. Bref. Perdre du temps à chercher quelqu’un pour la serrure, aller au commissariat etc…

UNE PERRUCHE MORTE: C’ÉTAIT COCO-MONTAIGNE, Nommé ainsi car ses soliloques aussi sérieux que fréquents et ses raisonnement à chant haut, l’ont fait ressembler à un sage jaune citron. J’ai scanner son corps tout léger.

J’ai commencé la Biographie de Wittgenstein. Russell, Frege etc, c’est interessant même si la logique n’est pas mon fort ( comme dirait l’autre ). La théorie des ensembles non plus, les mathèmes et autres substances ! lu un petit livre de Bille, Emerencia . J’en ai commandé d’autres.

Cette semaine Invalides, quelques grognements ( tout me semblait compliqué, je me suis fait gronder par la jeune régisseur et j’ai donc mis les choses au pont? )( suite au Covid d’un des artisans/ retard ) puis installation des 3 peintures des médaillons et de la cheminée ridicule. Tout à l’heure arrivée des drapeaux métalliques à l’atelier et peinture. Finir le moule du dernier médaillon. Préparer pour SArh les éléments de la Fontaine. Et la liste pour commander les résines.

Vendredi Sèvres. Lumière très belle, seule. Radio . Musique. Calme. J’en sui au 4 sur 13? Hum. En m’y rendant, j’ai rencontré un type sans pantalon et sans chaussures avec une couverture sur les épaules. Il pleurait à moitié, je lui ai donné 2 euros et il m’a dit avoir besoin de parler. On est allés s’asseoir. J’ai remarqué qu’il n’était pas sale, des pieds à la tête propre, couverture idem. Il voulait me dire le prix des chaussures et m’accompagner à un distributeur pour que je lui donne l’argent. Un Bosniaque. J’ai refusé. Suis partie, puis revenue sur mes pas, avec un billet de 20 euros. Mais il avait disparu. Que ce soit une combine ou pas, le type est mal en point. Apres je me suis dit qu’il devait planquer ses vêtement plus loin. Pieds nus on est vite dégoutant. Il ne l’était pas. Bref.

Temps splendide. Début du décor. RV Mercredi. Marre de travailler. Pas peint encore. A l’horizon: Beaux arts/ Valerie Mrejen LE 4/ Fin Invalides le 3 / Décor-matériaux etc-stagiaire ou pas? -Festival Histoire de l’art début juin. Avant , le premier Mai, fontaine au château.

puis 17 mai concours d’entrée et ensuite les diplômes

Je trouve ces mannequins pour les écoles dentaires incroyables. J’adore. Il y en a plusieurs différents.

Bon je file

Coup de vieux

Moi Mars 2021/ Le pire est devant nous !

Voilà ce que je dirais. J’en ai pris un. Le fait d’avoir arrété le sport arrange rien: Mal au dos et sensation de raideurs. Super. Bref. On y va.

Rêves en pagaille. Chambre 4056 que je n’ai pas débarrassée. j’y retrouve des tonnes de choses à emporter dans une valise et un sac trop petits . Impossible. Où me débarrasser de tout cela. Ces rêves doivent être liés à ces moments angoissants de  » vidages  » de maisons ( Les deux tantes, les parents …. ) Ces milliers de choses qui font une vie et disparaissent d’un seul coup. Je n’ai rien gardé. Seulement la bague de ma mère et son sifflet d’institutrice, les photos dans des boites et ces trucs qu’on arrive mal à évacuer à savoir les torchons et nappes de trousseau brodés. Tout ce temps passé…. Mais quand ils étaient usés j’ai gardé les broderies des initiales. En parlant famille, j’ai retrouvé des Delprat dans l’armée Napoléonienne. 6 je crois. Dont un Jean et un Antoine ( noms de mes père et grand-père et origine sud ouest, comme père et grand-père. )Mon père m’avait raconté qu’un ami de son arrière grand-père avait reçu la légion d’honneur des mains de Napo. C’est drôle ces trucs. Donc cette nuit aussi je marchais dans un champ de boue, gadoue, horreur, peur de m’enliser . J’ai les bras chargés d’affaires. Une personne est plus loin dans le champ et la voyant je pleure . Ne sais plus pour quelle raison.

