muette

C’est au Fonds Vivant Denon que j’ai photographié cette page car le titre m’amusait. Je n’en sais pas plus. En ce moment un des oiseaux s’acharne sur une branche que j’avais mise dans la cage le jour des Rameaux. Ils ont une activité incessante dans ce si petit espace . Je les adore. On devrait tous avoir des oiseaux, en liberté ce serait mieux et on devrait les regarder sans bouger au moins 10mn chaque jour. Sans rien faire d’autre. Travaillé tous les jours à A. Temps épouvantable. Fatigue ( Est ce lié à la Thyroïde, JC n’est pas repassé voir mes résultats. ) Je suis fière d’être allée travailler contre vents et marées même si je n’en avais pas envie. La grande peinture de 7m est presque terminée. Il m’aura fallu au moins 3 mois. Que c’est long. Tout ce temps à peindre c’est d’un stupide. Travail avec B pour la Suisse. Ouf car j’étais perdue. Il faut que l’on speede car je veux partir dès que possible. Aujourd’hui, rien fait. Trop fatiguée. Lu un peu Annie Lebrun. C’est très bien écrit et ce bien écrit là fige un peu la pensée par sa poésie? Ce n’est pas très clair. Disons que l’on sent le réel souci de la beauté de l’écriture. J’y apprends que Beckman, l’auteur de Vathek que j’ai ici quelque part et que j’ai lu fût élève de Cozens. Elle parle beaucoup d’Acteon, de Sade, du noir et de la sauvagerie.

Ya quoi au cinéma?

Partir

dans les bois je veux

Ce type là, je ne l’avais pas vu depuis longtemps et même au bar on ne s’était jamais parlé. Un Bonjour-Bonjour et un petit sourire et puis voilà. Il est arrivé comme d’habitude avec sa tête d’une autre époque, sa raie au milieu et les côtés un peu bouffants. Genre années 70 qui irait avec des pattes d’éléphant. Parfois on se demande quand même où les gens vont chercher leur tronche. Alors bon, il manifeste des envies de parler et comment ça vient je n’en sais rien/ Ah si/ je lui dis:

— On ne vous a pas vu depuis longtemps. Il me répond: —Je tournais un film. Oh, je me suis dit, chouette ou zut encore un. Je me suis tournée vers R. pour lui passer l’info: —Il tournait un film. J’ai dit ça avec un des mes petits airs genre encore un mythomane. On a déjà à notre actif un roi ou presque, alors…

De fil en aiguille il me montre sa photo sur internet et effectivement quelqu’un a fait un documentaire sur lui, enfin je ne sais plus trop. Zut, je ne retrouve pas. La photo était minuscule, mais photo il y avait. 

Son nom, c’était Dumont. Comme le réalisateur. On y est parfois, à 5cm près du bon côté!

Alors il me raconte qu’il est acteur de rue et que son truc c’est de se coucher sur du verre et que quelqu’un lui monte dessus. Ah ah, ça m’intéresse. Puis il précise qu’il a amélioré son numéro: Il ne fait plus le corps mais le visage. Il casse le verre lui-même devant les gens et hop in the glass et quelqu’un qui met un poids ou je ne sais quoi. Je me suis exclamée en lui disant que ça devait piquer. La seule chose à éviter c’est de boire, dit-il, sinon on saigne. Bien Bien. Il va aller aux Sables d’Olonne. ( pour info !!!)

Il y a des drôles de vies quand même. Après il avait envie de s’épancher un peu. Après la douleur du verre pilé, la douleur de l’enfance, les coups, et la fugue à 12 ans. Moi, tous les gens qui sont un peu comme ça, je dois les sous-titrer. Entre BB, le guitariste et lui, c’est un exploit de comprendre quelquechose. Entre les trachéotomies, les pas de dents, les qui parlent du nez, faut avoir l’oreille fine. A ce moment là, Y est entré avec son tea shirt marin moulant et je lui ai demandé de me faire  » Le lundi au soleil  » . Y. c’est une sorte de Patrick Juvet et pour me faire plaisir il me fait Claude François. Voilà le vie des bars, de ceux qui restent tout au moins, vu que ce n’est pas aux tables bios et collectives que l’on peut faire ce genre de rencontres. Personnages en voie de disparition, fin de Pigalle, fin des haricots. 

Dimanche lecture toute la journée. Londres Express de Laughan. J’en étais à commencer à me demander pourquoi édité en série noire, ( j’en avais un peu marre en fait des élucubrations du marin) et soudain, à 10 pages de la fin le vent a tourné. C’est vraiment un livre intéressant si on va vraiment jusqu’au bout. Stupéfiant et horrible je dois dire. Pas horrible comme le pavé que j’ai lu avant ( pour tout oublier pour ne plus rien entendre dans les transports ) Sadowski et l’ange du péché. C’est immonde. J’avais attrapé ça chez D. C’est quoi ce bouquin? Parait que c’est horrible. Ok je le prends.  Et je pense que la façon de nous tenir en haleine avec ce genre d’histoires de collabo, cette écriture-là est peut être plus dégoutante que le reste. Car on se transforme en voyeur de cet anti-Maigret et de ses turpitudes. Berk. Mais j’ai tout lu et suis aussi fière que si j’avais ralenti pourvoir s’il y avait des morts dans la voiture accidentée. 

Le fait que le projet soit pris pour la Fiac m’a littéralement rendue malade. Vidée, lessivée, franchement crevée et sans appétit. Les analyses de sang ont deux trucs qui ne collent pas mais le médecin dit qu’il n’y a pas le feu. Mais fatiguée comme ça. Je vois le temps filer filer et je ne voudrais en aucun cas rétrécir le repenti et le reste. J’en rêve tout au long d l’année alors…

Là je sature. Me trouve nulle et plus envie de rien faire à quoi bon. Ça s’appelle perdre confiance et c’est ce qui arrive. Le pire c’est que personne ne peut vraiment m’aider et je trouve tout insurmontable aussi.

rue Veron

Il y a eu aussi ma visite à Amiens Samedi, au Frac. J’étais sur les genoux et en plus pour aller dans cette ville, on dirait que les trains sont tous cassés, il y a des retards, des annulations, des arrêts sur la voie. J’ai failli être sauvée et ne pas partir faire cette visite de l’exposition Le hasard et le vagabond, de Laurent Busine. Magnifique exposition je trouve, très subtile et vraiment Yves Lecointre a fait et fait un travail remarquable. Faire une visite  » à ma manière » Oui. J’avais regardé pas mal de choses, mais je n’ai pas l’esprit vif en ce moment et je pense que ce n’était pas terrible. Manque de substance, la conviction ne suffit pas. Je ne connaissais pas Matt Mullican et Angel Vergara Santiago qui pourrait on dire dessine la réalité filmée. J’aime beaucoup. Là il s’agissait de la femme au miroir je crois et le crayon, se changeant en pinceau puise dans l’homme à la palette de Manet la couleur. Cet artiste aussi je crois se cache sous un voile blanc pour dessiner.

Puis aussi la dernière séance avec le lycée-plus jamais – et aussi les jurys et aussi le dossier concours. Plus jamais. A l’aide. Et pendant ce temps, je me déconcentre et je n’ai plus envie de rien. Fini tous ces machins fini. N.I. De l’herbe, des fleurs et oublions cette mauvaise année. 

 

Clara Schulman

« Mais non, stupida ! »!

Pour passer d’une idée à une autre, Hélène Delprat dit parfois : « Paf ». Les idées, les personnages, les anecdotes s’enchaînent alors comme si la vitesse de la pensée trouvait, par la conversation, un véhicule particulièrement ajusté. Hélène Delprat dessine, peint, filme, se déguise, mais c’est à voix haute que ces différentes modalités de travail se polarisent, avec toute l’ironie, le plaisir qui accompagnent le café que l’on boit avec celui ou celle venus prendre des nouvelles. La musicalité de l’histoire que l’on raconte, que l’on re-raconte, qui permet de rebondir vers une autre histoire : cet art de la conversation pose au cœur de la pratique de l’artiste une voix, la sienne, mais aussi celle de tant d’autres figures. Les voix de Delphine Seyrig, de Jeanne Moreau ou de Marguerite Duras, mais aussi des voix anonymes, entendues dans la rue, dans le métro, ont plané sur notre discussion comme des sentinelles. Donc, vitesse de l’échange et voix affûtée pour celle qui aimerait avoir une voix rauque, une voix de fumeuse – « ça crée du mystère », dit-elle.

Une amie l’a entendue parler à la radio. Elle lui dit : « Tu biches ». Sa voix minaude ? C’est celle du studio d’enregistrement, celle que l’on prend pour faire sérieux, une voix appliquée qui contient, ou même enserre, peut-être, la pensée là où celle-ci cavalerait plus vite. Cette voix appliquée n’est pas la « vraie voix ». La voix de l’enseignement, aux Beaux-arts de Paris, n’est pas la vraie voix non plus : c’est une voix d’exigence. Elle se souvient trop bien de son entrée en 6ème et du vouvoiement soudain pour ne pas accepter ce moment où la voix se hausse, se cambre un peu. En tout cas – la radio. Les dessins radiophoniques d’Hélène Delprat fournissent un point de départ possible pour circuler dans son travail. Leur format est assez grand. Les dessins intègrent des collages. Mais, surtout, ils intègrent la voix, celle qui surgit de la radio (France Culture). Des fragments de texte viennent se glisser sur la page, signalés ou non par des guillemets. La voix s’insère et se répand, elle légende les images ou se contente de les accompagner. Réalisés à la maison, c’est à dire pas dans l’atelier, ces dessins appartiennent à la vie domestique : des gestes qui relèvent davantage du flottement que de la décision ou du projet, qui se glissent entre d’autres tâches quotidiennes. Fantomatique, lestée du corps, la voix radiophonique hante les dessins et finit prise dans leurs filets. Chacun d’entre eux s’offre ainsi comme un espace d’archivage où l’artiste joue à la fois les rôles de lectrice, auditrice, interprète et narratrice. Manière de contourner le fait que la radio, ça s’écoute seule.

Les « nouvelles sorcières de Macbeth » se demandent: « Qu’est-ce qu’on va faire ? » Hélène Delprat a rencontré Edith Scob et l’alchimie opère. Ensemble, elles concoctent une émission radiophonique, retransmise en 2013, dont les développements dépassent largement l’enregistrement puis le montage de voix : textes (le journal qu’Hélène tient de leurs rendez- vous), dessins (« Le faux grand-père d’Edith Scob »), photo (« Le portail qui mène au château d’Edith Scob »), mises en scène, correspondance, textos (« Jose pas tapler si tu dors !! tel moi. LN » [sic]). Leur « vrac » (« Le Vrac est un mot d’Edith Scob et désigne les affaires que l’on garde pour différentes raisons : négligence, lien affectif, attachement sans raison »1). DansFair is Foul and Foul is Fair, publié en 2014, on prend la mesure du projet. Qui met d’ailleurs, par mail, d’autres personnes à contribution.
Jonathan W., contacté par Hélène, répond, en PS :« C’est génial cette conversation. Wesh Wesh » !!! Total respect pour Edith + Big up
Ho ! Georges Aperghis…
Il faut que je décrive ce qu’elle fait alors ? Ou c’est une statue ? (avec que les yeux qui bougent bien entendu).
La voix d’Edith Scob mais sans la voix d’Edith Scob. Tout le monde en a entendu parler mais personne ne l’entend ! »
Le journal radiophonique de la rencontre entre Edith et Hélène est immédiatement dialogique : bien sûr les protagonistes parlent entre elles, mais elles font aussi parler les autres. Au milieu des toux, des éclats de rire et des confidences (« J’ai joué la Vierge Marie. »), il y a aussi les rêves. La voix d’Edith raconte un rêve d’Hélène: « Je pousse une porte et je me retrouve sur la scène d’un théâtre. À ce que je comprends, on joue Tchékhov. Traverser un plateau de théâtre n’est déjà pas une mince affaire. Que fait-on de ses bras ? Pourquoi se raidit-on soudainement comme si on entrait dans une zone magique ? Où doit-on regarder ? etc. Mais se retrouver au milieu d’un spectacle, plantée là, sans que personne ne semble trouver cela anormal, ça c’est bizarre. Je passe discrètement derrière Edith Scob qui (inaudible). D’un seul coup par un petit chemin au milieu de grands cactus arrive Louis XIV et sa suite. Il vient pour me féliciter. Il a vu en projection Comment j’ai inventé Louis XIV et ça lui a plu énormément. Il trouve quand même la fin un peu trop macabre […].»
Dans l’émission, tour à tour, la voix de l’une commente celle de l’autre. Hélène se charge du « nous » : « Nous partageons le même goût pour les histoires un peu terrifiantes. Les histoires de masques chez Poe, Schwob, Jean Lorrain, et tout l’arsenal qui va du Grand Guignol àFantômas. Visages, greffes, gueules cassées, Mains d’Orlac, hémoglobine, éternelle jeunesse,Frankenstein, bistouri, figures de cire, Judex. Nous parlons de Rebecca, du Tour d’écrou, desCahiers d’Aspen, elle adore lire à voix haute les Cahiers de Malte. »
L’activité de feindre (fabriquer, imaginer, créer) ne vaut que si elle est partagée : elle se rassemble autour de l’enregistrement d’une parole conteuse. La vivacité de cette parole est semblable à une enquête qui progresse, qui folâtre, sans programme. Le seul qui tienne peut- être : les chaises musicales. La narratrice et conteuse devient auditrice avant de reprendre la parole. Inversion, permutation, renversement. Hélène se souvient que son mari consultait, comme beaucoup de comédiens, le docteur X. – que l’on appelait aussi Monsieur Cortisone. C’est lui que l’on venait consulter lorsque l’on perdait sa voix. Doit-on combler le silence ? Parler du temps qu’il fait ou laisser plutôt le vide s’installer ? Éviter en tout cas les affectations. Pour Comment j’ai inventé Edith Scob, Hélène choisit de réaliser l’émission « en noir et blanc » : sans habillage sonore.

Les textes d’Hélène Delprat pensent à voix haute: les textes sont écrits comme elle parle. Là aussi la forme dialogique prime. Dans ses mails, l’artiste rédige parfois de vrais dialogues : la parole comme la pensée gagnent à être mises en scène, jouées, mises à distance. La prise de notes est elle aussi une discussion. Ainsi se met en place une méthode – paradoxale, dans le sens où elle est antisystématique – qui permet de prendre des libertés. Impossible de dire du travail d’Hélène Delprat qu’il est « savant » : les effets de son érudition sont toujours soumis à l’échange, à la contradiction, même si c’est avec elle-même qu’elle choisit de composer. Par exemple, Hélène écrit : « Je n’ai pas respecté la chronologie des écrits de Mary Shelley. Ainsi ai-je décidé qu’elle avait ébauché Lives of the Most Eminent French Writers avant d’écrire Frankenstein en 1816. C’est improbable car alors elle n’avait pas 18 ans, mais cela m’arrangeait au moment où cette pluie incessante sur le lac Léman m’angoissait moi aussi ! Et si tout n’est pas vrai, tout n’est pas vraiment faux. Peu crédible le fait que Byron ait une idée quant à Darwin au moment où Mary écrit Frankenstein… Il avait 7 ans en 1816 le petit Darwin sur le portrait aux fleurs jaunes et au grand col de dentelles… Mais non, stupida il ne s’agit pas là de Charles mais d’Erasmus Darwin le médecin !»3 On entend bien là les effets d’une écriture qui invente autant qu’elle célèbre, qui fait dévier les noms propres, les chronologies et leur soi-disant autorité. Dans les textes et les voix off qu’écrit Hélène Delprat, aucune assertion. Toute proposition est potentiellement permutable. D’ailleurs, les conférences sont fausses.

