
Anonymous Neapolitan Painter, 1620 ca. (Circle of Maestro dell’Annuncio ai Pastori) c. 1620,
Portrait of a gentleman with a necklace of shells (here identified as Fabio Colonna), oil on canvas, cm 46 x 35,5
"Dans la vie on devrait tout essayer sauf l'inceste et la danse folklorique" Christopher Lee
« C’est comme si je me sentais plus léger en notant tout sincèrement » – S Maraï

Anonymous Neapolitan Painter, 1620 ca. (Circle of Maestro dell’Annuncio ai Pastori) c. 1620,
Portrait of a gentleman with a necklace of shells (here identified as Fabio Colonna), oil on canvas, cm 46 x 35,5
« Il rencontre un homme habillé en noir venu des profondeurs de la campagne.Cet homme se présente en disant : j’étais d’abord un rocher, une grande montagne. Puis je suis devenu un arbre immense; J’avais autour de moi des autels et des prêtres. Puis je suis devenu un lion et je terrorisais la savane. Maintenant je suis un homme et mon nom est Dante »
Carlo Ossola d’après Victor Hugo
Dante comme exemplaire humain qui concluele parcours de l’évolution
Ezra Pound / TS Eliot / Joyce lecteurs de Dante
ventoline
On devait aller au théâtre. Et R. n’a pas bien dormi me demande si ça m’ennuie de « remettre ». Youpi me dis-je en rentrant de faire des courses au coin. ( Je n’étais pas retournée au supermarché du coin depuis les vacances d’été.)
Donc casa. Chouette. J’aime de moins en moins sortir en fait. Sauf avec des amis très proches.
J’ai travaillé à A. depuis 11h jusqu’à 18h. Rien de terrible. Posé sur le fauteuil des choses qui m’empêchent de m’y asseoir. ( La correction automatique demande une vigilance extrême. On voit nettement le conventionnel du langage avec impossibilité d’argot ou de nouveaux mots…. )
En rentrant quelques SMS et un mail arrive alors que je regarde mon iphone dans la cuisine.. C’est un commentaire WordPress concernant cette page de 2010
« J’ai vécu la même chose au Mont-Dore en costume de feutre blanchâtre…Votre Docteur, était le Docteur André Debidour, mon oncle. Celui de la photo au milieu effectivement mon père chirurgien, Henri Debidour à Saint Pierre et Miquelon. Henri était né en 1907 et André en 1909. »
Ca me fait très plaisir et je trouve dingue que la vie puisse se reconstituer ainsi. Des bouts qui surgissent. Un homme qui m’a soignée et fait dessiner. Là en live pour ainsi dire. Qui est Sybille au nom parfait dans cette affaire !
Le matin j’avais RV aux Beaux-arts ( c’est assez désert cette école parfois-on dirait le souvenir que j’en ai sans les gens )
J’ai proposé 3 trucs pour les voeux: Une image plutôt de documents au sol/ proche de ce que je propose aux étudiants, une image ou je montre , visage masqué un personnage dessiné sur du plastique transparent, une image ou je baisse la tête en mettant mes doigts de chaque côté de ma tête pour faire les cornes et à côté est écrit New Teacher. Ils ont choisi la 1 et la 3 qui les a fait rire.
Hop un café à la palette où je feuillette le livre que vient de me donner Nicolas. Editions des BA: Monory. Tiens à côté il y a Klasen qui parle de lui et d’expo; Je n’aime pas beaucoup Klasen. Je n’aime pas son travail. Et lui non plus je crois. Mais je ne le connais que de loin. Bon bref et j’étends la dame face à lui qui dit assez fort:
— Regardez ce que lit le garçon à côté … C’est drôle.
Je ne bouge pas d’une oreille et à l’intérieur je fais GRRRRRR. C’est ENCORE moi le garçon! Je lis Monory.
Monory c’est quand même plus rock que Klasen. J’aime Monory. Le type, son dandysme, sa voix. Je regarde un peu le livre ce matin ( éditions des Beaux-arts de Paris )en buvant mon café. Il y a des textes super. Il dit des choses intéressantes. Simples. Humbles ( c’est un vieux mot Français humble !!!!)
A arrive en retard. Au téléphone :— Je ne sais plus où je suis…
Uns quiche et un délicieux sandwich jambon pour moi.
Après avoir montré à A., la vitrine chez Pièce unique où l’on voit ce que je décrivais hier ( la femme à barbe de Sorrin et qui me plait ) nous sommes passées à la galerie. C’était fermé ( d’ailleurs toutes les galeries ont un air d’abandon et d’ennui/comme un temps qui se finit et ne sait pas ressusciter)
Bref par la vitrine on voit les boites de Sorrin et là c’est super moche et daté; on dirait des objets anecdotiques et amusants à vendre. C’est le cas. On passe. Direction La Monnaie tout à côté. J’aime McCarthy. Mais là c’est très ennuyeux cette fabrique de chocolat. Et puis, c’est un peu short:
—Ya que ça ?
Oui ya que ça. On se photographie devant le grand miroir face à la sortie. En fait le miroir est ce qui m’émerveille le plus dans cette boite de chocolat ou des jeunes gens à perruque blonde ( plus gracieux je dois dire que le désagréable Guillaume Dustan reçu par Ardison avant sa mort qui surviendra en 2005 ).
A. achète chez un bouquiniste des planches représentant des oiseaux. Et je décide de l’emmener au centre Pompidou pour y voir Boiffard.
—Après je file, je te laisse d’accord? Je vais travailler. Et on se retrouve vers 19h
Ouf. Enfin une exposition digne d’intérêt. Dès que l’on rentre on se sent en terrain » intelligent » et sensible. On se sent à l’abri de la médiocrité mais aussi on recule dans le temps.La présentation est fine et peu démonstrative. Tout y est juste et sobre.

Vélo. Respirer. Savourer tout. Réfléchir car je suis dans ce trou, dans cette trappe où il ne se passe rien et où je ne sais quoi faire. Peindre, ne pas peindre. Peindre quoi et pourquoi et Merde. Et quoi faire d’autre et….
En rentrant je vire et tourne. L’ordi. L’ordi. La barbe.

Je trouve enfin sur le site du collège de France un type étonnant qui parle des Ménines. C’est Francisco Jarauta. Il raconte bien, prend des temps, montre des détails, parle du tableau représenté et dont on voit le dos, qui a la mesure exacte du vrai tableau.