Atelier retrouvé et apprentissage du moulage avec Sarah qui est en cinquième année. Ca me plait. Comme chaque semaine aussi , je suis allée à Sèvres Jeudi. Petite visite au Musée ( la céramique contemporaine ne me dit pas grand chose à vrai dire) Mais joie de voir les Palissy etc, et des gros gâteaux à la chantilly peinte en dorée. Pluie battante, ambassadeur du japon. Dans le hall qui mène à l’endroit où je travaille il y a un piano à queue. Quelqu’un y joue lors de sa pause. C’est agréable. Pas facile de se retrouver dans les couleurs d’émail. A est là pour m’aider et elle est sympa. Très réservée au début , ça va mieux. Lui ai apporté des jonquilles. C’est incroyable sa dextérité. Elle a passé son enfance dans une ferme.Parcours bizarre. Faut que je lui demande.

Beaucoup de choses à faire. Portrait de Napoleon en cours mais l’affaire de l’esclavage me tourmente, comment en parler discrètement sans gros sabots consensuels comme on le voit en ce moment. En parlant de cela, on a regardé les Cesar l’autre soir. Un truc abominable, on dirait que chaque année c’est pire mais là je trouve qu’on est proche du fond. La vulgarité, la lourdeur… Oh lala . Gênant. Que Capitaine Marlo déboule avec une peau d’âne sanglante puis à poil m’a plutôt fait rire. J’y vois d’avantage un geste Dada dans notre monde rétréci. Mais les blagues ( genre film de cul pour film docu / mentaire) je trouve ça vraiment … Collant. Marina machin n’a pas été terrible, pas plus que Isabelle Huppert d’ailleurs.

J’ai enfin fini le Chateau en forêt de Norman Mailer. livre étrange et plutôt interessant je dirais avec cette biographie fictive de Hitler enfant, ses parents ( tout commence par un inceste ) et ses actes pilotés par un assistant du diable ( dans un corps de SS ) Le bien, le Mal, le diable?Ssi ce n’est pas parfaitement réussi, c’est assez singulier. Le passage des ruches m’a plu, la svatiska aperçue ( mais NM n’appuie pas sur les images marquantes de l’enfance ) / Extrait

NOTES: Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem. Harry Mulisch : L’Affaire 40/61, Harry Mulisch : Siegfried, une idylle noire, traduit par Anita Concas

Quoi d’autre . RV à 13 h en Visio pour le décor. J’y ai très peu réfléchi. L’affaire Napoleon m’occupe entre les drapeaux, les peintures et les moulages. Puis la fontaine à terminer, le RV à la Monnaie de Parie ( j’ai passé tout Dimanche dernier à faire un portrait de moi de 2mn.) Mais c’est amusant. On verra.

SURVEILLANCE RENFORCÉE

Ce matin je suis allée à Saint Thomas d’Aquin. Hub nous a quitté . Je l’aimais beaucoup. J’avais un petit bouquet ( j’aime être le plus petit bouquet dans ces circonstances) Arrivée en avance, il y a un marchand de piano à un coin , une galerie moche à l’autre et en ce moment beaucoup de camions à cause du chantier Science PO. J’avais mis  » mes habits du Dimanche  » Le prêtre était plutôt âgé et une dame chantait. Suis rentrée à la maison et repartie pour le 18 eme: Commencer à parler du décor avec Mao, qui me montre son oiseau qui avance et tourne, sur le modèle des voleries d’opéra. Il a aussi deux écorchés de Ozou, magnifiques.

Cette semaine aussi j’ai revu Jonathan avec beaucoup de plaisir. Comme au bon vieux temps il a partagé avec moi les Rv avec les étudiants. Je poursuis le livre de Norman Mailer sur Hitler. ( horreur je l’ai oublié quelque part. Où????) Ca commençait à m’intéresser mais tout juste. Le temps file. Pas peint depuis octobre. J’ai reçu les médailles commandées. Elles sont un peu petites mais jolies. Et tout à l’heure je suis aller prendre mes deux boites de film: Les enfants terribles en 16mm. Ce qui est drôle c’est que redemandant s’ils avaient quelque chose sur Mourir à Madrid ( parce que je m’étais fait doubler), le Monsieur m’a dit en m’en présentant un autre: C’est lui qui l’a. C’était drôle et comme par hasard aussi dans la vitrine il y avait une pointe de hampe soviétique, avec la faucille et le marteau, la même que celle que j’ai achetée sur eBay. Hier on parlait de Daniele Lebrun, paf je la rencontre elle et Marcel sur un banc au soleil. Je les salue. Lui je ne l’ai jamais beaucoup aimé. Bon. Après on a bu un café dehors sur un banc.