L’encombrement des voix assaille tout particulièrement les films. Ceux-ci relèvent du bavardage autant que de la confidence – rejoignant peut-être cette idée fameuse de Bakhtine : « Toute causerie est chargée de transmissions et d’interprétations des paroles d’autrui. On y trouve à tout instant une ‘citation’, une ‘référence’ à ce qu’a dit telle personne, à ce qu’‘on dit’, à ce que ‘chacun dit’, aux paroles de l’interlocuteur, à nos propres paroles antérieures, à un journal, une résolution, un document, un livre […] parmi toutes les paroles que nous prononçons dans la vie courante, une bonne moitié nous vient d’autrui. »4 Hélène Delprat pratique une parole-gigogne : qui contient, traverse et est traversée par les mots qu’elle lit, attrape au vol ou chasse. Le sérieux de sa méthode repose sur un espionnage constant : écouter dans le métro les voix des gens qui se parlent – observer, lire, raccorder.

Autre manière de parler : en chanson. On imagine qu’Hélène Delprat chantonne souvent, elle qui insère la musique de Peau d’âne dans ses films ou dans ses livres. Donc : ritournelle, fredonnement, jingle. Les voix et les textes mis en chanson sont un lieu commun, un chaîne mémorielle qui unit celle qui chante à une musicalité plus ancienne – pas tant dans l’idée de conserver, mais, de façon dynamique, comme une manière de distiller une énergie mélodique dans le flux de la pensée ou dans le flux quotidien. Regarder le travail d’Hélène Delprat depuis le biais de la chanson permet de voir soudainement émerger un ensemble de productions, hétérogènes certes, mais qui existent sous forme de recueil ou d’album. Cette tradition musicale a le mérite, tout comme le fil de la voix que je suis ici, de faire tomber les cloisons entre dessins, films, peintures, émissions de radio. Une forme de performance lyrique – lyrique dans tous les sens du terme : dont les sentiments ne sont pas exclus, et qui place la mélodie, la musicalité en son centre – dont il faudrait inventer, pour elle, un format « de poche ».

La chanson est récit. Dans une note de bas de page de son ouvrage sur les tubes, Peter Szendy écrit : « Allégorie vient du grec allos, ‘autre’, et agoreuiein, ‘parler (en public)’. D’où : énoncer autre chose que ce qui est dit littéralement. Mais il serait peut-être plus juste de dire […], que la chanson est tautégorie, qu’elle se dit donc elle-même comme une autre. Ce qui la rapprocherait du mythe tel que le décrit Jean-Luc Nancy dans La Communauté désoeuvrée(Bourgois, 1999, p.124) : ‘[Le mythe] ne dit pas autre chose que lui-même… Il n’a donc pas à être interprété, il s’explique lui-même… [Il est] la mythologie qui s’explique ou s’interprète elle-même.’ Comme le tube, qui est donc aussi sa propre musicologie – et sans doute sa propre mythologie. »5 Chez Hélène Delprat, il n’y a qu’un pas entre la chanson et le mythe ou la légende. Une mémoire commune dont la voix est le relais. L’histoire d’Actéon: Hélène raconte l’épisode sans le lire, d’un trait, par cœur. L’histoire du Cerf Coco, cette jeune femme qui se transforme en cerf. Une obsession traverse ces récits mythiques, celle de métamorphoses qui fabriquent des images, certes, mais surtout un rythme, vif, frénétique, haletant parfois.

« Nicole, J’avais promis de vous écrire. Mais où êtes-vous ? Très loin… Juste à côté… Me voyez-vous ? Si c’est le cas vous devez bien vous moquer de moi, submergée que je suis par ces documents, ces bandes accumulés pendant quatre années, perdue dans mes notes, mes interrogations et terrorisée à l’idée de faire un film que vous n’aimeriez pas. Si vous me voyez, vous voyez aussi sur ma table le cow-boy dessiné pour vous, posé sur une chaise le bonnet que vous m’aviez offert, la théière, les ciseaux… Nous sommes Dimanche, peu importe pour vous maintenant. Il fait un gris bleu et froid. Depuis plusieurs jours la maison est vide et cependant je suis avec vous, avec votre voix que je fais avancer, que je réécoute. Il n’y a aucun bruit, un chien de temps en temps… Je sais que la nuit venue vous reviendrez dans votre chambre-forêt, vêtue de la cape noire: la cape aux oiseaux d’or du blason de votre enfance. Vous glisserez comme une sainte de procession. Cette procession où vous avez suivi votre mère, Cocteau, Doudou, Marguerite, Susan et tous ceux qui vous manquaient tant. “Death”, comme vous disiez, est passée et vous a embarquée vous et votre petite radio… »

Autre rencontre : en 2001, Hélène Delprat fait la connaissance de Nicole Stéphane à l’occasion d’une précédente émission de radio réalisée pour France-Culture. La voix de Nicole Stéphane s’installe pour quelques années dans la vie d’Hélène Delprat : pendant quatre ans, Hélène lui rend visite et la filme. Sa vie est un roman d’aventures. Son engagement dans la Résistance, Les Enfants terribles de Cocteau. Son voyage en Israël, à vingt-quatre ans, pour s’entretenir avec Ben Gourion. Le film scientifique qu’elle réalise sur les premières opérations du cerveau, passionnée par la neurochirurgie. La production de Mourir à Madrid (le film se tourne dans le dos de Franco), de Détruire dit-elle de Duras, « un film de Mai 68 » – Nicole Stéphane raconte, derrière ses lunettes noires. Mais la vie hoquète aussi : lorsqu’Hélène lui propose de répondre par un mot à l’alphabet, A sera « Asile » mais la lettre B refuse de s’ouvrir : ce sera « B comme Débarquement ».

« – Je suis d’accord mais c’est ce qui me vient à l’esprit : B comme Barquement. », répond Nicole.
« – Ça veut dire que, selon le dictionnaire rédigé par Nicole Stéphane, Débarquement est à B. »

L’exercice s’arrête là.
Nicole Stéphane évoque son principe de vie. Elle explique à Hélène : « Dans les pires moments, je rebondis, je m’accroche avec passion à quelque chose, comme je m’accroche avec passion pour certains êtres. » Rebondir : c’est ce qu’Hélène fait tout le temps, lorsqu’elle passe du coq à l’âne – principe de montage qui gouverne les films autant que le fil de la pensée. Mais, et c’est sans doute ce qui la relie à Nicole, il y a dans le rebondissement l’idée de péril, d’épreuve – la vie est redoutable. Les récits de Nicole sont emprunts d’obscurité. Cette part sombre sur laquelle on ne cesse de buter, Hélène la rencontre au détour de France Culture : une voix aimée, connue, mais d’outre-tombe, jaillit de la radio. Pas facile de faire disparaître une voix. Les échanges entre Nicole et Hélène relèvent de la confiance, de la confidence : leurs voix se fient l’une à l’autre, à ce qu’il se passe, à ce qui arrive, aux histoires qui sont racontées. Exemplaires, véridiques, inventées, inouïes, ces histoires sont des remèdes, il n’est pas impossible qu’elles permettent de guérir. Leur musicalité fait songer à une liberté conquise et dès lors précieuse.

En 1993, en plein siège, Susan Sontag monte à Sarajevo En Attendant Godot de Beckett. Nicole Stéphane la suit. Elle réalise un film qui documente l’aventure. Dans un texte publié à son retour, Sontag note à quel point l’expérience émerge, ou procède, de l’obscurité : « Bien sûr, il y avait des obstacles. Pas des obstacles ethniques. De vrais obstacles. On répétait dans l’obscurité. D’ordinaire, la scène du théâtre, vide, était uniquement éclairée par trois ou quatre bougies, augmentées par les quatre lampes de poche que j’avais amenées avec moi. Lorsque j’ai demandé des bougies supplémentaires, on m’a dit qu’il n’y en avait pas ; plus tard on m’a dit qu’on les conservait pour nos représentations. En fait, je n’ai jamais su qui s’occupait des bougies ; elles étaient disposées au sol lorsque j’arrivais chaque matin au théâtre […] La façade du théâtre, son entrée, les vestiaires, le bar : tout cela avait été pilonné un an avant et les débris n’avaient jamais été nettoyés. » 7 Les voix et les ténèbres : cette donnée est au cœur du travail d’Hélène Delprat. Entêtantes, légendaires, elles émergent de profondeurs que seule l’artiste peut nommer. Immatérielles, elles donnent un pouls à l’existence, la rythment sans jamais la figer. Les lampes de poche de Susan Sontag, les bougies: autant d’inflexions infimes, presque invisibles, qui, comme les voix, nous guident dans la pénombre.

Clara Schulmann


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Philippe Morel

Serio Ludere et voyage initiatique : la peinture d’Hélène Delprat au prisme de la Renaissance

Prenant comme point de départ ou prétexte quelques allusions à la peinture de la Renaissance (à Piero di Cosimo et aux grotesques en particulier) discernables dans certaines toiles et publications d’Hélène Delprat, cette contribution se propose d’abord d’explorer la trame anachronique qui se tisse discrètement dans son travail, en relevant des analogies possibles avec la culture, essentiellement mais pas exclusivement figurative, de la Renaissance. Le comique, la dérision, le détournement, l’équivoque, et plus encore le « serio ludere »  sont quelques unes des pistes qui seront examinées, mais il s’agit surtout, à un niveau plus structural ou sémiotique, d’analyser le rapport qui peut s’y développer entre le narratif et l’ornemental, le rôle de l’élaboration figurative de l’inchoatif et plus généralement le rapport de la figure au fond.  Au-delà de toute analogie avec des siècles anciens, nous chercherons ainsi à saisir comment le travail de la peinture peut se donner à voir à travers diverses scénographies. Abordant ces œuvres avec un regard, des outils et un bagage mûris et construits pour l’art d’une tout autre époque, je souhaite montrer qu’une telle démarche peut s’avérer fructueuse pour en dégager certains ressorts et traits spécifiques. 

Affinités anachroniques

Un quadrupède à tête humaine observe un homme et un chien qui s’approchent, deux satyres penchés en avant promènent leur silhouette ithyphallique : on peut être tenté d’y reconnaître des reprises discrètes indirectes et involontaires (à travers, notamment, un emprunt à des dessins satyriques du XVIIIe siècle) de figures de La Chasse et de L’Incendie de Forêt de Piero di Cosimo. Le fait pourrait sembler à prime abord parfaitement accessoire et  fortuit, si le nom de ce grand artiste florentin de la Renaissance, célèbre pour son originalité et sa bizarrerie, ne surplombait le curieux Panthéon des Invités, un tableau où sont juxtaposés les noms de Polke, Fra Angelico, Stingel, Disney, Liberace, Chanel et de bien d’autres. Que vient faire ici le génial et curieux inventeur de scènes pré-anthropologiques de l’humanité primitive et de l’origine de la civilisation ? Le primitivisme sauvage et initiatique, rituel et totémique des toiles plus anciennes d’Hélène Delprat, en particulier celles de la série Jungles et loups où prédominent animaux et chasseurs, ne nous apporte qu’une réponse bien incomplète mais il nous met sur la trace d’une manière d’affinité élective. 

De manière beaucoup plus ostensible que ces détails rares et isolés, divers masques tantôt ridicules ou désopilants, tantôt étranges ou inquiétants, qui parsèment son œuvre, pourraient nous rappeler d’autres figures familières aux décors renaissants. Plus généralement, c’est l’impression de dérision, d’autodérision et de non-sens qui semble régulièrement prévaloir dans sa recherche picturale et cinématographique : un fort sens du comique qui manipule un grand nombre de références artistiques, littéraires ou philosophiques, comme d’allusions à l’actualité et au quotidien ; un « Serio Ludere » qui conjure parfois la tragédie et la mort comme les kalachnikovs ou les silhouettes nazies, et que l’artiste incarne elle-même tout autant que ses tableaux et que ses films. Son œuvre est ainsi traversé de clins d’œil, de jeux aussi discrets que récurrents qui convoquent, parmi bien d’autres choses, un imaginaire figuratif et des orientations culturelles en résonance avec la culture de la Renaissance, période où l’on a pratiqué de façon systématique et multiples, et à un très haut degré de sophistication, le mélange des genres comme l’art du détournement, le goût pour le burlesque comme la science du paradoxe.

Cette petite musique discrètement interprétée au milieu d’étranges fleurs magiques, de papillons lunaires, de sombres châteaux hugoliens, des silhouettes militaires incertaines ou de vastes nuits étoilées, n’est peut-être pas aussi périphérique ou secondaire que pourrait le laisser croire la place qu’elle occupe à première vue au sein de ces tableaux. Elle serait peut-être comme un signal, un indice, une trace d’une affinité plus profonde avec certains aspects de l’art de ces siècles révolus. Hélène Delprat lit beaucoup, elle est curieuse de mille choses, elle explore régulièrement des domaines et des questions parfois inattendus pour une artiste de son temps, j’en veux pour preuve ses citations répétées de Lucien de Samosate, son intérêt pour Actéon ou sa fascination (partagée avec Lacan) devant un tableau de Bramantino où une Vierge Marie androgyne (« l’ombre d’une barbe ») domine le cadavre d’un gigantesque crapaud. 

Elle fait son miel d’une part de tout ce matériel éclectique et disparate, elle joue avec les textes comme avec les nombreuses photocopies d’images qui parsèment le sol de son atelier, mais par affinité ou résonance je n’entends pas des emprunts calculés ni des ressemblances marquantes, il s’agirait plutôt d’une secrète analogie qui traverse le temps et l’espace pour tisser des parallèles insolites au sein d’une trame anachronique aussi discrète qu’insistante. C’est donc avec un regard parfaitement décalé que je me propose d’aborder les peintures récentes d’Hélène Delprat, non pas afin de les analyser comme d’autres sauraient bien plus justement le faire avec les instruments appropriés et les références plus fondées de la critique contemporaine, mais pour chercher à percevoir ces résonances, à discerner ces analogies, et, ce faisant, tenter aussi de m’expliquer à moi-même ce qui m’interpelle, me plaît ou me fascine dans son travail. Procédant de la sorte, je risque la gageure de parler de sa peinture selon une approche qui jouerait, de manière spéculaire, d’une sorte d’anachronisme inversé : c’est un peu la Renaissance (supposée) qui regarderait vers le XXIe siècle, juste retour des choses ou mise en abysme qui témoigne d’une libre circulation des regards et des savoirs.