318cm X 276cm
Est ce que c’est Daniel Arasse qui parlait d’un anneau au doigt d’une des Ménines. Maria Barbola?
Il parle de l‘Aposentador. De la chambre du roi et du fait de pouvoir y entrer. Il parle de Velasquez qui » ne dessine pas « . Il parle de Poussin qui disait que Caravaggio était venu sur terre pour détruire la peinture. Et de Théophile Gauthier qui demande Où est le tableau!.
Bref. Je suis bien-je stoppe un instant et vers 19h prends un verre de vin. Parfois l’accent espagnol de Jarauta m’empêche de comprendre, mais c’est vraiment intéressant. Je vais partir d’ici une heure. Puis je me dis que cette invitation, à quoi bon? Ca me barbe. Boire et parler. Ca va.
Libération totale. Je décide de rester à la maison tranquillement. Ah, c’est bon ça.
Hier promenade avec A.
Carte voeux
Bière avec T
Viet
Je m’étais trompée de jour pour l’expo Jeff Koons et y avait donné rendez vous à 3 amis. Me suis retrouvée sans le bon carton. Le VIP quoi. Le VIP je ne l’avais pas. On a ri à l’entrée, moi j’ai dit vous me laissez passer et on n’en parle plus. On en parlerait encore si José Alvarez n’était pas arrivé sur son cheval blanc et ne l’avait laissé entrer avec lui.Dans ces cas là ( quand on ne peut pas rentrer il est intéressant d’avoir sur soi le regard dépourvu d’humour des élus « qui en font partie ». Je déteste l’idée de faire partie de quelque chose et du « entre soi ». C’est détestable non? Et quelquefois ne le » pratique-jejejejejee » pas?
Photo sur le podium en arrivant tant qu’à faire. Tant qu’à y être… Bises et bises. Puis je regarde, là-bas les butineurs car voici Fleur Pellerin, Bernard Blistène et mon ami Jeff. Il est parfait. L’exposition m’émerveille en ce qu’elle suscite pas mal de mépris chez les gens. Moi j’y vois notre portrait.L’argent, le lisse, le clinquant. JK, chef d’entreprise ce n’est pas aussi simple.Et tout ce bordel précis, impeccable et si clean. Je me dis que c’est la collection dont aurait rêvé Liberace. C’est pour Liberace. C’est le miroir de sa collection de costumes si kitch. Comment peut on supporter tant de laideur ( fair is foul, once more…. Non?). L’ensemble m’est sympathique parce que les gens pensent » que ce n’est pas de l’art » …

et que lui pense que » les gens sont des ready-made » ( le Figaro/ interview).
Je me demande dans quel sens il le dit. Sommes-nous des ready-made observateurs de produits de l’industrie de l’art, sommes nous un objet quand nous regardons. Sommes-nous l’ombre de cet objet ou la quatrième dimension de celui-ci qui serait alors notre ombre. Sais pas.
Je repense soudain et pourquoi donc… aux magnifiques petites phrases ( il faudrait les copier ) du Neveu de Wittengenstein. Lors de la description du jardin, du parc entre les deux pavillons. Les écureuils dans les arbres emportent les mouchoirs blancs des malades des poumons. Dans mon souvenir, il n’y avait pas d’écureuils mais des mouchoirs blancs tachés de sang des phtysiques.
Je repars dans la porcelaine dorée, pense aussi à un petit service hideux que j’avais acheté: Un éléphant assis sur son postérieur la trompe vers le haut. C’est une carafe argentée dont le bouchon est un ballon brillant et multicolore. Et l’éléphant siège au milieu de petites tasses à alcool. Abominable comme le Michael Jackson doré!!!.
On sourit mais pas tant que ça. Pas tant que son sourire à lui, impeccable comme un dentifrice neuf et bien mentholé. X. veut sa photo avec lui…. Il suffit de demander. Il est affable. Il sourit encore. Il répond. Il est calme. Il n’est pas cynique. Il est sympathique. Il ne se prend pas pour l’hyper star qu’il est. Adulé, détesté. Chaque fois que l’on parle de lui, c’est en dollars. Je pense qu’il est plus intéressant que toutes ces sottises.
Passée voir Sturtevant, je baille. Je baille partout en fait. Hier je me suis quand-même amusée face à la vitrine de pièce unique ( alors que je n’avais qu’une demi-heure d’arrêt aux BA). Donc en passant et en devisant je suis attirée par un reflet, une image. C’est une femme à barbe rousse? En cuissardes et combinaison léopard qui me regarde comme vous pouvez l’imaginer: Oeil aguicheur alors qu’elle regarde aussi son téléphone blanc. C’est une projection de Pierrick Sorrin dont je ne suis pas une adepte. Mais là, ça marche bien. Je colle mon nez à la vitrine, et découvre un miroir en biais. Je ne sais pas trop commence ça marche ces trucs à la Mélies, mais ça marche.
Je reste un moment. Ca m’amuse.
Envie d’aller voir Boiffard.
Temps d’automne 100 pour 100.
Hier , ce qui pouvait être une corvée était sympathique.
Au moment ou je ferais mieux de réfléchir à la carte de voeux pour les BA, sur le FB de Julie je trouve un lien vers la pièce de Jerome Bel pour Veronique Doisneau danseuse de l’opéra ou plutôt « sujet ». C’est un peu maniéré mais intéressant puisque c’est un spectacle qui parle d’adieux à la danse et qu’à l’opéra seules les étoiles font leurs adieux. Vers 40 ans.
2005
C’est intéressant ce point de vue du corps de ballet, c’est à dire du décor humain qui sert à mettre en valeur les étoiles. Elle parle du Lac des cygnes si je ne me trompe, et des longs moments à l’arrêt pour construire ce fameux décor. je n’y avais jamais vraiment pensé en voyant cette chose sublime dans son genre. Mais lorsqu’elle dit, avec une certaine amertume que lorsqu’elle est elle immobile parmi ces 32 danseuses, elle a envie de hurler ou de quitter la scène, c’est terrible.
— »Pour nous , c’est la chose la plus horrible à faire. »

FIN
Avant de le (re) donner à C. pour dernier contrôle.
Il faut penser dès maintenant aux sous-titrage en Anglais dont je ne me sens pas capable.
Cette semaine, je reprend la forme. Tennis plutôt bien Lundi midi. Pas de nouvelles de F. donc toujours pas de cours.Ca me manque. C’est le seul moment où j’écoute et m’exécute. C’est agréable et ça détend.