18h:Après l’annonce du reconfinement partiel le week-end d’une partie des Alpes-Maritimes et de l’agglomération de Dunkerque, le Premier ministre devait dévoiler ce jeudi à 18h la liste des départements où la situation épidémique est jugée préoccupante. Nouvelles restrictions, discussions avec les élus locaux, renforcement des traitements expérimentaux… Retrouvez toutes les annonces et déclarations du chef du gouvernement.

SURVEILLANCE RENFORCÉE

Cette déclaration m’a mise de sale humeur. Ce sont des mots d’une incroyable violence. Est on censés s’y habituer???? Je râle. Pas de vaccins, des mots, des sens et contresens Paris qui serait encore bloqué pendant 3 semaines. Oui / Non. Suis suffisamment en retard pour ne pas penser à bouger.

Objectivement c’est pénible. Surtout qu’à 18h il fait beau. Et on a l’impression de rétrécir.

Etant une des 6 sélectionnées pour le concours de la Monnaie, je suis allée cet après midi visiter et aussi dans les ateliers. Quel drôle de monde.

Henri II/ notes

  • Le vendredi, lors du tournoi de lances en public, Henri, très-chrétien roi de France, reçut la lance d’un jeune homme portée droit, un peu en-dessous de la gorge et au-dessus du gorgerin [10], un élément des armes qui ne sert pratiquement que dans les combats singuliers. Sous le choc, la lance brisée en travers comme la queue d’un chou, et en rebondissant a soulevé la partie du casque qui protège les yeux, atteignant le visage du roi maintenant à découvert, comme s’il s’agissait d’un second coup, tandis que le gentilhomme gardait à la main le reste du tronçon. Elle atteignit d’abord la partie entre les sourcils, le sommet du nez et la limite interne du sourcil gauche ; de là elle avança à travers toute la partie inférieure du sourcil droit en direction de la tempe, continua dans les sinus répartis de manière égale en grand nombre [11], s’insinuant entre le corps de l’œil et la cavité orbitaire droite, de telle manière qu’un fragment assez grand, en frappant cette cavité et en laissant de nombreux éclats sur son côté externe, s’arrêta à cet endroit, se tordit sur lui-même et se mit en tas, après que le cerveau eut subi indubitablement un grand ébranlement (concussio). Après sa blessure, le roi paraissait vouloir tomber d’un côté, puis de l’autre, mais finalement il se tint en selle par sa seule volonté, puis, lorsqu’on l’eut déposé à terre, pressé par la foule des spectateurs et des gens qui accouraient, il montra quelques signes de perte de connaissance, bien qu’ensuite il réussît à monter les marches qui menaient à sa chambre à coucher, mais en défaillant. Alors qu’on avait retiré à la main hors de la blessure environ six échardes de la lance plantées autour de l’œil, surtout sur le côté externe, il vomit ce qu’il avait pris lors du déjeuner, puis il vomit une potion de rhubarbe
    et de momie [12] que lui avaient donnée les médecins, et une grande quantité de sang mêlé de pituite s’écoula de la blessure, et comme une bonne partie était aussi sortie des veines de l’anus, douze onces de sang environ furent tirées de la section de la veine, un régime léger convenant aux fiévreux fut prescrit, des lavements d’intestins furent tentés et des décoctions pour rafraîchir le sang et arrêter son écoulement lui furent données à boire. Glissant dans une sorte de torpeur, le roi, blessé si gravement et dans la partie du cerveau le moins accessible, ne montra pratiquement aucun signe de douleur ; les forces de son esprit et surtout celles de son âme parurent également engourdies, aucune fièvre cependant ne s’était encore manifestée. Les jours suivants, comme la blessure était traitée par les médecins, et qu’il sortait de temps à autre de la partie susdite de la cavité orbitaire, des éclats et des échardes de bois, et qu’à la suite du coup, l’os paraissait à cet endroit dénudé de sa membrane et rugueux, les médecins cherchèrent à savoir si la cause de ce vomissement dont nous avons parlé, de cette torpeur et de cet engourdissement pouvait être dans le coup porté à la tête, de telle sorte qu’on pouvait soupçonner à cet endroit une commotion de la substance du cerveau et une rupture des veines. Même si quelques médecins ainsi que des gentilshommes proches du roi interprétaient plus favorablement ces faits et se refusaient à reconnaître une lésion du cerveau (c’était ce qu’ils redoutaient le plus pour un si grand roi), il y eut cependant une consultation entre médecins pour savoir de quelle manière on pourrait remédier à cette lésion, si par hasard il y en avait une. Aussi la consultation porta sur l’usage de trépaner le crâne et sur d’autres fractures du crâne qui se présentent fréquemment, et sur la nature du sang répandu entre le crâne et la dure membrane du cerveau, et finalement, on en arriva à l’opinion suivante, à savoir qu’à l’unanimité, les médecins estimèrent que la trépanation était inutile.