Le rire, le masque, le paradoxe

Armé de l’allusion qui leur est faite dans Les Fausses conférences, je partirai d’une affinité avec l’univers des grotesques: du grotesque tel qu’on l’entend généralement depuis le XVIIe siècle, mais surtout des grotesques, ce langage figuratif qui se développe et prédomine à la Renaissance, au carrefour de la tradition des marginalia gothiques et de leur inflexion souvent comique, de la redécouverte de la peinture antique avec ses figures hybrides  et ses constructions invraisemblables, et d’une culture contemporaine (celle de la Renaissance) profondément marquée par l’encyclopédisme et la curiosité, le paradoxe et l’étrangeté, le caprice et le burlesque, la dérision et le rire, autant d’aspects qui entrent en résonance avec le travail d’Hélène Delprat. 

Le rire est d’abord celui du masque déformant, ridicule, comique, menaçant, qui dérobe le portrait, cache l’identité, abolit l’individu, comme le font de leur côté les « grimaces » et autres singeries faciales qui jouent de la parodie, de la caricature et d’un glissement vers l’autre. On n’en finirait pas de décliner la variété des masques et mascarons qui abondent dans les décors de grotesques, certains sont proches ou imités de l’art antique avec quelques motifs privilégiés comme le protomé léonin et les putti qui jouent à se faire peur avec un grand masque, d’autres plus originaux et plus outranciers versent dans le burlesque et le difforme. Libres des assignations allégoriques qu’on leur prête en d’autres contextes (attributs du théâtre, du vice, de la tromperie, etc.), ils jouent aussi d’un potentiel métamorphique ou tératomorphe et servent, en leurs positions marginales, d’éléments curieux et transgressifs, de clin d’œil et d’invitation au rire. 

Masques et grimaces sont très présents dans certains des films d’Hélène Delprat où on la voit tordre la bouche, brider les yeux, s’affubler d’oreilles d’âne en imitant son braiement, porter une cagoule de joyeux trompe-la-mort ou une tête d’oiseau (Les fausses confidences, etc.). Ce jeu autour du masque et des smorfie confine parfois à une étrangeté assez déroutante, comme ce mascaron phytomorphe et diabolique en faïence (du XVIIe siècle), qui répond à un autoportrait photographique dans le chapitre « grimaces » d’En finir avec l’extension du pire (p. 146). Fair is foul and foul is fair est le titre de son second livre de notes au contenu tout aussi éclectique et erratique que le précédent, un peu à l’image des collections littéraires hétérogènes de la Renaissance, dont la première partie est précisément dédiée aux masques et autres « portraits pourris », titre que l’on trouve associé à une série de tableaux contemporains où des têtes esquissées semblent se décomposer et se dissoudre dans un fond monochrome. 

Dans l’ouvrage, le monde fantastique, trouble et inquiétant des films de Franju cohabite avec un tableau hollandais du XVIIe siècle, Garçon avec un masque en pâte à crêpe (p. 42), et les cagoules ou bandages lugubres finissent par céder le pas à des masques peints d’apparence beaucoup plus carnavalesque, autre forme de détournement et de conjuration qui pourrait confirmer l’idée d’une dialectique du jeu et de la gravité, du menaçant et du dérisoire. Il en va de la sorte sur l’une des toiles les plus récentes, Pluie battante, fleurs roses et un papillon en tube qui passe par là, où l’effet troublant de masques cadavériques ou fantomatiques se voit doublement neutralisé par le total décalage du titre et par le visage grotesque et ridicule, en forme d’outre ou d’écu, avec des yeux en plastique surajoutés, qui occupe le devant le scène. Ce sont des masques circulaires parfaitement inconsistants à l’expression inquiète incompréhensible qui gravitent autour de L’homme-singe en fausse fourrure comme des grosses bulles ou des ballons sur le point de s’évanouir. Dans Une forteresse à soi, 1, le masque improbable qui hante les alentours nocturnes du château-fort médiéval semble terrorisé par l’invasion d’un nuée de lucioles. Un masque animal poilu et aux dents pointus, né de quelque sortilège, nous tient à distance d’un autre château irradié cette fois-ci par une lumière lunaire et magique (Les châteaux…. Avec Les fées gonflables aiment McCarthy, moi aussi, grande toile qui fut présentée l’automne dernier sur les cimaises de la galerie Christophe Gaillard, l’ombre démultipliée du célèbre plug anal de l’artiste américain circule au milieu d’une série de masques féminins à la bouche goulue dérivés de quelque poupée gonflable, en compagnie d’un satire ithyphallique et d’autres figures diaboliques non moins ridicules qui viennent présider à ce nouveau sabbat sexuel et parodique de l’art contemporain. D’autres masques plus rudimentaires mais non moins insolites affichent inversement un sourire bienveillant de smiley au centre d’une figure rayonnante ou florale, qui place sous les meilleurs auspices le paysage abstrait mais serein de Walden ou qui tient à distance les silhouettes diaboliques dans Pouvoir raconter tout ce que je vois….

L’inspiration ludique caractérise également la peinture d’HD à travers une décontextualisation des personnages et des objets, le non-sens de leur action ou l’irréalité de leur espace, des traits qui pourraient nous reconduire au langage des grotesques et à sa manière de déjouer et contredire l’ordre de la représentation et les principes de la narration, tout ce qui compose l’istoria. Des profils grecs tout droit issus du décor de vases attiques, des chevaliers médiévaux empruntés aux chansons de geste, des soldats montant la garde ou marchant au pas de l’oie, un général à bicorne sur son cheval, des marquis d’Ancien Régime en promenade, les invocations d’une héraldique illustre (avec les trois « Traité d’héraldique »), un grand chef indien ou un démon archaïque grimaçant, toutes ces figures surdéterminées par leur identité, leur origine et leurs références, semblent totalement égarées, tombées là par hasard, ou réduites à une simple qualité ornementale à moins qu’elles ne se fassent le vecteur de quelque questionnement ontologique adressé à la peinture comme nous le verrons par la suite. 

Le choix des titres procède à sa manière d’un goût pour le paradoxe et l’ambiguïté, le décalage et l’étrangeté, l’incongruité et l’humour. Il assure au spectateur une prise de distance teintée d’ironie et de légèreté par rapport à des images dont le contenu est parfois équivoque ou troublant. Les titres sont prêtés ou plutôt accrochés à ces peintures après leur achèvement, sans résulter aucunement d’une volonté programmatique. Dans Fair is foul…, un bref développement est consacré au « musée des titres » : Hélène Delprat déclare adorer, de manière générale, les titres, surtout ceux qui sont pompeux et interminables, et elle aime en changer quand il s’agit de ses tableaux. L’élaboration des titres semble donc constituer un jeu à part, un exercice parallèle : le titre peut mettre l’accent sur un élément important qu’il réélabore de manière ironique ou poétique, comme lorsqu’il s’agit d’héraldique, de portrait pourri ou de fées, ne croiser l’œuvre que de façon ponctuelle ou fortuite, être totalement décalé par rapport à elle ou faire écho à un passage du blog d’Hélène Delprat. Dans Midsummer night’s Fairies, des papillons vaguement anthropomorphes peuvent bien faire penser à des fées voletant dans un milieu marin, une silhouette noire et sans visage s’accorde aisément avec Le souverain de l’empire des douleurs, mais on perdrait sans doute son temps à expliquer le rapport entre une figure auréolée d’homme-loup et le titre Sunday morning with a Dandy, comme à vouloir identifier le dieu grec dans Elle se met à pleurer. Mercure descend du ciel et traverse le théâtre. Le diptyque Ce que le Chevalier couvert de cendres a raconté à son tour / avait oublié de dire nous plonge dans une égale et vaine perplexité, tout en renforçant l’aura mystérieuse et fascinante de ces deux peintures. Un air gai, chic et entraînant s’accorderai un peu mieux, mais pour confiner à l’absurde, avec une brochette de diables qui dansent une sarabande effrénée et désopilante autour d’une figure cosmique rappelant vaguement certaines illustrations d’anciens traités scientifiques, avec des cercles concentriques et polychromes entourant un visage lunaire tacheté d’étoiles qui fait plutôt penser aux films de Méliès. Le titre, chez Hélène Delprat, est un peu le revers du tableau, parfois on voit un peu à travers et à l’envers, d’autres fois non.

La figure et le fond

Les chevaliers de Chanson de geste semblent lutter contre les taches ou les nuages de couleurs qui les encerclent, un peu comme s’ils se battaient pour ne pas finir absorbés par cette matière chromatique indifférenciée et pour s’extraire de leur principe figuratif originel où évoluent, telle d’étranges créatures échappées des abysses de la peinture, des figures monstrueuses mâtinées de dragon ou d’insecte. Au cœur d’une polychromie plus soutenue et plus ornementale, sous les feux d’une rampe qui théâtralise la scène, le chevalier du Ritorno al castello, souvenir d’une toile de Giorgio de Chirico, est prisonnier d’un méandre de lignes et de couleurs d’où un cavalier fantôme pourrait venir l’extraire, tandis que celui d’Harvard Psychological Laboratory se démène avec moins d’espoir au milieu de sa prison de lianes et de ramures au sein d’une nébuleuse liquide. Cette manière de lutte du chevalier contre son entourage pictural vaut comme l’expression poétique et emblématique de ressorts plus intimes qui traversent bien d’autres compositions, comme nous allons le voir en examinant le rapport de la figure au fond. 

Il s’agit aussi d’une similitude plus fondamentale et structurale avec les grotesques, car l’une des caractéristiques majeures de ce langage figuratif est de brouiller radicalement les frontières de l’ornemental et du narratif, de fondre personnages, actions et scénettes dans un réseau figuratif où le sens se dissout et se diffuse, tandis que la dimension ornementale se voit inversement dotée d’une prégnance symbolique latente, qualité qu’il me semble reconnaître de façon encore plus marquée dans les toiles récentes d’Hélène Delprat, avec cette nuance et à cette différence près qu’ici l’ornemental résulte moins d’une juxtaposition arbitraire de figures et de motifs que d’un travail sur le fond ou, mieux encore, d’un travail du fond. 

En effet, on perçoit ici et là un processus d’élaboration figurative des formes inchoatives tout à fait remarquable, qui pourrait nous ramener à l’une des orientations poïétiques de l’art de la Renaissance, étrangère aux grotesques mais propre aux recherches d’artistes aussi célèbres que Léonard de Vinci, Mantegna ou Piero di Cosimo, à certaines réflexions théoriques sur l’origine de l’art, à la peinture sur pierres dures ou au décor des grottes artificielles. Dès l’Antiquité, on s’est intéressé aux images que pouvait esquisser la nature dans un processus réflexif d’imitation d’elle-même, et de Pline l’Ancien à Alberti on s’est questionné sur la fonction des nuages, de la fumée, des veines du bois, des taches dans la poussière ou sur les murs, pour la genèse de la forme artistique. Un historien de l’art américain a parlé à ce propos d’ « images made by chance ».

En outre, selon Ovide en ses Métamorphoses, c’est après le déluge que l’humanité et le monde animal ont été recréés soit par la transformation progressive de pierres en corps humains, selon le mythe de Deucalion et Pyrrha, soit par la solidification de la boue en formes animales. Cette modalité créatrice et figurative qui part de l’informe (et dont on peut trouver de fascinantes expressions dans l’art oriental) va réapparaître dans l’art occidental au XIXe et au XXe siècles, mais Hélène Delprat en approfondit le principe et la réversibilité pour en faire l’une des caractéristiques majeures de sa peinture.

Les fonds traités en marbrage ligneux ou brumeux, en surfaces aquatiques, en amas caillouteux, en taches et coulures, engendrent des formes improbables comme suspendues entre l’être et le non-être, le sens et le non-sens, l’image et le vide. La figure, quelle soit humaine, animale, paysagère ou architecturale, semble naître de manière subreptice, incertaine et éphémère du fond coloré, elle s’essaie parfois à prendre forme en esquissant des pourtours encore incertains avant d’acquérir une apparence trouble mais identifiable : profil, masque, construction, comme dans Une forteresse à soi, 1. C’est un travail plus graphique qui relie étroitement, dans Elle se met à pleurer…, un fond ayant l’apparence de veinures de bois avec le mince trait qui définit les contours des figures transparentes d’un satyre et de poupées ou objets pendus aux longues branches nues d’un arbre animé.

Au sein de deux grandes peintures sur gélatine, Grand Transparent 2 et 3, un amas chaotique de coulures monochromes, de paillettes et de lignes à l’encre de chine, se transforme de manière impromptue en des configurations mimétiques simplement mais clairement dessinées — arbres, petits personnages étranges ou comiques, animaux, profils montagneux ou architecturaux à peine esquissés —plus ou moins perceptibles de loin, mais qui s’imposent au regard attentif et rapproché et nous inspirent l’envie de déchiffrer les formes plus discrètes qui sont disséminées à la périphérie et d’en chercher d’autres, plus incertaines et confuses. Le contraste est frappant entre ce désordre, ces salissures, cet hasard informel et les petites figures de marquis qui observent ou se promènent en leur milieu. 

Avec Le voyageur contemplant une mer de nuages, le procédé résulte du contraste entre les lignes ou les petites touches blanches et un fond sombre changeant mais essentiellement bleu foncé, où finissent par transparaître notamment une « ardita capra », motif bucolique cher à la poésie latine comme à la peinture de la Renaissance, ainsi que des masques étranges, une tête fantomatique, voire une colline anthropomorphe qui rappelle vaguement certains paysages flamands de Josse de Momper, vers lequel se dirigent des personnages démoniaques, des figures de chamanes que vient peut-être défier et combattre un chevalier agité et menaçant échappé de l’Orlando furioso ou de quelque épopée médiévale. Certains détails jouent ainsi ostensiblement du rapport entre la vue de loin où prédomine l’informe, le brouillard et le brouillage, et la vue de près qui dégage des motifs inattendus, processus réversible lorsque certains contours ne prennent forme et figure qu’à distance.