J’ai donc repris le montage. Soudain ça allait assez bien. Une sorte d’évidence, des coupes évidentes à faire etc.
Néanmoins j’ai du mal à appeler et a répondre aux messages.
Mardi école. Agréable. Le matin Moreau et l’après-midi fonds Maciet comme le 4 nov.
Le groupe du matin semble plus dynamique.
Ces endroits sont vraiments fabuleux.
le soir invitée par A et D chez Benoit qui est un très bon restaurant. On ne se connait pas bien car on ne s’est jamais vus à 3. Quand ils ont suggéré d’autres invités j’ai dit que je préférais ce petit comité ( qui évite en quelque sorte la conversation qui est la chose la plus chiante de la terre il faut l’avouer ) Et si pour amorcer la soirée on n’échappe pas à quelques trucs, c’est tout de suite plaisant et intéressant.
On fait d’ailleurs la fermeture!!! et dehors on poursuit la conversation alors que quelqu’un baisse le rideau de fer!.
Hier Mercredi, Arg assez tard. C’est R. qui m’y pousse et il a bien raison. Ouf le chauffage démarre et j’entreprends le RANGEMENT.
La voix immense d’ES est toujours là.
Zut. Pas appelé J.
Je ris des mails de U. dont c’est l’exposition ce soir et j’avouae qu’il est seul à pourvoir découvrir Tiny Tim!!!
C m’envoie cette photo. A gauche ma grand-mère Jane qui a un fort accent du Sud-ouest. A côté mon grand-père que je n’ai pas connu. Qui est la petite fille et qui est l’homme au chapeau qui ressemble tant à mon frère ainé? Qui sont les deux autres? Où est-ce?
Ce qui est curieux c’est aussi ma ressemblance avec cette enfant. Est ce que l’homme à l’enfant et au chapeau serait mon père et sa soeur? Mystère.
Ce que je conseillais à C. est d’aller « interviewer JJ, car il a une mémoire parfaite de tout. Moi au fond, je ne sais pas grand chose.Car j’oublie. Si je pense famille, ce sont les petites villes de Riscle sur Adour, Payrus massas ( ortho ? )En fait c’est Peyrusse-Massas ( Région: Midi-Pyrénées, Département 32: Gers), Voisinlieu..
Autour de Peyrusse, ce ne sont que fermes et foie gras.
J’ai le souvenir de la famille Padère, ( d’une chaleur terrible qui nous faisait accélérer le pas en traversant la grande cour-rapides comme les poulets), de l’entrée dans la ferme-on ne voyait tout d’abord qu’un espace noir qui rendait nos pas incertains, puis la longue table se dessinait et aussi ceux qui déjà étaient assis, manches retroussées, serviette en haut du cou. Prêts pour la soupe le midi avant de repartir dans les champs, vignes etc… Le mouchoir à carreaux et les peaux foncées et mates, les rides profondes.
L’obscurité à l’intérieur, les papiers tue-mouche que j’ai toujours aimés dans leur tortillon jaune et poisseux. Piège cruel pour qui si colle les ailes ( et parfois les cheveux !)

A Riscle il y avait les arènes et la petite maison des Nalis. En longueur, sur une place que je cherche sur Google map, mais impossible de trouver. Les habitations étaient identiques . Les toilettes donnaient sur la rivière. Ca semble être le moyen-âge. Ce qui me plaisait c’était les balançoires métalliques.
Qu’est ce qui m’amène à ces flash-backs? Ah oui la photo.
Cette semaine, Valenciennes. E.D est charmante et très sympa. Le Musée vide complètement vide est impressionnant. La ville est d’une grande tristesse et il pleut des cordes. Ca m’étouffe, me fait penser à Amiens, Beauvais…. Brrr.
Hier soir pour aller chez MT, l’enfer. Sur la ligne qui dessert le Stade de France il nous faut attendre une heure pour pouvoir monter sans être écrasées. Sans se battre.Car à la vue déprimante de types déguisés en bouteilles de bière, je deviens féroce. Ils ont leur packs de bière à la main… Posent les canettes vide sur le quai et j’interviens. Ils ne mouftent pas et ramassent : »Apologize… heu » …
On décide de ressortir boire un verre et de prendre notre mal en patience. Les gens sont transportés comme du bétail, mélange de ceux qui bossent le Samedi et n’en peuvent plus, de ceux qui vont au match, de ceux qui rentrent après les achats du WE. Mais comment peut on se tasser de cette façon.
Au retour évidemment on les retrouvera avec leur maquillage tricolore et leurs cris.
Mail très sympathique de Bertrand Bonello suite au mien et concernant l’oiseau.
Paris Photo. Passée vite fait le soir de l’ouverture. Rien regardé. Bu un verre avec D. Restée sur le stand de la galerie.
Ca va mieux.
Côté Centre Pompidou, ils sont plus que corrects, font retirer les affiches et mettent un copyright.
Très gentils. Je leur ai dit le caractère non agressif de ma démarche, étant convaincue que personne n’y est pour rien, que personne ne s’est posé la question de cet oiseau arrivé on ne sait comment sur le plateau de Bonello. La faute à Bibi qui n’a pas fait faire de contrat etc…
Pour le reste c’est en cours. ( Plus plus tard )
Passée chez J.A pour le coffret à réaliser.
Toujours pas travaillé. terminé le Villa-Matas, relu, l’image dans le tapis dont j’avais tout oublié, feuilleté « Mythologies »: Harcourt, les Romains au cinéma, la Citroen… Regardé Borges sur le site de l’INA. Céline aussi. Regardé le début de Promised Lands. Acheté le livre de Patti Smith.
DH me propose d’ouvrir ses séances de cinéma au Jeu de Paume ( Thème: l’excès ) J’en suis touchée mais dois refuser. Il s’agit de cours de cinéma et je ne me sens pas du tout légitime. Je ne suis pas cinéphile, tout cela sera trop » à ma manière » et les étudiants ont besoin d’autre chose.
En parlant d’étudiants, cela m’a amusée de les « jeter » dans le Musée Gustave Moreau l’autre jour!!!. Il est vrai que c’est déboussolant et que si l’on n’a pas de notions de mythologie, d’histoire et de Bible… Hum hum. Dur ( je ne parle même pas des Métamorphoses d’Ovide ) Il y a du boulot.
