Berk Paris tout sale

Au lendemain de la fête de la musique, Paris est immonde. Une poubelle, partout. Dans le Marais où j’ai rendez- vous à 8h c’est l’odeur d’urine qui est terrible. Partout. On aurait dit une grève de poubelles ( si on peut dire ).Ceete nuit Quelqu’un peignait à l’étage en dessous et quant à moi qui observais tous ces tableaux assez moches et très colorés, j’étais suivie par une sorte de souris jolie. A un moment elle s’est approchée de ma jambe et s’est collée sur mon mollet. Ma peau s’est déchirée et j’ai eu comme une grave brulure après avoir réussi à décoller ce gentil animal. En l’observant j’ai vu que la bête avait un visage d’enfant trisomique ( Misere d’où sort on cela) Puis j’ai appris la mort de PR, copain du Forez . Ce qui est bizarre c’est que d’Amiens nous avons pris la voiture avec ce défunt pour aller prévenir les autres de sa disparition: escaliers, église, chemin, bar dans le village, E. . Je m’engage sur une route et le soleil qui vient de ma droite est extrêmement violent. J’évite des accidents dont un minuscule enfant sur un vélo.

Hier galerie/ galerie HW pour Westminster/ retour maison en tirant la langue. On profite de la clim à la cantine et même si ce n’est pas hyper bon, on y dine. Ouvrir toutes les fenêtres. fermer toutes les fenêtres. La chambre est un aéroport et on pourrait en fermant les yeux imaginer que Romain Gary va décoller. Ce matin Saint louis, RV avec MD, puisRV a sciences PO. 17h train pour Grignan.

Jumeaux

Je ne sais pas s’il vous est arrivé de vous étonner de l’occupation de l’espace de certains. Dans la rue, il m’arrive de m’impatienter car entre guillemets, je ne peux pas doubler. Il n’y a que peu de monde mais la personne devant vous, même mince semble prendre tout l’air. Vous passez sur sa droite, justement elle se déplace vers la droite. Vous tentez la gauche, idem. Pour moi cela se termine sur une impatience de chauffard, j’accélère et fais une queue de poisson. Enfin libre de circuler. Et de me faire rentrer dedans par quelqu’un qui en marchant a le nez dans son téléphone.

J’ai pris à l’hôpital sur une étagère parmi les livres ordinaires déjà lus dans des chambres et abandonnés lors de la sortie ( trucs à la Musso, femme de ménage – sais plus l’auteur ) bref ça m’amusait de faire comme Orson Welles -est ce la légende ou une légende – qui avait trouvé dans une cabine téléphonique ce qui deviendrait la Dame de Shangaï. Comme c’était le Domaine étranger de 10/18 je me disais que je ne risquais rien. Je ne sais pas du tout qui est l’auteur et le livre est dans la chambre. Mais après avoir lu une trentaine de pages, ça m’intrigue. Encore une histoire de jumeaux comme chez Agota Kristof, une histoire d’accordeur de pianos ( c’est le titre ); « S’il est vrai que nous ne pouvons vivre qu’une petite partie de ce qui est en nous – qu’advient-il du reste ? » Pascal Mercier, c’est l’auteur. Jamais entendu parler. Professeur de philo.

Dimanche est synonyme de tentative de ne rien faire. tentative un peu plus réussie chaque semaine. J’ai le sentiment délicieux de transgresser. Etre allongée, lire, ouvrir l’iPAD et le refermer, reprendre le livre. Ces histoire de jumeaux me plaisent-elles parce que ma mère elle même avait une soeur jumelle. Violette. Enfant malade et décédée enfant. J’ai souvent pensé que ma mère en eut la vie affectée. On en parlait presque jamais, parfois elle évoquait cette petite soeur avec beaucoup de tristesse. Ma tante T, la soeur des jumelles, quant à elle a souffert de l’affection et l’attention portées à Violette. Quand à la fin de sa vie elle me décrivait cette photo où l’on voit les quatre soeurs je crois, ( je lui demandais pourquoi elle semblait fâchée ), elle me répondait:- « C’est parce que je ne suis pas sur les genoux de papa. ». J’en étais stupéfaite et essayais de la faire parler davantage. Plus de 80 ans plus tard, ressentir toujours et encore cette déception de ne pas avoir son père pour elle seule. Elle faisait aussi des signes d’intelligence à la photo de ce père en uniforme de 14-18, posé dans son cadre au dessus de l’armoire à glace. C’est dans le miroir que je la voyais envoyer des signaux magique à son père, faire des petits mouvements de doigts, des frétillements. Après sa mort je ne suis jamais retournée rue de l’école maternelle? Je m’en veux un peux d’avoir cessé tout contact avec la famille qui s’occupait si bien d’elle? C’est comme ça. Pourquoi, je l’ignore. Laisser des gens sur le côté, les abandonner en quelque sorte et sans vraiment de raisons, je l’ai fait.

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