POURSUITE

Le survêtement- le survet est l’ancêtre du jogging. Ceux de ma génération le portaient uniquement pour faire du sport. On avait un sac de sport qui se fermait avec un cordon. Aujourd’hui quand je vais à la salle Marcel Cerdan ( !!! ), je regarde les ados qui par grappes trainent la patte sur le stade, regardant leur écran ou frissonnant, tête rentrée dans les épaules et poches remplies de leurs mains au bout des bras tendus. Leur professeur à plusieurs mètres devant tente de leur insuffler je ne sais quoi d’énergique. Il sautille. Les élèves sont en jogging et ce depuis plusieurs jours, depuis toujours…. Ils ne se changent pas. Avant/ Après mêmes baskets (sneakers ), même tout. Bref. Dans la nuit nous avons croisé une sorte de grosse luciole. Un halo lumineux se déplace dans notre rue. La source en est une lampe frontale conduite par une fille courte et épaisse en Jogging rose. ( Le jogging me plait s’il est noir bleu foncé ou gris, tombe un peu / Un peu trop grand… Over sized ( hein !!!) bien large et porté par des personnes grandes et bien balancées ( je vais être accusée de discrimination ) Un grand black , un beau grand black avec un beau pantalon large avec poches arrières si possible, c’est joli. Exit les petit et petites personnes rondelettes qui en général achètent des machins collants. Ben oui c’est vrai, ne soyons pas hypocrites, c’est pas beau. Bon allez tout le monde à le droit de passer devant mes yeux !!!

Bon donc je n’étais pas en train de lire les Porteurs de lanterne de Stevenson : « On dit qu’un poète est mort jeune dans la poitrine des plus compassés. On pourrait soutenir plutôt que ce barde mineur a survécu dans presque chaque cas, et reste pour son possesseur comme le sel de la vie. On ne rend pas assez justice à la versatilité et à l’insondable puérilité de l’imagination humaine. La vie d’un homme peut n’être, en apparence, qu’un grossier tas de boue – mais dans le cœur de celui-ci, soyez sûr qu’il est une salle dorée, où il vit dans le ravissement : aussi sombre que puisse paraître son chemin à un observateur, il n’en porte pas moins à sa ceinture, lui aussi, une sorte de lanterne sourde.« 

Rien à voir. La rue était devenue une sorte de plateau de tournage ( nuit américaine dirai-je ) ou plutôt poursuite. Bon nous ne sommes ni dans Lola Montes, ni au cirque, ni dans la Dolce Vita. Qu’on se rassure . Mais comme je l’ai dit, nous nous esclaffons discrètement en regardant devant nous cette grosse dame en jogging rose tirée par la laisse tendue de son minuscule chien-chien, vedette de cette séquence. C’est assez ridicule ce grand cercle de lumière très blanche, très forte qui se déplace dans la rue comme par magie.

Je me revois vers 10 ans devant le miroir d’une des chambres, tirant sur mon pantalon de survet trop court et qui faisait des poches au genoux. Comment en faire un pantalon fuseau? J’avais convaincu ma mère de coudre des élastiques à passer sous mon pied pour donner cette impression de tension.Mais qui tend en bas doit tirer en haut d’ou la nécessité de bretelles. C’était affreux, peu olympique, et on voyait bien que ce n’était pas le pantalon de mes rêves que j’aurais voulu porter avec des brodequins. Même en tirant, tirant c’était un survet de looser. Pas mieux. Bon je n’en suis pas morte. Pas plus que lorsque la couturière m’avait fait un pantalon de velours vert foncé. Le désespoir ne s’est pas fait attendre. Il n’y avait pas de braguette mais comme cela était normal pour un pantalon de fille, la fermeture éclair était sur le côté. Horreur.

Bon je ferais mieux d’écrire ce que j’ai à écrire à savoir deux textes sur deux peintures qui seront montrées dans la même salle qu’un MacCarthy. Chouette . Mais j’ai pas envie d’écrire des truc obligés et j’ai passé ma journée à lire un polar que AM m’a envoyé. Bon j’avais deviné qui avait tué les filles. Pas mal le truc. De Paris à Cracovie et Birkenau.

Allez LN va travailler.