Tout à l’heure suis passée devant ce qui était « L’auberge de la perdrix rouge » ( en fait c’est un hôtel pas terrible ) dans le haut de Belleville et à ce moment là passait une grande fille blafarde, une sorte de morte -je me suis retournée pour la regarder monter la rue-mais évidemment de dos sa pâleur et ses yeux cernés de jaunes d’or n’étaient plus là. Impressionnant.
De télégraphe j’ai marché en m’ennuyant de la tristesse des rues et du boulevard. beaucoup de prostituées Chinoises à mon étonnement vers la rue du Buisson je ne sais quoi.
Je trouve qu’il n’y a rien de plus triste que les endroits où l’on mange des kebabs. J’observe par la vitrine, la viande qui tourne et les serveurs en veste blanche. La clientèle-toujours la même d’hommes à la peau foncée et aux baskets éculées. L’odeur qui s’échappe par la porte. Le papier qui emballe tout ça. Le plastique des bouteilles de sauce. Les frites…
C’était un plaisir de voir la pièce mise en scène par Ladislas hier soir. Surtout qu’en matière de théâtre on avait assez souffert cette semaine.
Au théâtre de Paris, Adjani est une catastrophe. Une pièce fade qui serait un bon synopsis pour « Plus belle la vie » , une mise en scène nulle, des vidéos qui ne sauvent pas le vide mais l’accentuent, et une Adjani maniérée et mauvaise il faut bien le dire. Des noirs et des noirs et de la musique pendant ces noirs.La pièce est un peu comme les jouets pour enfants qui sont emballés dans des grandes boites pleine de rien.
Il faut le remplir ce théâtre de Paris et sans être devin…
C’est plutôt triste d’ailleurs. Je n’ai rien contre I.A, mais vraiment on était consternés. Salle mezzo, très mini-standing ovation par politesse dirait-on, face à l »icône »
Baillements.
Se sauver surtout.
Hier la Sardegna. On y croise JW et C et d’autres.
Sans rapport avec ce qui précède:
Je me suis conditionnée pour croire que je pouvais jouer au tennis ce midi.
Pris le métro. F. m’attend à Universités et c’est parti. Je serre les dents. Mais je tiens et même ça me réveille dirait-on.
Presque deux heures ( mais je m’arrête régulièrement). Au retour, Villa-Matas ( Paris ne finit jamais) perturbé par ma voisine qui textote comme une dingue sur un écran très grand puis attaque un jeu, puis retextote. En face de moi même scène jouée par un homme. J’essaie d’oublier ces mouvements nerveux et quand je vérifie sans le vouloir que ma voisine continue ou pas, je vois que son téléphone est remplacé par un petit carnet à carreaux.
Elle y trace un tout petit ovale au crayon. Avec d’infinies précautions. C’est saisissant le contraste entre sa frénésie d’il y a un petit moment et ce calme appliqué si soudain.
Puis elle en gomme une partie avec application puis reprend doucement les contours courbes et géométriques à la fois.
( A l’instant me vient l’image de la Jasserie des Garniers en altitude -pourquoi? Aucune idée. Rien à voir avec les ovales.)
Plus tard il y aura deux ovales. Des yeux? Je ne le saurai jamais. Mais est-ce la preuve que le dessin calme et guérit!!!?
Proust / dessin
« Grâce à mes idées et sottises, je serai bientôt en mesure de fonder une société anonyme pour la diffusion des idées charmantes et douteuses. »
![]() |
Johann Dryander Anatomia capitis humani Marpurgi, 1536 Johann Eichmann, alias Dryander, est le premier médecin à avoir mis en images la dissection d’un cerveau humain. Les gravures portent le monogramme G V B, agrémenté d’un petit compas, attribuable à Georg Thomas von Basel. Cote: AB 1889+1 |


Rien écrit depuis longtemps. Préoccupée par d’autres affaires dont la dernière est la découverte de mon masque d’oiseau sur l’affiche du Centre Pompidou.
Je l’avais prêté en 2007 ( le 5 juin= merci mn blog !) à Benoit pour un film dont je ne savais rien.— » T’aurais toujours tes masques d’oiseaux ? ». A Benoit qui m’a beaucoup aidée quand il le fallait et très généreusement je ne peux dire que OUI.
C’était un accessoire destiné à être perdu « dans la masse « . Et voilà qu’il devient la figure emblématique de » De la guerre » de Bonello. J’en suis certes flattée mais c’est extrêmement désagréable alors que sortant de l’expo raisonnable de Duchamp , je descends l’escalator escorté de M.M , de me trouver nez à bec avec mon oiseau. Je n’en revenais pas. L’affiche est belle en plus ( Ptête que j’en aurai une !!!! )

Rien écrit non plus sur le blog Bozar;
Je ne sais pas pourquoi je suis si fatiguée. Abattue presque. C’est comme si je courrais sans cesse. Un speed total.
Cette semaine je m’oblige à ne rien faire,( de toutes façons je ne PEUX rien faire et me demande comment j’ai pu assurer les Beaux-Arts Mardi.Mystères du théâtre me dis-je, en scène on ne sent plus rien. C’est un peu vrai.
Me poser, m’allonger, lire. Le livre de Paul Veyne « ET DANS L’ÉTERNITÉ JE NE M’ENNUIERAI PAS« , et l’Institut Benjamenta. Ai acheté « Les barrages de sable » de Jouannais, et « la poétique de l’espace » de Bachelard.
Je fouine. Je cherche.
Beaucoup de mal à sortir et à m’intéresser à quoi que ce soit. La lecture m’obsède.
Je me dis aussi que même si on ne veut pas en recevoir les ondes, la semaine FIAC et ses agitations n’est pas inoffensive. Je ne suis allée à rien.
J’ai bien aimé, même si je n’aime pas les « déjeuners par principe » qui me font croire qu’on est Dimanche-j’ai aimé être avec M.T qui est décidément un homme délicieux.
Ce qui était amusant c’est qu’avec DH, nous avons apporté le même cadeau: Le même livre Duras-Godard:
R est épatant comme toujours, me décrochant d’ici pour que j’aille le retrouver au Wepler. C’est un drôle d’endroit démodé dirais-je et presque un peu triste que ce café ou Henry Miller avait ses habitudes. Un homme à perruque ( mais ça ne se voit pas , hum hum!) y a ses habitudes me dit R. Une dame derrière nous commande deux bocks. Elle préfère deux bocks à un demi. Soit… Puis quand arrive la bière elle trouve qu’il y a trop de mousse-pas de problèmes madame je vous enlève la mousse-. Je ris. On glisse de l’atmosphère thé un peu glauque, aux lumières plus joyeuses de l’apéritif, de » avant le film » ou du simple Rendez-vous. Il fait encore bon et il y a du monde en terrasse.J’aime bien les garçons de ce café.