Sur une toile à laquelle des reflets dorés et argentés confèrent la mystérieuse préciosité d’une icône initiatique (Thunder and lightning), la convergence pyramidale de lignes de crête d’une montagne escarpée que semblent gravir de minuscules figures de démons ou de héros— Macbeth et Hélène Delprat en l’occurrence, comme l’indique la suite du titre, et par allusion au film d’Orson Welles —, et la concentration progressive de taches, de couleurs plus tranchées et de motifs vaguement minéraux ou aquatiques, donnent forme à une sorte de montagne magique, dont l’ascension conduit à une ouverture non pas lumineuse et aveuglante, comme le serait celle du Paradis céleste, mais étrangement noire, telle l’entrée d’un tunnel donnant sur l’inconnu ou sur les profondeurs caverneuses du château de Macbeth. Lot 850 : Peinture ayant appartenu à André Malraux poursuit cette inspiration magique et théâtrale à la fois, avec un masque grimaçant d’acrotère ou de théâtre grec qui se dessine en transparence sur un fond parsemé de taches blanches et dorées et de veines ligneuses, masque qui fait office de gardien auprès de l’image scintillante et totémique d’une sorte de grand génie au costume doré, orné de figures de démons, sans bras ni visage, comme si de lointaines et étranges divinités hantaient cette matière primordiale. Réélaborant des motifs grecs archaïques, cette toile approfondit un travail sur la puissance ornementale du dessin, de l’or et de la couleur que l’on perçoit déjà dans des peintures plus anciennes où l’invasion des taches d’or, le chatoiement des tissus colorés, les rayonnements argentés ou la trame végétale en surimpression compensent et atténuent l’apparence menaçante des personnages. 

Cette prégnance du dessin ornemental est particulièrement sensible lorsqu’il intervient en surimpression, comme on l’observe dans Troisième traité d’héraldique. Ici, les plantes et les fleurs plus ou moins stylisées ne naissent pas vraiment du fond coloré, leurs contours blancs et artificiels dessinés avec soin s’inscrivent plutôt en filigrane sur le fond coloré et changeant, en jouant paradoxalement de leur transparence et de leur préciosité décorative. J’y verrais un détournement du procédé cher à Gustave Moreau, notamment dans ses variations sur Salomé, lorsqu’il souligne avec précision et autonomise les contours du décor architectural ou vestimentaire, en les dissociant de leur fond et de leur matière colorés. 

Une disparition des figures protagonistes semble se préciser dans Peinture élégante et distinguée : ni démons, ni chevaliers, ni héros, ni satyres, ni fées-papillons, ni grands masques terrifiants, tout au plus quelques profils transparents d’insectes, d’oiseaux et de fleurs évoluent-ils autour des branches d’un grand arbre, d’un masque lumineux et d’une marguerite stylisée qui nous font penser à Odilon Redon, tout ceci étant à peine troublé par les contours dessinés au trait d’un fusil et d’un château-fort qui évoquent des jouets d’enfant. La palette s’est fortement éclaircie, un crépitement de couleur minium anime la surface, des taches plus sombres suggèrent un possible arrière-plan paysager.Avec Ce que le Chevalier couvert de cendres avait oublié de dire,on se retrouve dans un milieu plus aquatique où les marbrures du bois et la polychromie suggèrent aussi le mouvement de l’eau et les reflets changeants, avant d’éclore en méduses ou en pieuvres éphémères à proximité de profils de dieux grecs, Athéna et Poséidon, figures rêvées rappelant leur célèbre opposition, mais venues de nulle part et qui disparaissent déjà dans ce fond sous-marin où évoluent d’étranges bulles lumineuses, telles des âmes perdues dans les eaux de l’oubli. 

Associés à des pics montagneux insaisissables et fascinants, à des reflets aquatiques qui empruntent à la palette tardive de Monet, dans Où l’on découvre des merveilles hydrauliques et bizarres, champignons, grappes de raisin et asphodèles nous entraînent vers quelque paradis artificiel tout juste hanté par une série de petits personnages errants et infernaux et par l’ombre ectoplasmique du géant des Apennins de Buontalenti. L’image emblématique et répétée de champignons parfois animés (avec des yeux et une bouche) qui ponctuent cette immense toile se fait l’indice de sa puissance suggestive et hallucinogène tout à fait exceptionnelle. Ici, ce sont surtout les entrelacs dessinés, le dripping, le lissage et, comme en d’autres cas, la technique de l’aplat de couleur par impression d’une toile colorée sur le support final, qui produit cet effet de magma graphique et coloré, ce mélange hasardeux et vivant de nuances et de lignes, d’où s’extraient, où cheminent, où apparaissent et disparaissent des figures humaines, minérales ou paysagères plus ou moins définies.

Ailleurs, au sein d’une peinture que je serais tenté de rapprocher d’Underwater Vision d’Odilon Redon, ce sont des lointains maritimes surgis d’une brume colorée et constellée, des reflets de clairs de lune sur l’eau. Un diablotin inoffensif et une ombre de poulpe semblent marginalisés par de petits smileys solaires et leur charge positive : Pouvoir raconter tout ce que je vois, tout ce que j’entends, le titre de cette grande toile où l’informe et le chaos prédominent nous dit peut-être quelque chose de ce travail vers l’exprimable et de cette venue à la figure et au dicible qui traverse l’œuvre d’Hélène Delprat. L’abstraction polychrome à partir de fonds veinés ou lissés, d’impressions et de coulures, prédomine encore plus dans « Ne visitez pas l’exposition coloniale », où se multiplient les curieuses fleurs magiques, à la structure concentrique, scintillante et rayonnante, qui rappellent l’évocation des asphodèles propre à une série tableaux peints en 2012. Et dans certaines des toiles les plus récentes, le dripping ou les nuits constellées tendent en revanche vers une plus grande et plus totale abstraction.

  Ce jeu sur les « ressemblances inchoatives » ou sur la figure et le fond, de plus en plus présent dans les toiles récentes d’Hélène Delprat, est le ressort principal de leur magie, sans douter parce qu’il touche en nous cet état indéfinissable entre l’inconscience et la conscience, qui a moins à voir avec le rêve, qu’avec l’éveil, la naissance, l’apparition, la venue au monde, mais aussi la découverte de l’inconnu et du mystère. Nous sommes comme suspendus entre la mise au jour et l’occultation, l’apparition de la figure et sa dissolution.

Il y a ainsi quelque chose d’épiphanique et d’éphémère au sein d’autres toiles, une notamment, qui use paradoxalement de métamorphoses comiques ou dérisoires. Le Portrait pourri remix 2 présente en guise de fleur une tête difforme et pathétique, hallucinée et rayonnante, qui se dégage partiellement du fond pour donner vie à cette caricature de nature-morte. La version suivante propose un visage à peine esquissé, saisi entre la liquéfaction et la désintégration, au-dessus d’un plateau au contenu précieux et mystérieux. Lointain écho désincarné de l’apparition de la tête suspendue de Jean-Baptiste dans l’une des Salomé de Gustave Moreau, le « remix 4 » de la même série est plus inquiétant avec ces coulures sanguinolentes et cet œil exorbité fixant avec inquiétude ou terreur un au-delà menaçant. Mais c’est la figure imposante et fantomatique de Demain, les cendres qui exprime le mieux cet indéfinissable surgissement de la silhouette à partir d’un magma de taches et de lignes. Elle soutient un semblant de tête cadavérique dont le regard asymétrique (une orbite est vide) s’élève cette fois-ci vers la lumière de bougies. Son apparence inchoative, singulière et inquiétante est doublée de l’insertion d’une petite figure démoniaque et de la présence surplombante d’une sorte d’œil de Caïn tourné vers le spectateur, impression troublante qui se voit néanmoins conjurée par la jubilation chromatique qui enveloppe et compose la figure.

Voyage initiatique

Les toiles récentes d’Hélène Delprat paraissent ainsi doublement habitées par une poétique des origines où des êtres mystérieux et des formes en gésine évoluent au sein d’un milieu primordial dont elles peinent à se détacher, et par un théâtre d’ombres légendaires ou comiques, de silhouettes dérisoires ou menaçantes, qui hantent de leurs souvenirs troubles ces profondeurs sous-marines ou ces paysages submergés par un chaos de formes et de couleurs.

Esquissons, pour conclure, une hypothèse simplificatrice, qui fait l’économie des chevauchements, tâtonnements et retours en arrière, une sorte fil d’Ariane susceptible de rendre compte de ce qui s’est passé depuis cinq ans dans la peinture d’Hélène Delprat. Plusieurs toiles de 2012 proposent une sorte de voyage dans l’inconnu avec de petits personnages isolés et perdus dans un paysage informe et sans repère. Le dresseur de chauve-souris avance prudemment, une bougie à la main, sur un fond bleuté qu’il semble éclairé au cœur d’une forêt de taches sombres. C’est plutôt une manière de lampion que tient la figurine chinoise traversant une pleine ténébreuse où volent des fleurs lumineuses (Les champs d’asphodèles). L’idée d’un voyageur perdu dans un monde obscur et indéfinissable, guidé par une lumière surnaturelle émanant de fleurs étoilées, se précise dans Le grand tour 1. On y devine une sorte de quête initiatique au cœur de la nuit et de l’informe, à laquelle répondent deux groupes d’œuvres de la même période, l’un centré sur le motif du faisceau lumineux ou de l’ouverture sur un au-delà indéfini ou un ciel constellé, l’autre, réuni sous le titre de (Grand) Transparent, met en scène l’errance d’une figure anachronique (empruntée au XVIIIe siècle) au sein d’un paysage aux contours à peine esquissés, habité par des figures étranges ou menaçantes. Les allusions ultérieures à un voyage en Enfer sur les traces de Dante ou de Lucien de Samosate, comme les apparitions fantomatiques ou effrayantes d’Inca Song, du Portrait Corrompu et de Une histoire qui pourrait bien s’être inspirée d’un conte Oriental, présentent un monde infernal sans issue. On entendait des bruits venus de l’autre monde, des soupirs de terreur et d’angoisse profonde nous plonge au sein d’obscurs abysses où surgit l’image de la Mort dans « With my voice, I’m calling you ».

Cette errance et ces ombres ou ténèbres angoissantes se transmuent, avec la série des Chansons de geste, en une lutte contre le chaos et la dissolution chromatiques, en une libération de la figure du magma élémentaire de la peinture qui s’affirme par la suite dans le travail d’élaboration figurative des fonds et des taches. Tandis qu’au sein de tableaux plus récents, les annotations guerrières semblent inversement changer de statut ou de fonction : hoplites, généralissime à cheval, emblèmes héraldiques, châteaux crénelés, soldats faisant la ronde, silhouettes fascistes et fusils mitrailleurs sont neutralisés par leur entourage ornemental, absorbés par la nuit ou marginalisés par des fleurs luminescente et des masques comiques et bienveillants. Dans Ce que le Chevalier couvert de cendres a raconté à son retour (le titre renvoie à un film d’Hélène Delprat inspiré de la veine satirique de Lucien mais peut aussi devoir quelque chose aux rites d’initiation de la Franc-Maçonnerie), les soldats grecs cheminent au milieu d’une forêt vierge bariolée, d’une explosion chromatique, d’un chaos sans fin de lignes et de taches. Le combat de la figure et du fond se rejoue en sens inverse, les images ne naissent plus des formes inchoatives, mais s’y perdent, tandis que s’affirme pleinement une poétique des origines solidaire d’une poïétique picturale, une jubilation de formes et de couleurs alliée un vagabondage du regard et de l’esprit qui témoigne d’une liberté nouvelle de la peinture.

Philippe Morel

Parfois…

Canapé cyanure

On se demande comment on arrive  » là » sur le net. Là ce sont des documents sur le suicide de Hitler qui a eu lieu sur ce canapé dont j’ai frénétiquement fait une capture.

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Les chemins qui y mènent…

Anamaria m’a envoyé cet oiseau de Colombie

Parcours du combattant que ce jury de la Villa Médicis. Interessant je dois dire notamment pour la littérature et la musique. Pour les arts plastiques , pas enthousiasmant. La candidate peintre, charmante par ailleurs, partira et ce n’est pas grâce à moi!!!. Je ne comprends strictement pas cette unanimité pour un travail à mon sens vieillot, assez étriqué et tellement raisonnable. C’est un mystère total. ( Mais ne feignons pas d’en être les instigateurs !!!) En fait , un jury de ce type, c’est une interessante étude de caractères et de comportements de part et d’autre. D’un côté la peur et souvent l’émotion, je dirais dans le meilleur des cas la peur et l’émotion. Parfois une assurance qui peut être réelle ou de façade. Mais la concentration est toujours au rendez-vous, avec des personnes plus charismatiques que d’autres. Les architectes lisses, L’italien qui présentait ce que j’appellerais pour rire un clavilux contemporain était très drôle. Il me faisait penser à Dali. Je l’ai enregistré pour mon plaisir.P. qui ne peut plus respirer, des mains qui tremblent, le ridicule parfois, la présentation par Skype où on ne comprend rien, Et de l’autre côté des personnalités qui peuvent tout argumenter. Qui sont habitués contrairement à moi, à l’exercice. C’était plutôt sympa je dois dire . Bref c’était fatigant mais sympa. Même si je ne souhaite pas renouveler l’expérience. Je ne suis pas rôdée et mon expression n’est à mon sens pas efficace pour ce genre d’exercice ( de pouvoir , de tergiversation et de stratégie ). Et voir ces candidats angoissés , jouant un morceau de leur avenir, c’est terrible.

Pourquoi les peintres racontent-ils des choses passablement ennuyeuses?

Bref, c’était bon d’en finir.

Alors que j’allais savourer un polar bien calée dans le métro, quelqu’un m’a demandé su j’étais moi:

— Vous êtes HD? J’ai raté le concours d’entrée aux Beaux-Arts . Pouvez vous me dire pourquoi…Misère. Puis elle m’a dit: Il parait que vous parlez de Dieu. Ce à quoi j’ai répondu que si Dieu est un meuble, une chaise, un dessin, un crayon ou un livre. Oui je parle de Dieu. N’importe quoi. Bref ça m’a grillé mon transport.

Les oiseaux sont affairés et assez bruyant ce matin, je ne sais pas si c’est plaisir ou non. Se disent-ils qu’ils vont tous disparaitre?

Tout ce que j’ai à faire m’ennuie: Poster une lettre ( à ce propos les nouveaux services de la Poste sont dingues.

Sans rapport avec ce qui précède je viens de découvrir les nouveaux services de La poste. Notamment  » Veiller sur mes parents à partir de 19,90 par mois « . Le film est grotesque avec de pauvres acteurs si mauvais qu’on ne peut même pas rire. Bref quoi quoi?? Heu… Vu le dernier film de Rithy Pann. Hum ( Les tombeaux sans nom ) La voix off est une catastrophe à mon sens. Texte si appliqué ( l’auteur à l’air sympa et RP aussi mais ça n’a rien à voir ) qu’on ne l’écoute pas. Plein d’emphase, il sent l’huile de coude de qui veut faire une bonne rédaction. Quant aux images, je n’ai aimé que les témoignages filmés. Les choses  » artistiques » et métaphoriques qui vont des sculptures en bois dans l’eau, au photos des disparus dans la nature, en passant par je ne sais quel matériau d’installation et j’en oublie ne me plaisent pas du tout. Par contre les sortes de cérémonies et d’invocation sont saisissants.