    Puis, au début du quatrième jour, la fièvre apparut, ce qui pour certains paraissait être un argument en faveur d’une lésion du cerveau, mais que la plupart attribuèrent à la putréfaction, qui, selon eux, provenait d’une corruption des mauvaises humeurs plus que de la blessure ou de la lésion du cerveau, en se fondant sur leur connaissance des habitudes de vie du roi et sur l’examen de ses urines. Comme les médicaments purgatifs combattaient cette fièvre avec succès, le délire apparut. Aussi, au fur et à mesure que les signes se manifestaient, on commença à mieux constater la détérioration du cerveau et de sa membrane, et l’espoir d’y porter secours diminua, parce que, de jour en jour, le délire augmentait, les signes étaient de plus en plus manifestes, et qu’il avait ces sueurs et raideurs fréquentes et irrégulières, auxquelles nous voyons
    que vont mourir ceux qui sont exposés aux blessures des articulations et de la tête. Si je voulais en dire plus, je serais obligé de mentir : sur le fait que la blessure était béante de toute part et qu’on aurait pu facilement en extraire les esquarres de petits os et les fragments de bois, et qu’on discuta pour savoir quels remèdes appliquer sur les œdèmes séreux de l’œil et des paupières. 
    Je me contenterai d’ajouter ce qui fut observé après le décès du roi. L’œil gauche, bien qu’il fût très œdémateux, gardait sa faculté de vision intacte car elle n’avait pas été endommagée par une quelconque rupture du continuum [13]. L’os frontal du crâne se montra de toute part sans lésion et intact, bien que le front présentât une enflure œdémateuse. La partie supérieure de l’os du nez était très peu dénudée, et la partie mise à nu était plus meurtrie qu’écrasée. Le côté externe de la cavité orbitaire droite à l’avant apparut dépouillé de sa membrane et rugueux, tandis qu’en profondeur et à l’arrière, il contenait encore une grande quantité de fragments de bois, qui, tels des pals, s’étaient fichés comme dans un cercle de telle sorte qu’une grande partie restait entre cette cavité et la région inférieure de l’œil ; et avec leurs pointes acérées comme des dards, des fragments avaient pénétré dans la dure tunique de l’œil, si loin de la partie supérieure de la cavité orbitaire et la région antérieure de l’œil, que sans cela ceux qui observaient et regardaient auraient cru que la tunique était sans lésion et intacte. Les membranes du cerveau, et le cerveau lui-même jusqu’au front et jusqu’à la cavité orbitaire droite, où on aurait pu croire que rien n’eût été préservé sinon par miracle, apparurent intacts et la dure membrane sans aucun défaut. Mais au sommet, un peu à l’arrière, la partie gauche du cerveau, qui est contigüe à la partie droite, sur un doigt de long et deux de large, était d’une couleur jaunâtre à l’endroit où elle est unie à la fine membrane, et à l’avant, sur un pouce de long, elle était pourrie et déjà suppurant ; et toute la partie gauche apparaissait à la vue pleine d’une humeur séreuse comme de l’ichôr [14], qui se répandait au loin comme si toute la partie voisine devait être gagnée par la putréfaction ou la gangrène. Dans cette partie suppurée, on voyait la dure membrane avec des vaisseaux plus dilatés et plus noirs que partout ailleurs, mais entre elle et le crâne on rencontrait quelques caillots de sang. Le crâne et la peau qui, selon toute probabilité, avait dû être raclée, ne présentait aucune anomalie, cependant une cicatrice montrait qu’une blessure avait été infligée au roi à cet endroit ;
    et la putréfaction prouve ainsi que le cerveau a cogné contre le crâne et qu’il a été ainsi plus commotionné et troublé que ce que le crâne aurait pu montrer. En outre, il ne faut pas omettre le fait que la jambe gauche et le bras gauche sont devenus mous avant la mort, alors qu’en même temps, par toute la région du côté droit on observait beaucoup de signes d’une convulsion qui dura longtemps. Il ne fut plus jamais pris de vomissements, et on l’entendit hoqueter à plusieurs reprises. Tout à la fin, sa respiration devint difficile, et à l’observation il apparut clairement que le côté gauche du thorax peinait. La mort qui survint à la première heure de l’après-midi, le onzième jour, semble avoir été hâtée par la circonstance suivante : sur le conseil de certains nobles, le roi aurait bu du vin auquel on avait ajouté une décoction de sauge et de quelques autres substances plus échauffantes, qu’on lui administrait à titre de potion vulnéraire, ce qui avait accru le besoin de respirer fortement. »