Soudain faim alors que Mardi j’ai avalé une demi-Madeleine. Je filse commander une pizza Miam miam.
C. m’a fait des notes quant au film sur Nicole. Très judicieuses et on devait y travailler mais… Je pense que ça va aller mieux et je vais attaquer ça.
Putain , Patti Smith m’a donné son téléphone et on a parlé un bon moment. Evidemment répondeur. Je ne vais pas la harceler. Mais une chanson qui traverse le film serait plus sexy que Shumann.
Diné avec Guy Mercredi dernier. Il m’a fait porter le catalogue Sade.
Mardi / Bozar
Mercredi journée noire qui se termine bien . R me pousse à sortir moi qui suis prostrée et je file à la galerie Allen qui vient d’ouvrir (Jean-Pierre Bertrand ). Je retrouve des « anciens » de Cergy. C’est sympa.
Je redémarre.
Jeudi Argenteuil. Peinture.Ca me semble délicieux. Le rêve. l’idéal. L’ile déserte. Ne pas parler. Je déroule la « voix d’Edith » et décide de m’y attaquer. Telle quelle l’impression est pauvre et le haut ( fichier FCP) un peu mou. Je décide d’essayer. Je risque peu au fond même si cette impression que j’avais prévue pour MABA coute une blinde. C’est plutôt cette peur de râter qui est là.
Vendredi Maison Rouge. exposition vraiment belle. Pas vu le bas. ES regarde tout très attentivement.
Samedi ?Tennis en extérieur. Sieste… FCP
Le soir diner avec Guy chez A et JM. Je rentre à 3h et tennis le lendemain.
Dimanche / tennis
Sur la place Saint-Sulpice il y avait une sorte d’exposition de sculpture dont je ne parlerai même pas. Les gens photographient sans sélection. La fontaine, ces « sculptures ».On est passés par la rue des Canettes. On est passés devant chez Georges. Je n’étais pas rentrée là depuis les beaux-arts je crois. Un soir avec L.
Le garçon devant salue Roger. Blabla. Venez dire bonjour à ma mère ça lui fera plaisir.
Rien n’a changé. Rien . Et rien n’a changé depuis Adamov le sans-chaussettes, Artaud, De Richaud « il s’asseyait là-bas… », Odilon et Céleste qui n’avaient que la rue à traverser pour venir de l’hôtel .( Odilon chauffeur de Proust et Céleste servante je crois ).
Moment incroyable passé là. Histoires, anecdotes. Les deux personnes au bar sont bouche-bée. R. dit de mémoire des passages des « Reliques », récit de la bulle de verre contenant un « Han ».
Blondin. A ce moment ES m’envoie un SMS. Je parle de l’enregistrement où elle déchiffre Adamov justement et les papiers qu’elle a de lui…
Moi je n’ai lu que la barrette rouge je crois. Magnifique atmosphère . Bunuel devait le tourner…
Puis on marche vers le Flore. Assis au fond on grignote les chips. Il fait trop chaud. Etouffant.
GAUTIER
J’ai accepté un peu étourdiment, je m’en aperçois en prenant la plume, d’écrire les quelques lignes qui doivent accompagner mon portrait, dessiné par Mouilleron d’après l’excellente photographie de Bertall. Au premier coup d’oeil cela semble bien simple de rédiger des notes sur sa propre vie. On est, on le croit du moins, à la source des renseignements ; et l’on serait mal venu ensuite de se plaindre de l’inexactitude ordinaire des biographes. » Connais-toi toi-même » est un bon conseil philosophique, mais plus difficile à suivre qu’on ne pense, et je découvre à mon embarras que je ne suis pas aussi informé sur mon propre compte que je ne l’imaginais. Le visage qu’on regarde le moins est son visage à soi (1).
ERMITE ORNEMENTAL
Robert Coates, qu’on appelait Diamond Coates ou Curricle Coates (Coates au cabriolet) se faisait tirer, dans une voiture en forme de coquille Saint Jacques, par deux chevaux blancs immaculés, et demeurait enfoui sous les fourrures rares, même à la belle saison. Ses vêtements étaient cousus de diamants.
Le livres des bizarres /Bechtel et Carrière Bouquins
Les morts bizarres Jean Richepin
Les phénomènes se succèdent. Scozzi en a fait une classification complète.
1) Médiumnité intuitive. Médiumnité parlante (le médium parle avec la voix de l’esprit). Médiumnité écrivante ou écriture automatique. Médiumnité typtologique (la table dicte par le procédé des raps ou en frappant le sol du pied ou en se déplaçant de toute autre manière).
2) Médiumnité à effets physiques de mouvement : déplacements d’objets. Lévitation de meubles et d’objets (y compris la lévitation du médium sur sa chaise). Transport d’objets, c’est à dire le plus souvent rapprochement de meubles situés au loin. Ils glissent au sol ou lévitent. On observe le résultat plus souvent que le phénomène.
3) Médiumnité à effets physiques de bruit. Coups frappés, grattements, etc. Tout ce qu’on n’a pas rangé dans la typtologie.
4) Médiumnité à effet physique de lumière. Lumières diffuses, volantes et animées d’une volonté propre.
Tous ces effets physiques contiennent en germe les phénomènes de matérialisation, puisqu’on observe fort souvent les membres postiches, les tiges et les leviers qui permettent lesdits phénomènes.
5) Médiumnité à matérialisations, précaires ou permanentes, partielles ou totales, tangibles ou visuelles et parfois parlantes.
6) Dématérialisation : apports. C’est à dire l’introduction dans le cercle d’objet
transportés sur un autre plan, et qui ont traversé les murs.
« Tous les objets viennent ensuite vers moi. (…) Qu’est cela ? Du magnétisme, de l’électricité ?de l’aimant ? Je ne sais pas, mais c’est horrible. Et comprends-tu pourquoi c’est horrible ? Quand je suis seul, aussitôt que je suis seul, je ne puis m’empêcher d’attirer tout ce qui m’entoure. Et je passe des jours entiers à changer les choses de place, ne me lassant jamais d’essayer ce pouvoir abominable, comme pour voir s’il ne m’a pas quitté.
