« Faites ce que vous voulez mais riez » / Salo ou les 120 journées

Bon. Insta m’avertit aimablement qu’ils ont enlevé la photo d’une performance de McCarthy. Vazi, ne te gêne pas, choisis pour moi, gronde moi, interdit moi. Comme on apprend toujours quelque chose, je lis donc que l’on ne peut pas montrer ses ou des seins « sauf pour parler d’allaitement« . Intéressant. Heureusement que le comité n’a pas vu les films de Paul Mc Carthy à l’Action Christine. Mieux vaut ne pas savoir que cela va durer 3 heures. Une fois je me suis fait piéger car j’avais mal lu une notice. Croyant lire 16 mn, je suis entrée dans la salle. Le film était en 16 mm- tiens LN prend cette claque ça t’apprendra. Il durait éternellement, je me souviens du réalisateur-artiste coupable !!!! Bref. Mc Carthy c’est difficile d’en parler. Pseudo Hitler, pseudo Eva. Il ne parle que de l’insoutenable, l’insupportable. Ce à quoi on assiste actuellement est de cet ordre. Trump en tête est encore plus écoeurant que ces videos que j’ai vues. Ce que l’on peut dire c’est que c’est une expérience. Entre sang, merde, urine, frites, crème, concombres, coca, légumes, mixeurs, couteau, sexe, rire dément permanent. De l’excès à l’état pur. ( Des monstres à l’état pur c’est quoi déjà? Truman Capote. Je vérifie ne quittez pas. Raté. C’est de Miguel Angel Molfino. Connais pas . Il y avait longtemps que je ne m’étais pas par moment caché les yeux pour ne pas voir au cinéma. Parfois on rit et peut être nerveusement. ( La gamelle qui enferme la tête est un moment désopilant). Mais comme on dit pauvrement « ça envoie » ou « c’est du très lourd ». Dans les ingrédients de cette soupe in Progress monstrueuse il y a des saucisses dégueulasses dans des barquettes supermarché et du champagne et du vin blanc et j’en passe. un flingue, des billets de banque dans un attaché case ( interruption car un sms m’avertit que Amazon me prélève 1200 euros. Il y a un code de confirmation et un numéro pour opposition . Oué oué me dis-je. J’appelle » pour voir » et plus ça va, plus on me demande de précisions et on me dit aussi qu’on ne peut pas m’aider si je ne donne pas les infos. J’ai raccroché. ) Les dialogues sont sommaires !!!!! Donc, j’ai préféré le deuxième film plus resserré plus Grand guignol aussi. A chaque fois on se demande ce qui nous attend encore, partagés entre un rire nerveux et l’angoisse, le dégout, le mal au coeur. Bon la coprophagie c’est juste un peu écoeurant. Je préfère le sang!!!! La bloodophagie ou quelque chose du genre ! Vampire ou cannibale. J’ai repensé évidemment à Salo et à des scènes plutôt hard. Quand on avait parlé de bouquins il avait avec Camus cité notre Divin marquis. Il y a une réelle performance d’acteurs et ça n’a pas dû être facile. Le montage est très bien et le cadre aussi. Bon tout cela ne fait pas de moi une grande critique de cinéma. J’ai honte.

Puis hier l’exposition des dessins. Les très grands sont ceux que je préfère.

J’ai terminé la transcription de l’interview de Marc Trivier pour Alphabet à la demande de Donatien, scanné le tapuscrit de Paule Thévenin, etc.

PS bien reçu le petit livre jaune et la carte postale de la grille. Merci !!!

Allez je vais lire un peu.

( Hier visite d’atelier très agréable )

Notes Thomas Bernhard/ Photographie

 « La photographie ne montre que l’instant grotesque et l’instant comique, ai-je pensé, elle ne montre pas la personne telle qu’elle a été, en somme, durant sa vie, la photographie est une falsification sournoise, perverse, toute photographie, peu importe qui photographie, peu importe qui elle représente, est une atteinte absolue à la dignité humaine, une monstrueuse falsification de la nature, une ignoble barbarie. D’autre part, les deux photos me paraissaient prodigieusement caractéristiques justement de ceux qui étaient fixés sur la pellicule, de mes parents tout comme de mon frère. […] Photographier est une manie ignoble qui atteint peu à peu l’humanité entière, parce qu’elle n’est pas seulement amoureuse de la déformation et de la perversité, mais qu’elle en est entichée et qu’en vérité, à force de photographier, elle prend à la longue le monde déformé et pervers pour le seul véritable. 

Ceux qui photographient commettent l’un des crimes les plus ignobles qui puissent être commis, en rendant la nature, sur leurs photographies, perversement grotesque. Sur leurs photographies, les gens sont des poupées ridicules, désaxées au point d’en être méconnaissables, défigurées, oui, qui regardent d’un air effrayé leur ignoble objectif, de façon idiote, repoussante. 

Photographier est une passion abjecte qui atteint tous les continents et toutes les couches de la population, une maladie qui a frappé l’humanité entière et dont celle-ci ne pourra jamais être guérie. L’inventeur de l’art photographique est l’inventeur de l’art le plus misanthrope de tous les arts. C’est à lui que nous devons la déformation définitive de la nature et de l’homme qui y vit, en la caricature perverse de l’une et de l’autre. Je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie un homme naturel, autrement dit un homme véritable et vrai, comme je n’ai encore jamais vu sur aucune photographie une véritable et vraie nature. la photographie est le plus grand malheur du vingtième siècle. Jamais je n’ai été pris d’un tel dégoût qu’en regardant de photographies. Mais, me suis-je dit à présent, si déformés que soient mes parents et mon frère sur ces seules photographies prises par moi avec l’appareil photographique appartenant à mon frère, à mesure que je les regarde celles-ci montrent tout de même, derrière la perversité et la déformation, la vérité et la réalité de ceux qui sont pour ainsi dire saisis par la photographie, parce que je ne me soucie pas des photos et que je vois ceux qui y sont représentés, non pas tels que les montre la photo dans sa déformation grossière et sa perversité, mais comme moi je les vois. »

                                                                                                                         Thomas Bernard, Extinction               

Retour en haut