Il fait encore jour

Je ne sais plus qui à écrit cela. Me revoilà/ revoilà. Dans le métro j’écris, je corrige et reprends mes phrases- de tête- j’écris mentalement de trucs qui me semblent pas mal !!!! Et arrivée ici je ne sais pas quoi raconter. Je m’étonnais en commençant un nouveau Chester Himes, le troisième ce mois-ci , qu’il commence avec l’histoire de ce chien qui a comme collier un fil de fer, et qu’il aimerait bien l’avoir ce chien sans pouvoir le payer. Je fronce l’oeil en me disant que j’ai déjà lu cela, exactement celà peut-être pas, mais le petit chien au fil de fer qui sera dévoré plus tard dans un terrain boueux, par le molosse de malfaiteurs qui vendent de la cocaïne derrière le dos d’Al Capone. Et ça mieux vaut éviter ( je pense que c’est dans Plan B, son dernier roman. ) Je ne sais plus dans quel livre j’ai rencontré pour la première fois et avec plaisir les deux policiers, Cercueil et Fossoyeur. C’est génial d’appeler ainsi deux personnages non? Moi ça me plait, je trouve que c’est assez grandiose. Cercueil et Fossoyeur. Quelle impression produisent ces mots, devenus noms et incarnés. L’un des deux -les deux sont des hommes noirs- mais l’un des deux a eu le visage vitriolé lors d’un truc qui a mal tourné. Ils n’apparaissent que deux fois-au début et à la fin dans le plan B. Entre temps j’ai lu Thomas Bernhard ( ou relu ). La cave, Le souffle, l’Italien. Ici encore un motif: celui du père défunt dans le pavillon de plaisance. Où l’ai-je lu? Pas dans Gel…. je ne sais plus mais je me souviens bien de cette tradition théâtrale décrite: les enfants chaque année écrivent une pièce dont ils réalisent décor et costumes et ils jouent devant la famille et le grand-père, le père qui est étendu là. Je pense à la photo de Kandinsky sur son lit de mort. Je la préfère à toute son oeuvre ( c’est un peu bête de dire ça… ) . Mais c’est vrai que Kandinsky ne m’a jamais tellement émoustillée, sauf récemment un tableau de la collection du centre Pompidou qui est plus proche d’une pochette de disque des Beatles que de Kandinsky !!!! Pourquoi n’est elle pas dispo. Mystère. Suite Thomas B: Est-ce à la fin de l’été. Ca se pourrait. ( je ne sais pas de quoi je parle en relisant !!!!) C’est très beau. Le deuxième texte, je l’ai lu aussi déjà. Il y est question d’une auberge, d’un frère et d’une soeur qui le lendemain matin seront morts. La troisième nouvelle est l’histoire du prisonnier qui écrit sans bruit la nuit, puis bien longtemps après commence à lire ses histoires à ses co-détenus. Puis l’heure de la liberté sonne mais il n’a plus envie de partir ayant trouvé dans la cellule l’écrin idéal pour se concentrer et inventer. Il est vrai que comme on dit-on s’habitue à tout. On prend même du plaisir à des situations qui au début sont pénibles. L’exemple de l’hôpital me semble bon. La première fois, la cafétéria semble sinistre. Elle l’est d’ailleurs, puis elle devient le théâtre d’une sorte de petite remise de peine le temps d’un café, avant de se diriger vers les ascenseurs et d’atterrir dans un service au nom de fleur: Géranium ou je ne sais plus.

Cette semaine Metz pour en finir avec la liste des demandes de prêt. Pas eu le temps de voir l’exposition Nevelson. D’ailleurs je ne sais absolument pas ce que j’en pense. Je me souviens de ses expos à la fin des années 70, puis plouf me semble t’il, disparition. Mardi déjeuner avec Laurence chez Toscano rue des Saints -pères ( échange le catalogue Tauber Arp -l’exposition est magnifique – contre deux pots de terrine de sanglier corse, au thym, dont je raffole), puis rencontre avec des étudiants à Science Po. Ils ont bien préparé le truc et sont vifs et sympa. Chaque fois je suis étonnée de leur facilité et clarté d’élocution, de propos intelligents, d’assurance non arrogante. Mercredi et Jeudi atelier et peinture. Ca va je ne m’ennuie pas. Sais pas si c’est bien ou pas du tout mais je fais et hop on verra. L’exposition à Londres est confirmée et on verra pour la résidence à Somerset en Mai. Ce n’est pas que ça m’enchante mais ça semble une étape que je ne peux escamoter. Vendredi matin, Saint Louis et au lieu de travailler je lis tout l’après midi. C’est délicieux. Paperasse/ Impôts etc… Travail ce matin et RV avec Marylin Desbiolles que je ne connaissais pas physiquement. Chocolat au Train bleu. Elle me donne son dernier livre. Je remonte la rue Lepic pour acheter du poivre. Le poivre c’est délicieux, subtil et je ne le savais pas il y a encore quelques années. Zut c’est fermé.

Je regarde les oeuvres que j’ai choisies pour Metz et ça ne me déplait pas; Le point commun me semble t’il c’est que beaucoup ne sont pas reconnaissables. Je veux dire comme plus haut que le Kandinsky, bien malin celui qui en reconnait l’auteur, les dessins raturés, le Bram van Velde ( ce peintre m’ennuie mais ce tableau de neige avec des personnages me surprend ), Thierry de Cordier que j’admire et des installations, qui vont de Pierre Huyghe à Mike Kelley etc. Drame car le Cocon de Kudo c’est Niet. Zut. Ad Reinhadt c’est Nix, Vuillard idem et Grr. Pas facile. En plus il faut penser au roulement des dessins qui ne peuvent être montrés plus de 3 mois. Trouver le ou la scénographe et ne pas se tromper. J’ai le titre de l’exposition. Chut !!!! Il faut que je prépare l’intervention je ne sais où, il serait question des peintures des années 85 , disons primitives.

Hong kong c’est prêt. Me demande ce que ça donnera. je présente uniquement des petits diptyques.

De manière générale l’atmosphère est plus légère. Même si.

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