Maupassant, Un fou
Mar. 19th, 2006 | 02:48 pm
music: Ritournelle Et Recit Chante Par Mademoiselle Hilaire
C’est ainsi qu’il arriva que Mme d’Espérance se rendit à Helsingfors et en fut récompensée par un article injurieusement insultant que le général Sederholm publia dans la plus grande Revue de Helsingfors où il donnait clairement à entendre que c’était bien Mme d’Espérance en personne qui remplissait le rôle des esprits.
4° Je ne puis passer ici sous silence une observation personnelle, mais qui est pour moi de grande importance.
Il est certain, si extraordinaire que cela paraisse, que Mme d’Espérance ne boit jamais d’eau, ni pendant, ni en dehors de ses repas. Elle ne boit qu’aux séances de matérialisation, et alors beaucoup. Je le savais parce qu’elle m’en avait fait part et aussi par mes observations au temps où elle a demeuré chez moi. Bien des gens savent qu’une carafe pleine d’eau est nécessaire pour ses séances. Bien des gens aussi savent que précisément quand la séance est bonne, quand les matérialisations sont en train, Mme d’Espérance boit beaucoup, et, en général, après chaque apparition d’une figure entièrement formée ; mais peu de gens savent que, hors de ces circonstances, elle ne boit jamais d’eau. Pour moi je vois dans le fait que, précisément pendant le quart d’heure où l’on annonça la disparition partielle de son corps, elle but de l’eau, la preuve qu’il se produisait à ce moment un processus de dématérialisation. Car il est clair que cette dématérialisation de son corps est un phénomène concomitant habituel des matérialisations qui se produisent à ses séances, mais dont elle ne se rend pas compte généralement, et que cette soif intense, précisément pendant ce phénomène, est motivée par l’énorme perte de fluide vital qui probablement, a lieu dans son corps
CHEVEUX
4° Je ne puis passer ici sous silence une observation personnelle, mais qui est pour moi de grande importance.
Il est certain, si extraordinaire que cela paraisse, que Mme d’Espérance ne boit jamais d’eau, ni pendant, ni en dehors de ses repas. Elle ne boit qu’aux séances de matérialisation, et alors beaucoup. Je le savais parce qu’elle m’en avait fait part et aussi par mes observations au temps où elle a demeuré chez moi. Bien des gens savent qu’une carafe pleine d’eau est nécessaire pour ses séances. Bien des gens aussi savent que précisément quand la séance est bonne, quand les matérialisations sont en train, Mme d’Espérance boit beaucoup, et, en général, après chaque apparition d’une figure entièrement formée ; mais peu de gens savent que, hors de ces circonstances, elle ne boit jamais d’eau. Pour moi je vois dans le fait que, précisément pendant le quart d’heure où l’on annonça la disparition partielle de son corps, elle but de l’eau, la preuve qu’il se produisait à ce moment un processus de dématérialisation. Car il est clair que cette dématérialisation de son corps est un phénomène concomitant habituel des matérialisations qui se produisent à ses séances, mais dont elle ne se rend pas compte généralement, et que cette soif intense, précisément pendant ce phénomène, est motivée par l’énorme perte de fluide vital qui probablement, a lieu dans son corps.
[4] Ils avaient blanchi à la suite de la séance d’Helsingfors. Voir Psych. Stud., liv d’oct. 1894.
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PHOTOS DE LA SEANCE
Mar. 19th, 2006 | 02:40 pm
music: Ritournelle Et Recit Chante Par Mademoisell Hilaire
Pour permettre à mes lecteurs de s’orienter plus facilement dans la description de cette séance, je priai les personnes de vouloir bien, après mon départ, se réunir encore une fois pour faire prendre les photographies des incidents les plus remarquables afin qu’elles pussent servir d’illustration à mon article. Grâce à leur obligeance cela fut fait.
La photographie no 1 donne une idée générale de la chambre où la séance eut lieu ; on y voit dans le fond deux fenêtres, dont l’une avec le store levé et l’autre avec le store baissé ; entre les deux fenêtres, le cabinet (seulement ce n’est pas un cabinet identique, parce que le paravent qui avait servi à la construction de l’original et avait été emprunté d’abord pour la séance et ensuite pour sa répétition avec moi, avait été depuis rendu à son propriétaire ; mais ceci n’a aucune importance). Devant le cabinet, on voit la place qu’occupait la médium ; ici, c’est Mme Seiling qui la représente dans une robe identique à celle que portait Mme d’Espérance. Le moment choisi est celui où la médium tenait entre les mains une feuille de papier et un crayon, et où une main sortant de derrière le rideau, tout en haut du cabinet, descendit pour saisir ce papier et ce crayon. A droite, on voit M. Seiling à la place qu’il occupait lors de la dématérialisation ; à gauche, on voit Mlle Tavaststjerna, aussi à la place qu’occupait alors Mlle Hjelt qui, pour le moment, joue derrière le rideau le rôle de l’apparition. Celle-ci montre comment et à quelle hauteur apparut la main, ce qui est un détail important. Il faut excuser les défauts du voile, car on s’est servi tout simplement d’un drap blanc pour l’imiter. On voit en même temps à quelle petite distance de la médium étaient assises les personnes en question.
La photographie no 2 a été faite expressément dans le but de montrer comment la tête et le buste de la médium se dessinaient sur le fond blanc du rideau, ce qui permettait à Mlle Hjelt d’observer, tout le temps, la position de la médium et les divers mouvements de son buste, surtout pendant la dématérialisation. Ici, le moment choisi est celui où une main se montra du côté gauche du cabinet, à la hauteur indiquée, et c’est, comme on peut le voir, une main droite, ce qui fût constaté par les shakehands qu’elle donna à M. Seiling et à Mlle Tavaststjerna, comme ils l’ont affirmé dans leurs témoignages respectifs. Sur cette photographie c’est Mlle Hjelt qui est assise à la place de la médium, tournant la tête vers l’apparition de la main comme elle l’a vu faire alors à Mme d’Espérance derrière le rideau ; c’est Mlle Tavaststjerna qui fait apparaître sa main droite (la manche de la robe est ici un accessoire tout naturel, comme on le comprend) ; à la gauche du cabinet est assis M. Seiling et auprès de lui Mme Seiling.
Après la répétition de cette séance, dans la matinée, il me restait encore à faire une répétition de la façon dont la chambre avait été alors éclairée, afin de m’assurer que les témoins en question ont pu effectivement voir tout ce qu’ils ont dit avoir observé.