Dolc’ è pur d’amor l’affanno

L’adorant de Larsa

Statuette d’homme agenouillé dit « l’Adorant de Larsa » 
Début du IIe millénaire avant J.-C.  Mésopotamie, Larsa Bronze, or

Le personnage qui porte un bonnet à haut bord, proche de la coiffure royale, est à demi agenouillé, une main devant la bouche dans l’attitude de la prière. Sur le socle, il est représenté dans la même position face à une divinité assise. Une longue inscription indique que la statuette a été dédiée au dieu Amurru ou Martu, dieu-patron des Amorrites, par un homme de la ville de Larsa, pour la vie de Hammurabi.
Une petite vasque à offrandes est fixée à l’avant du socle.

HWV 109a : Dolc’ è pur d’amor l’affanno Air- pour contralto et basse continue.

Le rêve de la nuit se poursuit l’après midi lors de la sieste que je ne peux m’empêcher de faire. Je retrouve donc cet espace: Un appartement Italien ou nous devons aller après l’opéra. C’est au numéro 18 d’une rue au coin et classe correspond au numéro d’une loge. Une vieille prostituée est assise là. J’ m’aperçois qu’il sera impossible à R de monter: Des marches puis une petite échelle et longer une armoire, à nouveau des arches et l’échelle jusqu’au 8eme étage. J’annule la location et nous dormirons à Malbosc qui n’est pas si loin heureusement. Acheter des légumes / J’oublie je ne sais quoi / Il y a un homme que je ne connais pas.Que fait la dedans pas soeur pas vue depuis 20 ans.