La Palette

Je n’y vais presque jamais. Ce matin ils étaient agréables ce qui les dernières fois n’est pas vraiment ce que j’aurais dit. Il fait sombre. Que des touristes qui mangent des oeufs. Une dame suédoise rit en se regardant. Robe longue printanière, doudoune d’hiver chaussures d’été et chapeau de soleil. En Suède il neige me dit-elle. Elle est sympa ! Eh bien voilà qui est passionnant.

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Voltaire est noir!

Je me suis arrêtée pour filmer la statue de Voltaire . Bizarrement elle avait le visage tout noir. Je me suis demandé si c’était la pierre qui était abîmée ou si quelqu’un avait barbouillé ce visage. L’autre jour alors que nous étions en terrasse et buvions de Tokay, S a passé sa main sur son sourcil et j’ai vu un tout petit insecte sauter sur la table, une sorte de miette vivante. Je n’ai rien dit mais j’étais déconcentrée et n’écoutait plus bien ce qui se disait. J’ai vu aussi que R avait remarqué cet insecte qui ressemblait à une mite minuscule- nous en avons beaucoup ri le soir. Son visage en fait exprimait ma pensée. Une sorte de dégoût Hallyday ( !!! à l’idée) ( dictez! dictez!) que de l’œil surgit un petit insecte blanchâtre. Cela voulait dire qu’elle intérieur de l’œil il pouvait y avoir une colonie de ces mêmes insectes. En écrivant cela je pense aussi au passage de Benvenuto Cellini lorsque on extrait de son corps un long verre poilu. C’est à la page 289.  » On m’y transporta le soir même avec des soins. J’étais à peine arrivé que je fûs pris de vomissements. Au cours de cette crise il me sortit de l’estomac un ver long d’un quart de brasse. Ses gros poils, ses taches vertes noires et rouges le rendaient affreux … et dans l’histoire le médecin déclare n’avoir jamais vu pareille chose. Berk.

Temps effroyable. Visite de l’expo Thomas Schütte qui contrairement à ce que je pensais, m’ennuie. Zut je suis déçue. Les socles, l’énormité, les tables et les sculptures elles-mêmes me laissent de céramique. Les patines et les matériaux sont beaux et ça, ça m’intéresse. Sinon, la maquette pour une personne seule ( ne me souvient pas du nom exact, me plait ). On dirait un gros appareil photo. peut-être somme toute que les vitrines avec les bricolages pate à modeler et autre , c’est ce qui me plait le plus. Ensuite j’ai l’impression que le gigantisme boursoufle. Sais pas.

Classé dans : 2019

Ben pas de titre tiens, juste pour t’emmerder !

SOLLERS L’anecdote la plus étrange de la vie de Redouté ? Celle-ci: une nuit il est appelé pour peindre devant Louis XVI et Marie-Antoinette prisonnier au temple un cactus en fleurs. Filmer donc cette scène ( Philippe Sollers page 17 Discours parfait/ chapitre fleurs. ) On dirait des photos dira l’esclave du spectacle contemporain.

Annie Ernaux

« Avant », dans le quartier il y avait des vendeurs de muguet tous les deux centimètres: Sur le boulevard etc. Là ils sont plutôt rue des Martyrs. Moi j’en prends à La Croix Rouge.Au moins… Le type qui récupère mon billet a un paquet de biscuits entamé et je n’ai même pas regardé sa tête. C. m’offre un pot . C’est gentil. Il n’y a pas grand monde dans les rues. Je corrige encore le teaser et boit un café avec S. qui termine son livre.

Une semaine dans le Forez. Temps exécrable sauf l’été de l’arrivée, pluie vent et cafard régulier. Pleurs. Lecture de fragments de Sollers… . Sapins et interrogations, découragement encore.Mort de Marielle. J’envoie tout de suite un mot à Agathe. Ca m’attriste même si c’est le cours des choses… Cellini que j’adore. J’avais déjà plus ou moins picoré ses mémoires mais cette fois-ci je lis normalement, page après page. Entre exploits techniques d’un orfèvre génial ( il ne se déteste pas comme dit Trintignant !!!), papauté, Sac de Rome, condamnation pour meurtre, rixes et poignards, on ne s’ennuie pas. La convocation des esprits et la frayeurs des participants est délicieuse aussi. C’est très drôle, Palissy. Rien fait de particulier. Deux jours à trier les factures, quelques marches de deux heures, seule, mais pas grand-chose, puis le teaser du film sur Nicole. Ca oui, ça m’a amusée. Et donné envie de refaire du montage. C’était beau cette première nuit quand même. retour et soirée chez C. et N. qui rentraient de leur château. Il sont dingues et c’est ce que j’aime.

premier soir

Hier UC aux Beaux arts. Avec Jonathan c’est plus simple. 20 personnes hier jusqu’à 20 heures. Puis on se retrouve avec V. que je n’avais pas vue depuis 10 jours. On rit bien sûr. UC, donc plutôt pas mal sauf évidemment ceux qui font le minimum syndical ou pensent qu’un sujet c’est scolaire sans comprendre que si école il y a c’est pour essayer des choses. Bref. Ceux qui essaient sans se poser trop de question sont les plus interessants. Bref à nouveau.

Mais la matinée a commencé avec des huitres recrachées et des poissons morts. Cela nous a laissé une atmosphère Bretonne pourrait on dire, toute la journée!. Puis ils ont aspiré l’eau du bassin installé. Ca me fait rire. J’aime bien ces tentatives…

Faire la maquette pour la Suisse il serait temps. Je n’arrive pas à prendre de décision.


Miracle et autres notes

Miracle, je suis Barnett Newman 2019 détail

« Joyau en or représentant une grenade suspendue à une branche par trois chaînettes. Ce bijou est admirablement et finement travaillé. Les couleurs vives de son émail font ressortir les dessins précieux tous ciselés et gravés. Les grains du fruit qui se voient par une ouverture naturelle sont de rubis orientaux taillés exprès. en ôtant une petite vis cachée dans la couronne de la grenade , celle-ci s’ouvre en deux parties découvrant dans chacune d’elles une excavation avec portail de style renaissance avec quelques figures représentant le mystère de la Visitation de la Sainte vierge ,à Sainte Isabelle d’un côté et de l’autre l’Annonciation parfaitement émaillé » . p 105 tome 1 Benvenuto Cellini.

« L’anecdote la plus étrange de la vie de Redouté ? Celle-ci: une nuit il est appelé pour peindre devant Louis XVI et Marie-Antoinette prisonnier au temple un cactus en fleurs. Filmer donc cette scène « Philippe Sollers page 17 Discours parfait/ chapitre fleurs. On dirait des photos dira l’esclave du spectacle contemporain

Je pense en lisant cela, aux roses du jardin du Luxembourg, aux petites étiquettes qui sont attachées  à leurs tiges ( sous la corolle ) avec un nombre de noms insensé. Des noms merveilleux, des noms qui font rêver, des inventions littéraires pour classer, inventorier, ranger sans qu’une méthode scientifique ne vienne en éteindre le parfum.

En lisant le chapitre Fleurs  de Sollers je me souviens soudainement de mon père qui au printemps avait envie entre guillemets « d’aller faire un tour en Hollande » pour voir les tulipes.

Je me suis demandé, mais il me semble que j’ai déjà écrit ça quelque part donc je me redemande, je me demande à nouveau si les rideaux violets foncés dans la chambre de mes parents avaient quelque chose à voir avec le prénom de la Jumelle de ma mère : Violette. Cette couleur dans la chambre des parents m’a toujours étonnée/ des rideaux violet foncé!!!, Cette invention décorative m’a toujours arrêtée en une certaine stupéfaction discrète dont nous n’avons jamais parlé d’ailleurs. . À mon insu pourrait-on dire, j’étais « glacée » par cette couleur. Est-ce que l’inconscient a fonctionné au moment du choix des échantillons. J’imagine ma mère dubitative et mal à l’aise ( qu’avait -elle à dire à un décorateur? ) debout devant le nuancier. Pendant des années elle s’était tenue debout devant les cartons que sa propre mère fabriquait afin de gagner un peu d’argent. Puis debout elle s’était tenue face à sa classe de cours préparatoire. Mon père si il est dans cette scène doit fumer. Devant eux, courbé, l’architecte décorateur suggère. Soudain ma mère pointe index en avant: « Ça » dit elle, « çacette couleur ». On peut imaginer une sorte de mouvement réprobateur. Mais mon père s’en fiche et l’architecte dont je me souviens assez bien s’en fiche aussi tout compte fait. Est ce que ça s’est passé comme cela. Je l’ignore. 

Violette, cette petite fille morte très jeune ( on peut la voir sur une photo de famille sur les genoux de sa mère )est désormais associée pour moi à cette couleur. Et cette couleur à la mort. Quel ne fût pas mon déplaisir à la plage où nous aimions aller chaque année, de découvrir depuis mon matelas et sur la plage à côté des parasols du même violet foncé. 

Rimbaud:  l’araignée de la haie ne mange que des violettes 

La tribune des critiques de disques me fait toujours rire. Leur indignation : Mais il n’y a aucun legato je déteste cette chanteuse, ce n’est pas beau rien ne marche !

« La gnose se présente comme un savoir qui sauve davantage qu’une croyance ou qu’une religion .Elle apprend à se ressaisir dans la vérité , à rallier un monde défini comme autre ,nouveau , étrange et qui déborde celui que les hommes admettent couramment » Sollers

C’est bizarre en ce jour de Pâques 2019, pas un mail pas un message -on dirait que tout s’est arrêté. Je suis allée marcher (attendant évidemment qu’il commence doucement à pleuvoir… pour décider d’aller du côté de Marandière) 

Ou j’articule mal ou le Dictaphone est vraiment de mauvaise qualité car je suis allée marcher devient  je suis allée marcher au pensionnat. Je ne vois pas ce que le pensionnat vient faire là-dedans. 

J’ai donc observé les mousses… 

« Il galope où ce garçon? » dit le critique musical. J’ai un peu froid je vais aller prendre un bain. 

J’ai vu sept cul-blancs, des vaches, un lièvre et des tourterelles . 

« Un beau vêtement qui se métamorphose (pour ainsi dire se coagule) en un enchevêtrement de vers et de serpents lorsque celui qui le porte se regarde avec suffisance dans le miroir… » [RM, 1931, p. 78] Wittgenstein. J’adore cette note que je retrouve chez quelqu’un, à propos de Wittgenstein et les objets.

L’attention esthétique est dirigée vers une variété d’objets –  une chaise, un tissu funéraire, un diadème, une œuvre d’art, la neige qui tombe. 

Le plaisir esthétique est lié à la prise de conscience des règles – il constitue un ensemble de connaissances plus ou moins raffinées. [Cf RM, 28-29, 84; Z, 164]

« Supposons que quelqu’un que vous rencontrez dans la rue vous dise qu’il a perdu son plus grand ami, d’une voix très expressive de son émotion. Vous pourriez dire : « C’était extraordinairement beau, sa façon de s’exprimer. » Supposons que vous demandiez alors : « Quelle similitude y a-t-il entre mon admiration pour cette personne et le fait que j’aime la glace à la vanille? » La comparaison semble presque dégoûtante. (Mais vous pouvez relier les deux cas à l’aide de cas intermédiaires). » [LC, II, § 4, p. 34]

Le changement d’aspect (Aspekt-Wechsel)

CANONS DES INVALIDES

Je relève les noms des futs de canons.: Achille Larpenteur Le vengeur Le taureau Le coupeur de bourse Le Turc Le grossier Le diable L’égrillard -La comète L’affineur Le Pertinax Le commode Vespasien L’éclatant et Lou the Noa is Sheila Le Danois  ( erreur Dictaphone en Anglais )





C’est le Vésuve et l’Etna, c’est un volcan cette fille-là

Quand j’y réfléchis je pense qu’un des paysages qui m’a marqué le plus est celui de l’Etna. J’y étais allée juste après une éruption. Nous y étions allés. Quelle année? Entre 1982 et 1984 je dirais. Et l’hôtel où nous nous étions rendus l’année précédente était complètement englouti sous la lave. Je me souviens de ce paysage désertique noir épais coulant et qui fumait légèrement. Doucement. Peut-être mon goût pour Pline l’Ancien qui trouve  la mort lors de l’éruption du Vésuve, ou les peintures de Volaire y sont pour quelque chose. J’ai toujours été très hypnotisée, pourrait-on dire par ces paysages aux volcans rougeoyant desquels émanent des fumerolles. Ceci est aussi lié avec le volcan Tambora en 1815 et son éruption au moment où Marie Shelley va écrire Frankenstein. Cet été où tout fut déréglé:couleurs vents,  marées et climat. Neige marron en Hongrie, neige rouge en Italie. (  Tambora a projeté dans la stratosphère un voile de poussière qui va filtrer le rayonnement solaire plusieurs années durant. Ignoré des livres d’histoire, ce bouleversement climatique fait des millions de morts. On lui doit aussi de profondes mutations culturelles, dont témoignent les ciels peints par Turner, chargés de poussière volcanique, ou le Frankenstein de Mary Shelley. )Cet été ou Turner peint  des paysages aux couleurs insensées. Cette année-là aussi pourquoi tant de peintres s’acharnent à représenter des navires, des naufrage, des vagues. C’est la réalité qui dicte cela et non l’imagination. En matière de paysages ce sont aussi ceux de Humbolt qui m’ont vraiment intéressée et en matière de nuages ceux de Cozens bien sûr.


Poursuivre les recherches sur les bouches ouvertes dans La peinture comme crime. J’ai acheté le livre de du Théâtre de la cruauté de Vaise vers tes gants. V eux air ST. Vers tes gants. C’est ici le limite de la dictée !!!! Merde:Verstegan. 1587. Voilà, c’est dit !!!Sur la couverture on voit un homme agenouillé mains jointes.  Il est en train de se faire étrangler par deux autres à l’aide d’une corde . (Come along if there’s a number) ????Ho hi maintenant c’est le clavier Anglais qui joue des tours… Voilà retrouvé le français. Je disais donc qu’il s’agit du Théâtre des cruautés et qu’il contient des gravures très intéressantes. Il faut que je regarde celles de (juin celle de Paris VP ris 5P eux deux air y 2S y N.) !!!!!! Et Tortorel. Voir page 10. Les images sont des gravures, des paysages en général sur lesquels on trouve des lettres . Elles renvoient à un texte par exemple sur l’image des martyrs du temps de Julien Laposte ( gravure inspirée des fresques de San Stefano Rotondo ) on voit trois gisants . Les deux premiers ont la tête coupée . Le troisième estentier.  Le plan horizontal suivant représente un tombeau qui s’ouvre et on voit un bras en sortir ainsi que des viscères . La tête est un peu en retrait et les yeux sont fermés.  La pierre tombale écrase le pied de l’homme. Au-dessus un monticule et quelques herbes dirait-on, puis sur la gauche un petit personnage allongé qui se tient le ventre, à droite des personnages assis.  Plus haut encore sur la droite un homme attrape quelqu’un par les pieds. Il est devant une colline.  A gauche un groupe d’individus puis un homme et son ombre tiennent un bâton. Entre deux collines apparaît une ville et un acqueduc et plus loin encore des petits bateaux sur la mer et semble-t-il une embarcation plus grande prend feu. Je regarde des images tirées des livre de De Théodore de Bry et aussi sur les cannibales. J’en avais utilisé certaine pour mes photos avec transparents. 