Dans ce but nous nous rassemblâmes de nouveau chez M. Seiling, à 8 heures du soir, et j’eus le plaisir d’y rencontrer encore deux témoins de la séance : M. le général Toppelius et M. l’ingénieur Schoultz.
La tâche de reconstituer le degré identique de la lumière n’était pas aussi facile que notre tâche du matin. Bien entendu, la même petite lampe fut placée dans la même niche du poêle, comme elle l’avait été alors ; mais, malheureusement, M. Seiling ne put se procurer du même papier rouge qui avait servi à amortir la lumière de la lampe. En conséquence, les opinions furent différentes : tantôt le papier employé donnait trop de lumière et tantôt trop peu.
Enfin nous parvînmes à atteindre un degré de lumière qui fut reconnu par tous comme représentant l’éclairage d’alors. M. Seiling affirma néanmoins qu’alors il faisait plus clair, car il y avait de la neige sur les toits, et son reflet arrivait dans la chambre par la fenêtre dont le store n’avait pas été baissé ; si bien qu’il pouvait voir l’heure à sa montre, ce qui prouve un éclairage satisfaisant.
Je me parle avec plus ou moins d’intensité. Je me parle ( façon de parler) Je me dis plutôt et aimerais une machine à noter sans que cela nécessite de « raconter » ce que je pense. Ca s’écrirait tout seul et ce serait bien. Ca ne servirait à rien, ce ne serait évidemment pas un livre, ni même un semblant de journal. Parfois il me semble que « ce que je me dis » n’est au fond pas plus stupide qu’autre chose mais que tout s’est déjà évaporé. Qu’il ne me reste rien, qu’il faut reprendre.Et que c’est trop tard.
L’homme croisé de profil et son oeil masqué par un bandeau de cuir, l’homme au costume beige et cravate- le tout démodé et que je baptise l’homme de l’ambassade de Valpareiso. Il me rappelle ces moments-ambassade où les dames sont endimanchées et les hommes apprêtés comme pour un mariage en province. Une autre personne hier se tenait devant le musée. Pardessus et chapeau d’un autre âge lui aussi, qui m’évoquait plutôt l’Est-un espion de Dresde ou quelquechose du genre. Je l’appelle le consul honoraire de l’Ambassade. Ceci ne sert à rien, mais si je ne les note pas, ils ont déjà disparu rejoignant une multitude d’autres dont je n’ai le souvenir que d’une chaussure, une couleur.
A propos de couleur la dame hier en rouge orangé et qui avait le nez collé sur des cires anatomiques, semblait échappée de l’Ile du Docteur Moreau. Un peu simiesque de visage avec des faux cheveux-poils.
J’ai la mauvaise manie d’imaginer les gens morts et allongés pour ma dernière visite. C’est morbide et dégoutant, je n’échappe pas moi-même à la dernière visite à moi-même si l’on peut dire.
Puis je me suis demandée pourquoi les gens se faisaient photographier devant cet « éléphant pris au piège- oui pourquoi donc poser devant cette sculpture énorme de Fremiet commandée pour l’Exposition Universelle de 1878. Le mouvement en est spectaculaire? Ou est-ce simplement une oeuvre si proche de la réalité que l’on peut sourire sans avoir peur? Ce qui serait drôle c’est que soudain la trompe, telle un fouet shlack s’anime et arrache l’appareil photo ou plutôt téléphone de l’un ou l’autre.
Ce qui me sidère dans Le mal de Montano, c’est l’apparente facilité qu’a Villa- Matas à changer de perspective(s). Sa façon de s’être emparé de la personne de Daniel Emilfork , sans jamais le nommer puis de transformer la réalité qui devient une sorte de matière molle à pétrir: Certains aspects en sont aplatis, écrasés, effacés, puis en malaxant à nouveau les mots, un horizon apparait, tout redevient plat et normal avec le ciel au dessus et la terre en dessous. Des magnifiques insertions littéraires provenant de « journaux » et la phrase de Sebald, que je n’ai pas mémorisée mais qui dit une étoffe passée sur laquelle scintillerait le hasard?. Je vais chercher la phrase plutôt que de la maltraiter. C’est pathétique de ne pouvoir « raconter » ça.
Ce ne sont pas des hasards, il y a simplement quelque part un lien qui, de temps en temps scintille sur un tissu fané.
Il me semble à vrai dire que ce livre pèse trois tonnes; trois tonnes d’écrivains, de Bela Lugosi, vampires littéraires, homme aux épaules couvertes d’un châle et écrivant avant le lever du jour, taupes sur une île des Açores, volcan sur l’ile déserte de Pico. Budapest, conférence puis ancienne pilote d’avion confidente et Dracula et Borges et les mensonges et les inventions.
Mais comment réussit -il à » caser » tout cela dans les pages. J’ai noté les auteurs cités-je n’ai pas fini le livre- mais à la page 307 début du journal d’un homme trompé, j’en ai relevé dans les 130. Certain, je ne les connais absolument pas:
Danilo Kis, Cyril Connoly, Chesterton, Justo Navaro, Fray Luis de Leon, Wallace Stevens, Ricardo Piglia, ose Hernandez, Sergio Pitol, Jonathan Lethem, Alejandra Pizarnik qui s’est suicidée d’ailleurs, . John Cheever et j’en passe par flemme de recopier.
Bon, je ferai connaissance avec ce petit monde plus tard. « Autobiographistes » si je comprends bien, pour la plupart.
Je me dis que j’aurais dû il y a quelques années noter cette liste dans un cahier et aller à la bibliothèque en chair et os pour y chercher mes inconnus. Je mesure a quel point je n’ai pas lu grand-chose finalement mais aussi que l’on ne peut ( quoi que ) passer sa vie à lire ici où là ( quoi que)
Bon si j’y regarde de plus près, j’ai pas ma, travaillé cet été, et en vérité je ne cesse pas une seconde. Ni de travailler, ni de râler. Râler parce que je vais à l’atelier à reculons. Un mois que je suis rentrée de Saint-Bo où parait-il les fenêtres ont enfin été remplacées. Maintenant il va falloir une sorte de baie vitrée ou je ne sais quoi pour que le froid pénètre moins.
Rentrée aux beaux-arts passée. ( Ce qui est marrant ce sont les réactions des gens, comme si j’avais enfin un vrai métier. C’est « bien » d’office d’être professeur et moi je ne le vois pas du tout ainsi. C’est bien, si cela ne devient pas un attitude raide.