Hier voyage de retour pour le moins l’oser. Perigueux Bordeaux/ Mon livre est presque terminé/ La sonate à Kreutzer qui est un ensemble de 3 textes sur l’amour. Tous effrayants dans leur genre, de l’ennui, au crime et au suicide. Billet de premiere classe mais il n’y a pas de première classe. Du monde et me retrouve sir un strapontin inconfortable. 5 enfants ensemble plus loin, importunés par une dame qui leur demande de mettre un masque alors qu’ils échappent à l’obligation. Elle vient s’assoir en face de moi et je me dis que pour la finir d’ennuyer des enfants, de ne pas les laisser vivre eux qui étaient si calmes, le nez dans un bouquin. Je mets mes écouteurs et sors mon nez de sa cachette. Je me dis que je n’ai qu’à attendre un peu. Elle regarde son écran et a un tic au bras droit. Elle l’écarte régulièrement de son corps. En voilà assez pour forger une antipathie, puis elle mort rapidement à l’hameçon et me titille le bras alors que je fais semblant de ne pas l’entendre. J’ouvre les yeux et là c’est elle qui m’a entendue. Bref. Elle descend à l’arrêt suivant et la police vient directement vers moi , la gestapo comme me dit ma nouvelle voisine plus accorte.  » Papiers, billets, vous n’aviez pas de masque ». L’autre m’a balancée. On me menace des 135 euros puis on me fiche la paix. J’ai des trucs au pantalon, et du ciment plein les chaussures ce qui n’arrange rien. Bon, ils me lâchent le mollet je parle de délation et m’étonne de leur réaction quant a ma plainte d’avoir acheté un billet en somme qui n’existe pas. Au départ de paris Bordeaux j’avais également hérité de la place 81 que je cherche encore. Tout cela n’est pas passionnant mais a eu le mérite de faire rire un peu D. qui a perdu H hier. Donc , je n’ai plus rien à lire et recommence au début le Bonheur conjugal sans grand enthousiasme. Arrivée à Montparnasse, je descends. Je m’étonne que les gens restent dans le train. Après Montparnassse c’est l’enfer? Non? Le quai est désert et vient d’être lavé. Il y a le panneau jaune qui indique que ça glisse. Soudainement alors qu elle train est encore à quai , je me rends compte qu’il y a un truc qui ne tourne pas ron; Exact. Je tente de renter à nouveau. trop tard. Nous sommes à … Massy. Misère j’en aurais pleuré. Avec mon lourd sac à dos, mon Tolstoï épuisé, me voilà en chemin désert vers le RER B. Puis pas détaxé, puis métro.

Ils ont bien ri à mon arrivée. Moi aussi . Mais c’était vraiment sinistre. Et les gens qui circulent à 22 h sont soit des travailleurs, soit des SDF qui cherchent une clope ou un peu d’argent. 3 ados de banlieue avec leurs petites jambes dans des survêtes étriqués qui achètent au distributeur des saloperies sucrées.

Goulash. Et au lit. Ce matin réveil à 6h puis rendormie. Mails des étudiants, atelier fermé/ 4 cas covid chez moi on se distingue comme on peut !… Pâtes ce midi. Un livre de Norman MAiler que je n’ai jamais lu. Ca commence avec Himmler et l’inceste… Puis je m’endors profondément.

J’aime bien aller seule à l’hôtel quand je travaille. C’est comme un sas. Je bois une bière en bas, ou marche une demi heure dans Perigueux avant le couvre-feu. Ne dîne pas ou commande un tajine poulet que je mangerai devant la télé. Un truc très interessant sur Arte. Bellingcat , les combattants de la liberté. L’alarme de l’hôtel se déclenche et nous invite à rejoindre les sorties les plus proches. Je m’imagine et laçant mes chaussures que je suis sur le Titanic ( l’alarme a u côté marin ). Je sors tranquillement convaincue qu’il s’agit d’un pas grand chose. Une dame court. Effectivement chacun retourne d’où il vient.

Le brouettes de ciment me rappellent les chantiers de mon père ( DELPRAT FRERE ) et les visites des constructions le dimanche. Allergies au visage. Outils, truelle. Faire les lougliers, sortes de loups romains et sangliers des métamorphoses. On voit que ce n’est pas Circé qui est à la bétonneuse.

Chacun s’active. Il y a le rayon moulage avec la radio genre Nostalgie où on entend Garou qui nous casse les pieds avec Esmeralda plusieurs fois par jour. Gérard Lenormand ensuite, c’est sans doute le pire. Puis je chante moi aussi Allumez le feu ou bien une autre connerie. Le programme musical des métalliers n’a rien à voir . Plutôt Métal, c’est le cas de le dire. Les apôtres de Notre Dame sont allongés, soudés, réparés puis comme un Covid enfermés dans un sac plastique.. Il y a la mosaïque et ma fontaine. Quel bazar. Zut j’ai cassé les oreilles de cet animal qui sera fixé au bord. Je n’aime pas l’oeil des serpents. Les fleurs? ça va. Le monstre? Zut le fontainier dit que les canalisations du bras sont trop fines. Mais pourquoi ne l’a t’on pas su. Sandwich à quoi?.Voici l’atmosphère

Retour en haut