Niveau rêve, c’était Nantes cette nuit. Et l’autre c’était je ne sais où et je dévalais une pente avec un toboggan noir très large. Parfois étaient écrits des mots en blanc… Sais plus…


La fille étincelante/ Le Réel a disparu dit quelqu’un

Elle entre dans le compartiment. Elle ou lui d’ailleurs je ne sais pas. 60 ans au moins Elle s’adresse à nous en riant , ou tout au moins aux rares personnes- oreilles libres qui lèvent les yeux …:

« La différence elle est là. Vous vous faites peur moi je fais envie » puis « Vous vous êtes pauvres moi je suis belle, je brille. Vous me regardez!!! « 

Je la trouve formidable. Des yeux je fais un Pano du bas en haut: Chaussures à talons, sortes de chaussettes argentées, mollets d’homme ? , puis sur les cuisses des petits points comme d’anciennes piqûres de moustiques. Le moustique-seringue ça s’appelle cet insecte. Vaisseaux éclatés. Puis mini-jupe étincelante puis blouson argent. Elle rit. Elle a une perruque ? Elle a un verre à la main. Elle s’arrête un instant, me regarde et me dit:  » Toi, tu es belle. Eux ils sont moches et en plus ils sont pauvres » . Eclat de rire, elle descend vers son futur.

L’autre jour c’étaitt un homme au cheveux hirsutes qui soudain est revenu sur ses pas dans le compartiment ( comme s’il avait oublié d’ajouter une précision ) et a dit à la femme: Vous , c’est le bicorne de Napoléon qu’il vous faudrait pour aller avec votre nez de Cyrano. J’ai trouvé ça désopilant. La femme était hébétée. Sans doute l’était elle avant.

Jury Villa M. Ce serait agréable si sur terre il n’y avait pas d’éléments aigres, négatifs, toujours CONTRE. C’est marrant de vouloir exister en étant contre tout. Ca me fait presque de la peine. Quel temps perdu que cette tension. Puis je suis allée me réconforter en lisant et en prenant un thé au café Beaubourg. En cherchant mon livre me suis aperçue que j’avais pris le manteau de quelqu’un d’autre. Pourvu que ce ne soit pas le SIEN me dis-je. Ouf. J’ai couru rendre à Cesar et j’ai repris le mien aussi.

Aller au lycée. C’est la pire idée que j’aie eue cette année. Je ne suis pas faite pour ça. Mais pourquoi ai-je accepté?? Ca me coupe le vendredi en deux.

Dire non à tout. J’aurais mieux fait d’accepter l’invitation à Naples. De toutes façons, ce n’est pas mon année. Grandes difficulté à entreprendre quelque chose, à poursuivre.

Vu Insoumuses au forum des images. Quelque chose me manque même si c’est un délice de voir Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos pendant 70 mn. C’est peut être le fait d’avoir monté les archives, sans que la réalisatrice n’intervienne même très peu. Pourquoi fait on un film sur sa grand-mère en somme. Sais pas. Mais j’ai passé un bon moment après avoir mangé rapide vers Saint-Eustache. Pour moi une galette de sarrasin immonde. Ce que j’ai dit au responsable: C’est franchement dégoutant ce que vous m’avez servi. Il était un peu suffoqué. Moi bien désagréable. Mais gentiment il m’a proposé de changer.

L’ homme qui marche a une drôle de coiffure avec sur le devant trois lignes de cheveux un peu bouclés comme s’il s’agissait d’une terre cuite. Une dame chante doucement dans l’escalier mécanique . J’aurais voulu la remercier car on entend plus jamais personne chanter dans un escalier, ni nulle part d’ailleurs. J’ai l’impression que dicter au téléphone marche de mieux en mieux ( enfin… Heu??? ) comme si l’iPhone reconnaissait mes mots et mes expressions. Une jeune fille vient de demander la direction “deux or blanc” c’est-à-dire Herblay. Deux or blanc c’est le téléphone qui invente ! Voilà ce qui arrive aussi quand le dictaphone est réglé sur italien:

Lenny vuoi jazz age almo o chiudiamo Aux US and Have ex sette epidemia Pisa tu nel mondo di avere qua no lecca ATP scribi te fai il prof è che perfetto e lascia fare sono compare sei qua o Verso Shaun ok ma non fare le MOI il via un rettilineo nuova SP persone care però puoi scegliere o tax qua fanno”:

Enigma !!!Ce qui veut dire que face à moi il y a une dame qui semble aveugle avec des lunettes de soleil et une canne sur laquelle elle s’appuie mais je crois qu’elle n’est pas aveugle…. A méditer.

En parlant d’aveugles, le bouquin de Saragamo est particulièrement anxiogène . L’écriture est assez hachée par le fait de couper des phrase là où on ne s’y attendrait pas et de continuer, comme une réponse en commençant par une majuscule. Ce n’est pas clair . Mieux vaudrait un exemple. Bref. Mais le sujet est incroyable:Une épidémie rend tout le monde aveugle sauf  » la femme du médecin ». S’en suit l’horreur , les hordes, la faim, les crimes, les viols , la saleté etc…L’humanité en somme…


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Reflexion

Difficile de travailler. vraiment difficile. Brrrr. Même pas envie reparler et en plus le bouquin de Saramago est anxiogène.

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SA BIZARRERIE AUTANT QUE SON GÉNIE…

Leonard de vinci/Vasari

« Sa bizarrerie, autant que son génie, se manifestent donc bientôt par des projets irréalisables, ainsi que par des attitudes magnanimes, souvent dépourvues de réalisme. Le peintre, par exemple, achète parfois des oiseaux en cage afin de les libérer et s’entoure de serviteurs, sans tenir compte de ses moyens financiers réels. Cela s’accompagne, chez l’artiste, d’un fort désir de surprendre, comme l’indique le récit concernant un « ramarro » qu’il transforme en dragon : Sur le dos d’un gros lézard très curieux trouvé par un vigneron du Belvédère, il fixa des ailes, faites d’écailles prises à d’autres lézards, qui, à l’aide de vif argent, vibraient aux mouvements de l’animal ; il lui ajouta des yeux, des cornes, une barbe et l’apprivoisa. Il le gardait dans une boîte pour faire fuir de peur tous les amis auxquels il le montrait.

Ces détails étranges contribuent à définir la personnalité un tant soit peu inquiétante de Vinci, qui échappe à un jugement précis et définitif ; ce sont pourtant des éléments dont le biographe se sert, il nous semble, pour expliquer l’originalité du peintre. Dans son domaine privilégié, Vinci arrive en effet à des résultats surprenants, et il faut se rappeler que l’admiration, voire la «stupeur» des spectateurs est pour Vasari l’un des critères fondamentaux d’appréciation de l’œuvre d’art.

En fondant ses propres jugements sur les critères légués par la littérature artistique de l’antiquité, le biographe souligne de fait l’extraordinaire habileté technique du peintre et la « vérité » de ses tableaux, à savoir la mimésis parfaite de la réalité21. Cette aptitude peut prendre un aspect effrayant, comme le raconte le biographe en décrivant une rondache de bois, sur laquelle Léonard voulut peindre une figure fantaisiste à même de produire l’effet d’une tête de Méduse, c’est-à-dire de paralyser ceux qui la regardaient. Il réunit des « lézards petits et gros, criquets, serpents, papillons, sauterelles, chauves-souris » et en copia quelques détails pour créer un animal imaginaire et monstrueux. Cette peinture était tellement réussie qu’elle épouvanta le père de Léonard, ser Piero da Vinci, au point qu’au lieu d’entrer dans l’atelier de son fils, il fit marche arrière. C’est là l’occasion pour Léonard (ainsi que pour Vasari lui-même) de définir le plaisir de la représentation : « Voilà à quoi sert cet objet, prenez-le et emportez-le ; c’est ce qu’on attend d’une œuvre d’art »

On invoquera souvent l’imagination débordante du peintre pour expliquer que son œuvre est restée inachevée. C’est ce que fait Vasari dans sa critique de l’esprit inquiet et capricieux de Léonard, « qui n’arrêtait jamais de distiller des inventions subtiles » (mai restava di ghiribizzare) et qui était gêné par un désir excessif23. L’historien appuie son jugement péjoratif sur une anecdote significative ; Léonard, dans son atelier, s’amuse avec des expériences qui cherchent, une fois de plus, à surprendre les spectateurs :

Il lui arrivait aussi de faire dégraisser et nettoyer minutieusement des boyaux de mouton pour les rendre si minces qu’ils auraient tenu dans le creux de la main. Dans une pièce voisine, il avait une paire de soufflets de forge auxquels il adaptait l’extrémité du boyau ; gonflé, celui-ci remplissait toute la pièce, pourtant très grande, et les gens présents étaient obligés de se réfugier dans un coin. Ces objets transparents et pleins de vent qui occupaient si peu de place au début et tant à la fin, il les comparait à l’énergie personnelle. Il se livra à toutes sortes de folies de ce genre, s’occupa de miroirs et expérimenta des méthodes très curieuses pour trouver des huiles pour peindre et des vernis pour conserver les tableaux.

De telles recherches conduisent Léonard à se rapprocher de l’alchimie25, à utiliser des miroirs dans ses investigations sur l’optique et à chercher de nouvelles techniques picturales, qui se révèlent parfois infructueuses26. Vasari, de son côté, n’hésite pas à nommer « folies » (pazzie) ces travaux de l’artiste.

Insistant encore sur le topos de la stupeur, Vasari propose cependant des variations qui lui permettent de souligner d’autres caractéristiques du peintre, tel le fait de travailler sans même s’apercevoir des odeurs nauséabondes qui envahissent son atelier27. L’idée du dévouement complet de l’artiste envers son œuvre viendrait au biographe d’une nouvelle de Matteo Bandello, qui avait pu observer l’artiste au travail, en 1497, dans le couvent milanais de Sainte-Marie-des-Grâces, et avait décrit son rythme déréglé28. Bandello n’hésitait pas à faire parler l’artiste des largesses des souverains pour les maîtres reconnus dans les arts ; Vasari en revanche garde le ton facétieux de la nouvelle mais oriente son récit vers d’autres thèmes, imaginant une discussion entre le duc Ludovic Le More et Vinci, qui permet à ce dernier d’exprimer sa propre conception de la peinture :

[…] c’est au moment où ils travaillent le moins que les esprits élevés en font le plus ; ils sont alors mentalement à la recherche de l’inédit et trouvent la forme parfaite des idées qu’ils expriment ensuite en traçant de leurs mains ce qu’ils ont conçu en esprit . »


Toc Toc ou la canne de Alain Baden

Wendy Toye, Trois meurtres (Three cases of murder), 1955.

Rêve

Pas du tout aimé le rêve de cette nuit . R. était vivant et il était parti sans donner de nouvelles. Je me suis aperçu qu’il y avait un tout petit papier collé au bout de mon téléphone. On y lisait: je rentre samedi. Mais c’etait très difficile à déchiffrer. Je me suis demandée si je devais l’appeler ou non. Ensuite j’étais dans un théâtre. On répétait une pièce pour le Festival d’Avignon et il y avait la aussi des amis de R.. Il y avait Jacques Weber. Je n’ai pas osé rentrer dans la salle de peur de croiser Piccoli.J’ai eu beaucoup de mal à sortir de ce rêve. Était-ce parce que R. m’avait quitté. Était-ce parce qu’il vivait avec quelqu’un d’autre, une étudiante à moi, en disant qu’une différence d’âge de 60 ans n’était pas grand-chose au fond. Ou était-ce parce que tout d’un coup dans ce rêve je le revoyais bien vivant face à moi, en chair et en os. J’avais envie de crier, de me battre. Lui ne bougeait pas. J’ai contenu ma rage et me suis levée….

Note/ MASQUE POE

Alors, invoquant le courage violent du désespoir, une foule de masques se précipita à la fois dans la chambre noire ; et, saisissant l’inconnu, qui se tenait, comme une grande statue, droit et immobile dans l’ombre de l’horloge  d’ébène, ils se sentirent suffoqués par une terreur sans nom, en voyant que sous le linceul et le masque cadavéreux qu’ils avaient empoigné avec une si violente énergie, ne logeait aucune forme humaine. On reconnut alors la présence de la Mort rouge.

Wendy Toye, Trois meurtres (Three cases of murder), 1955. Je n’ai pas vu le film. Les deux hommes regardent le tableau, sorte de grande demeure-croute au bout d’un chemin. Le tableau étrangement ( comme toute oeuvre-accessoire dans un film, il est assez médiocre et peu hypnotisant. Mais est- ce justement cette apparente banalité de l’image qui donne cet effet? Cet « ordinaire » ce « moche » ou sans intérêt permet sans doute des projections qu’un oeuvre ne permettrait pas. La peinture est un accessoire miroir qui nous absorbe. La peinture ne nous regarde pas au sens propre du terme, mais nous engloutit) Bref, le tableau semble exercer un pouvoir hypnotique et mystérieux. L’homme à la canne décrit ce qu’il voit, l’autre subit cette fascination. Il subit l’attrait du tableau transmis par Alain Badel. Il me semble qu’il est aussi question d’une lumière qui rendrait le tableau parfait. Il suffirait de rajouter une touche de peinture sur une des fenêtres. Ils se dirigent vers le tableau que l’on observe entre leurs deux épaules. Baden donne un coup de canne sur la porte et ç avait Toc Toc, comme une vraie porte. Puis… Je ne sais pas… On entre….

J’ai regardé avec intérêt les diagrammes de Pierce. C’est vraiment intéressant, intriguant. C’est de la pensée en dessins. C’est ce que j’essaie de faire comprendre aux étudiants au travers de cette proposition d’Abécédaire. Qu’un abécédaire, on peut faire un arrêt sur image de notre pensée, mais celle-ci bouge en permanence, comme des petits points qui s’électrisent, s’entrechoquent, se repoussent, s’aimantent. Un abécédaire peut s’entreprendre par le biais d’une liste. mais il faut l’abandonner au risque de tout figer et de classer sa pensée.


Atelier et notes

Atelier 27 mars

… Et j’ai agrafé au mur une grande toile de 7mètres 50 par 3 m. Puis j’ai dessiné deux grands cadres qui me rappellent une peinture que nous avions à la maison.  Une petite peinture dont je ne me souviens pas l’image. Que représentait elle?( à l’instant je revois une sorte de violoncelliste ) . Je me souviens seulement d’un cadre épais lourd et prétentieux d’une couleur grisâtre. En italien on dit « Corinne NI ZHI ». Corinne NI ZHI n’est pas une amie, c’est ce qu’a interprété le téléphone pour « cornice ».Une fois ces deux cadres dessinés je me suis assise et j’ai regardé . Soudain j’ai eu l’impression que c’était Michel Polnareff qui me fixait.