Et puis c’est bien si ça ne dure pas 107 ans probablement et puis c’est très bien si on n’en a pas besoin pour vivre en vérité. Sinon ce doit être l’enfer vécu pas pas mal de gens. Partir en province, dormir dans le même hôtel depuis X années…
La semaine dernière c’était agréable puis j’ai filé à Beaubourg, au café C pour attendre C en lisant les cahiers Renaud Barrault que j’avais achetés le midi sur les quais. Ceci concerne La cerisaie et c’est très intéressant. Je me demande comment et pourquoi j’ai atterri au Prix Marcel Duchamp qui était assez ridicule. Ridicule pour moi » d’y être » je dois dire. On est restés à l’intérieur 5 mn montre en main, le temps de siffloter l’air du Marchand de sable dans Bonne nuit les petits et grossièrement on s’est barrés pendant la remise pour aller boire quelque chose qui nous rafraichirait les méninges. Je suis remontée à vélo ce soir là est C. est passée.
La semaine, je ne l’ai pas vue. j’ai encore travaillé au montage le Mercredi, lu. Lire est ce que je dois faire en ce moment. J’en ai besoin pour avancer. Là je m’ennuie sérieusement avec mon travail ( présenté aux BA mardi aprem ). Mercredi soir, chez NB pour présentation des nouveaux profs aux prof. Je sui strès contente d’avoir rencontré Jean-Yves Jouannais dont le travail m’intéresse particulièrement.
Re- velib et retour.
Hier RV avec VDC. très agréable et elle m’invite pour le nouveau festival au Centre Pompidou. C’est cool. Mais il faut absolument que j’avance sur d’autres choses. Je m’ennuie ( bis) au sens j’ennuie moi avec mes trucs.
Donc ce matin, je me suis dépêchée pour partir à A. Et je n’ai pas décollé. Je culpabilise à mort et ça ne sert à rien.
Encore des corrections tout à l’heure du film. Apres: Film fini, peintures de cet été OK. Continuer la peinture et en même temps filmer.
Au secours ! ou » Bonne nuit les petits »
ou Bouvard et Pécuchet à l’exposition.
RI-DI-CU-LE
Je préfère aller là
Je suis toujours contente lorsque je commande un livre sur internet. Contente de le faire puis contente de le recevoir vu qu’une fois sur deux je ne sais plus ce que j’ai acheté et que c’est un plaisir de me demander qui j’étais au moment J du « confirmez votre commande », etc etc. J’allais chercher du pain. Et pourquoi avais-je pris les Anneaux de Saturne avec moi. Un vieux réflexe-avoir toujours un livre avec soi. Alors je me suis dit que j’allais le glisser dans la boite aux lettres pour ne pas être encombrée. Quand j’ai amorcé le geste, j’ai salivé en voyant par la fente une forme blanche. Super. Sans doute un livre. Il était très bien emballé. C’est souvent le cas je dois dire- A l’INSTANT SE TERMINE LE RENDU FCP DU FILM NICOLE STEPHANE A DISPLACED PERSON ENFIN TERMINÉ. D’autre part où je suis dingue où quelqu’un appuie sur la même touche d’un piano depuis cet après midi. C’est assez lointain. J’ai pensé tout d’abord à un grondement de disque dur, j’ai tendu l’oreille en avançant mon visage vers l’écran. Mais rien.
Donc le livre était : La Maladie de Montaldo de Vila-Matas. Ce serait plutôt Le mal de Montano, si ma mémoire était bonne et si je n’étais pas si stupide.
J’ai posté une enveloppe rescotchée à l’arrière ( l’inscription au tennis ) et suis passée acheter quelques bricoles chez le traiteur. Le billet de 50 euros s’est évaporé en un clin d’oeil et cela m’a fâchée. Quand on arrive à SB, je pense à chaque fois que je vais vers la caisse qu’ils se sont trompés… Bref.
Les mamans démonstratives et leurs enfants des Martyrs comme le pain du même nom étaient sortis de leur cage.
J’ai pris une ficelle et un pain de mie coupé en tranches, mis l’argent dans la nouvelle machine automatique qui recrache billets , pièces, monnaie.
Et je me suis dit qu’un banc serait bienvenu, qu’il faisait bon-c’est l’été encore et que ce serait délicieux de sniffer le livre, de regarder l’achevé d’imprimer et ce genre de choses. Ho. Ca commence drôlement bien. Ca me plait ( j’ai acheté son livre suite à le lecture d’un article sur Dominique Gonzalez Foester dans Art Press ce mois ci)
Voici de doubles, des malades de littérature, des asphyxiés de citations et des paralysés littéraires. Hamlet, les fantômes » ainsi je piégerai la conscience du roi » et je me vois tourner dans mon atelier devant la caméra ce qui deviendra Comment j’ai inventé Laurence Olivier. « To sleep, to die… To sleep , To die… »
Mon téléphone a indiqué un mail et c’était Klaus qui m’envoyait une petite video de son chien hurlant à la mort au bord d’un canal à Copenhague. Lui au bord du canal, moi sur un banc sans intérêt. Son paysage était plus beau que le mien. Et ce hurlement…
Rentrés à la maison-le téléphone indique un SMS de C.
Je me disais dans l’ascenseur que j’avais passé un moment agréable, un de ceux qui vous transportent dans une ville étrangère lorsqu’on y séjourne seul.
Pas relu.
hop enregistrer. Je sors
Un verre là bas sur l’avenue Trudaine. C. me raconte les problèmes du film, le changement d’équipe etc…
Diner à la maison, et conversation avec R.
Ce matin je reprends le Vila-Matas, quelques pages avec le café. Hier j’avais froncé l’oeil quand Thomas Browne est apparu. Et à l’instant je crois rêver en lisant que le personnage du livre, étouffé de littérature et ne sachant combler un vide qu’il souhaite mais qui est aussitôt remplacé par la hantise de la mort, reprend la critique littéraire qui est son état et recommence par….. Les anneaux de Saturne de Sebald…
Dans le genre Encyclopédique j’ai regardé les trois quarts d’heure consacrés à Jouannais et à son encyclopédie des guerres. J’ai toujours voulu assister à une de ces séances mais…
Savoir que tout ce corpus fait de ramifications, d’entrées dont les noms ont des « valeurs » inégales ( franges, maman..) aurait été initié après l’observation que Bouvard et Pécuchet ne s’étaient pas-malgré leurs travaux savants!-penchés sur la guerre, me plait énormément.
Je déteste cette longue phrase.
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