Note: théâtre poenarum

Note:la punition par l’image

Note: Le dilemme du hérisson

Lors ce que quelqu’un qui est déclaré coupable de haute trahison s’est dérobé au châtiment corporel en prenant la fuite où est mort avant l’exécution de la sentence la peine corporelle doit être exécutée sur son effigie sans préjudice de celle qui affecte l’honneur et les biens

Rêve à voix haute

C’était une toute petite maison je suis allée me coucher/ la chambre était minuscule et j’ai ouvert une petite fenêtre carrée au bout du lit et sur ma gauche il y avait une autre petite fenêtre carrée entourée d’une moustiquaire noire. Je pensais qu’en ouvrant cette petite fenêtre j’aurais une vue directe sur la cour. Mais je me suis aperçue que cette petite fenêtre donnait sur un autre tout petit espace/ à peine avais-je regardé que j’ai compris qu’il y avait là allongée, une personne morte/ une femme allongée et j’ai tout de suite cessé de regarder. Je suis sortie de la pièce pour essayer de comprendre où était cette cachette. Il devait s’agir d’une sorte de coffrage avec à l’intérieur la personne disparue et que l’on avait même cessé de chercher.

VM

Le Colosse du Mont Athos

Le Mont Athos est -il interdit aux femmes? On me souffle cela au moment où j’écris… !

On apprend beaucoup de choses en soupirant lors de la lecture des dossiers Villa Medicis. Il y en a tellement !!! Je laisse de côté la littérature et quelques bricoles pour lesquelles je ne ne suis strictement pas qualifiée. On croise de cloches, des horloges et des orgues. On croise des ventriloques, les statues parlantes de Rome comme la plus connue, Il Pasquino..

Voyage à Toulouse où il faisait très froid, pour l’exposition Picasso et l’Exil. Hotel de l’Opera sur la Place du Capitole avec trois grandes fenêtres . Puis, moins bien, l’Hotel Saint Sernin. On dirait un ancien hôtel deux étoiles à 50 Francs la nuit, transformé en Trois étoiles plus, et bien trop cher, plus de 100 euros ! L’Opera est bien mieux , plus luxueux et au même prix presque.

L’exposition Picasso et l’exil est immense aux Abattoirs.

Nous avons été très bien accueillis.

A part cela ,rencontré un exemple de bêtise rare. On ne le croit pas. Une assurance terrible à dire des âneries souvent accompagnées d’un chiffre. Il s’agissait d’une collectionneuse comme on dit qui ne disait que des conneries. Le pauvre Monsieur assis à côté d’elle et en face de moi, calme et gentil, agréable et discret, avait un regard effrayé, de ceux qu’on les biches aveuglées par des phares d’une voiture. J’ai bien tenté de dire que tout le monde ne connaissait pas l’art d’une part, et l’art contemporain d’autre part, elle n’écoutait rien qu’elle même, s’étouffant dans sa propre bêtise ô combien évidente , au milieu d’un visage pour lequel il n’était pas nécessaire malgré sa jeunesse apparente , de faire une datation au Carbone 14.

Hier anniversaire de Christophe, très agréable comme toujours. Reçu le livre lau  » Constellations  » d’Alexandre Mare, que j’ai connu étudiant en peinture à Cergy en première année.

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EFISIO

Ce matin j’ai appris la mort de Efisio qui fût notre ami à tous à la Villa Medicis.

Même s’il avait perdu un peu et même beaucoup la tête et si Alzheimer avait eu raison de lui, j’ai toujours eu beaucoup de plaisir à repenser à nos moments, à nos amusements. La dernière fois que j’y suis allée… Quand ? Nous avions déjeuné avec Luigi. J’avais habité chez eux, lui et son épouse un peu comme s’il s’agissait de mes parents.

Pêcheur Sarde arrivé à Rome sans parler la langue, arrivé aussi sans chaussures ( il racontait comment on cirait ses pieds en certaines occasions pour faire semblant d’avoir ses chaussures ), il était avec Saïd déjà disparu, le portier et aussi le réceptionniste et aussi le standardiste. Communiste avec mobylette   on le croisait matin très tôt dans l’allée des Orangers avec une grosse veste et ils nous passait nos communications. On riait beaucoup, il était mon voisin habitant juste à côté de mon atelier.

Les plus eaux moments furent sans doute le carnaval, le récit du mégot de altos et aussi notre séjour dans les cabanes de Sardaigne près de Cabras, exactement comme celles -ci. Pas d’électricité, pas d’eau,  la mer juste là et des langoustes et des langoustes !

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BLOG VOCAL

Cette image me fait penser au Papier peint jaune dont je parle plus tard.

Cette fois ci, je dicte et cela donne parfois des inventions idiotes, des erreurs, des déformations. Mais c’est assez drôle d’être  » sur le vif « 

REVE BLOG VOCAL

Barnett Newman

Beckett!!! Maguy Marin avec le Dictaphone

« Champs verts de se prononcer intitule il est comme qui dirait une nuit et moi comment voulez-vous que je suis Beckett n’est pas les mains qui m’entourent monde devant quelque chose qui dit tout à b venu comme qui dirait qu’elle est vous finissez pas rencontrer aux Editions de minuit juste avant de monter pour le temps de parler comment qu’est-ce que je l’ai quand même vu dans ma vie peut-être 20 minutes furtivement donc j’étais n’ai plus été très impressionnée, très très impressionnée mais je dirais une bienveillance dure quelque chose comme ça vire quelqu’un de pas du tout les encouragements

« Pas rat lis the qu’est-ce que Sexa « Pourquoi ça parle comme ça je dicte et ça n’écrit pas comme je le souhaite. 

J’ai rêvé du bâtiment de la morgue il y avait le pont et au milieu du pont à droite une rue SFX . Qui a écrit SFX!!!! ???

Ce qui est quand même étrange car cela voudrait dire que l’endroit où j’allais était le fleuve. J’allais bel et bien dans l’eau. Je suis donc entré dans une sorte de quartier et j’ai aperçu une boutique qui vendait des oiseaux.Il y en avait un ,légèrement plus grand que les autres , une sorte de perroquet très beau et absolument pas criard. Il y avait une petite fenêtre au fond de la boutique des oiseaux. Il n’y avait pas de cages et les oiseaux se tenaient tranquilles surveillé s par deux vendeurs. Bizarrement c’étaient des tout petits hommes à tête d’oiseau avec une sorte de blouse grise. Ils étaient deux. Et plus petits que l’espèce de perroquet pas criard. Par la fenêtre j’ai aperçu deux petites filles jumelles coiffées un peu comme dans les années 30 et qui m’ont fait immédiatement penser à Qu’est-il arrivé à baby Jane. Leur mère était très grande et on ne la voyait qu’en partie. Sur mon écran d’iPhone j’entendais la voix d’un homme qui voulait me parler et moi je ne voulais pas lui répondre. C’était un inconnu et il paraissait très vieux avec des vêtements recouverts de plâtre comme dans les grottes italiennes. Il était un peu pétrifié et cela me faisait peur. Quand je suis repassée devant la boutique des oiseaux  peu de temps après, elle était entièrement vide. Tout avait disparu. Je suis allée dans d’autres endroits mais je ne m’en souviens plus. Roger était injoignable au téléphone. Puis je l’ai appelé, mais je sais que je n’ai pas fait son numéro de téléphone mais un autre où il y avait 16 . Je n’arrive pas à faire le numéro.. Effacer effacer / je n’arrivais pas à me souvenir de son vrai numéro que je connais toujours par cœur 06 03 79 99 32. Finalement je l’ai eu au téléphone et il m’a dit qu’il était Au Bon Marché. Ca m’a semblé ordinaire. Je le croyais en Belgique. 

J’ai traversé le pont et je suis arrivé place Monge. C’est-à-dire je suis arrivé à l’opposé de l’endroit où j’avais prévu d’aller.

ATELIER

Chaque jour c’était un peu un supplice . ( L’utilisation du passé est bizarre/ c’est le Dictaphone qui se trompe ) Parce que je suis complètement paralysée sans aucune idée et avec un écœurement certain de la peinture. Ce n’est pas nouveau. C’est déjà arrivé mais cette fois-ci j’ai vraiment l’impression que quelque chose s’installe et que je ne peux pas m’en sortir. Peindre comment le faire et pourquoi le faire? Je n’ai de satisfaction finalement que face a des œuvres minimales comme celles de Kelly ou celles de Barnett Newman ou encore Robert rat imagine. Rat imagine c’est le mot de passe pour Ryman . Rails man, voilà comment ce Dictaphone parle du monochrome . Je suis allée voir l’exposition Mac à Mac ,merde ,le « Blue Right heures » à l’Orangerie et ça m’a ennuyée. Blaue Reiter/ Cavalier Bleu.

Ensuite Musée Marmottan les Orientalistes avec des très beaux dessins de 1,01 g gramme, mot de passe pour Ingres!!!  La peinture se transforme en grammes en poids!!!! INGRES imbécile. 

Résultat des experts pour le jury de la Villa Médicis. 

Me faire un café. 

Ne pas rester assise toute la journée. 

Tenter de trouver du plaisir à peindre. 

Et un peu de curiosité. Ai lu , j’ai lu je voulais dire dire, Le papier peint jaune d’un auteur américain une femme que je ne connaissais pas. C’est un tout petit livre très beau. Contrariété après le coup de téléphone de M. Contrariété parce que la succession n’en finit pas. Allez je fais ce café ! Enfin.

BLOG

C’est pas mal finalement d’écrire comme ça et je corrigerai ensuite. C’est drôle les hésitations de cette machine. Ça frôle l’absurdité. Je n’ai   pasécris le blog depuis quelques temps. Et je ne prends pas de notes. Peut-être cette solution est idéale. Je dois envoyer (Espace)des pages du livre Perturbation pour que l’acteur autiste puisse faire des essais. Mais il ne sait pas lire. Je n’ai pas terminé la lecture de ce livre extraordinaire en tout point. J’étais fâchée contre cette artiste polonaise qui déclare que les romans ne servent à rien. C’est absolument stupide et prétentieux et bête surtout d’affirmer avec autorité de telles sottises. Dire que l’on préfère les essais aux romans, je le comprends parfaitement. Mais… 

Hier je suis allée chez BB. L’immeuble qui a remplacé le Cirque Médrano est abominable tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il y a une fresque en mosaïque hideuse qui évoque le cirque ,le sol est en marbre et il y a du placage bois marron qui rend tout cela aussi sinistre qu’ un lieu de pompes funèbres où on présenterait des modèles. L’appartement est petit, saturé et surchauffé. Il y a des tasses dorées, de la porcelaine de Limoges, des lourds objets en cristal, c’est affreux. C’est étouffant. Un tableau avec des vaches, des images pieuses dont une qui garantit la protection en voiture: une vierge est représentée avec une Fiat 500 légèrement floue car elle roule. 

Des roses des sables, une soucoupe avec des bagues en toc à l’intérieur. BB dit qu’il attend des meubles qui viendraient du château. Il y a une photo de ses parents en noir et blanc sur un meuble chinois qu’il veut mettre à la poubelle. Des lustres en cristal. Il y a une sorte de jardin qui pourrait être agréable mais on ne peut y aller. Un type traverse la baie vitrée en poussant une tondeuse. C’est insolite. Ça me fait penser au défilé de Tom B dont j’ai vu le clip assez drôle avec les nains de jardin et le mannequin qui pousse une tondeuse avec un petit chapeau gris. 

J’ai encore recouvert les peintures. Avec des taches. Parfois j’ai l’impression que ça se débloque et pas du tout ! Alors je m’endors je soupire. Je viens de regarder des images d’un peintre horrible et vaniteux. OM. Ca ne me fait pas vraiment rire et en même temps si. Tant de satisfaction et tant d’aptitude à la réalisation de croûtes, c’est quelque chose. Ridicule. Émission intéressante sur France Culture à propos de Lewis Carroll.

PLUS TARD 17h38

J’écoute une émission qui me distrait et qui est intéressante. Ce sont les hommes qui imitent le brame du cerf. C’est assez impressionnant de constater qu’un corps peut générer une aussi grande puissance sonore. Je ne sais pas si les cordes vocales sont vraiment très contentes. Il est 17 heures presque 40 je reste encore une heure ici. Une heure de résistance. Une heure assise sans doute. Une heure à fixer les peintures en attendant qu’elle se construisent elles-mêmes, mais un miracle est impossible. C’est vraiment extrêmement pénible ce blocage. Je couvre et je recouvre. Je projette… rien finalement parce que je n’ai aucune idée de représentation. Que je ne vais pas répéter ce que j’ai fait. Rien ne me satisfait c’est moche.

TRAIN RETOUR

« Je n’ai rien rien rien cela ne me fait pas mal cela me tourmente seulement. Tout, je pense, n’est qu’une géométrie des dissensions, des doutes, des souffrances, du tourment enfin dit le prince. Je me tiens à la fenêtre et je me vois dans la cour, sur le mur intérieur. Je m’observe je me comprends tandis que je m’observe je ne me comprends pas.

 Perturbations page 202. « Je suis âgé de quatre ans je suis âgé de 40 ans je joue avec moi-même je joue je sens monde je pense. On m’appelle. 

Cela se passe un soir d’été. Ma grand-mère m’appelle, mon grand-père, ma mère, mon père. Ils m’appellent. Posté à ma fenêtre je les vois les uns après les autres, mon grand-père, ma grand-mère, mon père, ma mère, ma femme. Les saisons se suivent, tandis que je me tiens à la fenêtre, indéfiniment. Tout ce ma pelle ( tous m’appellent ? )

Pendant une heure entière je me tiens à la fenêtre et j’observe cette scène qui se déroule très loin, très loin à l’arrière plan, et que je transforme selon mon goût et à sa guise. Si je lance un appel dans cette direction, la scène s’efface, dit le prince. Je ferme la fenêtre et me détourne de la scène en question, elle se poursuit. Je l’oublie et elle se poursuit. Sans que je mens mails constamment de la transformation, de l’irriter. À présent cette scène se poursuit en l’absence de toute irritation.

Nous contractons l’esprit des murs qui nous entourent. »

C’est une merveilleuse réflexion !

ENCORE THOMAS B

Ou bien, dit le prince je marche sur le mur extérieur là où nous marchons à présent et je ramasse une feuille de marronnier, les feuilles de marronniers me rappellent ma mère ,comme je vois la feuille je la vois elle le parfum de la feuille me rappelle Mesure pour Mesure . 

Mesure pour mesure me rappelle une vieille paire de chaussures que j’ai porté étant enfant etc.

p211

PHOTO GERDA TARO

MACBETH SITE ODÉON

                            Stanislavski annule toutes les représentations quand il découvre le souffleur mort dans son habitacle pendant la générale, les doigts crispés sur son texte. 

                           Peter Brook refuse de monter cette œuvre qu’il s’abstient de nommer, lui aussi, parce qu’il a vu trop de désastres frapper ses interprètes. 

                            Après une tournée « maudite » en Afrique du Sud, Judi Dench jure de ne plus jamais la jouer – sans toutefois tenir parole, heureusement. 

                           À Stratford, Peter Hall qui a défié la superstition est puni par un zona, contraint de différer l’ouverture et de renoncer au film prévu. Pourtant, malgré sa renommée néfaste, la pièce réussit plutôt à ses producteurs, avec souvent des taux record d’affluence. Saluée par la critique comme l’un des pires rôles de Peter O’Toole, elle faisait chaque soir salle comble.

La tradition persiste, parfois sous forme irrévérencieuse :  

                         Dans un épisode des Simpson, l’acteur Ian McKellen qui prononce le nom interdit est aussitôt frappé par la foudre. Tout incident violent associé de près ou de loin à la pièce s’inscrit à son palmarès de catastrophes, avec effet rétroactif. 

On ne compte plus les Lady Macbeth somnambules tombées dans la fosse d’orchestre, ni les accidents sur le plateau ou hors scène.        

Lors de sa création à l’Old Vic, Laurence Olivier manque être écrasé par la chute d’un sac de sable, tandis que la directrice du théâtre, Lilian Baylis, meurt d’une crise cardiaque la veille de la première, et qu’au cours de la saison, un spectateur est grièvement blessé par un fragment d’épée brisée pendant le duel final. 

                          Quand John Gielgud reprend le rôle, on compte trois morts parmi les acteurs, Duncan et deux sorcières, plus le suicide du costumier. 

                         Une mise en scène à Broadway avec Glenda Jackson et Christopher Plummer use trois metteurs en scène et cinq Macduff.

                          Parmi les épisodes anciens les plus tristement célèbres, on note en 1672 un meurtre à Amsterdam perpétré par l’interprète du rôle-titre, en 1703 un ouragan ravageur au large de Bristol, ou devant l’opéra Astor de New York, en 1849, une bataille rangée entre supporters de deux acteurs rivaux, l’Américain Edwin Forrest et l’Anglais William Charles Macready, qui fait une vingtaine de victimes dont d’innocents passants. 

                          Sans compter Lincoln, ou presque, qui lisait des passages de la pièce à ses amis lors d’une croisière sur le Potomac, quelques jours avant d’être assassiné dans un théâtre.

LA PEINTURE 

Il y a des formes découpées qui glissent sur le sol comme des vers. À un moment j’ai envie de coller des découpages sur une immense toile comme un rideau de théâtre puis je retourne m’asseoir . 

14h35

Je vais tout casser je vais tout casser je vais tout casser tout déchirer tout enlever tout mettre en l’air je n’arrive plus à peindre peindre

RETOUR PARIS. Je lis à voix haute dans le train.

Ce que j’ai consigné dans ce carnet de notes. Erreur C’est que j’ai consigné dans ce carnet de notes des choses remarquables des choses soulignées.  C’est une maladie chez moi de souligner ce qui est important et toutes les phrases soulignées commencent par la destruction de ces mêmes phrases je passe des journées à chercher ce carnet de notes dans mes poches et subitement je les retrouve en bas dans la cuisine comment diable ce carnet de notes est-il arrivé à la cuisine je me le demande. 

Je passe par les chambres du bas et je pense que durant la nuit prochaine je décrocherais tous les tableaux qui s’étalent là sur les murs, tous !aussi tous les tableaux des chambres du haut Dis-je et j’en accrocherais d’autres de plus terribles. TB

DU FOND DE L’ENNUI

Tommaso Sebastiani/ Arezzo

Voilà voilà. C’est l’été, ( mais que se passe t’il ???) et de l’intérieur de mon atelier je vois des gens sur les terrasses. Moi dedans. Dedans à tourner, virer, soupirer. Rien. Rien. Paralysie totale malgré des efforts pour faire semblant d’y croire. Faire en sorte que ça semble m’intéresser. Fait trop beau.

La touche b de l’ordi déraille mais ce défaut est répertorié, il suffit de le porte en réparation … Sinon on dira que c’est un exercice Oulipien.

J’en ai marre de ne pas réussir à travailler et aussi d’avoir accepté des trucs qui m’écartent des choses auxquelles je dois penser. Bobigny et l’histoire du décor. Je ne suis pas faite pour les lycées je pense. Je n’ai pas envie de  » diriger » , de gronder. J’admire la prof, son calme, son intérêt, sa patience. Et puis tous ces dossiers, 140 à regarder pour la Villa Medicis. Puis les Beaux-arts le Mardi. Je n’ai envie de penser à rien d’autre qu’à je ne sais quoi. Qu’à rien sans doute.

Faire un résumé de mes cours depuis 4 ans, j’ai envie. Peindre j’ai envie mais suis découragée. Je me dis que ça ne sert à rien et j’ai envie de pleurer. Que je fais des trucs ennuyeux et que ça n’avance pas. Penser à l’expo en Suisse Oui.La succession qui n’en finit pas me mine régulièrement. Mais qu’est ce qui m’intéresse?. J’étais très heureuse la semaine dernière à Bologne-quelle ville splendide, et Florence et Arezzo. Je déconseille le train ( la flèche rouge , je crois ), qui va de Florence à Bologne. C’est le billet le plus cher, le trajet le plus court mais on est dans l’eurostar=Tunnel non stop

Voir TOUT ÇA et voir enfin la Cène d’Andrea Del Castagno au Cenacolo San Appolonia .Voir ( revoir ?? ) Les Piero della Francesca à San Francesco et assister à la fête de la Vierge ce même jour. J’adore l’Italie dans ce qu’elle a gardé de provincial.

Dommage que notre Hotel n’ait été vendu. Que va t’il se passer. ? La fin d’un monde où les télés ne viennent pas polluer l’atmosphère des petits-déjeuners, où c’est le propriétaire qui vous tend la clé et où les chambres , comme des cellules, chambre single single c’est à dire avec un petit lit-j’adore, sont toutes simples sans horreurs au mur.Et l’ascenseur à grille et les miroirs et le petit jardin. Une chambre la semaine dernière coutait 35 euros avec le petit déjeuner !!!!

Tiens finalement on n’utilise pas tellement le B??? M’en étais jamais aperçue.

J’aime bien cette peinture académique qui montre le jeune Michel-Ange présentant sa sculpture.( on ne le voit pas là ) Tête qui d’ailleurs est aux Offices et que je photographie à chaque visite ( Ils ont, soit dit en passant refait des salles -celle de la Méduse entartres et c’est très bien ). Le Musée Stibbert était fermé et on s’est retrouvées devant comme des cruches le Jeudi. Raté les armures.

Dernière entrée le 3 Février. Zut, c’est loin qu’est ce que j’ai fait. Hier Robert Redford à la Cinémathèque après la projection Des hommes du président, avant hier Vendredi, Benjamin Lazar aux Bouffes du Nord. Ca m’a fait plaisir de le revoir après tout ce temps.Je l’ai présenté à J.

Jeudi ? Sais plus. Mercredi Olivier m’a fait je ne sais quelle manip au genou et ça semble bien mieux. Après j’ai filé à la galerie alors que j’avais prévu Argenteuil. Voilà. C’est ça. De retour d’Italie c’était un peu la panique parce que pour l’exposition Picasso et l’exil, j’ai trainé. Comme pour tout, ces temps ci j’attends la dernière minute. Donc foncer au labo, et surtout m’apercevoir que ce que dit Nicole à propos de la guerre d’Espagne dans le film monté, est insuffisant. DONC: retrouver les interviews et monter à nouveau. Sauf que je n’ai plus FCP 7 qui est dead avec les mises à jour, que je n’aime pas FCP 10. Alors essayer Première et râler tant et plus. Je tâtonne. Pour finir j’y arrive mais il faut que je m’y mette sérieusement. Ca me plait pas mal, plus que FCP qui ressemble à un Imovie élaboré. Eu la flemme d’aller au Musée Picasso pour l’expo Calder-Picasso qui doit être bien.Réécrire le texte : Oh Picasso!! . Puis Mardi soir, oui, il y avait l’invitation faite à Macha Makeieff aux eaux-Arts dans l’amphi d’honneur ma chère. Ca c’est très bien passé. Du monde. Mais c’est toujours une tension car on ne sait jamais qui va venir.

Hier , au café de la cinémathèque il y avait un drôle de type, tête baissée, seul, mains à plat sur la tale. Un verre de vin posé. Je l’ai même filmé. Quoi d’autre. Quoi d’autre. Pourtant j’en vois des choses qui m’amusent ou m’étonnent mais si je ne note pas…

La petite enseigne lumineuse du Centre culturel du Bourget, le café Istanbul, les Ecossais la veille du match, l’engueulade à la Boulangerie, le Monsieur dans la galerie avec ses incroyables talons très hauts ( en haut il fait l’air d’un comptable pourtant ! ) La fille du métro toute ratée la pauvre avec en plus un problème de mâchoire, le mail de G.L qui pleure sa femme et a du mal à vivre, quoi, quoi?? Le type d’Argenteuil qui habite dans sa tente depuis des années. Aujourd’hui sur le devant est collé un papier qui dit qu’il est hospitalisé, donne son téléphone ainsi que le numéro de la chambre. L’aveugle du train de Bologne, que j’ai aidé ensuite à trouver le quai et qui n’était pas très aimable/ Il a téléphoné beaucoup pour dire qu’il « serait à l’enterrement demain ».

La fille Colombienne et le trans du Costarica dans le petit restaurant près de l’hôtel. Plutôt inattendu.

Bon, c’e’st pas interessant, j’ai mal au coeur et la peinture ne se fait pas.

« Pas de capuche ni de chaussettes à l’intérieur du temple. »

Me voici , me voici.

A rebours:

Hier tennis moins nul et contente de commencer les cours particuliers demain matin.

Café aux artistes, épinards, puis partir au Palais des Congrès pour voir le spectacle de Chantal. Incroyable. Tous vus depuis la création en 1980 !!!! ???. Ça m’a fait bizarre, je dois dire que ça m’a émue de me retrouver dans ce Palais atroce, dans cette salle archi pleine , et de revoir des gens croisés avec R. la dernière fois. J’ai eu, il faut bien le confesser au début du spectacle, la larme à l’oeil au souvenir de ces moments passés en studio. Moments où l’on a tant ri. A propos de rire j’ai bien gloussé lorsque Chantal arrivant des coulisses avec un objet bizarre (entre la lourde ceinture d’un roi avec des pierres précieuses, et le harnais de cheval), s’écrie:

—Mais qu’est ce que c’est que ça??? On dirait la ceinture de Line Renaud.

Dans ce contexte rose avec des animaux, des chouettes, cigognes et autres souris, l’effet pavé dans la mare était désopilant. Elle est franchement incroyable et le spectacle a beaucoup de tenue: Toiles peintes et imagerie traditionnelle parfaite, costumes et masques soignés. On peut parler d’un goût proche du goût Anglais en devinant les sources. Ça c’est l’oeil de Jean-jacques dont on peut dire qu’il a  » bon goût « . A propos de « bon goût« , je suis toujours sous l’emprise de « Corrections » et de ce qui s’y dit: Le cône, la soeur, la mansarde, la forêt, les papiers, le suicide, Cambridge, les architectes, le point rouge, les frères, Altensam, le goût, les oiseaux, le torrent, le bruit du torrent…. J’adore ce livre. Je viens, en même temps d’en commencer un autre. On ne peut pas dire que cela soit d’un grand optimisme, est-ce déprimant à notre insu?? Je ne sais pas si cela ne nous  gangrène pas un peu, si cette lecture ne ressemble pas à une petite blessure qui s’infecte. Est ce que soudain la peau noircit ou verdit-à peine / non j’ai cru que , mais non, Est ce que le mal s’étend et faut-il croire que la vie n’est que cette pourriture qui nous envahit imperceptiblement  jusqu’à la mort. Il dit que nous ne sommes qu’attente de mort, ce qui est vrai.

Cette idée est franchement désagréable.

France-culture replay Wittgenstein/ Correspondance:

« Le journal de Kafka n’est nourri que dans les moments où il n’arrive pas à écrire » FC émission Wittgenstein
Celui qui écrit un journal est celui qui n’arrive pas à être à la hauteur de lui même.

Bon. Vendredi quoi? Le soit théâtre pour voir A. Encore une fois , je n’étais pas retournée dans cette salle. Bref. l’après-midi, Lycée au Bourget. Le truc est un atelier décor de théâtre en lien avec ce que je viens de faire à Bobigny.

J’accepte ça ( deux heures le Vendredi en me disant que peut-être ça ouvrirait les esprits.)Je passe par la salle es profs qui est en fait à 13h  la salle micro-onde à l’odeur désagréable des différentes substances réchauffées. Puis, je me demande ce que je fabrique en racontant et en parlant du théâtre. J’admire les profs!!! Quel boulot. Emmener des élèves au théâtre, faire le gendarme, expliquer, râler, être patient, donner envie. Bon. Le Bourget est plus près que je ne l’imaginais, 4 stations depuis Gare du NORD. Quand je sors de la gare, j’ai l’impression d’être un touriste. Café Istambul, en haut de la façade une sorte de mascaron que personne ne regarde ou ne voit qui avait choisi ça au siècle passé?, puis un bout de conversation  » alors là il lui a mis le calibre dans la bouche  » et je poursuis mon chemin en me disant que / pas de surprises / la banlieue est quand même un peu telle qu’on la raconte. Vieilles bagnoles, rap à fond, « gens de couleur », Liedl, café sans aucune femmes, auto-école et pompes funèbres, temple Sikh, immeuble bourgeois et prétentieux avec ferronnerie et surveillance, maison en construction qui semble abandonnée et bâtiments à tourelles. Tour rose… Puis le Lycée tout neuf avec sa première cour-sas sécurisée avant d’entrée. Je trouve que c’est immense et on me dit que c’est un petit lycée. Misère. Pas le droit d’avoir de capuche sur la tête à l’intérieur. En seconde, avec ceux que j’ai-18 personnes , il y a un garçon de 12 ans. Ou il est brillant ou le niveau est férocement nul en France !!!!

BON. Préparons nous. Direction Bobigny MC 93 pour rencontre avec votre ministre de la Culture.

Jeudi c’était la première du spectacle et on a passé un bon moment avec tout le monde et surtout Benoit et Isabelle.

Mercredi répétitions, je traficote la tour et donne RV à 14 h à quelques étudiants. Le soir, générale. Je ris beaucoup avec Catalyse.

Mardi , beaux arts et  » performance » pour le moins explosive. Puis bibliothèque pour présenter la suite.Verre avec V au Fumoir , puis G qui a gagné au loto nous invite . C’est sympa. Neige au retour.

Lundi Argenteuil puis Orsay/ Le talisman. Des Bonnard très bizarres et presque monstrueux.

 

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